Système nerveux entérique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le système nerveux entérique est la partie du système nerveux autonome qui contrôle le système digestif aussi bien pour l'activité motrice (péristaltisme et vomissements) que pour les sécrétions et la vascularisation. La neurogastroentérologie qui est l'étude du système nerveux entérique a fait de nombreux progrès à la fin des années 1990.

Description[modifier | modifier le code]

Le système nerveux entérique est constitué de deux plexus ganglionnaires qui s'étendent sur toute la longueur du tube digestif : le plexus myentérique (ou plexus d'Auerbach), qui se trouve entre les muscles longitudinaux et les muscles circulaires, et le plexus submuqueux (ou plexus de Meissner), situé entre ces derniers et la muqueuse intestinale. Le premier contrôle la motricité et le second les sécrétions.

Bien qu'il soit en interaction avec les autres parties du système nerveux autonome, le système entérique fonctionne de façon indépendante des autres centres nerveux. Les deux plexus qui le composent forment un tissu réticulaire, c'est-à-dire organisé en réseau de cellules densément connectées les unes aux autres sans autre structure particulière, tout comme le cerveau, d'où ses autres noms (en anglais gut's brain , littéralement « cerveau viscéral » ; « deuxième cerveau » selon les Taoïstes ; un des centres du Qi dans la culture sino-japonaise[1]). Il est connecté au système nerveux central via le nerf vague.

Le système entérique comporterait, selon les estimations, plus de 200 millions de neurones [2] (mille fois moins que le cerveau et dix fois moins que la moëlle épinière et à peu près autant que dans le cortex d'un chien ou d'un chat). Pour le neurogastroentérologue Jean Fioramonti « L’intestin a le même nombre de neurones que le cerveau. Il est le seul organe à avoir son propre système nerveux »[3]. Les "neurones du ventre" s'occupent de la digestion et si l'être humain n'avait disposé que d'un seul cerveau ("celui du haut"), l'homme aurait été absorbé en permanence par ce processus très complexe et n’aurait pas pu développer d’autres activités intellectuelles. Le fait d’avoir deux cerveaux a joué un rôle majeur dans notre évolution », souligne Cécile Denjean (auteur du documentaire : "le ventre notre deuxième cerveau"). Le cerveau entérique produit 95% de la sérotonine, un neurotransmetteur qui participe à la gestion des émotions.

Les neurones sont répartis sur les deux plexus myentérique et submuqueux que l'on peut catégoriser en trois types distincts : neurones sensitifs, neurones effecteurs et interneurones.

  • Les neurones sensitifs peuvent être de type mécano-, thermo-, ou chémorécepteurs
  • Les neurones effecteurs peuvent être de type moteur ou glandulaire. Les neurones moteurs sont à l'origine de deux types de mouvements : les cadences rythmiques qui constituent le péristaltisme et les mouvements réflexes en réponse à une stimulation des neurones sensitifs. Les neurones glandulaires contrôlent la sécrétion.

On retrouve au sein du système entérique l'essentiel des neurotransmetteurs du système nerveux central (sérotonine, acétylcholine, noradrénaline, GABA, etc.).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le ventre deuxième cerveau
  2. Sciences et Avenir, Le Ventre, notre deuxième cerveau, N°784, Juin 2012
  3. Éliane Patriarca, « L’intestin, notre muraille de Chine », http://www.liberation.fr,‎ 2014 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • David Grundy, Michael Schemann, « Enteric nervous system », Current Opinion in Gastroenterology, 2005, 21:176—182.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]