Système monétaire international

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

On appelle Système monétaire international (SMI) les méthodes utilisées pour l'échange de biens, de dettes et de services entre pays de devises différentes. Il a souvent changé : compensation, étalon or, étalon de change or multipolaire, étalon de change or établi sur le dollar, changes flottants.

La crise de 1929, jugée responsable de l'ampleur et la durée de la dépression, ont conduit à une coopération internationale, affirmée par les accords de Bretton Woods, instaurant un système de changes fixes mais ajustables, régulé par le Fonds monétaire international (FMI).

L'abandon de la convertibilité en or du dollar en 1971 a débouché sur un système moins régulé de changes flottants.

La crise financière actuelle repose la question de l'organisation d'un système monétaire international plus stable et plus régulé.

Les différents types de systèmes monétaires internationaux[modifier | modifier le code]

Chaque monnaie dispose d'une zone où elle a cours, c'est-à-dire où elle sert d'instrument dans les échanges. Que faire pour effectuer des échanges entre deux zones monétaires ?

La compensation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Compensation.

La compensation est l'extinction d'une dette par la fourniture d'une marchandise ou d'une créance dans une autre devise.

  • Il peut s'agir d'un troc international. Les marchandises sont échangées l'une contre l'autre ou de façon triangulaire. Par exemple un pays accepte d'acheter des voitures contre des quintaux de blé. Le vendeur se procure du blé en troquant par exemple du vin. La compensation en marchandise est le seul système possible lorsqu'il n'y a pas de convertibilité des monnaies entre elles. Le commerce triangulaire est un bon exemple d'un système de compensation à l'échelle de la planète. C'est un système primitif et très pénalisant pour les échanges dès lors que le nombre de zones monétaires et de produits à l'échange augmente. Toutes les monnaies n'étant pas convertibles, la compensation en marchandise est alors le seul système de règlement international qui peut être pratiqué. Un des buts des accords de Bretton Woods a été de rendre convertibles le plus grand nombre possible de monnaies nationales. Aujourd'hui encore un grand nombre de monnaies locales ne sont pas convertibles (par exemple le peso cubain).
  • Il peut s'agir d'une compensation financière dans une autre devise si des conditions d'échange existent. À ce jour, la Banque des règlements internationaux (BRI) règlemente la compensation des différentes zones monétaires dont les banques centrales sont actionnaires de la banque. Les autres pays ont des monnaies dites non-convertibles. En pratique la compensation est effectuée dans des établissements bancaires privés spécialisés appelés chambres de compensation. Historiquement, les conditions de change ont évolué en fonction des accords internationaux (cf. infra étalon-or, étalon de change or et changes flottants).

L'évolution de la convertibilité des monnaies[modifier | modifier le code]

L'étalon or[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Étalon-or.

Dans ce système, chaque monnaie est référencée par rapport à une autre par son équivalent en or. L'or a été de tout temps un des étalons les plus prisés du fait des caractéristiques de ce métal précieux : valeur intrinsèque forte ; encombrement faible pour une grosse valeur unitaire ; production impossible, évitant une création monétaire artificielle. Lorsqu'une zone monétaire (principalement des États) a un déficit vis-à-vis d'une autre, elle doit transférer son or, une opération lourde, dangereuse et onéreuse.

L'étalon de change or[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gold Exchange Standard.

Dans ce système l'or reste la base des règlements internationaux mais on ajoute une ou plusieurs devises comme réserve des banques centrales permettant la création de monnaie dans l'économie locale.

Le Gold exchange Standard mis en place par les accords de Bretton Woods stipule que les parties à l'accord admettent le dollar comme moyen de règlement et de réserve, le dollar étant défini par une valeur en or. Le taux de change des différentes monnaies est établi par rapport au dollar. Il est fixe mais ajustable sous réserve de l'accord des autres parties. Les banques centrales acceptent les dollars comme si c'était de l'or et s'abstiennent de demander la conversion. Elles créent de la monnaie locale à concurrence des dollars reçus.

Ce système avait été précédé par un système de Gold Bullion Standard par les accords de Gênes en 1922. Deux devises étaient acceptées comme « valant de l'or » : la livre et le dollar. Ce système explosera avec la crise de 1929.

Les changes flottants[modifier | modifier le code]

Article détaillé : changes flottants.

C'est le régime de change appliqué actuellement aux grandes monnaies convertibles entre elles. Il a été défini lors des accords de la Jamaïque en 1976, après l'abandon de la convertibilité en or du dollar en 1971 et des premiers accords de flottement en 1973. Les parties à l'accord déclarent accepter les différentes monnaies étrangères éligibles dont le taux de change sera déterminé librement sur le marché des changes en fonction de l'offre et de la demande. Ce système a vu des variations extrêmement importantes du cours des principales monnaies, allant du simple au double et faisant le chemin inverse souvent en quelques mois.

Ces variations ne sont mesurables qu'entre une monnaie et une autre vu l'absence d'un étalon monétaire mondial indépendant des diverses monnaies (ce qui n'est pas le cas actuel des DTS (Droits de tirage spéciaux du FMI), qui restent liés à un "panier" de monnaies) et auquel on pourrait comparer chacune.

Historique du système monétaire international[modifier | modifier le code]

  • étalon-or : Le Royaume Uni pratique l'étalon-or depuis le XVIIIe siècle mais la majorité des autres grandes puissances utilisent un système bi-métallique. L'unification se produira dans les années 1870, avec notamment le choix de l'étalon or par les États-Unis en 1873 et la fin du bimétallisme de l'Union latine. L'étalon-or durera jusqu'à la Première Guerre mondiale.
  • La convertibilité est suspendue au cours de la Première Guerre mondiale et est rétablie avec beaucoup de difficultés au cours des années 1920.
  • L'expérience des changes flottants provoque après guerre dans certains pays des épisodes d'hyperinflation.
  • les accords de Gênes créent un étalon de change or basé sur deux devises : le dollar et la livre.

La Grande Dépression anéantit ces efforts, et la coopération se transforme en rivalités entre les grandes puissances avec de nombreuses dévaluations.

Vers une réforme du système monétaire international[modifier | modifier le code]

Les changes flottants posent de nombreux problèmes du fait de leur instabilité et de la complexité qu'ils apportent aux échanges.

Solutions alternatives[modifier | modifier le code]

Certains pays à monnaie traditionnellement faible et donc très peu valorisée sur le marché libre des changes ont cherché à trouver des solutions plus ou moins durables.

  • la dollarisation

Cette technique consiste à accepter comme monnaie nationale la monnaie d'un autre pays.

  • le currency board

Cette technique rattache la valeur d'une monnaie nationale de façon fixe à une autre. Il n'y a plus de création monétaire nationale propre, les signes monétaires nationaux étant créés un pour un en fonction de l'arrivée de la monnaie de référence dans les comptes de la banque centrale. Ce système inventé par les empires coloniaux pour éviter de transférer de l'or et des billets de banque vers les colonies a été employé par l'Argentine jusqu'à l'effondrement de l'économie au début des années 2000. La monnaie argentine désormais flotte. Le currency board reste en usage dans certains pays qui utilisent une monnaie forte comme seule source de création monétaire.

Des pays au contraire désireux de s'unir plus profondément ont choisi d'unifier leur monnaie.

Ce système a été mis en place par certains pays de l'Union européenne après l'échec de toutes les tentatives de stabilisation des cours de monnaies nationales (échec du SME). L'euro s'est imposé comme une des monnaies ayant un rôle international. Certaines monnaies de pays de l'Est sont de facto rattachées à l'euro par un système de Serpent monétaire.

Un nouveau « Bretton Woods » ?[modifier | modifier le code]

Les crises monétaires à répétition depuis l'instauration des changes flottants (en 74, 80, 92, 98, 2000) et surtout la crise qui secoue le monde depuis 2008 remettent à l'ordre du jour la création d'un système monétaire international plus stable et plus régulé. La réunion qui s'est tenue à Washington en 2008 dans le cadre du G20 n'a pas pris de mesures concrètes mais fixé un calendrier de réunions. À ce stade la terminologie "Bretton Woods 2" est abusive en ce sens qu'aucune réforme du système monétaire international n'a été évoquée mais plutôt des modifications de règles concernant la comptabilité, les agences de notation, les bonus bancaires, certains produits financiers complexes et la régulation des hedge-funds travaillant à partir des paradis fiscaux.

(...) les institutions internationales établies après la Seconde Guerre mondiale (Organisation des Nations unies, Fonds monétaire international, Banque mondiale, sans parler du G7-G8, transformé en G20) devront inévitablement évoluer pour refléter les nouvelles réalités.[1]

Dans les dix à quinze ans à venir, le dollar pourrait avoir perdu sa place de principale monnaie de réserve au profit de l'euro, tout comme autrefois le dollar avait supplanté la livre sterling.[2]

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. L'atlas 2010 Monde Diplomatique, Armand Colin, page 10
  2. L'atlas 2010 Monde Diplomatique, Armand Colin, page 34

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]