Synthèse de textes dans l'enseignement supérieur français

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Les exercices de synthèse de textes dans l'enseignement supérieur français sont un type d'épreuve de certains concours d'admission à de Grandes écoles, des concours administratifs ou font partie du champ d'enseignement de certains cursus scolaires universitaires en France. Ces exercices, spécifiques des études supérieures, peuvent prendre différentes formes, comme les notes de synthèse, les notes de documents, les synthèses de dossiers, de documents ou de textes.

Les limites des domaines du savoir sur lesquels portent ces «exercices de synthèse de textes» restent encore relativement flous et dépendent souvent des choix de chaque institution. L'objectif de ces exercices est généralement de montrer que le candidat a acquis une aptitude à se saisir de l'ensemble d'un dossier et à le restituer à l'écrit, selon des critères internes. Cependant, de nombreuses exceptions existent, liées au fait que ces attendus peuvent avoir une visée professionnelle (attaché de préfecture) ou pas (concours de recrutement de professeur des écoles).

Cet exercice fut introduit pour la première fois dans les épreuves d’admissibilité de l'École nationale d'administration (ENA) en 1970. Depuis, de nombreux établissements (plus de 143) le considèrent comme un élément important des concours ou des certifications : en 2003, plus de 500 000 étudiants de l’Université étaient concernés.

Origines[modifier | modifier le code]

L’exercice de synthèse fait son apparition comme objet de sélection dans l'Enseignement Supérieur dans le deuxième tiers du XXe siècle, mais ne semble pas découler d'un type d'attendu pratiqué auparavant dans le système universitaire français. Il est devenu très présent dans l'enseignement supérieur français, mais ne semble pas être pratiqué dans d'autres pays (Perez, JM., 2007 p.45). Ils sont souvent confondus avec les synthèses orales, de groupes, des synthèses de séminaires - qui ne font l'objet d'aucune évaluation - , etc.

Diversité des épreuves[modifier | modifier le code]

Cent quarante trois épreuves de synthèse en lien avec les divers établissements ont été recensées dont 119 épreuves sont programmées dans un cadre organisé pour le recrutement de la Fonction publique. Une fois admis, les lauréats rejoignent une école créée par l'État, d’une durée moyenne d’1 an, pouvant aller jusqu’à 3 ans. C’est dans ce cadre là, par exemple, que se retrouve l’épreuve de synthèse au Concours externe de Chef de travaux d’art, de conservateur des Bibliothèques, d’Officier de la Gendarmerie Nationale, d’Ingénieur d’études sanitaires, ou encore celle du Recrutement des Professeurs des Ecoles (C.R.P.E). Ce sont ainsi autant de structures distinctes relevant de 13 Ministères et de 3 Fonctions Publiques qui organisent ces exercices de synthèses.

Les 24 épreuves restantes concernent 245 000 étudiants en sections techniques supérieures, 72 000 étudiants en classes préparatoires aux Grandes Écoles et 111 000 étudiants en écoles paramédicales. Il s'agit d'épreuves de synthèses sollicitées par exemple en École Supérieure de Commerce de Paris, ou lors de l’examen du BTS Analyses biologiques, ou encore de la synthèse du diplôme d'État d’assistant de Service Social.

Pour l'année scolaire 2002-2003 ce sont au moins 500 000 étudiants sortant du cycle général qui sont directement concernés par une épreuve de synthèse.

La synthèse à l'École nationale d'administration de France (l'E.N.A)[modifier | modifier le code]

La grande réforme du concours d'entrée de l'E.N.A., réalisée en 1971, a introduit dans les programmes de ses trois concours, une « épreuve consistant à dégager, en fonction des indications contenues dans le sujet, les éléments essentiels d’un dossier et à les mettre en forme, d’une manière utilisable ».

Aujourd'hui, les conditions d’accès sont régies par le décret 2002-50 du 10 janvier 2002. La note de synthèse pour l'E.N.A., fait partie des épreuves écrites d’admissibilité. Elle apparaît au même coefficient que les autres épreuves.

La synthèse à l'École nationale de la magistrature (l'E.N.M)[modifier | modifier le code]

Le règlement du premier, deuxième et troisième concours d'accès à l'École Nationale de la Magistrature prévoit, au nombre des épreuves d’admissibilité, une note de synthèse. Ses conditions d'accès sont fixées par l’art 18 à 20,31 32, 35 à 38 du décret 72-355 du 4 mai 1972 et arrêté du 5 mars 1973 (JO du 16 mars). Plus précisément, pour le premier concours, il s’agit d’une note de synthèse, rédigée en 5 heures, à partir de documents se rapportant à des problèmes juridiques (coefficient 3). Pour le deuxième concours, il s'agit d’une rédaction, en 4 heures, du résumé d'un texte juridique ou d'une note de synthèse à partir d'un dossier de nature juridique (coefficient 2). Cependant, ainsi que le souligne le rapport du Président des jurys des épreuves d’accès aux cycles préparatoires aux deuxième et troisième concours d’entrée à l’École Nationale de la Magistrature en 2000, l’épreuve de la note de synthèse est en fait toujours préférée à celle du résumé d'un texte juridique pour des raisons qui «comme les années précédentes tiennent à la cohérence dans la sélection des candidats retenus au titre de l’un ou de l’autre des concours.» Enfin pour le troisième concours, il est demandé une note de synthèse de coefficient 3, rédigée en 5 heures, à partir de documents se rapportant à des problèmes juridiques, comme le premier concours.

Pour la session 1998, il s’agit de rédiger une note de synthèse de quatre pages environ relative au sujet suivant : « Quel couple pour demain ? », à partir de 14 documents joints.

Pour le candidat de la première épreuve d'admissibilité des premières séries en 2002 : « rédiger, une note de synthèse portant sur l'indemnisation de l'enfant handicapé à partir des sept documents suivants. » De plus les consignes de l'École Nationale de la Magistrature adressées aux Instituts d’Études Judiciaires (I.E.J.) en 1999 précisent que la note est composée de 15 à 20 documents en moyenne de nature et d’origine diverses (lois, décrets, décisions judiciaires, notes de doctrine). Tout à fait exceptionnellement, le nombre de pages peut dépasser, comme ce fut le cas pour le concours de 2001, pour 13 documents les 87 pages.

La synthèse à l'Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) : le Concours de recrutement de professeur des écoles (C.R.P.E)[modifier | modifier le code]

C’est à l’occasion d’une réforme du statut des enseignants en 1991, que l'épreuve fait son apparition. En même temps que se modifiaient les règles de recrutement, le personnel chargé de ce public était reconnu cadre A de la Fonction Publique d'État.

Il y a trois épreuves d’admissibilité dans ce concours : une épreuve de français qui a pour objectif «de mettre en évidence la capacité de compréhension, l'aptitude à comparer et à rédiger, ainsi que la maîtrise de la langue du candidat. L'épreuve sert aussi à vérifier la connaissance des objectifs et des programmes de l’enseignement de la langue française à l’école primaire, ainsi qu'une bonne appréciation des approches didactiques et des démarches pédagogiques», une épreuve de mathématique et une épreuve d'Histoire/Géo ou Sciences expérimentales. La synthèse est insérée dans l’épreuve de français : « à partir d'un dossier composé de textes et de documents relatifs à l'acquisition et à l'enseignement de la langue française, le candidat : - effectue une synthèse à partir d’une question relative au dossier ; - traite un thème ayant trait à la grammaire ; - répond à une question complémentaire sur la mise en situation d’enseignement d’une ou plusieurs notions abordées dans le dossier  ».

La durée totale de l’épreuve est de 4 heures et d’un coefficient de 3. L’épreuve est notée sur 20 points : 8 points sont attribués à la synthèse, 4 points au thème relatif à la grammaire et 8 points à la question complémentaire.

La synthèse pour la certification d'Assistant de service social (A.S.S)[modifier | modifier le code]

L’arrêté du 29 juin 2004 relatif au diplôme d’État d’Assistant(e) de Service Social (A.S.S) modifie considérablement les conditions d'accès, le contenu, l'organisation de la formation, ainsi que les modalités de la certification. C'est dans le dernier volet de cet arrêté que se trouve programmée "l'épreuve de synthèse".

Jusqu'alors, L'épreuve de synthèse se définissait comme un travail écrit de trois heures à partir d'éléments d'un dossier fourni aux candidats, avec un coefficient trois et une note éliminatoire.

Désormais, les modalités de la certification font apparaître la synthèse parmi quatre épreuves de communications professionnelles en travail social (appelé Domaine de compétence n°3 : D.C.3). L'épreuve, tout comme sa correction, se réalise désormais sur le site de formation et fait l'objet d'une double correction.

Son caractère discriminatoire - moins de 10/20- a été abrogé. Il s'agit désormais d'obtenir la moyenne à l'ensemble des épreuves de ce domaine de compétence D.C3, pour obtenir cette partie de la certification.

La synthèse pour l'épreuve d'admission des École supérieure de commerce[modifier | modifier le code]

Il y a plusieurs formes possibles pour intégrer une école de commerce. Cependant, pour recruter leurs candidats, toutes ces écoles de commerce passent par des banques communes d'épreuves qui gèrent donc les concours d'accès aux écoles de commerce. Plus de 45 établissements choisissent d'intégrer ou non une épreuve de synthèse. Ce modèle est partagé par l'École Navale ou l'École Normale Supérieure de Cachan...

Il est demandé, à partir de 3 textes de 3 auteurs différents, en 300 mots avec une marge de 10 % (270-330 mots), de parvenir à faire confronter trois points de vues(3), à partir de la construction d'une problématique.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Ardoino J., Finalement il n’est jamais de pédagogie sans projet, Éducation permanente, 1976, n° 87, pp. 153-158
  • Attali J., Blaise Pascal ou le génie français, Paris : Fayard, 2000, 538 p.
  • Catherine Aubey-Berthelot, Claude Lion, Les écrits aux concours administratifs : Service Public, Paris : P.U.F, 2001, 187 p.
  • Bernie J.P., "L'activité de synthèse de documents : une "compétence" ? Quel enjeu ? Quel sens donner alors à la notion de "compétence" ?", Actes du Colloque de Louvain la Neuve, Janvier 2000, Bruxelles, De Boeck & Duculot, 2001, pp. 92-99
  • Boch F., Pratiques d'écriture et de réécriture à l'Université. La prise de notes entre texte source et texte cible, Villeneuve d'Ascq : Presses Universitaires du Septentrion, 1998, 305 p.
  • Boch F., Evaluation de la cohérence dans la tâche de réécriture, auprès d’un public d’étudiants, Ateliers, 2000, n° 25, pp. 27-40
  • Brassat D.G., Delcambre I., La technique des protocoles verbaux en lecture, Ateliers, 2000, n° 25, pp.67-78
  • Caron A., Boulogne A., La synthèse, Paris : ADBS Editions, 1997, 207 p.
  • ChaputT C., Lebarbier-Foisnet M., La synthèse de dossier-Assistants de Service Social (2ème éd.), Rueil-Malmaison : Editions A.S.H, 2004, 114 p.
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  • Genthon M., Apprentissage - évaluation – recherche : genèse des interactions complexes comme ouvertures régulatrices, Synthèse présentée en vue de l’habilitation à diriger des recherches, Sciences de l’Education, Université de Provence, Aix -Marseille I, 1993
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Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]