Synthèse de Strecker

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Strecker.

La synthèse de Strecker, nommée d'après Adolph Strecker qui l'a découverte et publiée pour la première fois en 1850, est une série de réactions chimiques permettant la synthèse d'un acide aminé à partir d'un aldéhyde (ou d'une cétone)[1],[2],[3]. L'aldéhyde est condensé avec du chlorure d'ammonium en présence de cyanure de potassium pour former un α-aminonitrile, qui est ensuite hydrolysé pour donner l'acide aminé désiré[4],[5].

synthèse de Strecker

Si l'utilisation de sels d'ammonium donne des acides aminés non substitués, celui d'une amine primaire ou secondaire ammonium fonctionne aussi et donne des acides aminés substitués. De même, l'utilisation de cétones à la place d'aldéhydes donne des acides aminés α,α-disubstitués[6].

La synthèse originale d'Adolph Strecker de 1850 donne un mélange racémique d'α-aminonitriles, mais de récentes procédure utilisant des auxiliaires asymétriques[7] ou des catalyseurs asymétriques[8],[9] ont été développés et permettent d'obtenir un seul isomère[10].

Mécanisme réactionnel[modifier | modifier le code]

Le mécanisme réactionnel de cette réaction est décrit ci-dessous:

Synthèse de Strecker, partie I

Dans la première partie, l'aldéhyde (1.1) réagit avec l'ammoniac par addition nucléophile pour former un hémiaminal (1.3); ce dernier attire un proton pour former un ion iminium (1.5) par élimination d'eau. Une seconde addition nucléophile, cette fois-ci de l'ion cyanure, forme l'aminonitrile (1.6).


Synthèse de Strecker, partie II

Dans la seconde partie, l'aminonitrile activé par un proton (2.1) subit une double addition nucléophile d'eau pour former l'intermédiaire (2.6). Celui-ci élimine de l'ammoniac et un proton pour donner le produit final (2.7).

Utilisation[modifier | modifier le code]

Un exemple d'utilisation actuelle de la synthèse de Strecker est la synthèse de masse d'un dérivé de L-valine en partant de la 3-méthylbutan-2-one[11] :

Synthèse de Strecker : application Kuethe 2007

Le produit de la réaction initiale entre la 3-méthylbutan-2-one, le cyanure de sodium et l'ammoniac est resolu par application d'acide L-tartrique. L'acide aminé final est isolé comme sel d'acide par la dicyclohexylamine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Strecker, A., « Ueber die künstliche Bildung der Milchsäure und einen neuen, dem Glycocoll homologen Körper », Annalen der Chemie und Pharmazie, vol. 75, no 1,‎ 1850, p. 27–45 (lien DOI?)
  2. (en) Strecker, A., « Ueber einen neuen aus Aldehyd - Ammoniak und Blausäure entstehenden Körper (p ) », Annalen der Chemie und Pharmazie, vol. 91, no 3,‎ 1854, p. 349–351 (lien DOI?)
  3. Shibasaki, M.; Kanai, M.; Mita, K. Org. React. 2008, 70, 1. (doi:10.1002/0471264180.or070.01)
  4. Kendall, E. C.; McKenzie, B. F. Organic Syntheses, Coll. Vol. 1, p.21 (1941); Vol. 9, p.4 (1929). (Article)
  5. Clarke, H. T.; Bean, H. J. Organic Syntheses, Coll. Vol. 2, p.29 (1943); Vol. 11, p.4 (1931). (Article)
  6. Masumoto, S.; Usuda, H.; Suzuki, M.; Kanai, M.; Shibasaki, M. J. Am. Chem. Soc. 2003, 125(19), 5634-5635. (DOI:10.1021/ja034980+)
  7. Davis, F. A. et al. Tetrahedron Lett. 1994, 35, 9351.
  8. Ishitani, H.; Komiyama, S.; Hasegawa, Y.; Kobayashi, S. J. Am. Chem. Soc. 2000, 122(5), 762-766. (DOI:10.1021/ja9935207)
  9. Huang, J.; Corey, E. J. Org. Lett. 2004, 6(26), 5027-5029. (DOI:10.1021/ol047698w)
  10. Duthaler, R. O. Tetrahedron 1994, 50, 1539-1650. (Review, DOI:10.1016/S0040-4020(01)80840-1)
  11. A Concise Synthesis of (S)-N-Ethoxycarbonyl--methylvaline Jeffrey T. Kuethe, Donald R. Gauthier, Jr., Gregory L. Beutner, and Nobuyoshi Yasuda J. Org. Chem., 72 (19), 7469 -7472, 2007. DOI:10.1021/jo7012862

Voir aussi[modifier | modifier le code]