Syndrome post-avortement

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Le syndrome post-avortement est une théorie controversée qui affirme que l'avortement aurait des conséquences négatives sur la santé mentale des femmes l'ayant pratiqué[1].

Symptômes[modifier | modifier le code]

Selon ses partisans, ce syndrome consisterait en : dépression, traumatisme, sentiment de culpabilité, désordres nerveux, troubles du sommeil, cauchemars, troubles psychiatriques, mais aussi troubles de l'appétit (anorexie ou boulimie), difficultés conjugales, perte d'estime de soi, pensées suicidaires, liens rompus, toxicomanie dont alcoolisme. Ils pourraient se manifester juste après une interruption volontaire de grossesse ou plusieurs années après.

François Volff, de l’association des chrétiens protestants et évangéliques pour le respect de la vie, retient quatre critères pour le diagnostic[2]:

  • Exposition personnelle ou participation à une expérience abortive, perçue comme la destruction volontaire d’une vie.
  • Flash-back pénibles, cauchemars, chagrin et réactions anniversaires centrés sur l’avortement.
  • Tentatives infructueuses de chasser ou de nier les souvenirs de l’avortement et la douleur émotionnelle, avec comme résultat une diminution de la sensibilité aux autres et à son environnement.
  • Apparition de symptômes associés (dépression, culpabilité) qui n’étaient pas présents avant l’avortement.

Toutefois, des études réalisées sur des milliers de femmes - notamment celle de Anne Gilchrist[3], la plus fiable à ce jour - démontrent que le taux de complications sérieuses de l’interruption de grossesse est minime [4].

Avis[modifier | modifier le code]

En 1989, l'Association américaine de psychologie affirme qu'il n'existe aucun « syndrome post-avortement » et que, de surcroît, aucun « syndrome de cette sorte n'était scientifiquement ou médicalement reconnu »[5].

En 2008, les études scientifiques récentes sur le bien-être psychique des femmes ayant avorté ont été analysées par des équipes d'experts, d'une part mandatées par l'American Psychological Association APA [6], d'autre part sous l'égide de l'Université Johns Hopkins à Baltimore[7]. Indépendamment les unes des autres elles sont arrivées à la conclusion que les études les plus valables qualitativement réfutent la thèse selon laquelle l'avortement provoque des souffrances psychologiques. Au contraire, les femmes qui ont avorté ne se distinguent pas quant à leur bien-être psychologique des femmes qui ont mené à terme une grossesse non planifiée.

Débat et polémique[modifier | modifier le code]

Cette notion est utilisée par les milieux militants opposés au droit à l'avortement [8].

Si la communauté scientifique dénie toute réalité scientifique à ce syndrome[9], certains responsables des sujets de bioéthique comme Israël Nisand disent rencontrer des « femmes qui nous disent leur souffrance psychologique et leur mal-être parfois de nombreuses années après. [...] Il s’agit de dénier le fait qu’une IVG peut marquer douloureusement une vie » [10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Rachel B. Needle, Lenore E. Walker (2007) Abortion counseling: a clinician's guide to psychology, legislation, politics, and competency p. 119 chapitre: Is there a post-abortion syndrome ?
  2. VOLFF (François) (fr) Un syndrome traumatique répandu : le Syndrome post-avortement. NERVURE : JOURNAL DE PSYCHIATRIE : SUPPLEMENT : FMC, 2004/06, vol. XVII, no 5, p. 14-15. 13 réf. Le syndrome post-avortement est une des variantes du syndrome post-traumatique. À partir des études existantes sur ce sujet, l'auteur présente la fréquence, les signes du syndrome post-avortement et son évolution, ainsi que les thérapeutiques possibles sur la base documentation [1]
  3. (en) Gilchrist AC. et al.: Termination of Pregnancy and Psychiatric Morbidity. Brit.J.Psych. 167:243-48, 1995
  4. (fr) http://www.svss-uspda.ch/fr/facts/facts.htm , consulté le 9 janvier 2010
  5. (en) Myth of PAS, Prochoice.org
  6. (en) American Psychological Association APA: Report of the APA task force on mental health and abortion, 5.7.2008[2]
  7. (en) Charles Vignetta E. et al.: Abortion and long-term mental health outcomes: a systematic review of the evidence. Contraception 78 (2008) 436-450[3]
  8. (en) Ellie Lee: Abortion, Motherhood and Mental Health: Medicalizing Reproduction in the US and Britain. AldineTransaction 2004 ISBN 9780202306810
  9. (fr) http://www.svss-uspda.ch/fr/facts/facts.htm , consulté le 13 janvier 2010
  10. (fr) http://www.liberation.fr/societe/01012394773-faut-il-s-inquieter-du-recours-a-l-avortement-des-jeunes-oui , consulté le 6 mai 2012

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Postabortion syndrome: Its wide ramifications, In E. Cosmi & P. Doherty (Eds.), 1995 Cambridge, Cambridge University Press, 1995
  • (en) The Unspoken Pain of Abortion (L'angoisse interdite : la douleur muette de l'avortement), Teresa Burke Acorn Books, 2002.
  • (fr) Quel âge aurait-il aujourd'hui ? : Le tabou des grossesses interrompues, par Stéphane Clerget, Éditions Fayard, octobre 2007
  • (fr) Le traumatisme post-avortement, du Docteur Florence Allard et de Jean-Régis Fropo, Salvator, 2007