Syndrome oculo-urétro-synovial

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Syndrome oculo-urétro-synovial (Syndrome de Reiter)
Classification et ressources externes
Feet-Reiters syndrome.jpg
Éruption plantaire : hyperkératose palmoplantaire et kératodermie blennorragique
CIM-10 M02
CIM-9 099.3
DiseasesDB 29524
eMedicine med/1998 
MeSH C01.539.100.500
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Le syndrome oculo-urétro-synovial est la forme la plus complète de l'arthrite réactionnelle. C'est une maladie systémique qui accompagne parfois la spondylarthrite ankylosante. Elle se caractérise par l'apparition simultanée de :

Elle fait partie des spondylarthropathies séronégatives (le malade ne présente pas d'anticorps spécifiques permettant de déceler la maladie). Elle est due à une atteinte inflammatoire de l'œil, des organes génito-urinaires, des articulations ou des intestins en réaction a une infection bactérienne.

C'est une des causes les plus fréquentes d'arthrite chez les jeunes.

Cette maladie était appelée syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter ou maladie de Reiter, mais a été débaptisée en raison de l'activité nazie de Hans Reiter[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette maladie fut décrite pour la première fois en 1916, et de manière indépendante, par un médecin, Hans Reiter d'une part, et par Noël Fiessinger et Leroy, d'autre part.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Elle est plus répandue chez l'homme et touche moins souvent les femmes, les personnes âgées et les enfants.

Il semble exister une prédisposition génétique. Certains patients (de 65 à 95 %) possèdent des antigènes tissulaires HLA-B27 qui présentent un risque plus important que les autres de développer un syndrome oculo-urétro-synovial après un contact sexuel ou après avoir été exposés à certaines infections bactériennes d'origine digestive.

Seul un petit nombre de patients est handicapé par la forme chronique ou récidivante de l'arthrite réactive.

Causes[modifier | modifier le code]

La cause la plus fréquente chez les hommes de 20 à 40 ans, semble être la présence dans l'articulation (et d'autres organes) de la Chlamydia trachomatis, ayant pour origine une infection génitale.
D'autres bactéries peuvent être en cause parmi lesquelles les mycoplasmes, Rickettsies (Rickettsia psittaci (désuet), Rickettsia trachomatis), myagawanella, Bedsonia, Néorickettsie et peut-être borrélies.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Symptômes[modifier | modifier le code]

Les symptômes principaux sont l’arthrite, l’urétrite ou cervicite et la conjonctivite.

Examens complémentaires[modifier | modifier le code]

  • Elle montre une inflammation de l'articulation entre le sacrum et l'aile iliaque en cas d'atteinte chronique.
  • Absence de germes appartenant au genre chlamydia trachomatis dans le liquide synovial mais également dans le sang de certains patients. À noter la présence des antigènes vivants dans le liquide synovial.

Évolution[modifier | modifier le code]

Les symptômes "involuent" (régressent) en 4 à 5 mois, mais environ la moitié des patients présente des rechutes, transitoires ou prolongées, à type d'arthrite ou d'autres symptômes pendant plusieurs années.

On a également remarqué des déformations associées à une ankylose des articulations qui traduit une inflammation de l'articulation située entre le sacrum et les os iliaques (articulation sacro-iliaque dans le bassin) ou quelquefois une atteinte de la colonne vertébrale. Ces symptômes se rencontrent essentiellement au cours du syndrome oculo-urétro-synovial chronique ou récidivant.

Traitement[modifier | modifier le code]

  • Il existe une polémique quant à l'utilisation des antibiotiques de façon prolongée.
  • Les anti-inflammatoires et des antalgiques permettent de soulager les symptômes.
    • Le méthotrexate est quelquefois envisagé chez certains patients qui sont porteurs d'une maladie grave et prolongée. Néanmoins, ce traitement n'est pas conseillé pour l'ensemble des patients présentant le syndrome oculo-urétro-synovial à cause de sa toxicité.
    • Le traitement utilisant les immunosuppresseurs chez les patients présentant ce syndrome associé au Syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA), devra être utilisé avec prudence.
    • La sulfasalazine est quelquefois efficace.
  • Quand cette pathologie est due à un contact sexuel associé à une infection à Chlamydia trachomatis (cas le plus fréquent), le traitement des patients et des partenaires sexuels utilise les tétracyclines.
  • En ce qui concerne la conjonctivite, aucun traitement n'est nécessaire.
  • Néanmoins, en cas de survenue d'un iritis (inflammation de l'iris), les corticoïdes locaux (en gouttes) sont le traitement utilisé habituellement.

Après quelques poussées, la guérison survient au bout de 3 à 6 mois.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Loïc Guillevin. Vers la fin des éponymes en médecine ? La Presse Médicale 2011 ; 40 (10) : 891-2.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Harrison, in Médecine interne, tome II, édition 1998, page 2243
  • Hughes R. A., Keat AC : Reiter's syndrome and reactive arthritis : A current view. Semin arthritis Rheun 24 : 190, 1994
  • Keat A : Reiter 's syndrome and reactive arthritis in perspective N Engl J Med 309 : 1606, 1983

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]