Syndrome du dépérissement de l'étoile de mer

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L'astérie écailleuse semble résister au syndrome.

Le syndrome du dépérissement de l'étoile de mer est une maladie dont l'étoile de mer souffre sporadiquement et qui entraîne une mortalité élevée parmi les étoiles atteintes. Cette maladie est peu comprise. En novembre 2013, au moins dix espèces d'étoiles de mer en avaient été victimes depuis juin, du sud de la Californie au nord de l'Alaska[1],[2]

Symptômes[modifier | modifier le code]

Le premier symptôme du syndrome du dépérissement de l'étoile de mer est l'apparition de lésions superficielles blanches qui s'étendent rapidement. Ensuite, l'étoile ramollit lorsque son système aquifère lâche et qu'elle n'est plus capable de maintenir son équilibre hydrostatique interne. La structure du corps commence à se défaire, des signes d'étirement apparaissent entre les bras, qui peuvent se tordre et tomber, et l'animal meurt. Les bras peuvent continuer de ramper un moment après s'être détachés. Cette dégénérescence se produit en quelques jours[3]. Les étoiles souffrent de ce syndrome depuis des décennies, mais c'était auparavant en nombre réduit, de manière isolée au sud de la Californie et en même temps qu'une augmentation de la température de la mer, qui n'a pas eu lieu en 2013[2].

Fléau de 1972[modifier | modifier le code]

En 1972, il y eut une énorme mortalité parmi les étoiles de mer communes (Asterias rubens) au large de la côte est des États-Unis. Elles se ramollissaient, puis tombaient en morceaux[4].

Fléau de 1978[modifier | modifier le code]

En 1978, un grand nombre d'étoiles de mer prédatrices Heliaster kubiniji succombèrent à un syndrome de dépérissement dans le golfe de Californie. Les températures élevées de l'eau passèrent alors pour un facteur étiologique. L'espèce s'éteignit dans certaines parties du golfe, et certaines populations ne s'étaient pas encore rétablies en 2000. Comme cette étoile était un prédateur de niveau trophique supérieur, sa disparition faisait craindre de profonds effets sur l'écosystème[5], mais l'espèce prédatrice Morula (en) ferruginosa se multiplia, contint la population des cirripèdes dont l'étoile de mer se nourrissait auparavant et tint l'écosystème en équilibre[6]. Dans l'archipel des Channel Islands de Californie, dix espèces d'étoiles de mer furent atteintes, ainsi que trois espèces d'oursins, deux ophiures et un concombre de mer, qui virent tous leur population diminuer[7].

Fléaux de 1983-1984 et de 1997-1998[modifier | modifier le code]

Au cours de ces années, il y eut des disparitions massives d'étoiles de mer par suite de l'échauffement de l'océan lié à deux épisodes El Niño[1].

Fléaux de 2013[modifier | modifier le code]

En août 2013, les premiers signes de la maladie sont apparus dans l'État de Washington[1]. En juillet, les populations d'étoiles de mer ont diminué rapidement sur la côte est des États-Unis entre le New Jersey et le Maine, alors qu'elles avaient fortement augmenté trois ans plus tôt. La cause de cette mortalité mystérieuse n'était pas claire[8]. En août, c'est en Alaska que la maladie a été constatée[1].

Au début de septembre 2013, les étoiles de mer ont disparu rapidement devant la côte de la Colombie-Britannique. Le fond marin était jonché de bras détachés et de disques d'étoiles de mer tournesol (Pycnopodia helianthoides) en désintégration. Solaster dawsoni est une autre espèce qui a souffert d'une grande mortalité, mais la cause n'est pas claire. Si ces morts ont été causées par une infection ou des toxines, les deux espèces se sont peut-être nui l'une à l'autre, car leur régime alimentaire comprend l'étoile de mer[9].

En octobre 2013, dans un réservoir d'eau de mer d'un laboratoire maritime de Californie contenant diverses espèces d'étoiles de mer, d'autres espèces ont commencé à présenter des symptômes semblables. L'étoile de mer ochrée (Pisaster ochraceus) a été la première touchée. La plupart des individus de cette espèce ont présenté des symptômes, ont perdu des bras et sont morts en une semaine ou deux. Plus tard, l'étoile de mer Orthasterias koehleri (en) a attrapé la maladie et est morte, mais Asterina miniata et l'astérie écailleuse (Dermasterias imbricata), qui vivaient dans le même réservoir et qui s'étaient nourries des cadavres, n'ont montré aucun signe de maladie[3]. Dans la Natural Bridges State Marine Reserve (en) de Californie, l'étoile de mer ochrée était très courante dans les moulières, mais en novembre 2013, elle en aurait complètement disparu[3].

Causes[modifier | modifier le code]

La cause de la maladie n'était pas encore connue en novembre 2013, année où la température de l'océan a été dans la moyenne en l'absence d'épisode El Niño[1]. Il ne semblait pas y avoir de bactéries pathogènes, et bien que les fléaux aient peut-être été causés par un pathogène viral ou fongique, aucun agent étiologique n'a été trouvé. Chaque épisode a peut-être eu une cause différente[4].

Parmi les autres causes possibles, les scientifiques ont avancé les températures élevées de la mer, une raréfaction de l'oxygène et une faible salinité attribuable aux eaux de ruissellement, mais aucune de ces théories ne semble très convaincante. Des recherches portent à croire que les températures élevées de l'eau influent bien sur a maladie en en augmentant l'incidence et la virulence. La maladie semble aussi plus répandue dans les eaux abritées qu'en mer libre agitée par les vagues. L'un des résultats du réchauffement climatique est probablement la hausse des températures de la mer, ce qui influe peut-être sur les populations d'étoiles de mer et des autres échinodermes, étant donné que Orchitophrya stellarum (en), protozoaire cilié parasite qui mange le sperme de l'étoile de mer et émascule ainsi le mâle, prospère lorsque la mer est plus chaude[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Delphine Bossy, « Une hécatombe chez les étoies de mer de la côte ouest américaine », sur Futura-Sciences,‎ 12 novembre 2013 (consulté le 27 novembre 2013).
  2. a et b Sandra Besson, « Une maladie mystérieuse décime les étoiles de mer sur la côte ouest des États-Unis »,‎ 5 novembre 2013 (consulté le 27 novembre 2013).
  3. a, b et c (en) Allison J. Gong, « A plague of stars », sur Notes from a California naturalist,‎ 7 septembre 2013 (consulté le 17 novembre 2013).
  4. a et b (en) Christopher Mah, « Starfish Wasting Disease! », sur Echinoblog,‎ 10 septembre 2013 (consulté le 17 novembre 2013).
  5. (en) Michael L. Dungan, Thomas E. Miller et Donald A. Thomson, « Catastrophic Decline of a Top Carnivore in the Gulf of California Rocky Intertidal Zone », Science, vol. 216, no 4549,‎ 1982, p. 989–991 (lien DOI?).
  6. (en) « Intertidal Stories: Research at Puerto Penasco », sur Marine Discovery, University of Arizona (consulté le 17 novembre 2013).
  7. (en) Ginny L. Eckert, John M. Engle et David J. Kushner, « Sea star disease and population declines at the Channel Islands », dans Proceedings of the Fifth California Islands Symposium (no 99-0038),‎ 2000 (lire en ligne), p. 390–393.
  8. (en) Martin Laine, « Massive east coast starfish die-off reported », Science,‎ 24 juillet 2013 (lire en ligne).
  9. (en) Christopher Mah, « Mysterious Mass Sunflower Starfish (Pycnopodia) Die-off in British Columbia », sur Echinoblog,‎ 3 septembre 2013 (consulté le 17 novembre 2013).
  10. (en) Mah, Christopher, « Another Worry From Global Warming: Parasites that eat Starfish Sperm », sur Echinoblog,‎ 20 juillet 2010 (consulté le 17 novembre 2013).