Syndrome du bébé secoué

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Syndrome du bébé secoué
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Subduralandherniation.PNG
Image d'un hématome sous-dural une des conséquences possible du fait de secouer un bébé
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Le syndrome du bébé secoué (SBS) est un ensemble de signes cliniques concernant un nourrisson, qui présente un hématome sous-dural, une hémorragie rétinienne ou un œdème cérébral, qui indiquent dans la plupart des cas que l'enfant a subi une violence physique, qui peut être un choc violent (accident de voiture, etc.), ou plus généralement que l'enfant a été secoué par un adulte. On parle aussi de traumatisme crânien infligé.

Cet acte qui peut paraître anodin à certains, peut être imputé à un parent excédé par les pleurs de l'enfant ; il est en réalité souvent bien plus grave qu'une chute du bébé de la table à langer par exemple. Il est reconnu comme une maltraitance sur mineur que le soignant est tenu de signaler au procureur de la République afin de procéder à un enquête, car l'enfant décède dans 13 à 40 % des cas, et s'il survit une fois sur deux il y a récidive[1].

Les séquelles possibles sont un sujet d'études. Elles concerne la majorité des cas selon données statistiques, notamment à long terme, et elles peuvent être lourdes ou légères, voir qualifiable de « handicap invisible » comme on les qualifie dans les traumatismes crâniens en général[Note 1].

Physiologie[modifier | modifier le code]

Le bébé, principalement avant six mois, a un cerveau qui ne remplit pas toute la boîte crânienne, une tête grosse et lourde relativement au reste du corps, et des muscles trop peu développés pour la maintenir ou la retenir en cas de secousse. Des mouvements forts et répétés, non comparables avec ceux du jeu, peuvent donc faire que le cerveau bouge suffisamment dans la boîte crânienne pour entraîner la rupture de vaisseaux sanguins dans le cas de ce syndrome.

Signes évocateurs[modifier | modifier le code]

Le diagnostic repose sur la présence des signes évocateurs d'une atteinte neurologique qui vont être recherchés: malaise, trouble de la vigilance, convulsions, coma dans les cas les plus graves, mais aussi des signes plus légers, comportementaux souvent, d'irritabilité, de décrochement dans les compétences, de trouble du sommeil, pâleurs ou encore trouble respiratoires voire apnée prolongée[SOFMER 1]. Dans les cas les plus graves l'enfant est retrouvé mort, et une autopsie s'impose[SOFMER 2].

Des indices concordants peuvent être associés au contexte, des parents ayant des explications changeantes ou ayant tardé dans le recours au soin, ou encore l'existence d'une mort inexpliquée dans la fratrie. Dans tous les cas si ce diagnostic est envisagé, une hospitalisation en urgence est indiquée[SOFMER 3].

Données statistiques[modifier | modifier le code]

En France, 180 à 200 bébés de moins d'un an seraient victimes de secouements violents, chiffre probablement sous-évalué[SOFMER 4], soit par un homme (7 fois sur 10), soit par une femme qui peut être la mère, soit par un tiers (2 fois sur dix un ou une garde d'enfant)[2].

Dix à quarante pour cent (10 à 40 %) des enfants décèderaient, la majeure partie des survivants gardant des séquelles à vie (75 %[3]), parmi lesquelles on trouve l'épilepsie, la paralysie, des troubles visuels et des difficultés d'apprentissage.

Séquelles possibles[modifier | modifier le code]

Le sujet des séquelle, et en particulier sur le long terme, reste une question ouverte. En France cette question est notamment étudié par le Dr Chevignard qui rapporte en plus de l'incidence sur la scolarité une incidence statistique sur l’emploi et la vie active et même une sur-représentation des traumatisés crâniens en milieux carcérale[4]. Globalement :

« Des troubles cognitifs multiples sont rapportés, ainsi que des troubles de la compétence sociale, et une immaturité affective. »

« Les adolescents et les adultes victimes d'un traumatisme crânien pendant l'enfance présentent souvent des séquelles neuropsychologiques appelées « handicaps invisibles »[5]. »


Plan juridique[modifier | modifier le code]

« Le bébé secoué est toujours la victime d’une infraction pénale qualifiée de délit ou de crime selon la gravité des conséquences du secouement[6]. »

La victime est considéré comme potentiellement en danger car il a récidive dans 50 % des cas. Les soignants sont donc tenus d'informer les autorités judiciaires qui peuvent procéder à un jugement[7]. Même si le diagnostic n'est que probable « l'enfant doit être protégé et ses droits en tant que victime doivent être préservés. » C'est ce qu'affirme la publication de la SOFMER et de la Haute autorité de la santé qui précise[SOFMER 5] :

« Le signalement au procureur de la République, avec copie au président du conseil général, s’impose. Est ainsi déclenchée une double procédure, civile pour protéger l’enfant sans délai et pénale puisqu’il s’agit d’une infraction. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. par exemple ici

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bébé secoué : une forme mal connue de maltraitance aux conséquences irréparables
  2. Le syndrome du bébé secoué : quels symptômes, quelles conséquences ?
  3. syndrome du bébé secoué sur santémedecine.net
  4. D'après le Dr Mathilde Chevignard en 2010, cité ici
  5. http://www.medscape.fr/voirarticle/3391049 Le devenir des enfants traumatisés crâniens à long terme], Dr Mathilde Chevignard, Le devenir des enfants cérébrolésés, aux journées de Neurologie de Langue Française du 3 au 6 avril 2012 (rapporté par Aude Lecrubier le 30 avril 2012 sur medscape.fr)
  6. Statuts du bébé secoué
  7. Exemple de jugement rapporté par AFP : Mort d’un bébé secoué : du sursis pour le père
  1. Recommandations aux professionnels - Syndrome du bébé secoué - Audition publique Sofmer – HAS (Service des bonnes pratiques professionnelles) / mai 2011, p. 4
  2. p. 8
  3. p. 5
  4. p. 4
  5. p. 15

Voir Aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]