Syndrome de malabsorption
La malabsorption de nutriments du fait d'une maladie de l'intestin grêle est rare, autrefois nommée « lienterie »[1] ou « lienteria »[1], mais de diagnostic aisé.
Elle touche l'Homme ou les animaux, et le mot lienterie a notamment été également utilisé pour les vers à soie en élevage.
C'est une des maladies évoquées par Molière dans son théâtre [2]
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[modifier] Description
La malabsorption est définie par l'incapacité du tube digestif à absorber une grande partie ou la totalité du bol alimentaire et des substances alimentaires nécessaires au maintien d'une santé correcte[3]. Elle peut être sélective à certaines substances (certaines vitamines, lipides) ou être globale, à l'origine d'un amaigrissement potentiellement sévère[4].
[modifier] Histoire médicale
La Lienteria était autrefois attribuée à l'ingestion de mauvais aliments[5] ou à d'autres causes, et présentée comme :
- (...) une « Efpèce de dévotement dans lequel on rend les alimens tels qu'on les a pris »[1]. « Il n'eft pas poffible de fe méprendre dans la connoiffance de cette maladie. Pour la différencier des autres flux de ventre, avec lefquels elle a rapport, il n'y a qu'à examiner la nature des excrémens , on la distinguera sûrement, 1°) de la paffion cœliaque , qui n'en eft qu'un degré, une demi-lienterie , fi l'on peut ainfi parler; parceque les alimens ont fouffert l'action des menstrues gaftriques, ils font dans un, état chimeux ; 2°) du flux chyleux dans lequel on voit du chyle mêlé avec les excrémens ; 3°) du cours de ventre colliquatif, par l'odeur fétide , putride , cadavéreufe qui s'exhale des excrémens , par leur couleur, &c. &c. &c. Il eft à propos pour la pratique, de ne pas confondre les caufes qui ont produit la lienterie: elles fe réduifent à deux chefs principaux :
Les unes confiftent dans l'abolition abfolue des fonctions digeftives de l'eftomac , les autres dans l'irritation du conduit inteftinal. Lorfque la lienterie doit être attribuée à la première caufe , la faim canine, enfuite le défaut d'appétit, quelquefois auffi la paffion cœliaque précèdent -y il y a ptialifme , pefanteur d'eftomac, &c. Lorfqu'elle dépend de l'irritation & fur-tout de l'exulcération des inteftins, elle fuccède à la diffenterie , n'eft point précédée de paffion cœliaque, de faim canine, &c. Le malade éprouve des ardeurs, des tranchées, un morfus formicans dans le bas ventre; il y a foif, féchereffe dans le gofier, âpreté & rudeffe de la langue , les excrétions font fanieufes, &c.
La lienterie n'eft jamais comme quelques autres cours de ventre , salutaire , critique ; c'eft une maladie très-grave, fur-tout funefte aux vieillards. Le danger eft proportionné à la fréquence des felles , à la diminution des urines, à l'état des excrémens plus ou moins altérés. Le danger eft preffant & la mort prochaine , fi le vifage eft rouge , marqueté de différentes couleurs , fi le bas ventre eft mou , fale & ridé, fur tout fi dans ces circonftances le malade eft âgé. Il y a au contraire efpoir de guérifon , fi les fymptômes précédens manquent , fi la quantité des urines commence à fe proportionner a celle de la boiffon, fi le corps prend quelqne nourriture, s'il n'y a point de fièvre , fi le malade rend des vents mêlés avec les excrémens. Hyppocrate regarde comme un figne très-favorable, s'il furvient des rots acides qui n'avoient pas encore paru , parcequ'ils prouvent un commencement de digeftion.
On préfume que la lienterie par irritation eft moins dangereufe que celle qui confifte dans l'abolition abfolue des fondions de l'eftomac. Chacune de ces deux efpèces demande des remèdes particuliers : il eft des cas où il ne faut qu'animer, fortifier l'eftomac & en réveiller le ton engourdi; les ftomachiques aftringens & abforbans , font les remèdes indiqués pour remplir ces vues.Waldfchimidius remarque que dans ce cas la , les ftomachiques les plus simples, les plus faciles à préparer , font les plus appropriés & réuffifent le mieux. Les plus efficaces font, fuivant cet Auteur , la mufcade , le gingembre en conferve, le vin d'abfynthe préparé avec le maftic & les fudorifiques. L'exercice , l'équitation, & comme dit un Auteur moderne , le mariage produifent dans ces cas là de grands effets. Si les forces de l'eftomac n'étoient qu'oppreffées & non pas épuifées, l'émétique pourroit convenir, mais comme il pourroit avoir des fuites fâcheufes, il eft plus prudent de s'en abftenir. Hippocrare avertit d'éviter dans les lienteries , les purgations par le haut , sur-touc pendant l'hiver; puifque les rots font avantageux dans cette maladie , il feroit peut-être utile de les exciter par les remèdes appropries, comme l'ail, la rhue.
Si la lienterie dépend d'une irritation dans le conduit inteftinal., il faut emporter la caufe irritante , fi on la connoît, finon tâcher d'en émouffer l'activité par les laitages les plus convenables , pris fur-tout en lavement; on ne doit pas négliger les ftomachiques : l'émétique feroit encore ici très-pernicieux. Si l'on a quelques marques d'ulcères dans les inteftins , il faut avoir recours aux differens baumes de Copahu, de la Mecque, de Canada , &c. Les lavemens térébenthinés peuvent être employés avec fuccès »[1].
[modifier] Chez le vers à soie
La lienterie est en 1842 présentée par comme « la plus dangereuse et la plus redoutable » des maladies qui peut affecter cet insecte, « due à l'ignorance ou à l'imprévoyance des magnaniers. les vers à soie peuvent en être atteints à tous les âges, même dès leur naissance après leur premier repas, selon que la feuille qui leur a été donnée, a pu convenir à la délicatese de leurs organes. C'est une irritation dans les voies intestinales qui les empêche de digérer ; elle passe toujours inaperçue, elle donne naissance au ténesme, à la dissenterie, et prédispose les vers à subir l'influence de toutes les autres maladies déjà connues »[6].
[modifier] Symptômes
- Asthénie, Amaigrissement, en fonction de l'importance de la stéatorrhée, avec hyperphagie paradoxale[4] ;
- Retard de croissance chez l'enfant[4] ;
- Stéatorrhée : selles grasses, molles ;
- Œdème et ascite : carence en albumine ;
- Hématomes, épistaxis ou gingivorragies : carence en vitamine K ;
- Ostéomalacie et rachitisme : carence en calcium et vitamine D ;
- Anémie, : carence en fer, acide folique ou vitamine B12[4] ;
- Alopécie : carence en fer ;
- Baisse de la vision nocturne : carence en vitamine A[4] ;
- Polynévite : carence en vitamine B.
[modifier] Diagnostic
Le diagnostic se fait grâce à ses symptômes et par certains examens complémentaires :
- Dosage des graisses dans les selles pour quantifier la stéatorrhée ;
- Dosage de l'élastase 1-fécale, marqueur d'une insuffisance pancréatique externe ;
- Test au D-Xylose, test de Shilling : désuet.
Des biopsies digestives (notamment au niveau du duodénum) sont souvent nécessaires pour confirmer le diagnostic et préciser la cause de la malabsorption.
[modifier] Étiologie
[modifier] Maldigestion
- Pré-entérocytaire[7]
- entérocytaire
- syndrome du grêle court
- maladie cœliaque
- Maladie de Whipple
- Parasitoses : Lambliase..
- Lymphome
- déficits en immunoglobulines : deficit en IgA, hypogammaglobulinémie, déficit commun variable
- post-entérocytaire : entéropathies exsudatives
[modifier] Notes et références
- Grand vocabulaire françois : contenant l'explication de chaque mot dans ses diverses acceptions grammaticales (...), Par Guyot (Joseph Nicolas, M.),Sébastien-Roch-Nicolas Chamfort,Ferdinand Camille Duchemin de la Chesnaye Ed, C. Panckoucke, 1768 ; Voir l'article Louveterie
- R Garapon, Le dialogue moliéresque, contribution à l'étude de la stylistique dramatique de Molière ; Cahiers de l'Association internationale des études, 1964
- (fr) Syndrome de malabsorption sur dictionnaire.doctissimo.fr. Consulté le 16 octobre2010.
- (fr) Syndrome de malabsorption sur www.la-medecine.info. Consulté le 16 octobre2010.
- Dissertation sur la lienterie causée par la faim et les mauvais alimens MLM David - 1815
- Meifredy, Sur les éducations continues des vers-à-soie et sur la découverte d'une maladie qui les affecte, dite lienterie. Mémoire présenté à la société royale d'Agriculture de Turin par F. Hermentaire Meifredy, Turin, 20 nov 1842 (http://books.google.fr/books?id=apEaAAAAYAAJ&dq=lienterie&lr=&hl=fr&source=gbs_navlinks_s Livre numérique Google])
- (fr) Quels sont les signes biologiques évocateurs de malabsorption ? sur www.snfge.asso.fr. Consulté le 16 octobre2010.