Sécheresse oculaire

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Sécheresse oculaire
Classification et ressources externes
CIM-10 H19.3
CIM-9 370.33
MedlinePlus 000426
eMedicine article/1196733  article/1210417
MeSH D007638
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La sécheresse oculaire, ou « syndrome de l'œil sec », ou « kérato-conjonctivite sèche », est un type d'affection touchant le système lacrymal de l'homme, et qui se traduit par la pénible sensation d'yeux secs. Elle est également nommée « xérophtalmie », « kératite sèche » ou « keratitis sicca », « kératoconjonctivite sicca » (KCS), etc.[1].

En mai 2007, le terme « yeux secs » ou sécheresse oculaire a reçu une nouvelle définition de la part des plus grands spécialistes mondiaux, le Dry Eye Workshop :

« L'œil sec est une maladie multifactorielle des larmes et de la surface oculaire qui résulte en des symptômes d'inconfort, de perturbation visuelle et instabilité du film lacrymal avec des dommages potentiels à la surface oculaire. Il est accompagné par une osmolarité accrue du fil lacrymal et inflammation de la surface oculaire[2]. »

Récemment l'osmolarité lacrymale a été reconnue comme étant le biomarqueur le plus fiable pour la détection. C’est la mesure quantitative la plus précise pour les troubles de la surface oculaire.

Cette maladie de l'œil résulte de la sécrétion par les glandes lacrymales de larmes en quantité ou en qualité inadéquates. Les deux yeux sont en général touchés, entraînant beaucoup d'inconfort, des douleurs, des brûlures, des démangeaisons et une vision brouillée. On ressent une fatigue des yeux après une courte période de lecture.

Symptômes[modifier | modifier le code]

  • Irritations/rougeurs
  • Larmoiements
  • Sensation de brûlure et de corps étranger (grain de sable)
  • Sensibilité à la lumière
  • Démangeaisons
  • Fatigue oculaire

Prévention[modifier | modifier le code]

Ce syndrome est impossible à prévenir, mais plusieurs méthodes permettent d'en réduire la sévérité. Tout d'abord, évitez de fumer et de vous exposer à la fumée d'autrui. Limitez l'exposition au soleil et protégez-vous les yeux du vent. En hiver, utilisez un humidificateur d'air. Détournez votre visage de l'air chaud de votre sèche-cheveux. Portez toujours des lunettes lorsque vous pratiquez des activités qui comportent un risque de lésions oculaires comme le ski, le tennis ou la menuiserie.

Causes[modifier | modifier le code]

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Le vieillissement est la cause la plus courante du syndrome de l'œil sec. Le tabagisme actif et passif et des facteurs environnementaux (exposition au soleil et au vent, atmosphère intérieure trop sèche) le favorisent aussi. Nombre de médicaments, notamment ceux contre le refroidissement et les allergies, dessèchent les membranes muqueuses des yeux. Le syndrome de sécheresse oculaire peut être dû à des lésions et des troubles affectant le fonctionnement des yeux, ainsi qu'à des maladies auto-immunes (polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé) au cours desquelles le système immunitaire attaque les glandes lacrymales.

Hyper-évaporation des larmes[modifier | modifier le code]

La sécheresse oculaire liée à une hyper-évaporation des larmes qui sont pourtant produites en quantité suffisante. Ce cas est le plus fréquent. L'hyper-évaporation des larmes peut être due à un dysfonctionnement des glandes de Meibomius ou à une altération de la couche lipidique du film lacrymal qui ne remplit pas son rôle anti-évaporatif. L'altération de la couche lipidique du film lacrymal peut être due au port de lentilles, au travail sur écrans, à la pollution ou au vieillissement. La prévalence du syndrome de l’œil sec est estimée entre 15 et 20 % de la population âgée de plus de 65 ans. Les formes modérées et sévères (impliquant une kératite ou kératoconjonctivite sèche) représenteraient 25 à 30 % des cas.

Dysfonctionnement des glandes lacrymales[modifier | modifier le code]

La sécheresse oculaire liée à un dysfonctionnement des glandes lacrymales donc à un manque de larmes.

Ces deux types de sécheresse oculaire peuvent être cumulés (notamment dans le cas du syndrome de Goujerot-Sjögren).

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Test de Shirmer[modifier | modifier le code]

Le test de Schirmer consiste à positionner une bandelette de papier filtre sur la paupière inférieur. Après 5 minutes on mesure la longueur de la zone humide. La valeur reconnue comme seuil est discutée. Elle se place de 5 mm à 15 mm. Au-delà de 20 mm la sécrétion est considérée comme normale.

TBUT[modifier | modifier le code]

Le Tear Break Up Time (TBUT) est la mesure du temps de rupture du film lacrymal. C'est-à-dire que l'on observe à la lampe à fente la durée durant laquelle le film lacrymal parvient à recouvrir de manière homogène et cohérente la surface oculaire. Un TBUT normal est considéré comme supérieur ou égal à 15 secondes. C’est le test le plus fréquemment pratiqué par le praticien de par sa rapidité d’exécution et sa simplicité. Il n’est pas rare d’obtenir des résultats contradictoires entre les tests de Schirmer et le TBUT. En effet, un patient peut avoir un Schirmer faible (signe de sécheresse oculaire) et un TBUT normal.

Test à la fluorescéine[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'instiller une faible quantité de fluorescéine dans le cul de sac de l'œil. Cette dernière se fixera sur les cellules abimées de l’épithélium. Plus la coloration est importante, plus le syndrome sec est important.

Test TearLab[modifier | modifier le code]

Le test d'osmolarité TearLab est le dernier né des tests pour la détection de la sécheresse oculaire. Il est basé sur la mesure de l’osmolarité qui est la concentration en salinité des larmes[3]. Il permet de déterminer avec plus de précision que les tests « habituels » la présence ou non de la sécheresse oculaire et d’en déterminer la sévérité, notamment pour les cas précoces et asymptomatiques. Le praticien vient collecter 50 µL de larmes dans le cul de sac à l’aide une tête de prélèvement. La mesure se fait en 1 à 5 secondes. La mesure de l'osmolarité du film lacrymal pourrait bien être le test objectif le plus important pour le diagnostic de l'œil sec[3].

Traitements[modifier | modifier le code]

La sécheresse oculaire se traite par une association de médicaments et de changements de mode de vie.

  • médicaments : Il existe des collyres qui sont des substituts de larmes, de types larmes à viscosité accrue, un carbomère en solution sans conservateur (tout conservateur aggraverait la sécheresse).
  • spray oculaire : une solution plus simple d'emploi que les collyres traditionnels est disponible et permet de traiter la sécheresse oculaire par simple pulvérisation sur l'œil fermé[4]
  • bouchons de silicone : si le collyre ne soulage pas, on peut fermer les canaux lacrymaux et empêcher l'écoulement de larmes grâce à de minuscules bouchons de silicone amovibles ;
  • cautérisation : un ophtalmologue scelle à chaud des points lacrymaux avec un appareil à cautériser, empêchant ainsi les larmes de s'écouler à l'extérieur de l'œil ;
  • l'huile d'argousier per os, riche en oméga 7 (en), permet de lutter contre la sécheresse des yeux[5] ;
  • le geste santé : en plus des solutions indiquées en préventions, cligner des yeux fréquemment permet d'étaler les larmes sur toute la surface des yeux et soulage la sécheresse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Keratos - Lachrymal Dysfunctions and Corneal Diseases
  2. (en) « Report of the International Dry Eye Workshop (DEWS) », Ocul Surf, vol. 5, no 2,‎ 2007, p. 65-199
  3. a et b http://www.tearfilm.org/dewsreport_french/pdfs/methodologies%20du%20diagnostic%20et%20de%20la%20surveillance%20de%20l'oeil%20sec.pdf
  4. « VYSÉO Tears Again, spray oculaire aux liposomes », sur www.vidal.fr,‎ 14 juin 2013
  5. (en) Järvinen RL, Larmo PS, Setälä NL, Yang B, Engblom JR, Viitanen MH, Kallio HP, « Effects of oral sea buckthorn oil on tear film Fatty acids in individuals with dry eye », Cornea, vol. 30, no 9,‎ 2011, p. 1013-9 (liens PubMed? et DOI?)