Syndrome de fatigue chronique

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Syndrome de fatigue chronique
Classification et ressources externes
CIM-10 G93.3
CIM-9 780.71
DiseasesDB 1645
MedlinePlus 001244
eMedicine med/3392  ped/2795
MeSH D015673
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Le syndrome de fatigue chronique (SFC), également connu sous le nom d'encéphalopathie myalgique, désigne un état de fatigue répété et récurrent qui, même après le repos, ne disparaît pas. Ce syndrome a été identifié dans les pays anglo-saxons au milieu des années 1980[1]. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) le considère comme une maladie neurologique grave et il figure sur la liste américaine des maladies infectieuses nouvelles, récurrentes et résistantes aux médicaments[réf. souhaitée].

La ou les cause(s) de cette maladie ne sont pas encore éclaircies, mais on a clairement identifié des dysfonctionnements de l'immunité chez les patients. En particulier le taux de RNase L est anormal.

Causes suspectées[modifier | modifier le code]

  • Les symptômes pourraient être d'origine auto-immunitaire[2],[3]. Le déclencheur de la réponse auto-immunitaire reste cependant inconnu.
  • Une origine virale notamment attribuée au rétrovirus XMRV (Xenotropic MLV - Related Virus, variante du virus de la leucémie murine) a été, un temps, évoquée. Ce virus aurait été trouvé beaucoup plus fréquemment chez les patients souffrant du syndrome de fatigue chronique que chez des contrôles sains mais l'article scientifique ayant initialement publié ce résultat a été retiré en raison de multiples erreurs et malversations[4]. À la suite de cette annonce, un collectif de neuf laboratoires avait vainement tenté de reproduire ce résultat[5] et depuis lors, d'autres tentatives se sont révélées tout aussi incapables de confirmer l'hypothèse XMRV[6],[7],[8].

Symptômes et diagnostic[modifier | modifier le code]

  • Fatigue chronique
    • persistante ou récidivante,
    • évoluant depuis au moins six mois,
    • dont le début est individualisable,
    • résistante au repos,
    • nécessité de réduire ses activités,
  • Exclure
    • maladie organique présente ou passée,
    • maladie psychiatrique avérée.

Pronostic[modifier | modifier le code]

Il ne semble pas exister d'augmentation de la mortalité due à cette maladie, même si le risque suicidaire est possible[10]. Le syndrome a longtemps été confondu avec une conséquence de la dépression car l'invalidité provoquée et la non reconnaissance de la maladie détériorent l'humeur[11]. En 2010, un procès a été ouvert en Angleterre pour un suicide assisté d'une jeune femme porteuse de ce syndrome[12].

Traitements[modifier | modifier le code]

Des études montrent que l'exercice ainsi qu'une thérapie comportementale pourraient avoir une certaine influence positive, alors que le rythme adapté, prôné par des groupes de patients, ne fonctionnerait pas[13],[14],[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) G. Holmes, J. Kaplan, N. Gantz, A. Komaroff, L. Schonberger, S. Straus, J. Jones, R. Dubois, C. Cunningham-Rundles, S. Pahwa, G. Tosato, L. S. Zegans, D. T. Purtilo, N. Brown, R. T. Schooley et I. Brus, « Chronic fatigue syndrome: a working case definition », Annals of Internal Medicine, vol. 108, no 3,‎ 1988, p. 387-389 (lire en ligne)
  2. (en) Fluge Ø, Bruland O, Risa K, Storstein A, Kristoffersen EK. et al., « Benefit from B-Lymphocyte Depletion Using the Anti-CD20 Antibody Rituximab in Chronic Fatigue Syndrome. A Double-Blind and Placebo-Controlled Study », PLoS ONE, vol. 6, no 10,‎ 2011, e26358. (DOI 10.1371/journal.pone.0026358, lire en ligne)
  3. (en) Jill Neimark, « Are B-Cells to Blame for Chronic Fatigue Syndrome? », Discover Magazine,‎ mai 2013 (lire en ligne)
  4. (en) Vincent C. Lombardi, Francis W. Ruscetti, Jaydip Das Gupta, Max A. Pfost, Kathryn S. Hagen, Daniel L. Peterson, Sandra K. Ruscetti, Rachel K. Bagni, Cari Petrow-Sadowski, Bert Gold, Michael Dean, Robert H. Silverman et Judy A. Mikovits, « Detection of an Infectious Retrovirus, XMRV, in Blood Cells of Patients with Chronic Fatigue Syndrome », Science, vol. 326, no 5952,‎ 8 octobre 2009, p. 585-589 (PMID 19815723, DOI 10.1126, résumé, lire en ligne)
  5. G. Simmonset et al., « Failure to Confirm XMRV/MLVs in the Blood of Patients with Chronic Fatigue Syndrome: A Multi-Laboratory Study », Science, vol. 334, no 814,‎ 2011 (DOI 10.1126/science.1213841)
  6. (en) O. Erlwein, S. Kaye, M. O. McClure, J. Weber, G. Wills, D. Collier, S. Wessely et A. Cleare, « Failure to detect the novel retrovirus XMRV in chronic fatigue syndrome », PLoS One, vol. 5, no 1,‎ janvier 2010 (résumé, lire en ligne)
  7. (en) Frank J. M. van Kuppeveld, Arjan S. de Jong, Kjerstin H. Lanke, Gerald W. Verhaegh, Willem J. G. Melchers, Caroline M. A. Swanink, Gijs Bleijenberg, Mihai G. Netea, Jochem M. D. Galama et Jos W. M. van der Meer, « Prevalence of xenotropic murine leukaemia virus-related virus in patients with chronic fatigue syndrome in the Netherlands: retrospective analysis of samples from an established cohort », BMJ, vol. 340, no c1018,‎ 25 février 2010 (résumé, lire en ligne)
  8. (en) Konstance Knox, Donald Carrigan, Graham Simmons, Fernando Teque, Yanchen Zhou, John Hackett Jr., Xiaoxing Qiu, Ka-Cheung Luk, Gerald Schochetman, Allyn Knox, Andreas M. Kogelnik et Jay A. Levy, « No Evidence of Murine-Like Gammaretroviruses in CFS Patients Previously Identified as XMRV-Infected », Science, American Association for the Advancement of Science, vol. 333, no 6038,‎ 1er juillet 2011, p. 94-97 (ISSN 0036-8075 et 1095-9203, DOI 10.1126/science.1204963, résumé, lire en ligne)
  9. (en) Authier FJ, Sauvat S, Champey J. et al., « Chronic fatigue syndrome in patients with macrophagic myofasciitis. Concise communications », Arthritis Rheum., vol. 48,‎ 2003, p. 569–72.
  10. (en) W. R. Smith, C. Noonan et D. Buchwald, « Mortality in a cohort of chronically fatigued patients », Psychological Medecine, vol. 36, no 9,‎ 2006, p. 1301-1306 (résumé)
  11. (en) S. B. Harvey, M. Wadsworth, S. Wessely et M. Hotopf, « The relationship between prior psychiatric disorder and chronic fatigue: evidence from a national birth cohort study », Psychological Medecine, vol. 38, no 7,‎ 2 novembre 2007, p. 933-940 (résumé)
  12. (en) Alastair M. Santhouse, Matthew Hotopf et Anthony S. David, « Chronic fatigue syndrome », BMJ, vol. 340, no c738,‎ 11 février 2010 (résumé)
  13. (en) D. Chambers, A. M. Bagnall, S. Hempel et C. Forbes, « Interventions for the treatment, management and rehabilitation of patients with chronic fatigue syndrome/myalgic encephalomyelitis: an updated systematic review », Journal of the Royal Society of Medecine, vol. 99,‎ 2006, p. 506-520 (résumé, lire en ligne)
  14. Associated Press, « Remise en question les traitements contre la fatigue chronique », sur http://www.cyberpresse.ca,‎ 18 février 2011
  15. (en) P. D White, K. A. Goldsmith, A. L. Johnson, L. Potts, R. Walwyn, J. C. DeCesare, H. L. Baber, M. Burgess, L. V. Clark, D. L. Cox, J. Bavinton, B. J. Angus, G. Murphy, M. Murphy, H. O'Dowd, D. Wilks, P. McCrone, T. Chalder et M. Sharpe, « Comparison of adaptive pacing therapy, cognitive behaviour therapy, graded exercise therapy, and specialist medical care for chronic fatigue syndrome (PACE): a randomised trial », The Lancet,‎ 18 février 2011 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Leonard A. Jason, Patricia A. Fennel, Renee R. Taylor (2003), Handbook of Chronic Fatigue Syndrome, John Wiley & Sons, ISBN 0-471-41512-X

Liens externes[modifier | modifier le code]