Syndrome de Wiskott-Aldrich

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Syndrome de Wiskott-Aldrich
Référence MIM 301000
Transmission Récessive à l'X
Chromosome Xp11.23-p11.22
Gène WAS
Empreinte parentale Non
Mutation Ponctuel
Nombre d'allèles pathologiques 13
Prévalence 3 pour 1 000 000 hommes
Pénétrance 100 %
Diagnostic prénatal Possible
Liste des maladies génétiques à gène identifié
syndrome de Wiskott-Aldrich
Classification et ressources externes
CIM-10 D82.0
CIM-9 279.12
OMIM 301000
DiseasesDB 14176
eMedicine med/1162  ped/2443 derm/702
MeSH D014923
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Le syndrome de Wiskott-Aldrich (SWA) est un déficit immunitaire constitutionnel faisant partie du groupe des Déficits Combinés de l'immunité. C'est une maladie génétique liée à l'X secondaire à une mutation du gène WAS.

Historique[modifier | modifier le code]

Alfred Wiskott (18981978), décrit pour la première fois le syndrome chez trois frères en 1937. Il note, à cette occasion que les sœurs ne sont pas atteintes. Robert Aldrich (19171998) décrit plusieurs autres cas familiaux en 1954, devinant sa transmission liée au chromosome X.

Le gène dont les mutations sont responsables de la maladie est nommé WAS ; il a été identifié au milieu des années 1990. Il code pour la protéine WASP qui est une protéine du cytosquelette : elle intervient dans la polymérisation de l'actine.

La première tentative de traitement par greffe de moelle a eu lieu en 1968.

Cause[modifier | modifier le code]

Le SWA est dû à une mutation du gène WAS[1], gène situé sur le chromosome X[2]. Comme dans toute maladie récessive liée à l'X, les femmes (qui disposent de 2 chromosomes X) sont porteuses saines et ce sont leurs fils qui développent la maladie.

Le gène WAS est responsable de la synthèse de la protéine WASP (pour « Wiskott-Aldrich Syndrom Protein ») qui a un rôle de régulation sur l'actine, ainsi que dans l'hématopoïese et l'immunité[3].

À noter que les mutations en cause peuvent être de n'importe quel type et varient d'une famille à l'autre[4]. La plupart entraîne la formation d'une protéine non fonctionnelle mais certaines sont, au contraire, potentialisatrices[3].

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

La maladie est rare (un cas pour 100 000 naissances)[5]. Il n'y a pas de facteur géographique prédisposant.

Signes cliniques[modifier | modifier le code]

Le SWA est caractérisé par une triade clinique associant, chez un garçon, un déficit immunitaire combiné (concernant à la fois les lymphocytes T et B), un eczéma, et une thrombopénie.

Le tableau clinique associe ainsi :

  • des infections fréquentes et graves, d'origine bactérienne ou virale ;
  • des signes hémorragiques tels qu'un purpura pétéchial, des épistaxisetc.
  • un eczéma, particulier par sa précocité, sa sévérité et sa résistance aux traitements usuels qui le différencient de l'eczéma atopique beaucoup plus fréquent.

Au cours de l'évolution peuvent survenir des complications :

Le tableau clinique dépend du type de la mutation sur le gène WAS[6] et la sévérité de la maladie dépend de la dysfonction de la protéine WASP[7].

Traitement et prise en charge[modifier | modifier le code]

À ce jour, le traitement de référence est la greffe de moelle osseuse allogénique par donneur HLA compatible[8].

Un traitement par thérapie génique par introduction d'un gène WAS fonctionnel par l'intermédiaire d'un rétrovirus semble être prometteur[9] mais plusieurs patients ont développé une leucémie[10]. Cette complication ne semble plus être retrouvée avec l'utilisation d'un autre vecteur viral[11].

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Online Mendelian Inheritance in Man, OMIM (TM). Johns Hopkins University, Baltimore, MD. MIM Number:301000 [1]
  • (en) GeneTests: Medical Genetics Information Resource (database online). Copyright, University of Washington, Seattle. 1993-2005 [2]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gène WAS sur Online Mendelian Inheritance in Man (OMIM) : 300392 (en)
  2. Derry JM, Ochs HD, Francke U, Isolation of a novel gene mutated in Wiskott-Aldrich syndrome, Cell, 1994;78:635-644
  3. a et b Thrasher AJ, Burns SO, WASP: a key immunological multitasker, Nat Rev Immunol, 2010;10:182-192
  4. http://www.orpha.net/data/patho/FR/fr-wiskott.pdf
  5. Perry GS 3rd, Spector BD, Schuman LM, Mandel JS, Anderson VE, McHugh RB, Hanson MR, Fahlstrom SM, Krivit W, Kersey JH (1980) The Wiskott-Aldrich syndrome in the United States and Canada (1892-1979). J Pediatr 97:72-8
  6. Albert MH, Notarangelo LD, Ochs HD, Clinical spectrum, pathophysiology and treatment of the Wiskott-Aldrich syndrome, Curr Opin Hematol, 2011;18:42-48
  7. Imai K, Morio T, Zhu Y et al. Clinical course of patients with WASP gene mutations, Blood, 2004;103:456-464
  8. Ozsahin H, Cavazzana-Calvo M, Notarangelo LD et al. Long-term outcome following hematopoietic stem-cell transplantation in Wiskott-Aldrich syndrome: collaborative study of the European Society for Immunodeficiencies and European Group for Blood and Marrow Transplantation, Blood, 2008;111:439-445
  9. Boztug K, Schmidt M, Schwarzer A et al. Stem-Cell gene therapy for the Wiskott–Aldrich syndrome, N Engl J Med, 2010;363:1918-1927
  10. Braun CJ, Boztug K, Paruzynski A et al. Gene therapy for Wiskott-Aldrich syndrome—long-term efficacy and genotoxicity, Sci Transl Med, 2014;6:227ra33
  11. Hacein-Bey S Gaspar B, Blondeau J et al. [Hacein-Bey Outcomes following gene therapy in patients with severe Wiskott-Aldrich syndrome], JAMA, 2015;313:1550-1563