Syndrome de Crigler-Najjar

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Le syndrome de Crigler-Najjar est une maladie génétique qui doit son nom aux deux médecins américains Crigler et Najjar qui le découvrirent dans les années 1950. C'est une maladie rare qui sans traitement palliatif entraine rapidement la mort du nouveau-né.

Étiologie[modifier | modifier le code]

Le syndrome de Crigler-Najjar est transmis sous le mode autosomique récessif, sauf pour certains Crigler-Najjar de type 2 (CN2).

De nombreuses mutations du gène UGT1A1 (2q37) sont liées au SCN1[1].

Mécanisme[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une maladie génétique extrêmement rare, avec une incidence voisine de 1/1 000 000 de naissances[2]. Sa cause est la déficience de l'activité hépatique de la bilirubine glucuronosyltransférase une enzyme du foie qui doit normalement convertir la bilirubine en une forme pouvant être éliminée par le corps. Lorsque cette enzyme ne fonctionne pas, la bilirubine s'accumule dans l'organisme. Les examens biologiques montrent une hyperbilirubinémie isolée. risquant ainsi d'atteindre le cerveau et de l'endommager: c'est alors l'ictère nucléaire, marqué par une couleur jaune de la peau et du blanc des yeux, qui s'accompagne de graves troubles neurologiques, dus à la neurotoxicité de la bilirubine non conjuguée et mène rapidement au décès.

Il en existe deux types :maladie de Crigler-Najjar de type 1 (CN1) quand l'activité enzymatique est nulle et Crigler-Najjar de type 2 (CN2) quand elle est très faible à faible.

Crigler-Najjar de type 2 (CN2)[modifier | modifier le code]

Un traitement inducteur par le phénobarbital fait baisser la bilirubinémie[2].

Crigler-Najjar de type 1 (CN1)[modifier | modifier le code]

L'essai thérapeutique par le phénobarbital est sans effet.

Le seul traitement radical est la greffe de foie. Cette maladie pourrait être une bonne candidate aux projets de thérapie génique[2].

La photothérapie est utilisée en traitement palliatif depuis 1970. Les patients atteints du syndrome de Criggler-Najjar sont traités par des séances de photothérapie quotidiennes: ils sont exposés à une lumière bleue spéciale qui dégrade la bilirubine se trouvant à la surface de la peau.

Cette méthode n'est que partiellement palliative, la bilirubine étant produite en continu, il faut traiter en permanence, en adaptant la durée et la surface d'exposition.

Matériel[modifier | modifier le code]

Les appareils sont adaptés au besoin de chaque patient et le nombre de tubes est progressivement augmenté. On passe de 8 tubes à 20, voire plus, et d'appareils éclairant dessus à des appareils éclairant dessous, voire dessus et dessous.

Hormis les appareils pour les nouveau-nés, il n'existe rien de commercialisé pour les enfants plus grands et encore moins pour les adultes. Les paramètres suivants sont utilisés pour concevoir des appareils plus efficaces :

  • les types de sources (tubes fluos, leds, fibres optiques) : les tubes fluos étant les seuls utilisés actuellement, quels modèles sont les plus efficaces ? Les autres sources sont, elles, encore à l'étude.
  • le nombre de tubes, qui varie en fonction de la taille de l'enfant.
  • la proximité de la source: plus la photothérapie se pratique près du corps et plus elle est efficace. Pour les enfants plus âgés, on arrive progressivement à une photothérapie par-dessous qui permet d'être très près (5 à 10 centimètres) mais qui demande une recherche de matériaux confortables et transparents.
  • la surface de peau éclairée : la photothérapie par-dessus et par-dessous est la plus efficace mais pas la plus confortable.

Cela aboutit à différents appareils issus de découvertes et ingéniosités diverses, les parents recueillant de toute part les conseils des scientifiques et des médecins et les améliorations apportées par chacun dans les différents pays.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]