Syndicat national des lycées et collèges

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Syndicat National des Lycées et Collèges

Logo de l’association
Cadre
Forme juridique loi du 21 mars 1884
Zone d’influence Drapeau de la France France
Fondation
Fondation 21 avril 1905
Fondateur Albert Fedel
Identité
Siège 4, rue de Trévise
75009 Paris
Président François Portzer
Membres 14 000 adhérents revendiqués en 2007 (en 2014, estimation moins de la moitié, au regard des élections professionnelles d'octobre 2011)
Slogan Le syndicat par excellence

Le Syndicat national des lycées et collèges (SNALC) est un syndicat d'enseignants du second degré, affilié à la Confédération syndicale de l'Éducation nationale (CSEN), elle-même rattachée comme confédération primaire de la Fédération générale autonome des fonctionnaires (FGAF)[1].

Le SNALC-CSEN se veut indépendant de toute attache politique, confessionnelle ou idéologique[2]. Il est traditionnellement classé à droite de l'échiquier politique[3],[4],[5],[6],[7], bien que le syndicat ne revendique d'aucune manière ce rapprochement.

Historique[modifier | modifier le code]

Lors de sa fondation le 21 avril 1905 dans la salle des fêtes du lycée Louis-le-Grand, le SNALC porte le nom de Fédération nationale des professeurs des lycées de garçons et de l’enseignement secondaire féminin. Au nom de la « valeur de l'enseignement secondaire », il s'oppose d'abord à la transformation des « professeurs adjoints » (simples bacheliers) en professeurs à part entière, ensuite à la surveillance par les professeurs des « récréations d'inter-classe », tâche jusqu'alors dévolue aux répétiteurs[8]. Ce n'est alors qu'une association professionnelle, déclarée le 23 mai 1910 avec pour but « études relatives à l’enseignement secondaire, défense de ses membres » (voir Journal officiel du 10 juin 1910). Craignant pour son indépendance, elle refuse en 1911 d’adhérer à la Fédération générale des fonctionnaires.

En 1925, le syndicalisme étant autorisé aux agents de l'État, la fédération se transforme en Syndicat national des professeurs des lycées de garçons et du personnel de l’enseignement secondaire féminin. En juin 1927, pour protester contre la situation financière des professeurs, il organise une grève du baccalauréat qui lui vaut des critiques d'une partie de la presse[9].

Certains voudraient aller plus loin et souhaitent que le syndicat adhère à la CGT réformiste. Des consultations sont organisées en avril 1920, en avril 1933 et en mars 1934. À chaque fois, la majorité requise des deux tiers n'est pas atteinte. Ces refus provoquent une crise au sein du syndicat. Une nouvelle direction favorable à l'indépendance est mise en place. Cependant, un certain nombre d'adhérents font le choix de la double appartenance en étant à la fois membre du syndicat de la CGT voire de la CGTU.

En mars 1936, la réunification de la CGT modifie la situation. Le congrès de 1937 refuse une nouvelle fois l'adhésion à la CGT. Les minoritaires, favorables à l'affiliation confédérale quittent le syndicat et participent à la création du SPES (Syndicat du Personnel de l'Enseignement Secondaire, ancêtre du SNES), au sein de la confédération. Le syndicat se transforme alors en Syndicat national des lycées, collèges et cours secondaires et interdit l'appartenance individuelle à une confédération. Avec plus de 5 000 adhérents, il est alors très majoritaire : aux élections du Conseil supérieur de l'instruction publique de 1938, il obtient 51 % des suffrages, plus de 60 % chez les professeurs agrégés[10]. En 1938, avec l'Amicale de la magistrature et la Société des agrégés de l'Université, il participe à la constitution de la Fédération nationale des corps de l’État et des cadres des administrations publiques (FNCA) qui compte, en 1938, 16 440 adhérents[11].

Le 15 octobre 1940, le syndicat est interdit par le régime de Vichy. Beaucoup de ses adhérents et de ses dirigeants sont prisonniers en Allemagne. A la Libération, une nouvelle tentative de rapprochement entre syndicats du second degré au sein de la CGT aboutit à la création du SNES. Le futur SNALC refuse de participer à ce processus. Il est alors devenu minoritaire (en 1956, il compte environ 2 500 adhérents)[12].

En 1949, il adopte son sigle actuel de SNALC pour Syndicat national des lycées et collèges[13] En 1954, le syndicat adhère à la Confédération générale des cadres, qu'il quitte en 1978 en raison de divergences sur la loi Haby, le SNALC s'étant opposé dès 1975 à la réforme du « collège unique »[14].

En 1982, une partie des responsables du SNALC décide de rejoindre les syndicats Force ouvrière qui viennent de se créer dans l'éducation nationale à partir d'une scission de la FEN. En janvier 1984, le SNALC est à l'origine de la création de la CSEN. Le SNALC soutient le transfert de l'EPS du ministère de la Jeunesse et des Sports vers l’Éducation nationale en 1981 et la loi Carraz du 23 décembre 1985 instituant les baccalauréats professionnels. Il combat la loi dite d'orientation du 10 juillet 1989. Le 23 janvier 1992, il occupe la salle du Conseil national des programmes pour protester contre les projets qui menacent l’enseignement des langues vivantes.

Il participe aux actions menées contre les décrets de Robien du 12 février 2007 qui alourdissaient le temps de travail des personnels et encourageaient la bivalence des professeurs de l'enseignement général. Grâce à cette mobilisation, ces textes ont été abrogés (décret n°2007-1295 du 31 août 2007).

Le SNALC-CSEN est affilié à la Fédération générale autonome des fonctionnaires depuis que le Conseil national de la FGAF a approuvé à l'unanimité l'entrée de la CSEN en son sein, le 4 juin 2008[15].

Le 5 janvier 2011, François Portzer est élu président du SNALC, fonction à laquelle il succède à Bernard Kuntz[16] qui quitte la SNALC le 16 mai 2011 pour rejoindre Force ouvrière.

Le 3 avril 2012, François Portzer, candidat unique, est réélu à la tête du SNALC avec 80 % des voix. Accroître la représentativité du SNALC dans le second degré et élargir son champ de syndicalisation aux professeurs des écoles, aux corps d'inspection et aux personnels de direction sont les objectifs qu'il se fixe pour les prochaines élections professionnelles[17].

Le 15 mai 2012, le SNALC salue l'élection de François Hollande qui serait "au diapason des valeurs républicaines du Snalc". Il approuve les premières mesures d'urgence présentées au conseil des ministres par Vincent Peillon[18]. Le 14 décembre 2012[19],[20], au CSE, le SNALC vote la loi Peillon de refondation de l'école aux côtés de la CFDT, de l'UNSA et de la FCPE[21],[22] en raison "des nombreuses avancées positives contenues dans" ce texte[23] mais se prononce contre la réforme des rythmes scolaires engagée dans l'enseignement primaire. François Portzer invite Vincent Peillon au congrès du Snalc d'octobre 2013 : "Il sera le premier ministre en exercice à venir à notre congrès. Il s'agit d'un symbole et d'un signal fort. Vincent Peillon est attaché à la transmission des savoirs. Indéniablement, il partage certaines de nos valeurs"[24]. Vincent Peillon ne viendra finalement pas à ce congrès, mais le film de soutien qu'il a envoyé au Snalc tournera en boucle pendant plusieurs mois sur le site du syndicat.

Organisation[modifier | modifier le code]

Le SNALC-CSEN est organisé en sections d'établissement (S1), sections départementales (S2), sections académiques (S3) et direction nationale (S4). Chacun des niveaux est chargé des relations avec les autorités correspondantes : chefs d'établissement, inspecteurs d'académie, recteurs d'académie, ministre de l’Éducation nationale.

Le Bureau National est élu en Congrès National pour trois ans au scrutin secret et comprend vingt et une personnes, dont le président François Portzer. Les instances nationales du SNALC-CSEN siègent à Paris : 4, rue de Trévise, dans le 9e arrondissement. Le syndicat édite La Quinzaine universitaire dont le premier numéro remonte à septembre 1919. Sa parution est désormais mensuelle.

Le SNALC et la CSEN ne reçoivent aucune subvention d’Etat[26]. La seule aide que les pouvoirs publics accordent au SNALC consiste en heures de décharges dont le nombre est calculé, comme pour ses concurrents, en fonction de ses résultats aux élections professionnelles[27]. Afin de garantir une totale transparence de son fonctionnement, le SNALC-FGAF fait vérifier depuis plusieurs années ses finances par un Commissaire aux Comptes, et publie depuis 2010/2011, conformément à la Loi dite de Modernisation Sociale, ses comptes au Journal Officiel de la République [28].

Représentativité[modifier | modifier le code]

En 2007, le SNALC-CSEN revendiquait 14 000 adhérents[29].

Il a recueilli tous corps confondus 16 569 voix lors des élections professionnelles du 6 décembre 1993[30], 17 579 suffrages lors du scrutin du 12 décembre 1996, puis 19 234 les 7 et 16 décembre 1999, soit un gain de 1 655 bulletins. Le 3 décembre 2002, le SNALC rassemble alors sur son nom 20 481 voix (7,86 %)[31].

Lors des élections professionnelles du 6 décembre 2005, il a obtenu 7,65 % (19 657 voix)[32], soit un recul de 0,21 %. Il a néanmoins conservé ses 6 commissaires paritaires nationaux : 2 professeurs de chaire supérieure, 2 professeurs agrégés, 2 professeurs certifiés, et accru son nombre de commissaires paritaires académiques ou territoriaux (titulaires ou suppléants) qui sont désormais 252 au lieu de 226.

Au scrutin du 2 décembre 2008, le SNALC obtient 20 669 voix (7,95 %) soit une progression, de 976 suffrages[33]. Il perd cependant un siège de commissaire paritaire national pour les professeurs de chaire supérieure. Il est le 2e syndicat le plus représenté chez les professeurs du second degré.

Aux élections d'octobre 2011, le SNALC s'associe avec le SCENRAC-CFTC et la FAEN dans une liste d'"Union pour l'école républicaine". À l'issue d'un scrutin électronique marqué par une forte abstention et de nombreux dysfonctionnements qui ont donné lieu à des recours devant le Conseil d’État, à 1 600 voix près, il n'obtient aucun siège au Comité technique ministériel. L'Union pour l'école républicaine n'est plus considérée, au sens de la loi du 5 juillet 2010, comme une organisation représentative[34] mais conserve un siège au CSE. À ce titre il prend notamment une part active à la concertation sur la Refondation de l'Ecole de la République lancée en Sorbonne le 5 juillet 2012 par le ministre Vincent Peillon.

Il progresse en outre dans les commissions paritaires académiques (plus de 310 élus, en comptant les suppléants, et si l'on additionne les agrégés, les certifiés, les professeurs d'EPS, les professeurs de lycée professionnel (PLP) ainsi que les professeurs d’enseignement général de collège (PEGC)) [35] où il gagne une vingtaine d'élus.Le SNALC-FGAF conforte ainsi sa place de deuxième syndicat le plus représenté chez les professeurs du second degré (lycées et collèges), loin derrière la FSU qui à travers le SNES, le SNEP et le SNUEP possède plus de 1 730 élus (toujours en comptant les suppléants[36]). Il devance les autres organisations[37] (SE-UNSA avec environ 250 élus, SGEN-CFDT avec environ 230 élus) qui pour certaines (FO, Sud, CGT...) ne peuvent prétendre siéger dans toutes les catégories. Néanmoins, ces élus ne comptent pas pour la représentativité syndicale, qui s'apprécie depuis 2011 sur les résultats des élections au comité technique ministériel, CTM où le Snalc n'est pas représenté.

Idées[modifier | modifier le code]

Depuis sa création, le SNALC-CSEN est attaché à un enseignement public de qualité, fondé sur la transmission des connaissances, dans le respect des disciplines, avec des programmes et des horaires nationaux, des examens anonymes afin de donner aux jeunes générations une meilleure compréhension du monde et par là même, une plus grande maîtrise de leur avenir (les méthodes ne peuvent se substituer aux contenus).

Le SNALC-CSEN se prétend favorable à la laïcité de l'Ecole, à sa neutralité politique, à son indépendance à l'égard de tous les pouvoirs afin que les enfants puissent développer un esprit critique et une réflexion personnelle.

Il souhaite réhabiliter les notions d'effort et de mérite sans lesquelles aucune promotion sociale n'est possible (fin du passage automatique des élèves dans la classe supérieure).

Il est favorable à la création de parcours scolaires diversifiés à la mesure de la variété des goûts, des projets et des aptitudes des élèves (suppression du collège unique).

Il défend la liberté pédagogique, la revalorisation du métier d'enseignant, le respect des biens et des personnes dans tous les établissements scolaires.

Il est attaché enfin au pluralisme syndical.

En 2013, le SNALC a défendu la réécriture des statuts des enseignants (décret sur les métiers) initiée par le ministre Vincent Peillon. Pour le SNALC, ces nouveaux statuts clarifieront les obligations des professeurs, opinion partagée par le Sgen-cfdt, l'UNSA, et la FSU mais contestée par FO, Sud et la CGT.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claire Mazeron, Autopsie du Mammouth, éditions Jean-Claude Gawsewitch, 2010[38]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.fgaf.org/
  2. Article 1er des statuts du SNALC consultable en ligne à l'adresse http://www.snalc.fr/page.tpl?sku_ed=0103
  3. LeMonde.fr : La grève dans l'éducation mobilise au-delà des syndicats de gauche
  4. Les antipédagogistes, une galaxie hétéroclite sur lefigaro.fr du 1 septembre 2009
  5. Syndicats enseignants : la recomposition en vue sur lefigaro.fr
  6. Entre Vincent Peillon et les syndicats, une relation à réinventer sur la-croix.com
  7. Les soutiens au professeur affluent sur leparisien.fr
  8. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_1977_num_27_4_393743?_Prescripts_Search_isPortletOuvrage=false
  9. http://www.unige.ch/aijjr/ische26/fr/Resumes_Ische26.pdf
  10. http://books.google.fr/books?id=xywCstyQ5hoC&printsec=frontcover&dq=%22gr%C3%A8ve+du+bachot%22#PPA175,M1
  11. http://books.google.fr/books?id=xywCstyQ5hoC&pg=PA162&dq=%22syndicat+national+des+professeurs+%22&lr=&as_brr=3&as_pt=ALLTYPES#PPA162,M1
  12. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_1965_num_15_2_418429
  13. La Quinzaine universitaire , n° 419, octobre 1949, p. 1
  14. http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=2093 ou http://www.istravail.com/article108.html
  15. EFP-217.indd
  16. http://www.vousnousils.fr/2011/01/05/francois-portzer-nouveau-president-du-snalc-csen-470158
  17. http://www.snalc.fr/affiche_article.php?actu=1&id=694&id_rep=281
  18. http://snalc-reunion.com/index.php?option=com_k2&view=item&task=download&id=412_e3879022f03b54bcd063761b16ad7ae5&Itemid=608
  19. http://snalc-reunion.com/index.php?option=com_k2&view=item&task=download&id=402_fc1999a8f15a42394d7e862142de287b&Itemid=608
  20. http://www.neoprofs.org/t55835-cse-14-decembre-avis-favorable-au-projet-de-loi-sur-la-refondation-de-l-ecole-detail-des-votes
  21. http://snalc-reunion.com/index.php?option=com_phocadownload&view=category&download=138:La%20quinzaine%20universitaire%20N%C2%B0%201353%20Janvier%202013&id=7:la-quinzaine-universitaire&Itemid=663.
  22. http://www.faen.org/dossiers/refondation/refondation.htm
  23. http://snalc-reunion.com/index.php?option=com_k2&view=item&task=download&id=485_a2f1b9c6c116f495bb4b2062b1e53613&Itemid=608
  24. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/09/20/01016-20130920ARTFIG00493-girard-l-idee-suivant-laquelle-l-eleve-8220construit-son-propre-savoir8221-est-absurde.php
  25. Histoire du SNALC
  26. Arrêté du 5 juillet 2007
  27. Mieux Gérer, Mieux Éduquer, Mieux Réussir
  28. http://www.journal-officiel.gouv.fr/publications/syndiccpt/pdf/2011/3108/784312282_31082011.pdf
  29. Quid, 2007
  30. Le Monde, 21 décembre 1993
  31. http://www.education.gouv.fr/presse/2002/resultat.pdf
  32. ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/actu/2005/election_professionnelles2005.pdf
  33. http://media.education.gouv.fr/file/12_decembre/06/9/CAPN_enseignant_education_orientation_2008_40069.pdf
  34. http://media.education.gouv.fr/vote_electronique_2011/pdf/result_TMXXXNAT.pdf
  35. http://www.snalc.fr/presentation/
  36. http://www.education.gouv.fr/cid22613/elections-professionnelles.html
  37. http://snalc.limoges.free.fr/articles.php?lng=fr&pg=275
  38. Autopsie du Mammouth, Jean-Paul Brighelli, 2010

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]