Symphonie nº 5 de Tchaïkovski

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Symphonie nº 5
Op. 64
Симфония nº 5
Image décrite ci-après
Premier solo pour cor du deuxième mouvement de la symphonie

Genre symphonie
Nb. de mouvements 4
Musique Piotr Ilitch Tchaïkovski
Durée approximative Environ 48 minutes
Dates de composition 1888
Dédicataire Theodore Avé-Lallemant
Création 17 novembre 1888
Saint-Pétersbourg Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Interprètes Dirigée par Tchaïkovski


La Symphonie n° 5 en mi mineur, op. 64, de Piotr Ilitch Tchaïkovski, fut composée entre mai et août 1888, près de onze ans après la naissance de la quatrième symphonie (op. 36).

Structure[modifier | modifier le code]

  1. Andante - Scherzo (Allegro con anima - Molto piu tranquillo) (mi mineur - re majeur - mi mineur)
  2. Andante cantabile, con alcuna licenza - Non allegrotto - Andante maestoso (con piano) ( majeur)
  3. Valse. Allegro moderato (la majeur)
  4. Finale. Andante maestoso (con fiamma) - Allegrotto maestoso - Allegro vivace - Allegro con anima (Alla breve) (mi majeur)

Orchestration[modifier | modifier le code]

Instrumentation de la Symphonie n° 5
Bois
3 flûtes (la 3e prend le piccolo), 2 hautbois, 2 clarinettes (en la), 2 bassons
Cuivres
4 cors (en fa), 2 trompettes (en la), 3 trombones (2 ténors et 1 basse), 1 tuba
Percussions
timbales
Cordes
premiers violons, seconds violons, altos, violoncelles, contrebasses

L'œuvre[modifier | modifier le code]

Dans un de ses feuillets d'esquisses, le compositeur détaille la structure de sa future symphonie :

« Introduction : Soumission totale devant le destin ou, ce qui revient au même, devant la prédestination inéluctable de la Providence. Allegro : I. Murmures, doutes, plaintes, reproches à… II. Ne vaut-il pas mieux se jeter à corps perdu dans la foi ? Le programme est excellent, pourvu que j'arrive à le réaliser. »

Une fois la symphonie achevée, Tchaïkovski en fut assez satisfait. La première représentation eut lieu à Saint-Pétersbourg le 17 novembre 1888 sous la direction du compositeur lui-même. L'accueil du public fut favorable, mais la presse ne partagea pas du tout cet enthousiasme, si bien que Tchaïkovski lui-même en vint à douter de la qualité de la partition (« trop confuse, trop compacte, manquant de sincérité… » écrit-il dans une lettre à sa bienfaitrice, Nadejda von Meck). Heureusement, lors d'une représentation à Hambourg en 1889, la symphonie connut enfin l'immense succès qu'elle mérite. Elle est aujourd'hui une des œuvres de Tchaïkovski les plus appréciées du public.

La cinquième symphonie est la seule des six symphonies de Tchaïkovski à posséder un thème cyclique revenant dans chacun des quatre mouvements, symbolisant la « providence ».

Cette symphonie est dédiée à Johann Theodor Friedrich Avé-Lallemant, dit Theodor Avé-Lallemant (Hambourg), et son exécution dure approximativement 48 minutes.

Cette œuvre est étroitement liée au poème symphonique "Hamlet", car les deux œuvres ont été composées simultanément. L’orchestre requis pour jouer cette symphonie est le suivant ; 3222-4231+cordes+timbales, il s’agit d’un orchestre romantique des plus standards.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

La vie de compositeur pour Tchaïkovski fut parsemée d’embûches et de succès. Homme durement touché par les problèmes d’argent et d’estime de soi, il dut affronter de longues périodes de solitude et de faible production musicale suivie de courtes, mais intenses périodes de succès et de reconnaissance musicale. L’arrivée de la cinquième symphonie de Tchaïkovski suit une période plutôt fructueuse chez le compositeur. Nous y retrouvons plusieurs de ses œuvres de grande importance comme la Symphonie no.4 en fa mineur (1877), l’opéra Eugène Onéguine (1878), le concerto pour violon en ré majeur (1878), et plusieurs autres encore. Malheureusement, un mariage désastreux avec une jeune étudiante du Conservatoire de Moscou, Antonina Milioukova, le conduisit au divorce et au bord du suicide. Ce qui eut pour conséquence un recul dans son activité musicale.

Ce fut seulement à partir de 1888 qu’il recommença à écrire. Pendant les trois années précédentes, il avait perdu le goût d’écrire et il pensait avoir perdu ses capacités. Le 27 mai 1888, il commença à compiler des extraits pour finalement achever la symphonie en six semaines. Il travaillait tout en ignorant la maladie, la faiblesse et surmonta son manque de confiance en lui-même. Il voulait prouver au monde qu’il avait encore de l’inspiration pour composer de grandes œuvres. Cependant, la première à Saint-Pétersbourg donna l’impression au compositeur que le public l’ovationnait seulement pour ces œuvres précédentes et non pour la cinquième symphonie elle-même. Avec un peu de recul, Tchaïkovski trouva sa quatrième symphonie plus vraie et profonde musicalement que sa cinquième qu’il trouva fausse et emplie de sentiments superficiels. Selon lui, cette dernière ne correspondait pas à ses ambitions musicales. Oui, elle avait comme thème l’homme contre son destin ainsi que la recherche de sa définition, cependant il sent que la vraie définition du destin de l’homme lui échappe encore. Ce fut seulement après une prestation à Hamburg en 1889, à laquelle assista Brahms, que Tchaïkovski eût plus d’estime pour cette œuvre.

Motif conducteur[modifier | modifier le code]

Le motif conducteur est un thème récurrent dans une œuvre. Le compositeur ayant recours à un thème du genre cherche souvent à le transformer au courant de l’œuvre. Tchaïkovski utilise un motif récurrent dans sa cinquième symphonie. Certains de ses prédécesseurs l’ont également fait. C’est d’ailleurs le cas de Beethoven dans sa cinquième symphonie et de Brahms dans sa troisième symphonie. Berlioz a aussi eu recours à cette technique, mais il utilisa le terme "idée fixe" pour en parler. Le motif de la cinquième symphonie de Beethoven est le motif de quatre notes qui est entendu au tout début de l’œuvre. Ce thème est ensuite repris pendant toute la pièce. Dans cette symphonie, chacun des mouvements est caractérisé par une mélodie de quatre notes dérivées du motif. Ces quatre notes, qui n’ont pas nécessairement la même structure harmonique partagent toutefois toujours le même schéma rythmique, c’est-à-dire trois notes courtes et une longue. Chaque groupe d’instruments doit à un moment ou à un autre jouer ce motif. Le second mouvement, le motif se retrouve en accompagnement chez les cordes. Dans le troisième, ce sont plutôt les cors qui introduisent encore une fois un motif de quatre notes qui suit la même logique, donc court-court-court-long et ce même motif se trouve à être joué tant chez les cordes, les bois, les cuivres et les timbales. Dans le quatrième et dernier mouvement, les cuivres et les bois accompagnent les cordes toujours avec cette même répétition.

Brahms, avec sa troisième symphonie, utilise le même matériel de motif tout au long de son œuvre. L’ouverture du premier mouvement se trouve à être la finale du dernier mouvement avec une énergie différente, mais on entend clairement le même thème se répéter. Il utilise fréquemment le même patron rythmique, c’est-à-dire le triolet de croches, suivi de deux croches, ou encore tout autre rythme qui respecte le même ratio. Le thème de base que Brahms utilise est composé de trois notes seulement soit : Fa-Lab-Fa à l’octave. La Symphonie fantastique de Berlioz est une œuvre programmatique en cinq mouvements. L’œuvre raconte l’histoire d’un jeune musicien sous l’emprise de l’opium. Sous l’influence de cette drogue il en vient à faire des hallucinations qui le mène à entendre toujours la même mélodie, et celle-ci représente une femme qu’il aime. Cette idée fixe, nom que donne Berlioz au motif musical est récurrente dans sa symphonie. La mélodie est tout d’abord introduite dans le premier mouvement, Rêveries. Passions, neuf mesures après l’indication Allegro agitato e appassionato assai. Elle est alors jouée par les premiers violons et la première flûte. Cette mélodie est par la suite entendue dans chacun des cinq mouvements que constitue la symphonie. Lors du deuxième mouvement, Un bal, l’idée fixe intervient au thème subordonné. Elle est alors jouée par la flûte et le hautbois, et la clarinette vient prendre le relais du hautbois. Le troisième mouvement, Scène aux champs, retrouve l’idée fixe juste avant le retour du premier thème. Cette fois nous pouvons l’entendre dans la partie de la flûte et du hautbois seulement. Dans ce mouvement, nous trouvons également une fragmentation de cette idée fixe dans les parties de flûte, clarinette et hautbois vers la toute fin du mouvement. Le quatrième mouvement, Marche au supplice, la clarinette vient jouer un solo dans les toutes dernières mesures du mouvement en reprenant encore une fois le thème de l’idée fixe. Le mouvement final de la Symphonie fantastique, Songe d’une nuit du Sabbat, retrouve l’idée fixe au tout début du premier allegro. Elle est alors introduite par un solo de clarinette et lors du deuxième allegro, le solo de clarinette recommence et est rejoint par le piccolo, suit la flûte, le hautbois et le dernier de la famille des bois soit le basson.

Les motifs utilisés par ces différents compositeurs sont de nature très différente. Du côté de Beethoven, c’est surtout la rythmique qui est très importante. Pour ce qui est de Brahms, l’importance est du côté plus harmonique. Pour Berlioz, la mélodie, mais particulièrement l’idée rattachée à cette mélodie prime. Tchaïkovski, pour sa part utilise le motif musical comme liant, tel un chef cuisinier utilise de la farine pour sa sauce. Bien que la technique de composition soit la même, ces différents compositeurs en use pour en arriver à d’autres fins, surtout Berlioz, car pour lui il s’agit d’une idée obsessionnelle, alors que pour les autres, il s’agit plutôt d’une façon à réutiliser le matériel existant.

Influences extérieures[modifier | modifier le code]

Piotr Illtch tchaïkovski est reconnu comme l’un des plus grands compositeurs russes de l’histoire. Malgré le fait que plusieurs personnes du milieu musical qualifiaient sa musique plus européenne que russe, une grande partie de son inspiration générale fut les chants et mélodies folkloriques russes. Il eut comme professeurs et mentor de grands musiciens russes tel que Anton et Nicolas Rubinstein. À quelques reprises, il consulta le fameux “groupe des cinq” formé des compositeurs Balakirev, Cui, Rimsky-Korsakov, Borodin et Mussorgsky. Une autre grande influence chez Tchaïkovski fut l’apport d’un élément sur quoi baser une œuvre. Il existe une dichotomie sur la cinquième à savoir si cette œuvre est une œuvre à programme ou non. Il est difficile d’y voir clair, car contrairement par exemple à la Symphonie fantastique d'Hector Berlioz, le compositeur russe n’a laissé aucune indication claire à cet effet. Selon l’auteur David Brown, ancien professeur à la University of Southampton, et spécialiste de la musique russe, le premier mouvement serait de nature programmatique, car selon des esquisses de l’œuvre, il y aurait des indications extra musicales évidentes. En voici un exemple : «Introduction. Résignation complète devant le destin de l’homme, ou, imprévisible Providence. Allegro. Murmures, doutes, plaintes contre la XXX (XXX pourrait référer à l’homosexualité). Devrais-je me laisser embrasser par la foi.» Toutes ces petites indications laissent imaginer comment Tchaikovsky avait décidé de se laisser guider par son destin. La plupart de ses œuvres sont d’ailleurs basées sur le Destin et son acceptation. La structure de la symphonie en est un exemple notoire. Elle commence en mineur et fini en majeur, du noir à la lumière. On retrouve une similarité thématique avec la cinquième symphonie de Beethoven. Tout au long de l’œuvre, le thème du Destin transformé plusieurs fois apparaît. Les deux œuvres ont été présentées en grande première à l’intérieur de la même semaine. Elles ont été chaleureusement reçues par le public, mais la critique et plus particulièrement César Cui a été dure avec les compositions de Tchaïkovski. Il a dédicacé sa cinquième symphonie à un certain Theodor Avé-Lallement. Cet homme est responsable du changement qui s’effectue dans la méthode de composition de Tchaïkovski dans sa cinquième symphonie, elle s’inscrit maintenant davantage dans la tradition austro germanique du genre de la symphonie plutôt que de la fougue slave.

La Symphonie n° 5 au cinéma[modifier | modifier le code]

Elle est au générique du film Les Anges de l'enfer (1930) de Howard Hughes.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]