Symphonie nº 2 de Prokofiev

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La Symphonie en ré mineur, opus 40 est la seconde des sept symphonies de Sergueï Prokofiev, écrite en 1924.

Elle est représentative du style urbaniste, est l’œuvre la plus « avant-gardiste » du compositeur, qui la surnommait d'abord, non sans fierté, « la symphonie de fer et d'acier » avant d'en rejeter, sur le tard, l'aspect trop compact de la structure et de l'orchestration ainsi que le caractère excessivement démonstratif, et de projeter de la remanier ainsi qu'il l'avait fait avec sa Quatrième symphonie (ce projet ne put se concrétiser).

La symphonie est composée de deux mouvements :

  1. Allegro ben articolato
  2. Thème et variations

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Titre : Symphonie n° 2 en ré mineur, op. 40
  • Composition : 1924
  • Création : 6 juin 1925 à Paris, sous la direction de Serge Koussevitzky
  • Durée : 35 minutes

Orchestration[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Composition[modifier | modifier le code]

Elle a été écrite près de huit ans après sa première symphonie et quatre ans avant sa troisième. Elle est contemporaine de sa suite symphonique extraite de son opéra L'Amour des trois oranges. Il s'agit d'une commande du chef d'orchestre Serge Koussevitzky. Prokofiev s'est inspiré de Pacific 231 d'Arthur Honegger pour l'orchestration. La structure de l'œuvre est issue de celle de la sonate pour piano nº 32 de Beethoven[1], composée, comme sa symphonie, d'un mouvement classique suivi par un thème et variations. Un troisième mouvement était initialement prévu, jamais écrit. De même, il existe une version simplifiée mais inachevée, de cette œuvre, notée comme son op. 136.

Création et réception[modifier | modifier le code]

L’œuvre a été créée à Paris le 6 juin 1925 sous la direction de Serge Koussevitzky, et elle était destinée à choquer un public considéré comme frileux alors même que la ville accueillait une bonne partie de la modernité musicale européenne (le Groupe des Six, Igor Stravinski, Maurice Ravel...). La réception fut assez mitigé et Prokofiev, lui-même, fut assez critique quant à sa partition.

Analyse[modifier | modifier le code]

La structure en deux mouvements de durée et de caractère foncièrement dissemblables (un allegro et une suite de variations) est calquée sur l’Opus 111 de Ludwig van Beethoven et dévoile, malgré toute la posture « barbare », la conscience d’un héritage musical à assumer et d’une dette à honorer.

Allegro ben articolato[modifier | modifier le code]

D'une durée d'environ 10 minutes, il s'agit de l'exemple le plus extrême de « machinisme musical », et le mouvement le plus contrapuntique et le plus dissonant écrit par Prokofiev.

Thème et variations[modifier | modifier le code]

D'une durée d'environ 25 minutes, il est basé sur un thème d'origine chinoise. Le mouvement se distingue par le caractère systématiquement étrange de ses tonalités et son ambiance lyrique et mystérieuse. Le thème lui-même est Andante et il est suivi de six variations :

  1. L'istesso tempo
  2. Allegro non troppo
  3. Allegro
  4. Larghetto
  5. Allegro con brio
  6. Allegro moderato

L'œuvre se termine par une coda reprenant intégralement le thème en Andante molto, Doppio movimento.

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Versions de Seiji Ozawa, d’Erich Leinsdorf et de Guennadi Rojdestvensky.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ivry B, notice de l'enregistrement de l'oeuvre sous la direction de Dimitri Kitajenko, éditions Phoebus

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]