Symphonie nº 2 de Beethoven

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Symphonie no 2 en ré majeur
Opus 36
Image décrite ci-après
Carl Alois de Lichnowsky
dédicataire de la symphonie n° 2

Genre Symphonie
Nb. de mouvements 4
Musique Ludwig van Beethoven
Effectif Orchestre symphonique
Durée approximative env. 30 min
Dédicataire Carl von Lichnowsky
Création 5 avril 1803
Theater an der Wien Drapeau du Land de Vienne Vienne

La symphonie no 2 en ré majeur opus 36 du compositeur allemand Ludwig van Beethoven, est la deuxième de ses neuf symphonies. Elle a été composée en 18011802 et créée le 5 avril 1803[1] au Theater an der Wien à Vienne sous la direction du compositeur, en même temps que celle de son troisième concerto et de son oratorio Christus am Ölberge[2]. Publiée au comptoir des Arts et de l'Industrie à Vienne en mars 1804[1],[3], elle est dédiée au prince Carl von Lichnowsky, mécène du compositeur. C'est probablement la moins jouée de ses symphonies (avec sa huitième). Son manuscrit a été perdu.

Histoire de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Beethoven compose sa seconde symphonie alors que sa surdité se déclare. Ce qui aboutit de sa part à une profonde remise en question de son art ainsi qu'à une dépression perceptible dans le Testament de Heiligenstadt. Curieusement, l'écoute de l'œuvre ne témoigne guère des tourments contemporains de l'artiste[4]. L'accueil de l'œuvre à sa création fut mitigé, les critiques contemporains ont notamment trouvé le final « confus », « tapageur », voire « barbare ».

Orchestration[modifier | modifier le code]

Elle est écrite pour orchestre symphonique.

Instrumentation de la 2e symphonie de Beethoven
Cordes
premiers violons, seconds violons,
altos, violoncelles, contrebasses
Bois
2 flûtes, 2 hautbois,
2 clarinettes en la, 2 bassons
Cuivres
2 cors en ré et en mi, 2 trompettes en ré
Percussions
2 timbales en do la en ré

Structure[modifier | modifier le code]

La seconde symphonie de Beethoven, comme la plupart des symphonies classiques, comprend quatre mouvements et son exécution dure environ une demi-heure.

I
Adagio molto -
Allegro con brio
- 3/4 -
- 4/4 -
croche = 84
blanche = 100
ré majeur
II
Larghetto - 3/8 -
croche = 92
la majeur
III
(Scherzo) Allegro - 3/4 -
blanche pointée = 100
ré majeur
IV
(Finale) Allegro molto - 2/2 -
blanche = 152
ré majeur

Analyse[modifier | modifier le code]

La seconde symphonie de Beethoven reste très classique dans son écriture, ce qui contraste avec les symphonies suivantes. Elle comporte cependant des éléments novateurs comme l'apparition d'un scherzo remplaçant le traditionnel menuet[5] mozartien, la présence d'un contraste dynamique important, la liaison entre les différents mouvements pour en faire un tout.

I - Adagio molto - Allegro con brio[modifier | modifier le code]

Le mouvement débute par une longue introduction lente adagio molto qui affirme immédiatement la tonique par un fortissimo. Elle est suivie d'un allegro con brio de forme sonate. Le premier thème est énergique et plein d'entrain ; le second, amorcé en octave ascendante, a un caractère martial. Le développement s'appuie sur les deux groupes thématiques. La réexposition offre peu de différences hors la transposition tonale classique. Le mouvement se termine par une coda très développée comportant une marche harmonique et des arpèges gammées sur la tonique Ré.

II - Larghetto[modifier | modifier le code]

Le larghetto, de forme sonate, est le mouvement le plus réussi de la symphonie. Il présente une grande richesse mélodique que l'on retrouvera dans la symphonie pastorale. Beethoven y adopte une forme binaire (exposé de chaque thème, suivi d'une reprise variée) tout au long du mouvement. Dans le développement, le caractère se fait plus sombre avec des motifs plus courts sur un rythme obsédant. Le retour du cantabile à la réexposition est saisissant. Beethoven reprend la même structure binaire, mais les thèmes sont plus ornés qu'à l'exposition. Le mouvement se termine par une brève coda qui met le travail de la flûte en relief.

III - Allegro[modifier | modifier le code]

Le scherzo est plein de vigueur et de fantaisie avec des alternances de nuance piano et forte. Le trio conserve la même allure légère et gaie.

IV - Allegro molto[modifier | modifier le code]

Le finale allegro molto a également un caractère enjoué. Ces deux derniers mouvements d'humeur joyeuse équilibrent la nature calme et sereine de l'ample Larghetto. La forme sonate est plus libre et la courte reprise dans la tonalité principale au début du développement et de la coda lui donne un petit air de rondo. Le premier thème de l'exposition commence par un motif court et scandé, alors que le second thème confié aux vents est très cantabile. Le développement est très court et repose exclusivement sur le premier thème. Il se termine par un dialogue animé entre les violons et les bois. La coda avec développement terminal est plus longue que l'exposition. Cette nouveauté, très critiquée lors de la première, deviendra l'une des caractéristiques du style beethovénien. Après la reprise du premier thème, un intermède plein de douceur intervient avant que n'éclate une fanfare fortissimo. Puis Beethoven revient sur une évocation du premier motif avant les accords conclusifs.

Postérité[modifier | modifier le code]

En 1803, Beethoven a fait lui-même une transcription de cette symphonie pour trio avec piano, violon et violoncelle.

Repères discographiques[modifier | modifier le code]

Références monophoniques[modifier | modifier le code]

Références stéréophoniques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guide illustré de la musique symphonique de Beethoven par Michel Lecompte - Fayard 1995 (ISBN 221303091x)
  • Guide de la musique symphonique sous la direction de François-René Tranchefort - Fayard 1992 (ISBN 2213016380)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Bary Cooper, Dictionnaire Beethoven, Éditions Jean-Claude Lattès, 1991, p. 339
  2. La musique symphonique, pages 52-53.
  3. J. et B. Massin, Ludwig van Beethoven, Fayard, 1967, p. 628
  4. Beethoven achève sa deuxième symphonie pendant l'été 1802 alors qu'il est en cure à Heiligenstadt pour soigner ses troubles auditifs. C'est l'absence d'amélioration qui est à l'origine de la dépression. Le testament date du 6 octobre. Il est très certainement postérieur à la symphonie
  5. Le menuet de la première symphonie était déjà un scherzo malgré son intitulé.
  6. Enregistrement salué par un Diapason d'or dans la revue Diapason du mois de mars 2008, p. 104
  7. Enregistré en public au Royal Concertgebouw Orchestra d'Amsterdam le 21 avril 1940
  8. Enregistrement salué par un Diapason d'or dans la revue Diapason du mois de mars 2011, p. 74
  9. « La poigne de fer, les intuitions géniales, le sens de l'architecture bien connus de Toscanini. Sans âge! ». Le guide 1996 du CD : Tome 1, Répertoire Classique, Marabout,‎ 1996 (ISBN 978-2-5010-2361-0), p. 81
  10. Enregistrement salué par un Diapason d'or dans la revue Diapason no 517 du mois de septembre 2004
  11. « La première intégrale de Karajan, plus spontanée, plus bigarrée que celles qui suivirent chez Deutsche Grammophon. Le chef joue sur les contrastes de dynamique avec un art (déjà) consommé ». Le guide 1996 du CD : Tome 1, Répertoire Classique, Marabout,‎ 1996 (ISBN 978-2-5010-2361-0), p. 79
  12. Suggérée meilleure version disponible dans la revue Diapason du mois d’avril 2003, p. 30
  13. « Une interprétation classique. Justesse des tempos, équilibre des plans sonores, sobriété ». Guide Akaï du disque : Disques classiques, Akaï France,‎ 1982 (ISBN 978-2-2530-2849-9), p. 46
  14. « L'intégrale Schuricht est pleine de rigueur, de sévérité. Ce sont les grandes années de la Société des Concerts. La ferveur humble mais constante du chef révèle Beethoven dans son entière objectivité ». Dictionnaire des disques Diapason : Guide critique de la musique classique enregistrée, Robert Laffont,‎ 1984 (ISBN 978-2-2215-0233-4), p. 114
  15. Enregistrement salué par un Diapason d'or dans la revue Diapason du mois de février 2013, p. 74
  16. Grand Prix Du Disque de l'Académie Charles Cros 1963
  17. Enregistrement salué par une note de 5 diapasons dans la revue Diapason du mois de décembre 2008, p. 83
  18. "Un Must" La Discothèque idéale, sous la direction de Bertrand Dermoncourt, Actes Sud, 2012, p. 40
  19. a et b Enregistrement sur instruments d'époque
  20. Intégrale élue comme Disque de l’Année 1992 par la revue Gramophone
  21. Intégrale saluée à sa sortie par un Choc de la revue Le Monde de la musique, par un 10 de Répertoire de la revue Classica-Répertoire, par un Diapason d'or dans la revue Diapason et par un 4fff de la revue Télérama.
  22. « Le résultat est incroyable de dynamisme, de fraîcheur et d'intelligence »: La Discothèque idéale, sous la direction de Bertrand Dermoncourt, Actes Sud, 2012, p. 41
  23. Enregistré en public au Musikverein de Vienne en mai 2002
  24. Enregistrement salué par un Diapason d'or dans la revue Diapason du mois d'avril 2003, p. 80
  25. Enregistré en public au festival D'Édimbourg de 2006
  26. Enregistrement salué par un Gramophone Editor's Choice de la revue Gramophone du mois de juin 2008
  27. La Chambre Philharmonique joue sur instruments d'époque
  28. Enregistré en public à la maison de la culture MC2 de Grenoble les 18 & 19 mai 2010
  29. Enregistrement salué par un 4fff de la revue Télérama (mars 2010) et par un Gramophone Editor's Choice de la revue Gramophone du mois de juillet 2011
  30. Enregistrement salué par une note de 5 diapasons dans la revue Diapason du mois d'octobre 2011
  31. Enregistrement salué par une note de 5 diapasons dans la revue Diapason du mois d'avril 2012, p. 82
  32. Enregistré en public au Suntory Hall de Tokyo le 27 novembre 2012
  33. Enregistrement salué par un Choc de la revue Classica du mois novembre 2013, p. 82

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]