Swan Lake

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le ballet de Matthew Bourne. Pour le ballet de Tchaïkovski, voir Le Lac des cygnes. Pour les autres significations, voir Swan.

Swan Lake est un ballet de Matthew Bourne, créé en 1995, sur la musique du Lac des cygnes de Tchaïkovski.

La surprise majeure de cette interprétation vient de ce que les deux actes de Lev Ivanov sont dansés en force et puissance par des hommes uniquement plutôt qu'en grâce et légèreté par des femmes. Dans le reste de la représentation, le corps de ballet est mixte et la chorégraphie appuie fortement l'aspect sexué des relations entre hommes et femmes.

En remplaçant les cygnes incarnés par des femmes par un ensemble masculin menaçant, Matthew Bourne marie danse, élégance, humour et mime pour présenter un Lac des cygnes moderne, provocant et saisissant : Swan Lake transforme l'un des ballets les plus appréciés au monde en un conte contemporain, proposant au public une analyse sincère et approfondie de l'amour humain, de l'oppression sociale et du pouvoir de l'imagination.

Cette création originale a été le ballet dont les représentations ont duré le plus longtemps à Londres et à Broadway. On aperçoit un court extrait du ballet dans le film Billy Elliot, symbolisant l'aboutissement de la formation de danseur du protagoniste.

Distribution des rôles principaux[modifier | modifier le code]

  • Le cygne : Adam Cooper
  • Le prince : Scott Ambler
  • La reine : Fiona Chadwick

Le New Philharmonic Orchestra est dirigé par David Lloyd-Jones (en).

La version DVD date de la même année et est produite par la BBC et NVC Arts.

Récompenses et reconnaissances[modifier | modifier le code]

  • Swan Lake remporte plus de 30 récompenses internationales de théâtre, dont 3 Tony Awards lors de son passage à Broadway.

Une interview de Matthew Bourne[modifier | modifier le code]

À l'occasion de la reprise de son spectacle à Paris, Matthew Bourne a donné une interview qui éclaire sa conception du ballet en général et du Lac des cygnes en particulier[1].

Qu’est-ce qui vous attire dans les œuvres classiques ?
Une musique superbe et des histoires superbes. Mais par-dessus tout, je dois dire que c’est la musique qui m’attire initialement. Je n’ai pas de formation musicale formelle et je peux donc uniquement étudier la musique en l’écoutant à de multiples reprises jusqu’à ce que j’aie l’impression de la comprendre (...). Il faut que j’aime passionnément la partition avec laquelle je travaille et que je ressente le désir de la communiquer au public. C’est pourquoi je suis attiré par les grands ballets et par la musique de Tchaïkovski en particulier. Elle est tellement mélodique, dramatique, palpitante que je ne m’en lasse jamais (...). Les grands ballets ont également des scénarios très simples mais puissants, qui s’intéressent aux thèmes universels de l’amour et de la trahison, du bien et du mal et créent une atmosphère constante de magie et de mystère. À partir de là, je peux développer une version très personnelle autour de l’histoire d’origine.
Qu’est-ce qui vous a particulièrement attiré dans le Lac des Cygnes ?
C’est le premier ballet auquel j’ai assisté, interprété par le Scottish Ballet en 1979. Auparavant, mes seuls contacts avec la danse avaient été au cinéma et dans les comédies musicales. Mon idole était Fred Astaire. J’étais très surpris par la vitesse du mouvement des cygnes. Comme je n’avais jamais vu de ballet, je pensais que ce serait un spectacle majestueux et lyrique mais c’était bizarre et merveilleux. J’étais mordu ! (...) La variété de cette œuvre m’attire également beaucoup. J’entrevoyais la possibilité de créer une histoire très humaine, dotée d’un énorme potentiel dramatique, de me laisser aller à mes tendances plus satiriques et humoristiques tout en créant des suites entières de mouvements abstraits, tout cela sur la musique de danse parmi les meilleures jamais composées. Irrésistible !
Pourquoi un cygne mâle ?
L’idée d’un cygne masculin est tout à fait logique pour moi : la force, la beauté, l’envergure des ailes de ces oiseaux me rappelle la musculature d’un danseur beaucoup plus qu’une ballerine en tutu blanc. La ballerine réussit à suggérer la beauté sereine de l’oiseau qui glisse sur l’eau mais l’une de ces images que nous avons étudiées durant les répétitions était un film au ralenti d’un cygne qui attaquait un petit bateau de pêche (pour protéger ses petits, je crois) et c’était terrifiant. Nous voulions exprimer le côté plus violent des cygnes. C’était également plus facile de créer une nouvelle chorégraphie et de nouvelles images avec ce changement de sexe. La vision d’une ballerine dans le rôle du cygne est tellement incrustée dans l’esprit de chacun qu’il aurait été extrêmement difficile de remplacer cette image par mes idées si j’avais utilisé des danseuses. En utilisant des hommes, on efface toutes ces images dans l’esprit du public et on libère son imagination (...).
Je pense également que je voulais faire des expériences avec la danse masculine, tenter de créer quelque chose de beau et de lyrique pour les danseurs en laissant leur virilité absolument intacte. Je voulais aussi que les scènes où figurent les cygnes soient chargées de sexualité, de sensualité et d’audace, mais sans la parade d’égos machistes qui est l’apanage de beaucoup de chorégraphies réalisées pour des danseurs.
Pourquoi la transposition à la Cour royale d’Angleterre ?
Le Lac des cygnes a toujours eu comme sujet les problèmes d’un mariage royal. La Reine veut que le Prince épouse une Princesse, le Prince veut se marier par amour, etc. Ma version du Lac est beaucoup plus proche de nous à cause de la période durant laquelle l’action se déroule (entre 1950 et aujourd’hui), et je ne nie pas que nos personnages royaux ressemblent à certains membres de la saga des Windsor. Mais nos recherches ont couvert un éventail bien plus large de personnages royaux depuis 150 ans (...). La différence entre la vie publique et la vie privée d’un personnage royal est également un domaine fascinant à explorer. Je crains que nous n’ayons rendu la vie privée et la vie publique de notre Prince aussi horribles l’une que l’autre mais cela contribue à créer le vide affectif qui se trouve au cœur de sa malheureuse existence et qui est absolument essentiel dans l’histoire du Lac des cygnes.
  1. Interview de Matthew Bourne.

Liens externes[modifier | modifier le code]