Swami Muktananda (siddha yoga)

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Une vue d'artiste de Muktananda

Swami Muktananda (de Mukti, libération, délivrance, et ananda, félicité, béatitude, également appelé Baba par ses disciples) (16 mai 1908 - 2 octobre 1982) était un guru hindou, disciple de Bhagawan Nityananda, enseignant du Siddha Yoga qui a acquis une certaine renommée au sein de la contreculture occidentale dans les années 1970.

Biographie[modifier | modifier le code]

Muktananda est né en 1908 près de Mangalore dans l'état du Karnataka, en Inde. Son nom de naissance était Krishna[1]. Il déclare avoir rencontré Bhagavan Nityananda pour la première fois à l'âge de 15 ans[1] mais ne deviendra son disciple qu'à l'âge de 39 ans. Il devient alors un sannyasin et commence à parcourir l'Inde à pieds. Il passe ensuite huit années à vivre dans une petite hutte à Yeola (en). Il reçoit ensuite, à Ganeshpuri, des terres de Nityananda après la mort de ce dernier en 1961 où il va établir son ashram (Gurudev Siddha Peeth). L'existence même d'une lignée authentique (dans la mesure où Nityananda n'avait pas eu de guru) et le fait qu'il soit le successeur unique désigné de Nityananda (il y avait au moins sept prétendants) sont des faits contestés par certains[2].

Ses premières tournées hors de l'Inde ont été organisées par des disciples occidentaux rencontrés à son ashram en Inde, comme Michael Graham pour l'Australie, et Albert Rudolph (Rudi) et Richard Alpert pour les États-Unis[2]. Franklin Albert Jones, qui devait être connu plus tard sous le nom de Adi Da Samraj, alors disciple de Rudi, devint rapidement disciple de Muktananda. Richard Alpert, une autorité à l'époque sur la spiritualité orientale, a contribué à établir la notoriété de Muktananda en occident, après avoir eu une vision lui disant qu'il fallait qu'il le soutienne[2]. Werner Erhart (en), qui était un leader du mouvement du potentiel humain (et à l'origine de l'entreprise de développement personnel Landmark Education), l'a également soutenu dans la promotion de ses déplacements, au point qu'en additionnant les recommandations de toutes ces figures spirituelles notables de l'époque, en 1975, Muktananda avait un nombre important d'adeptes[2]. Jerry Brown, John Denver, Marsha Mason, James Vernon Taylor, Edgar Mitchell et Meg Christian (en) furent parmi ses disciples les plus connus[3].

Swami Muktananda, à droite sur le siège, lors d'une rencontre avec Franklin Albert Jones, assis à l'extrême gauche, en 1970

Il crée alors la fondation SYDA (Siddha Yoga Dham of America) aux États-Unis pour administrer le siddha yoga au niveau mondial[4] qui gère 550 centres de méditations et 10 ashrams[3].

En mai 1982, il désigne ses successeurs : Gurumayi Chidvilasananda (Malti Devi Shetty), son ancienne traductrice[5], et le frère de celle-ci, Mahamandaleshwar Nityananda (en) (Subhash Shetty), qui quittera le mouvement aussitôt après[6], suite à d'importants et violents conflits avec sa sœur autant qu'avec divers membres du mouvement[3].

Muktananda est mort en octobre 1982 et enterré à Ganeshpuri.

Le siddha yoga[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Siddha Yoga.

Swami Muktananda est arrivé en Occident à la même période que d'autres gurus indiens (tel que Maharishi Mahesh Yogi), avec la même motivation d'enseigner la méditation[7]. Sa méditation est cependant tournée vers le pouvoir du guru plus qu'une simple technique de relaxation[7]. Dans son enseignement, la pratique de Shaktipat (généralement, le simple toucher du front du disciple par le doigt du maître) [8] est en particulier présentée comme un élément important de la « transmission » de l'énergie de la Kundalini du maître vers le disciple.

Critiques et controverses[modifier | modifier le code]

Le New Yorker a publié en 1994 un article très critique sur les agissements de Muktananda et de sa disciple Swami Chidvilasananda qui a pris sa succession à sa mort[3] parlant entre autres d'intimidation des anciens adeptes.

Swami Muktananda qui prônait et disait vivre une vie de célibat et de chasteté, a été accusé après sa mort d'avoir eu des relations sexuelles avec des disciples[9],[3],[10] provoquant des réactions diverses dans le mouvement, certains expliquant qu'il devait être question d'initiations secrètes pour l'éveil de la Kundalini de quelques femmes, d'autres que leur maître n'était pas aussi spirituellement évolué qu'il le disait, et d'autres encore que ces allégations étaient fausses[3]. Kripananda, une proche disciple qui logeait dans une pièce proche de Muktananda a rejeté ces accusations en disant que si de tels faits s'étaient produits, au vu de la faible épaisseur des murs, elle aurait su que quelque chose se passait[3]. Une autre accusation, rapportée dans le livre « La vie secrète de Muktananda » (The Secret Life of Swami Muktananda par William Rodarmor), concerne son assistant, Noni Patel, qui aurait reçu un coup de fourchette de Muktananda dans les côtes, selon l'enquête de Rodarmor[3]. Selon ce dernier, il existerait en Orient de nombreuses histoires de maîtres spirituels frappant leurs disciples, comme une méthode pour provoquer l'illumination, une justification avancée par d'anciens adeptes, mais qui n'a pas convaincu tout le monde [3].

Homonyme[modifier | modifier le code]

Il existe un autre Swami Muktananda, contemporain, originaire du Québec et issu de la Divine Life Society (en)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Baba Muktananda's Meditation Revolution Continues Ten Years After His Passing », Hinduism Today,‎ octobre 1992 (lire en ligne)
  2. a, b, c et d Yearning to Belong: Discovering a New Religious Movement par John Paul Healy, Ashgate Publishing, Ltd., 2010, p. 9
  3. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) Article du New Yorker reproduit sur ex-cult.org par Lis Harris
  4. (en) « Muktananda's Legacy », Hinduism Today,‎ avril 1995 (lire en ligne)
  5. Critical Companion to George Orwell par Edward Quinn, Infobase Publishing, 2009, p. 108
  6. Holy People of the World: A Cross-Cultural Encyclopedia, Volume 1 Phyllis G. Jestice, ABC-CLIO, 2004, p. 331
  7. a et b America's Alternative Religions par Timothy Miller, SUNY Press, 1995, p. 206
  8. The Encyclopedia of Religious Phenomena, J. Gordon Melton, Visible Ink Press, 2007, p. 302
  9. Nelson's Illustrated Guide to Religions, « The secret life of Swami Muktananda » rapporté par James Beverley, Thomas Nelson Inc, 2009
  10. « Vous n'avez pas besoin de bonbons, de chocolats ni de gâteaux, ce dont vous avez besoin, c'est de cette vigueur qui vient de la semence contenue. Par conséquent, j'insiste sur le fait que vous soyez parfaitement chastes tant que vous êtes à l'ashram » South Fallsburg, 1972

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]