Svetozar Boroevic von Bojna

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Svetozar Boroëvić von Bojna
Svetozar Boroëvić von Bojna en 1914
Svetozar Boroëvić von Bojna en 1914

Naissance 13 décembre 1856
Umetić, Croatie militaire, Autriche-Hongrie, aujourd'hui en Croatie
Décès 23 mai 1920 (à 63 ans)
Klagenfurt, Première République d'Autriche, aujourd'hui Autriche
Allégeance Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie (jusqu'en 1918)
Grade Generalfeldmarschall
Années de service 1872 – 1918
Conflits Première Guerre mondiale
Commandement 42e division d'infanterie
VIe corps d'armée
3e armée austro-hongroise
5e armée austro-hongroise


Svetozar Boroëvić von Bojna, né près de Hrvatska Kostajnica (Croatie) le 13 décembre 1856 et mort à Klagenfurt (Autriche) le 23 mai 1920, est un général croate[1],[2],[3],[4],[5], devenu maréchal dans l'armée austro-hongroise pendant la Première Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Officier d'état-major, il coordonne au début de l'année 1915 les offensives de dégagement de la citadelle de Przemyśl, assiégée par les troupes russes depuis la fin de l'automne 1914 : cette offensive, en dépit d'indéniables succès initiaux, se révèlent un échec, notamment en raison des conditions climatiques catastrophiques[6].

L'entrée en guerre de l'Italie pousse les responsables militaires de la double monarchie à lui confier une des trois armées dépêchée sur ce front. Sous l'autorité de l'archiduc Eugène[7], il participe à l'ensemble des opération du front italien, et coordonne la préparation puis l'exécution de la bataille du Piave au mois de mai 1918[8]. En dépit de succès initiaux, il doit à nouveau affronter des conditions climatiques défavorables et un front italien réorganisé en vue de son attaque, accentuant sa défaite[9].

Un fidèle serviteur de la double monarchie[modifier | modifier le code]

À l'automne 1918, lors de l'écroulement de la double monarchie, il est sollicité par les représentants des Slaves du Sud de la double monarchie pour assurer la protection du territoire de leur État éphémère contre les entreprises italiennes[10].

Dans la nuit du 10 au 11 novembre 1918, lors du dernier conseil des ministres de l'empire d'Autriche, il propose à Charles de réunir des troupes fidèles et de reprendre la capitale de l'empire d'Autriche pour rétablir l'autorité impériale, réduite à néant depuis le début du mois[10].

Après guerre[modifier | modifier le code]

Après l’effondrement et la désintégration de l’Autriche-Hongrie, Boroević prend la décision d’adopter la nationalité du royaume des Serbes, Croates et Slovènes nouvellement créé et il offre ses services à la chambre parlementaire du nouveau régime — le Conseil national. Il est toutefois éconduit[11]. Suite à ce refus, Boroević décide finalement de demeurer en Carinthie, la province la plus méridionale de la nouvelle République d'Autriche allemande. Ses effets personnels, qui se trouvent alors en Slovénie, dans la province anciennement austro-hongroise de Carniole, sont confisqués.

Boroević montre de l’incompréhension face à un tel traitement car il se sait le seul Generalfeldmarschall issu des Slaves du Sud de l'empire autrichien, comme il l’écrit dans ses mémoires. Il meurt à l’hôpital à Klagenfurt, capitale de la Carinthie. Son corps est transporté à Vienne où il est mis en terre au cimetière central (tombe no 62, à droite de l'église Saint-Charles-Borromée). L’inhumation est payée par l’empereur déchu Charles, vivant à cette époque en Suisse. Il ne peut assister à la cérémonie, en raison de la « Loi concernant l’expulsion et la confiscation des biens de la Maison de Habsbourg-Lorraine » votée le 3 avril 1919 qui lui interdit à perpétuité le retour en Autriche.

Honneurs et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Mario Morselli, Caporetto, 1917: victory or defeat?, Routledge,‎ 2001 (ISBN 0714650730 et 9780714650739), p. 41
  2. (en) Alan Palmer, Victory 1918, Grove Press,‎ 2000 (ISBN 0802137873 et 9780802137876), p. 185
  3. (en) Spencer Tucker, The European powers in the First World War:, Taylor & Francis,‎ 1996 (ISBN 0815303998 et 9780815303992), p. 762
  4. (en) David F. Burg, Almanac of World War I, University Press of Kentucky,‎ 2004 (ISBN 0813190878 et 9780813190877), p. 67
  5. (en) Michael S. Neiberg, Warfare & society in Europe: 1898 to the presentI, Routledge,‎ 2004 (ISBN 0415327180 et 9780415327183), p. 47
  6. Schiavon, L'Autriche-Hongrie dans la Première Guerre Mondiale, p. 94
  7. Schiavon, L'Autriche-Hongrie dans la Première Guerre Mondiale, p. 109
  8. Schiavon, L'Autriche-Hongrie dans la Première Guerre Mondiale, p. 219
  9. Schiavon, L'Autriche-Hongrie dans la Première Guerre Mondiale, p. 220
  10. a et b Schiavon, L'Autriche-Hongrie dans la Première Guerre Mondiale, p. 246
  11. Hrvatski biografski leksikon, volume 2, 1989, pp. 168-169

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Renouvin, La Crise européenne et la Première Guerre mondiale, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Peuples et civilisations » (no 19),‎ 1962 (réimpr. 1939, 1948, 1969 et 1972) (1re éd. 1934), 779 p. (notice BnF no FRBNF33152114).
  • Max Schiavon, L'Autriche-Hongrie dans la Première Guerre mondiale : La fin d'un empire, Paris, Éditions SOTECA, 14-18 Éditions, coll. « Les Nations dans la Grande Guerre »,‎ 2011, 298 p. (ISBN 978-2-9163-8559-4).

Voir aussi[modifier | modifier le code]