Sverre Fehn
| Sverre Fehn | |
|---|---|
| Présentation | |
| Naissance | 14 août 1924 Konsberg (Norvège) |
| Décès | 23 février 2009 (à 84 ans) Oslo (Norvège) |
| Nationalité | |
| Mouvement(s) | Architecte moderniste |
| Activité(s) | Architecte, enseignant |
| Diplôme | DEA: Diplome d'Etat d'architecte |
| Formation | École d’architecture d’Oslo |
| Œuvre | |
| Distinctions | Prix Pritzker 1997 |
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Sverre Fehn est un architecte, né le 14 août 1924 à Konsberg en Norvège, décédé le 23 février 2009.
Sommaire |
[modifier] BIOGRAPHIE
Déjà, enfant, Sverre Fehn est passionné de peinture et de dessin [1], c’est donc tout naturellement qu’il se dirige vers des études d’art et d’architecture à L’école d’architecture d’Oslo, où il est diplômé du diplôme d’Etat d’ Architecte en 1949. En 1950 il rejoint le groupe PAGON ( Progressive Architect’s Group of Oslo, Norway) De 1952 à 1953 il effectue un voyage au Maroc, à Morocco au cours duquel il découvre et , étudie durant une année l’architecture primitive qui influencera énormément son œuvre. Sous l’influence et les conseil de Arne Korsmo, un de ses anciens professeurs de l’école d’architecture d’Oslo, devenu son ami et son mentor, il décide de partir hors de Norvège afin d’enrichir sa culture et son expérience architecturale. Sverre Fehn s’installe donc à Paris, et lors du CIAM (congrès international d’architecture moderne) à Aix en Provence durant lequel il présente des plans d’un projet de logement en collaboration avec Jorn Utzon, il rencontre Jean Prouvé. Ayant obtenu une bourse Française, il travaille par la suite dans le cabinet d’architecture de Jean Prouvé, architecte moderniste de 1953 à 1954. Durant cette année il participe au projet de la Villa de Nancy, et est particulièrement influencé par l’attention particulière que porte Prouvé à l’alliance de la technique, des matériaux dans le projet. Toute son œuvre se construira autour de ces problématiques. À son retour en Norvège il ouvre son cabinet d’architecture, Fastingsgate à Oslo. En 1962 il réalise l’un de ses projets les plus importants : le Pavillon des Pays Scandinaves dans les jardins de la Biennale de Venise. De 1967 à 1979 construit le Musée de la Cathédrale de Hamar. De 1971 à 1995 il enseigne à l’École d’Architecture d’Oslo. Il est également professeur honoraire auprès de différentes écoles d’architecture en Europe et aux États-Unis, notamment l’université de Yale et la Cooper Union de New York. Il a réalisé de nombreux musées mais il s’est aussi occupé de la construction d’habitations privées parmi lesquelles on notera particulièrement la Villa Schreiner à Oslo (1963) et la Villa Busk à Bamble (1990). La plupart de ses œuvres sont construites en Norvège. Bien qu’il ait gagné un grand nombre de concours, peu de ses projets ont été réalisés. Il a reçu de nombreux prix parmi lesquels la Médaille Heinrich-Tessenow et le Prix Pritzker, tous deux en 1997.
[modifier] OEUVRE
Sverre Fehn se définit comme un architecte incompris et un antisocial [2] Peu intéressé par les relations d’affaires ou politiques, il se fait connaitre en gagnant des concours. Ses projets n’ont pas toujours abouti et ceux qui ont été achevés ont parfois été sévèrement critiqués ce qui est une blessure pour lui. Cependant il est publié de nombreuses fois, devient enseignant à l’école même où il a été formé et reçoit des prix, la reconnaissance et la consécration arriveront en 1997 avec le prix Pritzker, plus haute récompense en matière d’architecture. Certains travaux l’on fait connaitre à travers le monde comme son Pavillon Nordique à la Biennale de Venise de 1962, fortement influencé par le modernisme de Le Corbusier et de Jean Prouvé. Ses dernières réalisations sont le reflet de l’influence de la culture Norvégienne, et de la richesse de son environnement naturel. Il construit également un certain nombre de maisons qui sont liées à la topographie caractéristique des fjords norvégiens, de la lumière du nord, à l’ombre et au vent.
[modifier] Influcences
Arne Korsmo, un professeur antinationaliste rencontré à l’école d’architecture d’ Oslo lors de ses études, apporte une énorme ouverture d’esprit à Sverre Fehn et devient son mentor. « Korsmo a été mon véritable maître » [3], dira –t-il à propos de lui. En effet c’est le professeur qui sera à l’origine de toutes les rencontres déterminantes que fera Fehn, qui l’influenceront dans son œuvre. Il pousse son ancien élève, devenu son ami, à aller chercher une ouverture d’esprit en Europe et aux Etats Unis, à sortir de la Norvège. Ainsi Korsmo permet à Sverre Fehn de rencontrer, aux Etats Unis, Utzon, Aldo van Eyck, et Peter Smithson qui deviennent des amis, ainsi que Charles Eames. A Paris Sverre Fehn fait la connaissance de Jean Prouvé, qui lui transmet sa fascination pour la technique et la construction dans la conception du projet faisant de celui-ci une « histoire poétique ». En France Sverre Fehn visite également à plusieurs reprises les ateliers de Le Corbusier à Marseille alors qu’il travaillait sur la cité radieuse de Marseille. Plus tard, en 1962 à l’occasion de la construction du pavillon nordique il rencontre Carlo Scarpa à Venise, et partage une amitié avec lui malgré le fait que les deux hommes ne partagent pas du tout la même culture architecturale. Carlo Scarpa avait en effet émis de grandes réserves sur le pavillon de Sverre Fehn. C’est toutes ces rencontres marquantes qui forgeront le modernisme poétique de Fehn, qui reconnait lui-même être influencé par les œuvres de Mies Van des Rohe, Utzon, et Alvar Aalto, moderniste scandinave duquel il est considéré comme le successeur.
Son pays d’origine, la Norvège, influence évidemment énormément les travaux de l’architecte. Malgré le fait qu’il ait tenté toute sa vie d’aller contre les influences de l’architecture Nordique traditionnelle, Fehn ne peut nier sa culture et l’impact de celle-ci sur l’ensemble de son œuvre. Vers la fin de son oeuvre, il cesse de lutter contre ce phénomène, ce qui se ressent dans ses projets de maisons individuelles. Le paysage Nordique, la lumière, et l’architecture traditionnelle ont fortement nourri la l’inspiration de l’architecte.
[modifier] Le modernisme poétique de Sverre Fehn
Formé après la deuxième guerre mondiale, Sverre Fehn fait partie de cette génération d’architecte qui cherchent à redéfinir le modernisme. Il a contribué à ce que Giedion appelait « la nouvelle tradition » [4] Par la suite, l’œuvre de Fehn est fortement influencée par Le Corbusier, Jean Prouvé, des architectes modernistes dont il tire un enseignement de la structure et technique comme un moyen d’expression, un langage, une sorte d’alphabet servant à écrire une histoire. Fehn vise en fait à allier structure et poésie. « Le rationalisme dans l’architecture moderniste est toujours le danger de l’oubli de la construction. Mais sans technique, l’architecture perd son sens. On se retrouve toujours au milieu de cet insolvable dilemme » [5]
[modifier] La biennale de Venise de 1962
Sverre Fehn , à propos de son pavillon Nordique présenté lors de la biennale de Venise de 1962, dit « Dans ce domaine, comme dans les autres, je crois qu’il faut combattre l’indifférence. S’intégrer précisément, volontairement dans un site. Ne jamais regarder la nature de façon romantique. Mais créer entre elle et votre intervention, une tension. C’est ainsi que l’architecture acquiert sa lisibilité et que nous retrouvons l’histoire que nous avons à raconter». [6] Construit dans le seul parc de la ville, le pavillon imaginé par Fehn est transpercé de multiples arbres. IL est constitué d'une toiture protégeant les oeuvres de la lumière directe, ayant également pour objectif de créer une lumière et une ambiance scandinave, où les oeuvres ont été produites. Afin que la lumière ne perde pas son intensité, le bâtiment a été couvert d'un mélange de ciment, et de marbre blanc.
[modifier] Une architecture basée sur la dualité
Sverre Fehn avoue éprouver une certaine fascination pour les contrastes, et en fait la force constitutive de ses projets.
[modifier] Relation avec la nature
« Je m’efforce d’attirer davantage l’attention des gens sur la beauté du site » « J’ai dit à mes étudiants que si, en regardant un bâtiment, ils remarquent un bel arbre, alors le bâtiment est une belle pièce d’architecture. C’est le dialogue entre l’arbre et l’architecture qui rend l’arbre beau. » [7] L’architecte travaille sur la tension entre la nature et l’intervention. Fehn s’attache à respecter la nature, chaque projet est intimement lié et dialogue avec elle. De manière forte, parfois abrupte, le bâtiment doit mettre en valeur le site. Cela crée une certaine résistance entre la matière et la nature : le contraste doit être fortement exprimer, ne pas « traiter la nature avec douceur » C’est une attaque de notre culture contre la nature. « L’architecture est un arrêt dans le temps, une philosophie inscrite dans la terre pour marquer le paysage » Selon Fehn, le temps et l’espace de la nature et ceux de l’humain sont pas coordonnés. Le temps de la nature est long et infini, celui de l’humain est court et restreint. Le rôle de l’architecture est de rétablir un lien entre l’échelle, de les synchroniser. L’architecture ne possède pas d’espace-temps, elle réconcilie l’homme et la nature. Il faut déchiffrer le langage du paysage et trouver la juste échelle adaptée au corps. Le plus primordial dans un projet est d’être capable de lire le langage du paysage aussi précisément que possible, et de pouvoir appréhender l’échelle du corps humain afin d’obtenir une adéquation parfaite entre paysage, bâtiment et corps. L'architecte norvégien travaille également beaucoup sur sur la thématique de l'horizon, lien entre terre et ciel. Selon lui les toitures plates de Le Corbusier recréent cet horizon, que les hommes ont perdu depuis la découverte de la terre en tant que globe.«Il faut redonner la terre à la Terre, et l'horizon dans les maisons des hommes »[8] . L'architecture a ce rôle et réconcilie, relie le ciel et la terre.
[modifier] La vie et la mort, la lumière et l'obscurité
L’hiver, en Norvège, il fait nuis plusieurs mois d’affilée, ce qui enrichit l’imagination selon Fehn.[9] L’architecte nourrit une fascination des ombres et la lumière, de la dualité entre la vie et la mort.[10] Il considère ses réalisations comme des objets vivant, ayant pour objectif de surpasser la mort, la mort de l’architecte.
[modifier] PROJETS REALISES
- Maison Okern pour Elderly à Oslo (1952-55), en collaboration avec Greir Grung
- Maison de retraite d’Økern à Oslo (1955), en collaboration avec Geir Grung;
- Musée Handicraft à Lillehammer (1949-56), en collaboration avec Geir Grung ;
- Pavillon de la Norvège à l’Exposition Universelle de Bruxelles (1958);
- Installation pour un musée à Leopoldville, Congo, Afrique (1958) ;
- Photo Shop à Oslo (1960)
- Restaurant et salles d’exposition à Oslo (1961)
- Maison Underland à Ski (1960-62)
- Cabine pour T.Idland à Bjerkoya (1962)
- Pavillon des Pays Scandinaves à la Biennale de Venise (1962);
- Maison Saethren et Workshop à Ski (1959-62)
- Maison Schreiner à (Oslo, 1959-63)
- Maison Skagerstad à Oslo (1962-64)
- Maison Norrkoping à Norrkoping, Suède (1963-64)
- Maison A. Bodtker à Oslo(1961-65)
- Maison Wessel à Oslo (1962-65)
- L’école agricole Telemark à Ulefoss (1967-70)
- Maison Johnsrude à Baerum (1968-70)
- La maison Sparre à Skedmo (1967-70)
- Center communautaire Boler à Oslo (1962-72)
- Installation pour l’exposition du moyen age à Hovikodden 1972
- Exposition des Soldats de Chine à Hovikodden (1972);
- Reconstruction du Théatre Colosseum à Oslo (1963-1973)
- Maison Holme à Holmsbu (1972-75)
- École Skådalen pour malentendants à Oslo (1971-77);
- Musée Hemark, musée de l’archeveché à Hamar (1967-79)
- Installation pour l’exposition médiévale au musée historique d’Oslo (1979-80)
- Maison C. Bodtker II à Oslo (1982-85)
- L’exposition des soldats chinois à Hovikodden (1984-85)
- Maison Brick à Baerum (1986);
- Maison Kise à Skien (1987-90);
- Maison Busk à Bamble (1990);
- Musée des Glaciers à Fjaerland (1991);
- Maison Eco à Norrkoping en Suède (1991-92);
- Musée Aukrust à Alvdal (1995);
- Station de Recherche du Musée des Glaciers à Fjaerland (1995);
- Atelier Holme à Holmsbu (1996)
- Centre Ivar Aasen à Ørsta (2000);
- Musée de la Photographie à Horten (2001).
[modifier] PRIX
- La grande médaille d’or de l’académie d’architecture de Paris (1993)
- Le prix Heinrich Tessenow (1997)
- Le Pritzker Prize (1997)
[modifier] BIBLIOGRAPHIE
AA. VV., The Secret of the Shadow: Light and Shadow in Architecture, 2002
Sverre Fehn, The poetry of the straight line =: Den rette linjes poesi, 1992
Per-Olaf Fjeld, Sverre Fehn on the Thought of Construction, Rizzoli International, 1983
Yukio Futagawa, Sverre Fehn. Glacier Museum. The Aukrust Centre, in « GA Document 56 », 1998
Béatrice Houzelle, Cubes d'argile, Maisons prototypes en Norvège, in « Techniques et Architecture » n. 407, 1993
Christian Norberg-Schulz, Gennaro Postiglione, Sverre Fehn: works, projects, writings 1949-1996, 1997
Sverre Fehn. Studio Holme, in « GA Houses 58 », 1998
Sverre Fehn : above and below the horizon, tokyo : A+U, 1999
Architectes : lauréats du Pritzker Prize. 30 ans de créations , Paris : La Martinière, 2011
[modifier] NOTES ET REFERENCES
- Interview avec Sverre Fehn, Sverre Fehn : above and below the horizon, tokyo : A+U, 1999
- Interview de Henrik Sten Moller, Living Architecture n°15, 1997
- Interview de Henrik Sten Moller, Living Architecture n°15, 1997
- Sverre Fehn : above and below the horizon, tokyo : A+U, 1999
- Interview de Sverre Fehn, Sverre Fehn : above and below the horizon, tokyo : A+U, 1999
- Musée glaciaire à Fjaerland, L’architecture d’Aujourd’hui, juin 1993
- Architectes : lauréats du Pritzker Prize. 30 ans de créations , Paris : La Martinière, 2011
- Sverre Fehn : above and below the horizon, tokyo : A+U, 1999
- Prtizker Winner Sverre Fehn offers insight of yougs architects, Architectural Record, Mai 1997
- Au pays des lumières horizontales, entretien avec Sverre Fehn, L'architecture d'aujourd'hui, juin 1993