Suzanne et les vieillards

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Suzanne et les vieillards (ou Suzanne et les deux vieillards ou encore Suzanne au bain) est un épisode apocryphe racontant qu'une jeune femme, Suzanne, surprise alors qu'elle prend son bain, refuse les propositions malhonnêtes de deux vieillards qui l'accusent alors d'adultère et la font condamner à mort. Mais le jeune prophète Daniel survient, prouve son innocence et fait condamner les vieillards.

Source[modifier | modifier le code]

Le récit constitue le 13e chapitre du livre de Daniel dans la Vulgate (De liberatione castae Susannae) littéralement "De la libération de la chaste Suzanne".

Comme pour le chapitre 14, Bel et le serpent, Jérome utilisa comme source Théodotion (de Theodotionis editione translata sunt).

Dans la Septante, Suzanne constitue un livre distinct du livre de Daniel. Écrit originellement en grec, il fait partie du canon deutérocanonique catholique.

Évocations artistiques[modifier | modifier le code]

Ce chapitre apocryphe du livre de Daniel, a fait l'objet de multiples illustrations artistiques, en peinture, en sculpture, en poésie et au cinéma.

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Littérature[modifier | modifier le code]

L'épisode est évoqué dans Aline et Valcour, du Marquis de Sade: "Quel tableau, mon ami, que celui de la douce et vertueuse Aline, entre les mains de ces deux débauchés! j'ai cru voir Suzanne surprise au bain par les vieillards..."

Voir aussi Suzanne et les Croûtons (L'Atelier contemporain, 2013), variation mythobiographique de l'écrivain français Claude Louis-Combet sur ce thème.

Peintures[modifier | modifier le code]

Poésie et musique[modifier | modifier le code]

En 1548, le poète Guillaume Guéroult publie une chanson spirituelle intitulée Suzanne un jour qui deviendra très connue :

Suzanne un jour d'amour sollicitée
Par deux vieillards convoitant sa beauté
Fut en son cœur triste et déconfortée
Voyant l'effort fait à sa chasteté.
Elle leur dit : si par déloyauté
De ce corps mien vous avez jouissance,
C'est fait de moi ! Si je fais résistance,
Vous me ferez mourir en déshonneur :
Mais j'aime mieux périr en innocence
Que d'offenser par péché le Seigneur.

La pièce est mise en musique par Didier Lupi Second[1]. Le texte fut repris par de nombreux compositeurs (et parmi les plus grands : Roland de Lassus, Cyprien de Rore, Claude Le Jeune, Eustache Du Caurroy...) et devint particulièrement célèbre dans la seconde moitié du XVIe siècle[2].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Premier livre des chansons spirituelles, nouvellement composées par Guillaume Guéroult, et mises en musique par Didier Lupi Second. Lyon : Godefroy et Marcellin Beringen, 1548). Ce livre fut réimprimé plusieurs fois avec des corrections et des additions.
  2. En voir un recensement dans Kenneth Levy, « Susanne un jour : the history of a 16th-century chanson », Annales musicologiques 1 (1953), p. 375-408.

Liens externes[modifier | modifier le code]

articles connexes[modifier | modifier le code]