Suzanne (chanson)

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Suzanne

Chanson de Leonard Cohen
extrait de l'album Songs of Leonard Cohen
Sortie 1967
Enregistré
Columbia Studio, New York
Durée 3 : 49
Genre Folk
Auteur Leonard Cohen
Compositeur Leonard Cohen
Producteur John Simon
Label Columbia Records

Pistes de Songs of Leonard Cohen

Suzanne est une chanson écrite par l'auteur-compositeur-interprète canadien Leonard Cohen. Les paroles apparaissent pour la première fois sous la forme d'un poème, Suzanne Takes You Down, dans un recueil de Cohen, Parasites of Heaven (1966). Plusieurs autres chansons de son premier album (Songs of Leonard Cohen) trouvent leurs paroles dans ce recueil. La chanson est enregistrée par Judy Collins l'année de la sortie du recueil, et par Noel Harrison et Cohen lui-même en 1967.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le texte, onirique, véritable voyage intérieur, parle de notre rencontre avec une certaine Suzanne, une femme à moitié folle qui vit au bord de l'eau et avec laquelle nous nous engageons d'abord platoniquement (« car tu as touché son corps parfait avec ton esprit ») puis mystiquement. Les paroles nous font passer d'une Suzanne sensuelle, à une Suzanne mystique, « vêtue de haillons et de plumes » qui nous indique où regarder, « au milieu des déchets et des fleurs », Jésus intervenant comme le médiateur, mis en parallèle avec Suzanne, « car il a touché ton corps parfait avec son esprit », cependant inatteignable, comme le fond de notre sagesse.

L'eau, le fleuve de la vie, selon l'interprétation de Suzanne Verdal, se métamorphose au fil du poème ; elle se fait câline puis trouble, voire dangereuse, enfin apaisante comme une illusion chérie. C'est elle qui nous guide et apporte la réponse : nous sommes son amant depuis toujours, amant de celle qui tient le miroir comme l'eau en laquelle les enfants se mirent, mais aussi amant de notre propre image. Leonard Cohen joue ici sur l'ambiguïté qui est aussi le trouble de notre indécision. Celle dont nous recevons le nom de l'amour nous renvoie l'image en laquelle se perd notre amour. Alors que le poème se referme nous ne savons plus si c'est la femme, une femme en laquelle résonne en toute quiétude notre âme, la vie ou nous-même que nous venons de rencontrer et que nous aimons depuis toujours.

Leonard Cohen, alors qu'il répond aux journalistes dans une entrevue accordée à la BBC, précise que la chanson parle de sa rencontre avec Suzanne Verdal, la femme du sculpteur Armand Vaillancourt. La scène se passe à Montréal, comme en témoignent plusieurs éléments : le fleuve (le Saint-Laurent), et la petite chapelle près du port, appelée Notre-Dame-de-Bon-Secours, qui est située sur le bord du port, et qui fait face au soleil levant.

Suzanne Verdal est interviewée par la CBC en 2006. Elle vit maintenant dans sa caravane à Venice Beach, en Californie. Suzanne, à qui Saunders, le journaliste de la BBC, fait remarquer que la chanson nous invite à une rencontre fusionnelle entre deux esprits, répond que c'est exactement de cela dont il est question. Elle rapporte que leur rencontre fut celle de deux esprits en parfaitement synchronisés, l'un l'autre pouvant presque s'entendre penser. Elle affirme qu'elle n'a jamais eu de relations sexuelles avec Leonard Cohen, contrairement à ce que certaines interprétations de la chanson suggèrent. Cohen lui-même, en 1994, dit à la BBC qu'il n'a fait qu'imaginer coucher avec Suzanne Verdal. Il ajoute qu'ils n'avaient ni l'occasion ni l'envie de s'engager dans une relation[1]. Verdal dit qu'elle a rencontré Cohen deux fois après que la chanson a connu du succès : une fois après un concert de celui-ci dans les années 1970 et une fois en passant dans les années 1990, où Cohen ne lui a pas adressé la parole (et ne l'a peut-être pas reconnue).

Structure du morceau[modifier | modifier le code]

La partie musicale de Suzanne est assurée par une guitare acoustique jouant en arpège (en doubles croches durant toute la chanson) et une basse. Leonard Cohen assure l'intégralité du chant, avec un léger chœur féminin durant certaines parties.

Introduction (0:00 - 0:11)[modifier | modifier le code]

La chanson commence en signature rythmique 3/4, avec des arpèges en mi majeur. L'introduction est longue de trois mesures. Sur le troisième temps de chaque mesure, le sol dièse du mi majeur devient la, marquant la principale variation de la mélodie. L'introduction se termine avec le commencement de la quatrième mesure.

Premier couplet (0:11 - 0:58)[modifier | modifier le code]

Le premier couplet s'ouvre avec une mesure en 2/4 qui reprend le thème de l'introduction sans le troisième temps. Leonard Cohen commence à chanter sur le premier temps de cette mesure. La chanson passe ensuite en signature rythmique standard 4/4, et reprend le thème de l'introduction, le quatrième temps répétant le premier. Au bout de deux mesures de quatre temps toujours en mi majeur, et la mélodie bascule en fa dièse mineur, la principale variation mélodique étant alors assurée sur le troisième temps par un passage du la au si. Au terme de deux mesures, le mi majeur revient, lui aussi pour deux mesures. Ensuite, les chœurs apparaissent, et les arpèges changent à chaque mesure. On passe au sol dièse majeur, puis au la majeur. La guitare revient ensuite au mi majeur et au fa dièse mineur, ce motif étant répété une fois, puis le chant se clôture sur la dernière mesure du couplet (12 vers) en mi majeur.

Refrain (0:58 - 1:22)[modifier | modifier le code]

Le refrain est construit sur sept mesures, une en 3/4, quatre en 4/4 puis deux à nouveau en 3/4. Les arpèges sont identiques, selon la signature rythmique, à ceux de l'introduction ou du premier couplet. L'évolution des arpèges est mi majeur, sol dièse mineur, la majeur, mi majeur, fa dièse mineur et deux fois mi majeur. Leonard Cohen est soutenu sur les quatre vers du refrain par des choristes qui, contrairement au couplet où elles ne chantent pas véritablement de paroles, chantent la même chose que lui.

Deuxièmes et troisièmes couplets et refrains (1:22 - 3:49)[modifier | modifier le code]

Les couplets et refrains sont identiques tout au long de la chanson. La fin de la chanson se fait sur la dernière mesure du troisième refrain, où la variation du troisième temps du sol dièse du mi majeur vers le la se prolonge sur le quatrième temps, et revient finalement sur le sol dièse sur le premier temps d'une ultime mesure, qui ne contient que cette note, alors que les chœurs s'estompent peu à peu.

Reprises[modifier | modifier le code]

Suzanne a été reprise de nombreuses fois. Cette liste est donc loin d'être complète.

1966
1967
  • Graeme Allwright signe une traduction en français, sur l'album Le jour de clarté
1968
1969
1970
1971
1972
1973
1975
1991
1992
1995
1999
2002
2005
2007
2008
2009
2010
  • Le groupe vocal Scala & Kolacny Brothers reprend dans un arrangement de son chef la version de Cohen sur l'album Circle
2011
  • Jorane en français sur l'album Une sorcière comme les autres
  • 2013
  • Martine BOISLARD

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Transcipt of BBC Radio 1 programme about Leonard Cohen
  2. (en) « Esther Ofarim cover of Leonard Cohen Suzanne », sur WhoSampled, WhoSampled.com Limited,‎ (consulté le 14 décembre 2010)

Lien externe[modifier | modifier le code]