Susan Slade

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Susan Slade est un film américain réalisé par Delmer Daves et sorti en 1961.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Après dix ans d'activité professionnelle exercée au Chili, Roger Slade rentre aux États-Unis. Sur le bateau qui les ramène, sa fille, Susan, s'éprend d'un alpiniste. À l'instant où ils se quittent, ils se considèrent comme fiancés. Malheureusement, les jours s'écoulent et Susan ne reçoit guère de nouvelles. Elle se désespère d'autant plus en découvrant qu'elle est enceinte. Son père confirme ses craintes : le jeune homme est mort lors d'une ascension. La famille décide alors de partir pour le Guatemala où le père a son nouveau poste ; là-bas, Susan accouchera de son bébé qui passera pour celui de sa mère.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution artistique[modifier | modifier le code]

Commentaire[modifier | modifier le code]

  • La réputation de Delmer Daves se fonde, à juste titre, sur ses réussites dans le genre très prisé du western. Toutefois, il serait, peut-être, injuste de négliger totalement les mélodrames qu'il réalisa, à la fin de sa carrière, entre 1959 et 1962.
  • Ces mélodrames (qu'il faut néanmoins contextualiser historiquement, au risque de les considérer comme démodés), au nombre de quatre, sont axés sur les problèmes de la jeunesse dans des milieux plutôt socialement favorisés.
  • Situé chronologiquement après Ils n'ont que vingt ans (A Summer Place) et La Soif de la jeunesse (Parrish) et avant Amours à l'italienne (Rome Adventure), Susan Slade offre cette particularité de ne « comporter aucun conflit de générations. D'une façon tacite, parents et enfant se trouvent d'accord pour participer au plan absurde qui doit sauvegarder la respectabilité de la famille. » (Jacques Lourcelles)
  • Mais, cette situation intenable qui prive Susan Slade, l'héroïne du film, d'une maternité normale finira par éclater. La jeune femme révèle à tous qu'elle est la mère de l'enfant. « L'épisode de l'accident du bébé servira de catharsis et fera s'exprimer (et triompher) la nature contre la culture, la culture étant ici un ensemble de préjugés moraux et sociaux que les personnages n'ont jamais songé à passer au crible. » (J. Lourcelles)
  • Comme dans les autres films du cycle mélodramatique, le lyrisme caractéristique de Delmer Daves « s'enrichit d'une dimension de préciosité (utilisation raffinée de la couleur, mobilité de la caméra et sollicitation de thèmes musicaux expressifs) confinant au baroque. » (J. Lourcelles)
  • Proche sur ce point de Douglas Sirk, Delmer Daves utilise, en réalité, le mélodrame comme « le genre le plus apte à faire surgir, dans le comportement des personnages apparemment sains et normaux, cette part de folie qui traduit leurs angoisses cachées. » (J. Lourcelles, in : Dictionnaire du cinéma, Robert Laffont).