Supporters de l'Olympique de Marseille

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Tifo marseillais pour la finale de la Coupe de France 2006 Marseille - Paris SG.

Les supporters de l’Olympique de Marseille sont prépondérants dans la vie du club depuis près d'un siècle. Ce sont eux qui financent ainsi les travaux d'aménagement du stade de l'Huveaune dans les années 1920. Mis en sommeil durant les années 1950 et 1960, les supporters marseillais retrouvent à nouveau des couleurs à l'occasion de la présidence Leclerc avec la création de l'Association des Supporters de l'OM[1]. Pour l'exemple, la section parisienne des supporters de l'OM compte alors plus de 2000 membres actifs (1970).
Sonnés par les secousses de la fin des années 1970, les supporters de l'OM effectuent un retour en force avec la présidence Tapie. La vague Ultra en provenance d'Italie donne alors naissance à de nombreux groupes : South Winners, CU84 ou Yankee, notamment. L'enthousiasme ne se dément pas malgré les travaux du Vélodrome avant la Coupe du Monde et de nouvelles déconvenues qui marquent la fin de la présidence Tapie. Celui-ci a d'ailleurs cédé la gestion des abonnements des virages aux groupes de supporters. Un club de supporters de l'OM est même recensé à New York, il compte une centaine de membres, des Français comme des Américains. À domicile, ils sont situés au Stade Vélodrome.

Groupes de supporters[modifier | modifier le code]

(par date de création)

Nom Abréviation[2] Date de création[2] Emplacement Stade
Club Central des Supporters CCS 1972 Tout le stade
Commando Ultra'84 CU'84 1984 Virage Sud (Chevalier Roze)
Yankee Nord Marseille YNM 1987
Club des Amis de l'OM CAOM 1987
South winners SW87 1987
Fanatics FAN 88 1988
Dodgers DM92 1992 Virage Nord (Patrice De Peretti)
Marseille Trop Puissant MTP 1994
Handi Fan Club 2005 Tribune Ganay
Brava Massalia Brava 2008

Les groupes de supporters officiels sont :

Club Central des Supporters[modifier | modifier le code]

Association la plus ancienne du Stade Vélodrome, fondée en 1972, le Club Central des Supporters est le premier à organiser des déplacements. Le fondateur est Jacques Pélissier, surnommé Pelo, qui est mort en janvier 2006. D'abord nommé Club des Supporters Marseillais, il devient ensuite le C.C.S, le Club Central des Supporters de l'OM en 1982. Les membres de cette association se regroupent en bas du virage nord à coté des Yankees, mais également dans l'ensemble du stade.

Commando Ultra' 84[modifier | modifier le code]

Supporters marseillais au Parc des Princes lors du PSG-OM du 15 mars 2009.

Le 31 août 1984, alors que l'OM reçoit le Matra Racing, le plus ancien des groupes ultras de France[3], le Commando Ultra' 84 voit le jour. À cette époque, la majorité des supporters marseillais issus des quartiers populaires et ouvriers se retrouvent dans le virage Nord. Quelques semaines plus tard, a lieu le premier déplacement du groupe lors d’un PSG-OM au Parc des Princes. De nombreux supporters marseillais font alors partie de la « mouvance » ultra, sans avoir toutefois encore de liens officiels avec le Commando Ultra’. La 1re bâche « Commando Ultra Curva Nord » apparaît dans le virage Nord en décembre 1984, lors d’un OM-Toulon, derby de la Méditerranée qui provoque durant plusieurs années de violents affrontements entre supporters des deux équipes. Les multiples incidents et affrontements principalement en Italie et en Angleterre font que l’appellation « Commando » et la tête de mort qui sert d’emblème au groupe sont proscrites du Vélodrome par des autorités sportives et judiciaires. Le Commando Ultra’ est alors tenu de changer officiellement son nom en « Ultras Marseille » et de remplacer son emblème par la main de Zeus, faisant référence à l’origine grecque de Marseille.

Malgré tout, fort de plus de 150 abonnés pour la saison 86/87, le groupe investit la partie supérieure du virage Sud pour des raisons pratiques de cohabitation avec les supporters « traditionnels ». C’est pendant cette même saison qu'est organisé à Split, le premier déplacement en Coupe d’Europe des Ultras. Depuis ce match, la bâche « Ultras » utilisée pour les déplacements est présente sans discontinuer dans tous les stades européens pour chaque match de l’OM. La saison 86/87 se termine par un déplacement au Parc des Princes pour la finale de la Coupe de France, qui donne lieu au premier « tifo géant » mis en place lors d’un match hors du Vélodrome.

Des incidents lors du déplacement des supporters pour assister au match Atletico Madrid-Olympique de Marseille, le 1er octobre 2008, entrainent l'incarcération de l'un de ses membres, Santos Mirasierra.

Le local du groupe se trouve désormais sur le boulevard Rabatau.

South Winners 87[modifier | modifier le code]

Fondé par des jeunes du centre-ville, le nom se réfère à leur première bâche « Win for us! » inspirée d'une bâche qui existait en Italie[4]. Ils sont alors situés en tribune Ganay sud. Puis ils décident de migrer vers le virage Sud. Le premier match du groupe se déroule le 27 novembre 1987 contre Bordeaux[4]. En 1989, lors d’un PSG-OM, ils retournent leurs bombers en manifestation anti-fasciste contre les skinheads du Kop of Boulogne. L’orange des bombers devient petit à petit la couleur emblématique du groupe, marquant gadgets, tifos et bâches. Fédérés pendant plusieurs années avec les Fanatics et le CU84 dans le FUW (Fanatics Ultras Winners), la coopération est rompue sur un différend à propos de l’emplacement au stade. Aujourd’hui, les Winners forment le plus grand groupe marseillais avec 5 500 membres[2].

Club des Amis de l'OM[modifier | modifier le code]

Le CAOM, comptant 3 550 membres, est un groupe de supporters qui se limite à la billetterie. Les habitués se retrouve sur le secteur extérieur en haut du virage Sud, mais les membres se répartissent sur toutes les tribunes.

Yankee Nord[modifier | modifier le code]

Fumigènes chez les Yankees lors du match OM-FC Metz.

Aussi connu sous le sigle YNM87 (Yankee Nord Marseille 1987), ce groupe, créé en 1987 par une bande d’amis des frères Tonini, est le plus important du virage Nord avec plus de 5000 abonnés. À l'origine, ils s'appelaient les Yankees North Army, et ont réalisé leur première bannière sur une banderole « empruntée » à la SNCF. Danièle Tonini, a été longtemps l'un des piliers des Yankees jusqu'à sa mort en 2002. Mais ses deux fils Lionel et Michel ont toujours animé le groupe et assuré la présidence et la vice-présidence.

Les Yankee Nord Marseille ont aussi plusieurs sections : les Yankee Champagne, les Yankee Centre mais aussi les Yankee Béziers qui font tous les déplacement à domicile, à l'extérieur et en Europe...

Fanatics[modifier | modifier le code]

Les Fanatics, qui comptent actuellement 1 500 membres[5], font la première apparition lors de la demi-finale de coupe d'Europe contre l’Ajax le 6 avril 1988[6]. De la seconde Nord Ganay, ils changent rapidement vers le virage Sud, où ils se regroupent avec les Winners et les CU84 pour former le FUW (Fanatics Ultras Winners). Après la dissolution du FUW, ils retournent au virage Nord lors de la saison 1995/1996[6]. Le nombre de membres triple lors de la saison 1998/1999 et le groupe peut ouvrir son propre local en 1999[6]. Ils sont très attachés à la Provence, en brandissant systématiquement le drapeau provençal aux côtés du drapeau marseillais. La majorité des premiers membres ne sont plus dans le groupe, à la suite de nombreux avis divergents quant à sa direction et sa philosophie. Leur devise est « Marseillais Avant Tout ».

Dodger's[modifier | modifier le code]

Les Dodger's en déplacement à Porto

Les Dodger's ont vu le jour le 26 mai 1992, soit un an tout juste avant la victoire des Olympiens en Ligue des Champions, à la suite d'un désaccord avec le groupe des Yankee[7].Leur nom vient du lieutenant Dodge qui avait quitté l'armée Yankee[8]. Le groupe, d'une vingtaine de personnes en 1992, s'est agrandi à une centaine de membres en 1993, élargissement dû en grande partie à l'épopée européenne de l'Olympique de Marseille. Le club se développe en proposant des déplacements, des lotos et possède même une équipe de foot. Les Dodgers disposent d'un local et leur site Internet est le seul à se présenter en français et en provençal.

Marseille Trop Puissant[modifier | modifier le code]

Le groupe des MTP est fondé en 1994 par Patrice de Peretti, dit Depé. Au cours des déplacements en D2, le groupe gagne rapidement en notoriété et le nombre d’adhérents explose lors du retour dans l'élite. En coopération avec l'association de la Caravane des Quartiers, le groupe s’efforce d'intégrer les jeunes des quartiers défavorisés. Démarré à 10 membres, le groupe en a 3 000 aujourd’hui, la base du groupe étant toujours le quartier de La Plaine, où se trouve leur local. Un grave accident de car le 23 août 2008 leur fait perdre 2 membres.

Patrice de Peretti[modifier | modifier le code]

Patrice de Peretti (né à Marseille le 11 mars 1972, décédé à Marseille le 28 juillet 2000) est un supporter célèbre de l'Olympique de Marseille.

Patrice de Peretti[9], surnommé Depé débute sa "carrière" de supporter dans l'association des South Winners, dans le virage sud du Stade Vélodrome. Membre très actif, il participe à tous les déplacements. En 1989, c'est lors d'un déplacement en Grèce contre l'AEK Athènes qu'il voit un noyau de supporters grecs torse nu. À partir de ce moment-là, il décide de soutenir l'OM torse nu, partout en Europe, quelle que soit la température extérieure. Un déplacement à Berlin (pour un match de Ligue des champions face au CSKA Moscou) par -12 °C reste célèbre, car malgré la température extrême, Patrice de Peretti reste torse nu durant toute la rencontre.

Marseille champion d'Europe en 1993, Depé soulève la coupe au Stade Vélodrome, sous des tonnerres d'applaudissements. Il est apprécié des joueurs et des autres supporters, mais aussi du staff technique et du président, Bernard Tapie qui est obligé de le faire libérer du commissariat un soir de match, sous peine de reporter la rencontre. Il lui offre d'ailleurs la médaille obtenue en 1993 à la suite de la victoire contre Milan.

En 1994, il quitte le virage sud et les South Winners et décide de créer le groupe du MTP (Marseille Trop Puissant) en haut du virage nord à côté d'autres clubs de supporters. Le MTP a réussi à se faire entendre et le mouvement compte aujourd'hui plus de 3 000 membres.

Il meurt le 28 juillet 2000. Le virage nord du Stade Vélodrome porte désormais son nom en son hommage[10].

Handi Fan Club[modifier | modifier le code]

Créé en 2005, le Handi Fan Club est le groupe des supporters handicapés de l'Olympique de Marseille. Lors des matchs au Stade Vélodrome, ils sont encadrés par une vingtaine de bénévoles et sont situés en bas de la tribune Ganay.

Supporters indépendants[modifier | modifier le code]

En plus de toutes les sections des groupes de supporters venus de toute la France, les ventes de billets électroniques permettent de montrer la présence de supporters non affiliés à des clubs de supporters de 85 départements différents en moyenne pour la saison 2007-2008 [11]. Lors du match OM-Olympique lyonnais de cette même saison, l’ensemble des 96 départements de France métropolitaine ont été représentés au Stade Vélodrome ainsi que la Belgique et la Suisse[12].
Ces supporters ont accès aux virages du Stade Vélodrome.

Clubs à l'étranger[modifier | modifier le code]

Les supporters de l'Olympique de Marseille dépassent les frontières. D'ailleurs, certains ont créé leur section :

  • Drapeau : Argentine CCS OM La Plata (City Bell)
  • Drapeau : Suisse Commando Ultra' Section Suisse
  • Drapeau : Belgique Yankee Belgique
  • Drapeau : Pologne Polish Hussars
  • Drapeau : États-Unis OM Los Angeles
  • Drapeau : États-Unis OM Miami
  • Drapeau : États-Unis OM New York
  • Drapeau : Canada OM Montreal
  • Drapeau : Russie Drapeau : Biélorussie Drapeau : Ukraine Supporters Russophones de l'Olympique de Marseille
  • Drapeau : Sénégal Association des supporters de l'Olympique de Marseille du Sénégal[13]
  • Drapeau : Sénégal Yankee Sénégal
  • Drapeau : Finlande OM Commandos Irréductibles, section Munksnas, Finlande
  • Drapeau : Émirats arabes unis OM Dubai, SuppJo
  • Drapeau : Polynésie française Club des Supporters Tahitiens de l'Olympique de Marseille[14],[15]
  • Drapeau : Algérie OM Oran
  • Drapeau : Algérie OM Alger

Incidents[modifier | modifier le code]

Affaire OM - Atlético[modifier | modifier le code]

Santos Mirassiera, membre des Ultras, est condamné à trois ans et demi de prison ferme[16] à la suite d'incidents avec la police espagnole en marge du match de Ligue des champions entre l'Atlético de Madrid et l'Olympique de Marseille, le 1er octobre 2008. Cette affaire mobilise le monde des supporters ainsi que les hommes politiques en France et en Espagne[17]. Par la suite, celui-ci ne fait cependant pas preuve d'un comportement exemplaire et est rattrapé par les médias à la suite de son placement en garde à vue dans le cadre d'un déplacement à Lille. [1]

Affaire OM - Shakhtar[modifier | modifier le code]

Lors de la rencontre entre l'Olympique de Marseille et le Skaktar comptant pour les 1/4 de finale de la Coupe UEFA 2009, une violente bagarre éclate entre supporters olympiens de la Cosa Ultra et des South Winners. Un différend d'ordre financier est à l'origine de cette bagarre[18],[19],[20].

Galerie : tifos[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Ficetola, La tchatche du supporter de l'OM, 2010 (ISBN 2953447231[à vérifier : isbn invalide])
  • Ludovic Lestrelin, L'autre public des matchs de football : Sociologie des supporters à distance de l'Olympique de Marseille, 2010, Éditions de l'EHESS (ISBN 2713222737)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Laurent Oreggia, Tout (et même plus) sur l'OM, Hugo et Compagnie,‎ janvier 2009, 128 p. (ISBN 9782755603262), « Supporters », p. 20
  2. a, b et c « Les Winners ont 20 ans », sur om.net,‎ 7 avril 2007 (consulté le 12 novembre 2008)
  3. Laurent Oreggia, Tout (et même plus) sur l'OM, Hugo et Compagnie,‎ janvier 2009, 128 p. (ISBN 9782755603262), « Supporters », p. 25
  4. a et b OM plus,janvier 1991
  5. « présentation du groupe », sur fanatics-marseille.net (consulté le 7 octobre 2011)
  6. a, b et c « historique du groupe », sur fanatics-marseille.net, fantatics 1988
  7. « Histoire des Dodgers », sur dodgers1992.com (consulté le 12 novembre 2008)
  8. Laurent Oreggia, Tout (et même plus) sur l'OM, Hugo et Compagnie,‎ janvier 2009, 128 p. (ISBN 9782755603262), « Supporters », p. 23
  9. « En hommage à Depé, "capo" des MTP », sur ohaime.com (consulté le 12 novembre 2008)
  10. « L'Hommage à Depé », sur planetemarseille2002.ifrance.com (consulté le 12 novembre 2008)
  11. « OM Entreprises : L’OM, une véritable plateforme de communication globale », sur om.net,‎ 24 juin 2008 (consulté le 12 novembre 2008))
  12. Laurent Oreggia, « Toute la France au Vél' », sur om.net,‎ 5 avril 2008 (consulté le 12 novembre 2008)
  13. Mame Fatou Ndoye, « Echos d'Afrique », sur lefigaro.fr,‎ 7 janvier 2009 (consulté le 7 janvier 2009)
  14. « Bienvenue à « Te Mana OM », sur om.net,‎ 2 juin 2009
  15. « Supporters de l'OM du bout du monde », sur metrofrance.com, Métro France,‎ 14 juin 2009
  16. (fr) Thierry Muratelle, « Info La Provence : le dernier recours de Santos rejeté », sur www.laprovence.com,‎ 13 octobre 2009 (consulté en 15 décembre 2009)
  17. (fr) Rémi Leroux, « OM : « Le procès de Santos est devenu une affaire politique » », sur www.rue89.com,‎ 2 décembre 2008 (consulté en 15 décembre 2009)
  18. « Bagarre rangée chez les utras », sur La Provence,‎ 17 avril 2009
  19. « Des plaintes suite à la bagarre dans le virage sud », sur La Provence,‎ 17 avril 2009
  20. « Trois leaders en garde à vue », sur La Provence,‎ 17 avril 2009

Liens externes[modifier | modifier le code]