Sun Yat-sen

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Dans ce nom, le nom de famille, Sun, précède le nom personnel.
Sun Yat-sen
孫文 / 孫逸仙
Image illustrative de l'article Sun Yat-sen
Fonctions
Président provisoire de la République de Chine
29 décembre 191110 mars 1912
Vice-président Li Yuanhong
Prédécesseur Puyi (empereur)
Successeur Yuan Shikai
Biographie
Date de naissance 12 novembre 1866
Lieu de naissance Zhongshan, Empire de Chine
Date de décès 12 mars 1925 (à 58 ans)
Lieu de décès Pékin, République de Chine
Nationalité Chinoise
Conjoint Song Qingling
Enfant(s) Sun Ke
Profession Médecin, écrivain
Religion Congrégationalisme

Signature

Sun Yat-sen (en chinois 孫逸仙, Sun Yat-sen étant la prononciation en cantonais qui s'est exportée en Occident ; le nom se prononce Sūn Yìxiān en mandarin), plus connu en Chine sous son surnom, Sun Zhongshan (孫中山 en chinois), également appelé Sun Wen (孫文), (12 novembre 1866 - 12 mars 1925) était un révolutionnaire et homme d'État chinois. Il est considéré comme « le père de la Chine moderne ». Il a eu une influence significative dans le renversement de la dynastie Qing (dont le dernier représentant a été Pu Yi) et l'émergence de la République de Chine. Sun Yat-sen, l'un des fondateurs du Kuomintang, a été le premier président de la République de Chine en 1912 et, entre 1917 et 1925, dirigea plusieurs gouvernements basés dans le sud de la Chine, qui visaient à réunifier le pays alors en proie à la domination des seigneurs de la guerre. Il a développé une philosophie politique connue sous le nom des Trois principes du peuple (nationalisme, démocratie et bien-être du peuple).

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et années d'étude[modifier | modifier le code]

Statue de Sun Yat-sen comme un écolier à Honolulu, Hawaï, 13 ans
Statue de Sun Yat-sen en écolier (à l'âge de 13 ans) à Honolulu (Hawaï).
Photo de Sun Yat-sen et de ses amis, surnommés Si Da Kou (四大寇), au Hong Kong College of Medicine for Chinese (de gauche à droite : Yang Heling, Sun Yat-sen, Chen Shaobai and You Lie ; debout, Guan Jingliang)

Sun Yat-sen est né dans une famille de paysans pauvres[réf. nécessaire] du village de Cuiheng ( 翠亨村 ), situé dans le district de Xiangshan, devenu depuis la ville de Zhongshan (en chinois 中山市 ), dans la province du Guangdong (Simplifiés : 广东, Traditionnels : 廣東 ), dans le sud de la Chine.

Après avoir été à l'école de son village, Sun Yat-sen, à l'âge de treize ans, va vivre avec un frère aîné, qui avait émigré à Honolulu (Hawaii) et qui y est devenu un marchand prospère. Il étudie ainsi au lycée de Iolani (1879-1882), au lycée Diocesan Boys (1883) et à la Queen's University (1884-1892) à Hong Kong. Il obtient finalement un diplôme de médecine à l'université de médecine pour les Chinois de Hong Kong, dont il a été l'un des deux premiers diplômés. Il pratique alors brièvement la médecine à Hong Kong en 1893. Il épouse à vingt ans Lu Muzhen (Simplifiés : 卢慕贞, Traditionnels : 盧慕貞), qui provient du même village que lui. Elle lui donne un fils, Sun Ke et deux filles, Sun Yan et Sun Wan. Ils mèneront vite des vies séparées, Lu Muzhen n'étant pas en mesure de le suivre dans ses tribulations, en raison entre autres de ses pieds bandés. Sun Yat-sen aura par la suite une autre compagne qui l'assistera dans ses activités politiques, Chen Cuifang (陳粹芬 1873-1954). Considérée avec son accord comme une concubine par la famille Sun, elle est enterrée dans le cimetière familial. En 1914 il demande la main de Soong Ai-ling à son père Charles Soong qui refuse. L'année suivante, il épousera Song Qingling sœur de Ai-ling contre l'avis de Charles Soong, après avoir cette fois divorcé de Lu Muzhen car les Song sont méthodistes. C'est elle qui sera connue internationalement comme « Madame Sun Yat-sen ».

Ses années d'étude à Hawaii l'ont poussé à développer un fort intérêt pour le système économique américain, dont il devient l'un des plus ardents défenseurs. Il attache un intérêt tout particulier aux idées de Alexander Hamilton et Abraham Lincoln. La phrase de ce dernier « Le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » lui inspire d'ailleurs ses « trois principes du peuple ».

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Sun marque aussi sa forte opposition au gouvernement impérial Qing de la Chine, et commence sa carrière politique en essayant d'organiser des groupes de réforme des Chinois exilés à Hong Kong. En octobre 1894 il fonde le Xingzhonghui (littéralement « société pour le redressement de la Chine ») pour exposer ses idées pour la prospérité de la Chine et comme plateforme de ses futures activités révolutionnaires.

En 1895, un coup d'État qu'il fomente échoue et il doit s'exiler pour seize ans en Europe, aux États-Unis, au Canada, puis au Japon, réunissant de l'argent pour son parti révolutionnaire. Au Japon, il rejoint d'autres groupes révolutionnaires chinois et fonde avec eux le Tongmenghui, ligue d'union dont il est élu président, et dont il exprime ainsi le programme : « Chasser les étrangers, restaurer la Chine, fonder une république et redistribuer équitablement les terres ».

La création de la République de Chine[modifier | modifier le code]

Le 10 octobre 1911, une révolte à Wuchang, à laquelle Sun Yat-sen n'est pas lié, provoque la chute de la dynastie Qing des Mandchous et en conséquence du système impérial de la Chine, vieux de deux millénaires. Le 14 décembre, un gouvernement républicain provisoire est proclamé et tous s'entendent sur l'appel à Sun Yat-sen pour en être président, prenant de vitesse Yuan Shikai. Sun Yat-sen, alors aux États-Unis après son expulsion du Japon, est surpris par la révolution nationaliste dont il apprend la victoire par la presse, mais il ne se hâte pas de rentrer. Il ne débarque à Shanghai que le 25 décembre 1911. Sun Yat-sen déclare que la Chine a été occupée par deux fois par des puissances étrangères : d'abord par les Mongols (dynastie des Yuans) puis par les Mandchous (dynastie des Qing)[1].

Le 29 décembre, il est élu président provisoire et proclame à Nankin la République de Chine au début de 1912.

Premier drapeau de la République de Chine aux couleurs des cinq peuples rassemblés: Hans, Mandchous, Mongols, Huis et Tibétains

Sun Yat-sen se rendit avec son cabinet sur la tombe de Yongle, empereur de la dynastie Ming et s'adressant à ces ancêtres hans, il déclara : « La politique des Mandchous a été une politique extrêmement tyrannique. Motivés par le désir de soumettre perpétuellement les Chinois, les Mandchous ont gouverné le pays au plus grand détriment du peuple. La race chinoise, aujourd'hui, a enfin restauré le gouvernement du peuple de Chine... Le peuple est venu ici pour informer Votre Majesté de la victoire finale[2]. » Plus tard, en 1912, Sun Yat-sen dans son discours inaugural comme premier président de la République de Chine, annonça « l'unification des peuples han, mandchou, mongol, hui et tibétain »[3]. Promouvoir un État multiethnique était le moyen choisi par Pékin pour affirmer son héritage de l'empire[2].

L'histoire officielle du Kuomintang accentue fortement le rôle de Sun comme le premier président provisoire, mais un grand nombre d'historiens remettent en question le rôle de Sun dans la révolution de 1911 et indiquent qu'il n'a eu aucun rôle direct dans la révolte du Wuchang et qu'il était alors hors du pays. Dans cette interprétation, sa nomination en tant que premier président provisoire est due à sa position de personnalité respectée mais relativement peu importante, qui faisait de lui un candidat de compromis entre les camps révolutionnaire et conservateur.

Sun Yat-sen organise alors la République de Chine, en provoquant dans chaque province des élections destinées à établir l'Assemblée nationale de la République de Chine. Cette assemblée vote les objectifs et la loi provisoire de la République. Il lance une démarche de codification des lois.

La prise de pouvoir par Yuan Shikai[modifier | modifier le code]

Cependant, le gouvernement provisoire est rapidement en position de faiblesse. Les provinces du sud de la Chine ont déclaré leur indépendance de la dynastie Qing, mais ce n'est pas le cas de la plupart de celles du Nord. De plus, le gouvernement provisoire ne dispose d'aucune force militaire propre, son contrôle des mutins de la Nouvelle Armée est limité et une grande partie des forces militaires ne se sont pas prononcées contre les Qing.

L'hypothèse d'une intervention des puissances occidentales en Chine pour soutenir l'empire inquiète suffisamment le gouvernement de Nankin pour que soit trouvé un compromis avec la puissante armée de Beiyang de Yuan Shikai. Lors de la révolte des Taiping, l'armée britannique avait été poussée à soutenir les Qing pour défendre ses concessions. Une pareille intervention en 1911 aurait pu être fatale au mouvement. Pour éviter que l'histoire ne se répète, un compromis est trouvé avec Yuan Shikai. Celui-ci, principal soutien à l'empire, négocie la reddition du jeune empereur âgé de quatre ans, Pu Yi. En contrepartie, il demande sa nomination au poste de président de la république. À sa trahison envers l'empereur s'ajoute rapidement une autre, celle envers les révolutionnaires. Il fait en effet assassiner en 1913 le représentant du Kuomintang à Pékin, le leader Song Jiaoren. Puis, les élections donnant gagnants les révolutionnaires, Yuan les chasse de l'Assemblée, fait dissoudre la Chambre et poursuit les nationalistes. Sun s'enfuit au Japon. Commence la dictature de Yuan, au cours de laquelle en 1915 celui-ci cherche à se faire nommer empereur, mais meurt dès 1916.

Le retour en Chine et la lutte pour l'unité du pays[modifier | modifier le code]

Statue de Sun Yat-sen dans le parc qui porte son nom à Pékin
Statue de Sun Yat-sen dans sa maison à Shanghaï

Sun retourne en Chine en 1917 et est élu président du gouvernement national auto-proclamé à Canton en 1921. En 1923, il prononce un discours durant lequel il proclame les « trois principes du peuple » comme principes fondateurs du pays et la constitution des cinq pouvoirs (ou yuan : le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif, le pouvoir judiciaire, le pouvoir d'examen et le pouvoir de censure) comme base du système politique et de l'administration.

Pour développer le pouvoir militaire nécessaire au renversement du gouvernement des seigneurs de la guerre de Pékin, il crée l'Académie militaire de Huangpu près de Canton, à la tête de laquelle il nomme Tchang Kaï-chek.

Au début des années 1920, il reçoit de l'aide du Komintern pour réorganiser le Kuomintang comme un parti nationaliste anti-impérialiste et anti-féodal. Le Kuomintang coopérera alors avec tous les partis, y compris avec les communistes chinois. Sun est alors convaincu que la réalisation d'une Chine unifiée passe par la conquête militaire partant de sa base dans le Sud, suivie d'une période de transition qui s'achèverait dans un passage à la démocratie.

Le 10 novembre 1924, Sun Yat-sen voyage dans le Nord et donne un nouveau discours pour suggérer l'idée d'une conférence pour le peuple chinois et l'abolition de l'ensemble des traités inégaux avec les pays occidentaux. Deux jours plus tard, il est à nouveau en voyage pour Pékin pour discuter de l'avenir du pays, malgré la détérioration de son état de santé et la guerre civile provoquée par les seigneurs de la guerre. Son objectif est de tenir des pourparlers de paix avec les leaders régionaux à propos de l'unification de la Chine. Il meurt d'un cancer le 12 mars 1925 à l'âge de cinquante-neuf ans, sur la route de Pékin. La veille de sa mort, il fait rédiger, vraisemblablement par Wang Jingwei, un message[4] adressé au Comité exécutif central des soviets. Ce message[5] émet le vœu que les communistes et le Kuomintang continuent à collaborer étroitement. La suite des événements devait montrer que ce vœu ne se réaliserait pas et la rupture entre les deux partis révolutionnaires devait survenir moins de deux ans plus tard.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Xinhua's allegations baseless claims
  2. a et b Une histoire du Tibet : Conversations avec le Dalaï Lama, de Thomas Laird, Dalaï-Lama, Christophe Mercier, Plon, 2007, ISBN 2-259-19891-0
  3. China White Paper, Tibet:its Ownership and Human Rights Situation, Texte du Conseil des affaires de l'État de la République populaire de Chine septembre 1992, reproduit sur le site de Free Tibet Campaign
  4. Cf. Jacques Guillermaz, Histoire du Parti communiste chinois. Des origines à la conquête du pouvoir (1921-1949), Petite bibliothèque Payot, 2004, (ISBN 2-228-89843-0), pp. 153-155 qui cite Sun Yat-sen, Œuvres choisies, édition chinoise de Pékin (1957), p. 922.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Chesneaux, Sun Yat-Sen, Bruxelles, éditions Complexe, 1982.
  • Marie-Claire Bergère, Sun Yat-Sen, Fayard, 1994.
  • "Soun-Iat-Senn" édition N.R.F., 1932 par George Soulié de Morant.

Lien externe[modifier | modifier le code]