Sultanat de Siak

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Le palais des sultans de Siak à Siak Sri Indrapura
Le sultan et son épouse (1910-1939)

Le sultanat de Siak Sri Indrapura était un État princier d'Indonésie qui a existé de 1723 à 1946. Son territoire correspondait à l'actuel kabupaten de Siak dans la province de Riau. Sa capitale était Siak Sri Indrapura.

Le fondateur de Siak est Raja Kecik, qui prend le titre de Sultan Abdul Jalil Rahmad Syah en 1723. Kecik avait échoué à s'emparer du trône de Johor (État de l'actuelle Malaisie), n'étant pas un fils du Sultan Mahmud Syah II.

À la suite de la proclamation de l'indépendance de l'Indonésie, le dernier souverain de Siak, le sultan Syarif Kasim II, déclare l'intégration de son royaume dans la jeune république.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le nom de Siak est attesté dès le XIVe siècle après J.-C. Le Nagarakertagama, un poème épique écrit en 1365 dans le royaume javanais de Majapahit, mentionne Siak parmi les quelque cent "contrées tributaires" du royaume. En réalité, le territoire contrôlé par Majapahit ne s'étendait que sur une partie de l'est et du centre de Java. Les "contrées tributaires" étaient en fait des comptoirs formant un réseau commercial dont Majapahit était le centre. Majapahit y envoyait des dignitaires dont le rôle était de s'assurer que ces comptoirs ne s'adonnaient pas à un commerce privé qui échapperait au royaume.

Fondé au XVIe siècle, le sultanat de Siak Sri Indrapura était l'un des grands royaumes malais musulmans de Riau. Il s'est maintenu jusqu'en 1946, quand, à la suite de la reddition des troupes d'occupations japonaises, un soulèvement populaire a provoqué la disparition de la famille royale.

L'installation du sultan de Siak en 1899

En 1889, le 11e sultan, Syarif Hasyim Abdul Jalil Syarifuddin fit construire un palais de style mauresque à 120 km en amont de Pekanbaru sur le fleuve Siak. C'est aujourd'hui un musée.

Avant sa construction, le sultan fit un tour d'Europe, visitant les Pays-Bas et l'Allemagne. On retrouve dans l'architecture du palais des influences européennes qui s'allient harmonieusement aux éléments malais et mauresques. Le sultan fit venir des meubles d'Europe.

Le palais contient des objets cérémoniels royaux, tels une couronne plaquée d'or et sertie de diamants, un trône doré ainsi que des objets personnels du sultan Syarif Qasyim Sultan et de sa femme, tels la "Komet", un instrument de musique multi-centenaire dont on dit qu'il n'existe que deux exemplaires au monde. La Komet fonctionne toujours, et l'on s'en sert pour jouer des œuvres de compositeurs tels que Beethoven, Mozart et Strauss.

La fondation du palais de Siak a sa part de mythe. On raconte qu'alors que le sultan et ses dignitaires discutaient du projet, apparut soudain un dragon blanc à la surface du fleuve Siak. On interpréta la présence du dragon comme un signe de bénédiction du projet et de bon augure pour la grandeur du royaume. Pour immortaliser le dragon, le sultan en fit l'emblème officiel du royaume. Les piliers du palais furent décorés d'ornements en forme de dragons.

En plus du palais, le sultan fit construire non loin une salle d'audience, le "Balairung Sari" ("salle des fleurs").

À la droite de la porte principale de la mosquée Syahabuddin se trouve le cimetière de la famille royale, avec sa décoration d'art musulman.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lombard, Denys, Le carrefour javanais : essai d'histoire globale, 1990
  • Ricklefs, M. C., A History of Modern Indonesia Since C. 1300