Suleyman Kerimov

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Suleyman Kerimov

Description de l'image  SuleymanKerimov.jpg.
Naissance (48 ans)
Derbent (URSS)
Nationalité russe

Suleyman Abousaïdovitch Kerimov (Russe : Сулейман Абусаидович Керимов), né à Derbent (Daghestan, Russie), le 12 mars 1966, est un homme d’affaires controversé[1],[2], investisseur, oligarque et homme politique russe[3]. Depuis 2008, Kerimov représente la République du Daghestan au sein du Conseil de la Fédération de Russie[4]. Il est souvent désigné comme « le fonctionnaire le plus riche de Russie »[5] avec une fortune estimée, en mars 2013[6], à 7,1 milliards de dollars. Kerimov est actuellement le président du Conseil d’administration de la Fédération russe de lutte[7].

Biographie[modifier | modifier le code]

Suleyman Kerimov, appartient à la minorité ethnique caucasienne des Lezguiens confessant l'islam sunnite. Son père est avocat et sa mère comptable dans l’institution bancaire Sberbank. Après l'obtention de son diplôme d'études secondaire en 1983, Kerimov s’engage dans le département de Génie civil de l’Institut Polytechnique du Daguestan en 1984, même s’il est dans l’obligation d’interrompre ses études un an plus tard afin de faire son service militaire pour l’Armée rouge. Après avoir rempli ses obligations militaires en 1986, Kerimov poursuit ses études à l’université d’État du Daguestan d’où il sort diplômé en comptabilité générale et en économie en 1989. C’est à l’université que Kerimov rencontre sa femme, Firuza, la fille d’un cadre du Parti communiste[8].

Kerimov déclare avoir rêvé de gagner beaucoup d’argent jeune, une ambition qui le pousse à quitter son Daguestan natal au début des années 1990[9].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Fils d’un père avocat et d’une mère comptable dans une banque, Suleyman Kerimov est marié et père de trois enfants.

Suleyman Kerimov's yacht, Ice.

Le 26 novembre 2006, à Nice, Kerimov se blesse sérieusement après avoir perdu le contrôle de sa Ferrari sur la Promenade des Anglais[10],[11]. Sa passagère, la présentatrice de télévision Tina Kandelaki et lui souffrent de brûlures (plus superficielles pour elle). Kerimov est emmené en Belgique où il est soigné à l’hôpital militaire de Neder-Over-Heembeek, spécialisé dans les soins aux grands brûlés. Pour remercier des soins prodigués, Kerimov donne la somme d’un million d’euros à l’asbl (Association sans but lucratif) Pinocchio qui s’occupe d’enfants brûlés. Ce montant constitue le triple du budget annuel de l'association. Kandelaki nie d’abord se trouver dans la Ferrari (elle est mariée et mère de famille), mais elle est contredite par la police française et son propre conjoint. Kerimov porte des gants pour cacher les brûlures qu’il a aux mains alors que Kandelaki fait tatouer des symboles mayas sur ses brûlures à la main et à la taille. Début juin 2009, il provoque le départ vers la Belgique de l’ambassadeur de Belgique à Moscou. Celui-ci aurait délivré pour Suleyman Kerimov des visas irréguliers. Ces visas auraient permis au milliardaire de faire passer des femmes thaïlandaises en France, où il possède une propriété au Cap d’Antibes, et son yacht Ice. L’ambassadeur belge y était invité fréquemment, étant ami avec l'oligarque russe. Connu pour dépenser beaucoup d’argent dans de somptueuses fêtes, le milliardaire russe s’offre les services de célébrités de la chanson à l’image de Christina Aguilera[12], Shakira[13], Amy Winehouse, Jessie J[14] ou Beyoncé.

Kerimov est le propriétaire d’un des plus grands yachts privés du monde l’Ice, auparavant appelé Air, construit par l’entreprise allemande Lürssen en 2005[15]. L’Ice mesure 90 mètres de long et peut atteindre la vitesse de 18,6 nœuds (33 km/h)[16]. Nommé Super yacht de l’année 2006 par World Superyachts, il est aujourd’hui le 37e plus grand yacht du monde[17].

Carrière[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Peu après l'obtention de son diplôme en 1989, Kerimov commence à travailler en tant que comptable pour l’usine d’Eltav Electrique basée à Makhatchkala, la capitale du Daguestan. La compagnie publique produit des éléments électroniques comme des semi-conducteurs, des diodes, des circuits intégrés et des lampes halogènes[18]. Kerimov est rémunéré 150 roubles (approximativement 200 euros) par mois et vit avec sa femme dans un foyer pour travailleurs de l’usine où ils occupent une chambre dans un deux pièces partagé avec une autre famille[13]. Kerimov gravit les échelons jusqu’à devenir Directeur général adjoint d’Eltav et fait ses premiers pas en bourse aux côtés de nombreux futurs oligarques pendant la chute de l’Union soviétique.

Fedprombank[modifier | modifier le code]

En 1993, Kerimov est chargé des relations entre Eltav et Fedprombank, une banque moscovite fondée par la compagnie de composants électriques. Fedprombank finance des industries en manque de fonds. Kerimov et ses associés deviennent les créanciers de grandes entreprises publiques ce qui permet à ces dernières de continuer leurs principales activités. Une fois l’économie russe stabilisée, les dettes sont remboursées avec de fortes plus-values pour Fedpombank et Kerimov[19]. En 1995, Kerimov est nommé à la tête de la banque Soyuz-Finans où il organise plusieurs prises de contrôle de grandes entreprises, incluant le centre d’affaires Smolensky Passazh et AvtoBank[20]. En 1997, Kerimov acquiert 50 % du capital de la compagnie aérienne Vnukovo et utilise ce levier pour prendre le contrôle de Fedprombank en achetant les parts de ses partenaires[9].

Nafta Moskva[modifier | modifier le code]

En 1998, Kerimov acquiert 55 % de la compagnie pétrolière Nafta Moskva, l’héritière de la société soviétique Soyuznefteexpor, pour la somme de 50 millions de dollars. En 2000, il détient 100 % du capital de Nafta Moskva[21]. Kerimov entreprend une grande restructuration de l’entreprise, vend tous les actifs liés au pétrole et crée une holding d’investissements.

En 1999, Kerimov remporte un siège à la Douma, la chambre basse du Parlement russe sous l’étiquette du Parti ultranationaliste, le Parti libéral-démocrate de Russie (PLDR)[21]. Nafta Moskva et le leader du PLDR Vladimir Zhirinovsky sont cités dans une enquête des Nations Unies dans le cadre du programme Pétrole contre nourriture comme ayant bénéficié de dessous de table illégaux en lien avec le régime de Saddam Hussein[22],[23].

Gazprom et Sberbank[modifier | modifier le code]

En 2003, Kerimov parvient à obtenir un prêt de 43 millions de dollars via la banque d’État Vneshekonomban. Cet argent lui sert à investir dans Gazprom[9]. Au cours de l’année suivante, les actions de Gazprom doublent[24] et Kerimov est en mesure de rembourser entièrement son prêt en l’espace de 4 mois. Sberbank, la première banque de Russie et en Europe de l’Est[25] lui propose des prêts afin de recommencer l’opération[26]. En 2008, Kerimov parvient à accumuler 5% du capital de Gazprom et 6 % de Sberbank. Sa fortune est estimée à 17,5 milliards de dollars faisant de lui le 36e homme le plus riche du monde[27].

Polymetal[modifier | modifier le code]

En novembre 2005, Nafta Moskva détenue par Kerimov acquiert JSC Polymetal, une des plus importantes compagnies minières spécialisées dans l’or et l’argent[28]. Avec Polymetal, Kerimov pousse à l’achat d’or en 2006 au moment où les prix sont relativement bas (600 dollars l’once)[9]. En 2007, il introduit l’entreprise en Bourse au London Exchange Market[28] et vend 70% de ses parts en 2008[29] avant que le cours de l’or n’atteigne son plus haut pic historique en 2011[30].

Rôle dans la crise de 2008[modifier | modifier le code]

Alors que la crise[9] commence à se faire sentir en 2007, Kerimov et ses associés estiment que la Russie va plus souffrir économiquement que le reste des pays développés. Ils travaillent donc à créer des liens étroits avec des banques européennes et nord-américaines. Kerimov réduit sa participation au capital de Gazprom et d’autres grandes entreprises russes et se rapproche de Wall Street en proposant d’investir une grande partie de sa fortune pour défendre les institutions bancaires des vendeurs à découvert[9]. En échange Kerimov doit obtenir de futurs prêts très avantageux. Cet arrangement est qualifié d'« arnaque pyramidale » par un banquier reconnu de Wall Street[31],[9].

En 2007, Kerimov investit plusieurs milliards dans les banques Morgan Stanley, la Deutsche Bank, le Crédit suisse et d’autres institutions financières[32]. Ni Kerimov ni aucune banque concernée n’a pourtant révélé le montant exact des investissements menés à Wall Street. Les sommes investies sont toutefois assez colossales pour que Kerimov group reçoive un appel du Secrétariat du Trésor américain « implorant l’oligarque russe de ne pas vendre ses parts » aux pires heures de la crise[9].

En juin 2007, il souscrit à une augmentation de capital/Recapitalisation du groupe de banque-assurance Fortis pour une valeur de 630 millions d'euros. Avec le démantèlement du groupe belgo-néerlandais orchestré de concert par BNP Paribas, l'État néerlandais et l'État belge, Kerimov essuie une perte de plus de 700 millions d'euros[33].

Moins d’un mois après la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, Kerimov invite un groupe de banquiers de premier plan dans sa villa du Cap d’Antibes où ils ont le privilège d’entendre la chanteuse américaine Beyoncé performer[19],[9]. À la fin de l’année, la fortune de Suleyman Kerimov est tombée à 3,1 milliards de dollars[32].

Polyus Gold[modifier | modifier le code]

En 2009, Kerimov dépense l’intégralité de sa fortune restante (3,1 milliards de dollars) afin d’augmenter sa participation au capital de Polyus Gold, le plus gros producteur d’or en Russie. Kerimov acquiert 37 % du capital[34].

Uralkali[modifier | modifier le code]

En juin 2010, Kerimov achète 25 % de l’entreprise russe Uralkali[35] (géant de la potasse) qui forme avec Belaruskali (Compagnie des Potasses de Biélorussie CPB) l’un des deux acteurs du duopole contrôlant le marché de la potasse au niveau mondial. Kerimov obtient pour cela des prêts importants de la banque russe VTB[36]. En juillet 2013, Uralkali annonce son retrait du cartel et fait chuter les prix de la potasse en augmentant sa production au maximum de ses capacités[35]. Les conséquences immédiates sont un chute de 25% des prix sur le marché de la potasse qui mettent à mal le grand producteur canadien Canpotex[37] et l’économie bélarusse en général[38]. Le président biélorusse, Alexandre Lukashenko réplique en faisant arrêter le PDG d’Uralkali Vladislav Baumgertner à Minsk et publie un mandat d’arrêt à l’encontre de Kerimov. L’oligarque russe est accusé « d’abus de pouvoirs »[39]. Il serait d’ailleurs en pourparlers afin de vendre ses parts dans Uralkali pour désamorcer un conflit avec la Biélorussie[40],[41].

Autres investissements[modifier | modifier le code]

FK Anzhi Makhatchkala[modifier | modifier le code]

Le 17 juin 2011, Kerimov achète le FK Anzi Makhatchkala – le club de foot de sa ville natale – qui fait partie de la première ligue russe[42]. L’Anzhi Makhatchkala fait rapidement la une de la presse internationale lorsqu’il annonce la signature du buteur camerounais Samuel Eto’o. Le champion s’engage pour une durée de trois ans et quitte l’Inter de Milan. Il devient ainsi le joueur le mieux payé du monde avec un salaire annuel de 20 millions d’euros[42],[43],[44].

En avril 2011, le club achète Roberto Carlos, lequel devient capitaine de l’équipe. Une Bugatti Veyron d’une valeur de 1,8 million d’euros lui est offerte pour son 38e anniversaire[45]. En mars 2012, Kerimov aurait alloué la somme de 300 millions d’euros afin de procéder à des recrutements spectaculaires et se qualifier en Ligue des Champions dans les trois années qui suivent[46]. Des rumeurs parlent même de Cristiano Ronaldo[47], mais la confusion est levée assez rapidement[48]. Ci-dessous, une liste des joueurs qui ont signé à l’Anzhi Makhatchkala depuis l’arrivée de Kerimov. Les joueurs surlignés en vert sont toujours sous contrat avec le club.

Date Joueur Club précédent Montant Source
Janvier 2011 Drapeau de la Russie Shamil Lakhiyalov Drapeau de la Russie FC Krasnodar €5 million [49]
Janvier 2011 Drapeau du Brésil João Carlos Drapeau de la Belgique Genk €2.5 million [49]
4 février 2011 Drapeau de l’Ouzbékistan Odil Akhmedov Drapeau de l’Ouzbékistan Pakhtakor Tachkent Undisclosed [50]
16 février 2011 Drapeau du Brésil Roberto Carlos Drapeau du Brésil Corinthians Paulista Free
22 février 2011 Drapeau du Brésil Jucilei Drapeau du Brésil Corinthians Paulista £8.8 million [51],[52]
8 mars 2011 Drapeau du Brésil Diego Tardelli Drapeau du Brésil Atlético Mineiro €5 million [53]
10 March 2011 Drapeau : Maroc Moubarak Boussoufa Drapeau de la Belgique Anderlecht £7 million [52],[54]
Juillet 2011 Drapeau de la Hongrie Balázs Dzsudzsák Drapeau des Pays-Bas PSV Eindhoven £12.3 million [52]
5 août 2011 Drapeau de la Russie Yuriy Zhirkov Drapeau de l'Angleterre Chelsea £13.2 million [52]
24 août 2011 Drapeau du Cameroun Samuel Eto'o Drapeau de l'Italie Inter Milan £23.7 million [52]
31 août 2011 Drapeau de la Russie Vladimir Gabulov Drapeau de la Russie Dynamo Moscow €4 million [55]
Octobre 2011 Drapeau de la Russie Yevgeny Pomazan Drapeau de la Russie CSKA Moscow Undisclosed [56]
Octobre 2011 Drapeau : Maroc Mehdi Carcela-González Drapeau de la Belgique Standard Liège €5.7 million [56]
Janvier 2012 Drapeau de la Russie Oleg Shatov Drapeau de la Russie FC Ural Sverdlovsk Oblast €1 million [56]
Janvier 2012 Drapeau de la Russie Georgiy Gabulov Drapeau de la Russie Alania Vladikavkaz €3.4 million [56]
24 février 2012 Drapeau : République du Congo Christopher Samba Drapeau de l'Angleterre Blackburn Rovers £12.3 million [52],[57]
29 juin 2012 Modèle:Country data Ivory Coast Lacina Traoré Drapeau de la Russie Kuban Krasnodar £15.8 million [52],[58]
10 juillet 2012 Drapeau de la Russie Serder Serderov Drapeau de la Russie CSKA Moscow Undisclosed [56]
27 juillet 2012 Drapeau du Brésil Ewerton Drapeau du Brésil Corinthians Alagoano €5.4 million [59]
31 août 2012 Drapeau de la France Lassana Diarra Drapeau de l'Espagne Real Madrid €5 million [60]
31 août 2012 Drapeau de la Russie Nikita Burmistrov Drapeau de la Russie Amkar Perm Undisclosed [60]
31 janvier 2013 Drapeau du Brésil Willian Borges da Silva Drapeau : Ukraine FC Shakhtar Donetsk €35 Million [61]

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Élu de la Douma[modifier | modifier le code]

De 1999 à 2003, Suleyman Kerimov est membre de la Douma, la chambre basse du Parlement russe. Il est élu sous les couleurs du parti ultranationaliste, Parti libéral démocrate de Russie (PLDR)[9].

Membre du Conseil de la Fédération de Russie[modifier | modifier le code]

Depuis 2008, Kerimov est membre du Conseil de la Fédération de Russie et représente la République du Daghestan[62].

Liens avec les autorités russes[modifier | modifier le code]

Au fil des ans, Kerimov renforce ses liens avec les autorités russes. Zumrud Khandadashevna Rustamova, la femme du principal conseiller du président Poutine, Arkady Dvorkovich, dirige le comité exécutif de deux compagnies qui appartiennent à Kerimov : le groupe PIK et Polyus Gold. Kerimov entretient d’étroites relations avec le Premier Vice-premier ministre Igor Chouvalov et le Premier ministre Dmitri Medvedev[63],[9]. En octobre 2011, Kerimov utilise ses relations pour inviter à Moscou des figures de la finance telles que Jamie Dimon de la JPMorgan, Richard Parsons de Citygroup et Stephen Schwarzmann de Blackstone afin d’appuyer l’initiative de Medvedev pour faire de Moscou un « centre international de la finance »[64].

Controverse et problèmes juridiques[modifier | modifier le code]

Implications dans le scandale du programme Pétrole contre nourriture[modifier | modifier le code]

Nafta Moskva a été l’une des entreprises citées dans le Rapport Volcker des Nations Unies et dans une enquête du Sénat américain[65] pour sa participation dans un système de pots-de-vin avec le régime de Saddam Hussein lors du déploiement du programme Pétrole contre nourriture[66]. Même si Kerimov n’est pas nommément cité dans ces rapports, deux des membres de son parti politique (PLDR) et partenaires d’affaires Vladimir Zhirinovsky et Sergei Isakov le sont[67]. Le journaliste John Helmer, basé à Moscou, maintient que Kerimov est impliqué dans ce système de pots-de-vin notant que Kerimov est entré au capital de Nafta Moskva en 1998 et que les négociations entre l’entreprise et Saddam Hussein ont eu lieu entre septembre 1998 et mars 1999[68],[69]. Kerimov aurait été en Irak à la fin des années 1990[70].

Enquête criminelle[modifier | modifier le code]

Peu après sa prise de contrôle de Nafta Moskva, Kerimov entre en guerre pour mettre la main sur l’empire financier de l’ancien chef de la police Andreï Andreyev[9]. Kerimov lutte pour prendre le contrôle des actifs de Andreyev lequel affirme qu’il n’a « pas vendu son affaire et qu’il n’a pas reçu un kopek. Il m’a été pris de manière criminelle au moyen de menaces de mort et des documents falsifiés »[71]. Andreyev affirme que les actionnaires ont été contraints de vendre leurs parts et dans d’autres cas, les documents de propriété ont tout simplement été falsifiés[71]. L’unité de répression contre le crime organisé du ministère de l’Intérieur enquête sur les déclarations de Andreyev et perquisitionne dans les bureaux de Nafta Moskva. Toutes les charges sont finalement abandonnées[9].

Accusations de commanditaires cachés[modifier | modifier le code]

La capacité de Kerimov à obtenir des prêts très importants de banques d’État russe est souvent perçue avec suspicion[72]. John Helmer affirme que Kerimov est « l’homme de paille » de puissants individus russes qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas investir sous leur nom propre pour des questions de conflits d’intérêt[73]. D’autres pensent que Kerimov travaille directement pour le Kremlin. Chris Barter, l’ancien codirecteur général de Goldman Sachs à Moscou déclare que « beaucoup de choses [faites par Kerimov] semblent l’être en tandem avec le gouvernement »[9]. Kirill Vishnepolsky, ancien rédacteur en chef chez Forbes en Russie, estime que « toute la fortune jusqu’au dernier centime a été gagnée grâce aux connexions » de Kerimov[72]. Suleyman Kerimov, pour sa part, maintient toujours qu’il investit pour son propre compte[72].

Procès de l'hôtel Moskva[modifier | modifier le code]

En septembre 2010, le parlementaire russe Ashot Yegiazaryan accuse Kerimov de conspiration avec la municipalité de Moscou pour le forcer à céder ses 25 % de parts dans le projet d’hôtel Moskva. Un projet de plusieurs milliards de dollars pour construire une réplique de l’immense hôtel de luxe stalinien démoli en 2004[9]. Après avoir reçu des menaces de mort[74], Yegiazaryan s’enfuit aux États-Unis pour demander l’asile et entamer une bataille judiciaire devant une cour civile à Chypre, la cour international d’arbitrage à Londres et une autre juridiction à Washington DC. Il affirme être menacé de poursuites judiciaires et d'être harcelé par la police. Ce qui le contraint à abandonner ses parts[75]. Les délibérations de justice en cours, les actifs de Kerimov sont gelés[76] ce qui met à mal le projet à 39 milliards de dollars entre la compagnie chinoise Sinochem for the Canadian Potash Corp[77]. La cour de justice du district de Nicosie à Chypre annule le gel de ses actifs en février 2011 estimant que les plaignants ont échoué « à prouver l’urgence de leur requête »[78]. Selon l’avocat de Yegiasaryan, Andreas Haviaras, « le jugement chypriote n'est pas sur des questions techniques » et ne s’engage pas sur le fond de l’affaire[78].

Philanthropie[modifier | modifier le code]

Kerimov fonde la Suleyman Kerimov Foundation en 2007 avec pour idée d’aider la jeunesse de Russie et à travers le monde en lançant des initiatives qui renforcent les communautés et aident les nécessiteux[79]. À la différence de la plupart des organismes de charité en Russie, la fondation travaille en étroite collaboration avec le gouvernement. Le 17 décembre 2010, la presse rapporte que Kerimov va dépenser 100 millions de dollars dans la construction d’une école polyvalente à l’ouest de Moscou « pour instruire les enfants de différents groupes sociaux ». L’école comprend un complexe sportif moderne avec une piscine, une rampe de skate, une piste de danse gigantesque ainsi qu’une zone résidentielle pour les enfants en provenance de la province[80]. La Kerimov Foundation participe également à la construction d’églises et de mosquées et envoie des centaines de pèlerins à la Mecque pour l’Hajj[81]. Pour se conformer à la loi votée par le Parlement russe qui interdit aux officiels de détenir des titres de créance et des comptes à l’étranger, Kerimov transfère en mai 2013 ses fonds à la Kerimov Foundation qui est enregistrée en Suisse[82]. Ainsi, l’oligarque préserve son mandat au Conseil Fédéral de Russie et bénéficie toujours de ses actifs financiers[83].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Davis Michaelsen, « Russia Seeks Baumgertner's Extradition », sur Agweb,‎ 16/10/2013
  2. (en) John Helmer, « SOLLY GARKOV PLAYS PIN THE TALE TO THE DONKEY — THE DONKEY, THAT’S US », sur Business Insider,‎ 23/12/2010
  3. (en) John Helmer, « SOLLY GARKOV PLAYS PIN THE TALE TO THE DONKEY — THE DONKEY, THAT’S US », sur Business Insider,‎ 23/12/2010
  4. (en) « Suleyman Kerimov », sur Kerimov Foundation
  5. (en) Mobile Devices, « 100 richest people in the World », sur Google Books
  6. (en) « Suleiman Kerimov », sur Forbes,‎ mars 2013
  7. (en) « Suleiman Kerimov », sur Kerimov Foundation
  8. (en) Anna Smolchenko, « From TV Plant to Secretive Business Empire », sur The Moscow Times,‎ 01/12/2006
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  10. (en) « Suleyman Kerimov », sur Kommersant
  11. « Le député milliardaire Kerimov accidenté à Nice est retourné à Moscou et se porte bien », sur RIA,‎ 25/01/2007
  12. « World’s 100 Largest Yachts 2008 #21: Ice », sur Power and moto yacht
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