Suicides d'amour à Sonezaki

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Statues d'Ohatsu et Tokubei dans le sanctuaire Tsuyunoten-jinja (Osaka)

Suicides d'amour à Sonezaki (曾根崎心中, Sonezaki Shinjū?) est une pièce du théâtre bunraku de Chikamatsu Monzaemon dont le thème est le suicide d'amour. Bien qu'elle ne soit pas sa première (qui est probablement la pièce de marionnettes Les successeurs de Soga en 1683) ni sa plus fameuse (sans doute les batailles de Coxinga), c'est probablement la plus populaire de ses « tragédies domestiques » ou « pièces de théâtre domestiques » (sewa-mono) selon la caractérisation que fait Donald Keene des pièces non-historiques.

Elle est représentée pour la première fois le 20 juin 1703 puis de nouveau mise en scène en 1717, avec des scènes supplémentaires ajoutées par Chikamatsu, comme la punition du méchant, mais la version généralement traduite et jouée est celle de 1703.

Intrigue[modifier | modifier le code]

Premier acte[modifier | modifier le code]

Suicides d'amour à Sonezaki est une pièce en trois actes, dont l'action dure un jour et une nuit. Les deux personnages principaux sont un jeune orphelin, Tokubei, employé dans un magasin d'huile et de soja, et Ohatsu, une courtisane qu'il aime.

Lors de la premiere scène Tokubei et un jeune collègue font la tournée des clients de leur magasin; dans l'enceinte du Ikutama-jinja (à Osaka), Tokubei rencontre Ohatsu, qui le réprimande pour sa froideur et pour ne pas lui donner à elle de ses nouvelles.

Tokubei se confie alors. L'oncle de Tokubei, qui est aussi son patron, a été impressionné par son sérieux et son honnêteté au travail, et il voudrait qu'il épouse la nièce de sa femme. Comme Tokubei aime Ohatsu, il a poliment refusé, mais son oncle n'a pas mis fin à ses projets, et il a réussi à convaincre la belle-mère de Tokubei. Celle-ci est déjà rentrée dans son village natal avec la dot que l'oncle lui a donnée, deux kamme (deux mesures d'argent. Donald Keene, écrivant dans les années 60, a suggéré que deux kamme seraient l'équivalent de $1000).

Même après avoir appris cette information, Tokubei refuse catégoriquement ce mariage. L'oncle devient furieux, renvoie Tokubei et exige qu'on lui rende les deux kamme.

Tokubei rentre à son village, réussit avec l'aide des locaux à récupérer l'argent de sa belle-mère et rentre à Osaka.

En chemin, il rencontre son vieil ami "Kuheiji le marchand d'huile", qui lui dit qu'il a absolument besoin de deux kamme pour payer ses dettes. Sinon, il tombera en faillite.

Comme Tokubei a bon coeur et qu'il a encore plusieurs jours devant lui pour rendre l'argent à son oncle, il prête la somme à Kuheiji.

Juste comme Tokubei finit de raconter ces événements, Kuheiji entre dans le sanctuaire à la tête d'un groupe de noceurs et de farceurs. Tokubei en profite pour lui demander le remboursement de sa créance.

Toutefois, Kuheiji nie avoir contracté un prêt. Lorsque Tokubei montre les documents qui portent le sceau de Kuheiji, celui-ci affirme que c'est une tentative d'extorsion d'argent, puisqu'il avait perdu son sceau et fait une déclaration en ce sens aux autorités.

Tokubei réalise qu'il a été trompé et se jette sur Kuheiji, mais la bande de celui-ci roue Tokubei de coups.

Acte deux[modifier | modifier le code]

Alors que Tokubei se remet de son passage à tabac et retourne tristement là où travaille Ohatsu, la maison Temma, Kuheiji est précisément en train de s'y diriger pour se vanter de sa nouvelle richesse et de son arnaque réussie, après avoir répandu l'histoire selon laquelle Tokubei a essayé d'extorquer de l'argent de Kuheiji.

À peine Ohatsu a-t-elle caché Tokubei sous ses robes que Kuheiji et quelques amis interviennent avec arrogance. Tandis que Kuheiji se vante de la façon dont Tokubei est sûr d'être exécuté ou exilé et comment il possèdera alors Ohatsu, Ohatsu et Tokubei communiquent avec leurs mains et leurs pieds. Ils décident de mourir ensemble le jour même.

La deuxième scène se termine tandis qu'ils se faufilent devant le serviteur endormi qui garde la sortie.

Acte trois[modifier | modifier le code]

Monument en l'honneur de Tokubei et Ohatsu dans le sanctuaire Tsuyunoten-jinja (Osaka)

Le troisième acte commence par un long dialogue poétique entre les deux amants (dialogue dans lequel le narrateur insère à l'occasion des commentaires de lamentations). Tous deux se rendent au « Bois de Tenjin » (Tenjin étant Sugawara no Michizane), et, près d'un arbre rare situé dans l'enceinte du sanctuaire Shonezaki où poussent à la fois un pin et un palmier sur un même tronc (cet arbre est depuis mort), ils décident que tel est l'endroit où ils accompliront l'acte terrible.

Tokubei lie Ohatsu à l'arbre. Si terrible est l'acte que ses premiers coups avec le rasoir sont mal assurés mais, soudainement, il frappe la gorge d'Ohatsu qui commence lentement à mourir. Avant qu'elle ne meure, Tokubei s'enfonce le rasoir dans la gorge et les deux meurent ensemble.

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Source de la traduction[modifier | modifier le code]