Suffragette

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Suffrage parade, New York City, 6 mai 1912.
Suffragettes menant un piquet le long des grilles de la Maison-Blanche, janvier 1917.

Le terme suffragettes désigne, en son sens strict, les militantes de la Women's Social and Political Union, une organisation créée en 1903 pour revendiquer le droit de vote pour les femmes au Royaume-Uni[1]. Ses modes d’action, basés sur la provocation, rompirent avec la bienséance qui dominait jusqu’alors le mouvement suffragiste britannique.

Par extension, le terme est parfois utilisé pour désigner l’ensemble des militantes pour le droit de vote des femmes dans le monde anglo-saxon.

En 1918, les Britanniques obtinrent le droit de vote à partir de 30 ans (les hommes pouvaient, eux, voter dès l'âge de 21 ans). L'égalité fut établie dix ans plus tard, lorsque les femmes furent autorisées à voter dès 21 ans en 1928.

Histoire[modifier | modifier le code]

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Avant la Première Guerre mondiale, les femmes étaient généralement considérées comme intellectuellement inférieures, voire ne pouvant pas penser par elles-mêmes. Il paraissait donc évident qu'elles ne pouvaient prétendre aux mêmes droits que les hommes. Les affaires politiques étaient considérées comme hors de portée de l'esprit féminin et il n'était donc pas question que les femmes puissent voter[2].

Pourtant, pendant le XIXe siècle, de lentes avancées dans les droits de femmes avaient été gagnées - le droit des femmes mariées de disposer de leurs biens propres, le droit de vote dans certaines élections mineures, le droit de faire partie du conseil d'administration d'une école.

Premiers combats[modifier | modifier le code]

Suffragettes brandissant à New York des pancartes demandant au Président Wilson de favoriser le vote des femmes, en 1916, en pleine Première Guerre mondiale.

En 1876, Hubertine Auclert fonde la société Le droit des femmes qui soutient le droit de vote pour les femmes et qui devient en 1883 Le suffrage des femmes.

En 1897, Millicent Fawcett fonda l'Union nationale pour le suffrage féminin (National Union of Women's Suffrage) pour obtenir le droit de vote pour les femmes. Espérant y parvenir par des moyens pacifiques, Fawcett donna des arguments pour convaincre les hommes, seuls à avoir le pouvoir de donner le droit de vote aux femmes. Elle mit en évidence par exemple que les femmes devaient obéir aux lois et donc devraient avoir le droit de participer à leur création.

En 1903, Emmeline Pankhurst fonda l'Union sociale et politique féminine (Women's Social and Political Union, WSPU) et avec ses deux filles Christabel et Sylvia ainsi qu'un groupe de femmes britanniques rapidement nommées suffragettes, commença une bataille plus violente pour obtenir l'égalité entre hommes et femmes.

En 1905, Christabel et Annie Kenney furent arrêtées pour avoir crié des slogans en faveur du vote féminin lors d'une réunion politique du Parti Libéral. Elles choisirent l'incarcération au lieu de payer une amende. Ce fut le début d'une suite d'arrestations suscitant la sympathie du public pour les suffragettes. Celles-ci se mirent à brûler des institutions symboles de la suprématie masculine qu'elles combattaient : une église ou un terrain de golf réservé aux hommes par exemple.

Des grèves de la faim suivirent dans les prisons. La police tenta de les obliger à manger, mais cela ne les arrêtait guère. Le gouvernement répondit sans succès avec la loi dite « Chat et Souris » (Cat and Mouse Act, officiellement The Prisoners (Temporary Discharge for Ill Health) Act 1913) : quand une gréviste était trop faible, elle fut relâchée puis réincarcérée une fois sa vie hors de danger[3].

Les suffragettes eurent ce qu'elles considérèrent comme leur première martyre en 1913 quand Emily Davison fut tuée en tentant d'arrêter le cheval du roi George V, qui participait à un derby[3].

Pause et victoire[modifier | modifier le code]

Durant la Première Guerre mondiale, une importante pénurie de main-d'œuvre masculine apparut, et les femmes durent occuper des emplois traditionnellement masculins. Cela provoqua, dans les esprits, une remise en question sur les capacités des femmes. La guerre causa une rupture au sein du mouvement des suffragettes. D'une part, le courant dominant représenté par le WSPU d'Emmeline et Christabel Pankhurst appela à un "cesser-le-feu" dans leur campagne tant que durait la guerre et d'autre part, des suffragettes plus radicales, représentées par le Women's Suffrage Federation de Sylvia Pankhurst, proche des marxistes, appelèrent à la poursuite des hostilités. Le courant majoritaire participa avec enthousiasme aux campagnes de recrutement pour l'armée, et mena une campagne de distribution de fleurs, symboles de couardise, dans la rue, à des hommes d'âge de se battre qui ne s'étaient pas engagés.

En 1918, le Parlement du Royaume-Uni vota une loi (the Representation of the People Act 1918) accordant le droit de vote au femmes de plus de 30 ans propriétaires terriennes ou locataires ayant un loyer annuel supérieur à 5 £ ou dont le conjoint l'est ainsi que les diplômées d'universités britanniques. Elles obtinrent en 1928 leur statut d'électrice selon les mêmes termes que les hommes.

Le Royaume-Uni fut le huitième pays à avoir donné le droit de vote aux femmes. Le premier fut la Nouvelle-Zélande (1893), grâce à une pionnière mondiale, Kate Sheppard, née Catherine Malcolm (Liverpool, Angleterre 1847 Christchurch, Nouvelle-Zélande 1934). Ce fut ensuite au tour de l'Australie (1902) et de la Finlande (1906). Les États-Unis, sur le plan fédéral, l'adoptent en 1919. En France, les femmes n'eurent ce droit qu'en 1944, à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Françoise Barret-Ducrocq, Le mouvement féministe anglais d’hier à aujourd’hui, Éditions Ellipses, Paris, 2000, p. 88.
  2. Normand Rousseau, L'Histoire criminelle des Anglo-Saxons, St-Zénon, Québec : Louise Courteau, 2008, p. 24.
  3. a et b Les droits de la femme, 1899-1913 : les suffragettes, Histoire illustrée du monde moderne : le début du vingtième siècle (1899-1914), p. 11, Éditions Gamma, 1976, ISBN 2-7130-0-168-4, (adaptation de Turn of the Century, 1975).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Les Suffragettes, ni paillassons, ni prostituées, film documentaire de Michèle Dominici, 52 min, coproduction Image et Compagnie/ARTE France

Lien externe[modifier | modifier le code]