Sud-PTT

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SUD PTT

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Cadre
Forme juridique Fédération de syndicats
But Défendre les intérêts matériels et moraux des salariés de La Poste, de France Télécom, de leurs filiales et de leurs concurrents
Zone d’influence Drapeau de la France France
Fondation
Fondation 1988
Origine Grève des camions jaunes
Identité
Siège 25/27 rue des Envierges
75020 Paris
Structure Fédération
Affiliation Union syndicale Solidaires
Méthode Syndicalisme de lutte
Financement Cotisations, dons et subventions
Représentativité 2e organisation syndicale à La Poste
2e organisation syndicale à France Télécom
Site web www.sudptt.org

Fédération de syndicats locaux français aux PTT, service public devenu La Poste et France Télécom ; son champ d'action syndical couvre ces deux entreprises et s'est étendu aux autres entreprises du secteur (filiales, centres d'appels, etc.). Les statuts de la fédération ont été déposés le .

Acronyme de Solidaires Unitaires Démocratiques - Postes telégrammes et télécommunications.

SUD PTT est devenu en quelques années la seconde organisation syndicale à La Poste et à France Télécom, les deux sociétés issues des PTT. En dépit de son nom, le syndicat s'est ouvert à la syndicalisation dans les entreprises concurrentes, notamment dans le secteur des télécommunications.

Histoire[modifier | modifier le code]

SUD PTT a été fondé en novembre 1988 après la longue grève des infirmières, élargie à tous les syndicats et animée par une coordination de salariés pratiquant la démocratie directe, ce qui menaçait le monopole de la négociation reconnu aux syndicats. Les militants CFDT de la région parisienne s'étant investis dans cette coordination, la direction confédérale les a démis de leurs mandats. Au même moment la grève « des camions jaunes » avait paralysé le trafic postal, animée par une coordination soutenue par la CFDT PTT Île de France. La mise à l'écart de la région CFDT-PTT Île de France a ainsi permis à la fédération CFDT-PTT de participer à la réforme des PTT de 1990 qui aboutit à scinder en deux parties, La Poste et France Télécom.

Lors du congrès de Strasbourg, Edmond Maire a fustigé les « moutons noirs » « ceux qui nuisent à l'organisation en cherchant à la manipuler, à la confisquer au service de leurs stratégies politiques ». Selon Alain Gautheron, ces militants, « organisés dans l'extrême gauche,... pratiquaient l'entrisme au sein de la CFDT jusqu'à prendre la direction de structures dont celle de la CFDT PTT d'Ile de France ». La création de SUD PTT n'a ainsi, selon le militant syndicaliste rien d'une « révolte spontanée », mais résulte d'une stratégie politique opposée à celle des dirigeants de la CFDT[1]. Parmi les fondateurs du nouveau syndicat, Annick Coupé et Christophe Aguiton, issus de la Ligue communiste révolutionnaire jouent un rôle de premier plan.

Au début de novembre 1988, la section du centre de tri de Lille, l'union régionale interprofessionnelle d'Île-de-France, dirigée par Annick Coupé, et la majorité des syndicats de la région parisienne sont mis sous tutelle et leurs délégués syndicaux destitués. Ils créent SUD PTT dans les semaines qui suivent. Le sigle, qui veut dire « Solidaires Unitaires Démocratiques », est l'idée d'un militant toulousain.

Lors des élections professionnelles (désignation des commissions administratives paritaires) du , Sud obtient presque 5 % des voix bien qu'absent de nombreux centres en provinces avec des pointes à 45 % aux centres de tri de Créteil et d'Issy-les-Moulineaux. C'est un succès et plusieurs équipes en délicatesse avec leur fédération nationale, la rejoindront. SUD PTT rejoint par ailleurs le Groupe des Dix.

Le premier congrès de SUD-PTT a eu lieu du 19 au . Il se donne des orientations originales par rapport aux autres syndicats : « Le syndicat n'a pas le monopole de l'impulsion de l'action ni de sa représentation. Il n'est qu'un des éléments d'un collectif dont les décisions reposent avant tout sur les travailleurs ». Sud affirme son soutien aux coordinations de grève, popularisés par les mouvements des 1986 (étudiants, cheminots), puis des infirmières et donc aux PTT. Ils reçoivent le soutien d'Eugène Descamps, l'un des pères de la CFDT, qui fut secrétaire général jusqu'à l'arrivée d'Edmond Maire en 1971 : « Vous avez dérangé l'ordre des choses.. on le pardonne difficilement ».

Sud-PTT combat le projet de loi voulu par le ministre Paul Quilès, finalement voté le 2 juillet 1990 qui scinde les PTT en deux entités. Entravé dans son développement par des obstacles juridiques contre les nouveaux venus, Sud obtiendra finalement gain de cause en Conseil d'État le 2 juillet 1993. Cette décision leur ouvrira un meilleur accès au droit syndical (qui depuis 1974 est trois fois plus avantageux que le standard de la fonction publique).

En octobre 1993, de nombreux mouvements ont lieu contre la gestion du personnel impliquée par la loi Quilès. Aux élections professionnelles, SUD rassemble 12 % des voix à La Poste et 22 % à France Télécom, profitant de la forte opposition du personnel au projet d'introduction en Bourse qui se concrétisera en 1997.

En décembre 1995, Sud est en première ligne dans le combat contre la réforme d'Alain Juppé. L'étiquette Sud est adoptée par des militants d'autres secteurs.

En 1996, Sud soutient le « mouvement des sans-papiers », en hébergeant même dans leurs locaux, ce qui fera débat au sein même de leur 4e congrès, en décembre, à Forges-les-Eaux. Malgré Sud, le changement de statut de France Télécom est voté en 1996 ; l'ouverture du capital prévue en juin 1997 est reportée pour cause d'élections, mais malgré l'engagement de Lionel Jospin, la gauche commence la privatisation en octobre 1997. Aux élections professionnelles de 1997, SUD rassemble 16 % des voix à La Poste et 26 % à France Télécom.

Le syndicat en 2009 est membre fondateur du Comité national contre la privatisation de La Poste.

Les spécificités de SUD[modifier | modifier le code]

SUD PTT a, dès sa fondation, mis l'accent sur la nécessité de renouveler la démocratie syndicale et le rapport aux salariés. SUD est ainsi favorable aux différentes formes de démocratie directe pendant les mouvements sociaux (Assemblées Générales souveraines, Coordinations, etc.). Dans son fonctionnement interne SUD PTT a également choisi de limiter la durée du mandat de ses permanents.

SUD PTT a eu un positionnement original dans son rapport aux autres mouvements sociaux en participant à des structures larges et des réseaux émergents. SUD PTT a ainsi participé à la création d'AC ! (Agir ensemble contre le chômage !), puis à être membre fondateur de l'association altermondialiste Attac (Association pour la taxation des transactions financières et l'aide aux citoyens). SUD PTT est membre de l'Union syndicale Solidaires.

Leur exemple inspirera leurs collègues cheminots de la CFDT suite aux grèves de 1995, qui développeront Sud-Rail. L'Union syndicale Solidaires prendra son envol.

En juin 2001, la fédération SUD revendiquait environ 15 000 adhérents (contre 1843 au 1er janvier 1990, 5847 au 1er janvier 1996, 10946 au 1er janvier 1998). En 2005, SUD est la deuxième organisation à La Poste et à France Télécom (27 % des voix).

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Le syndicat SUD obtient en 2007 22,02 % (+1 point) des suffrages aux élections professionnelles de la Poste et reste deuxième syndicat en termes de voix quand le premier, la CGT, passe de 34,81 % à 32,74 % (-2,07 points). Cet écart se resserre encore en 2011[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. LA CREATION DE SUD-PTT, Alain Gautheron, Imprimerie Chevillon Sens, 1998

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Manifestants sous la bannière de Sud-PTT lors d'une manifestation contre la réforme des retraites en octobre 2010

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Livre de référence : Syndicalement incorrect : SUD-PTT, une aventure collective. Coord. Annick Coupé et Anne Marchand, éditions Syllepse. Les passages entre guillemets sont extraits de ce livre.

Une perspective sociologique : Gildas Renou, "Désappareiller la politique. Syndicalisme de contrepouvoir et dévaluation du politique", dans Lionel Arnaud et Christine Guionnet, coord.,Les frontières du politiques, Presses universitaires de Rennes, 2005.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]