Sublaines

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Sublaines
La mairie en avril 2009
La mairie en avril 2009
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre
Département Indre-et-Loire
Arrondissement Tours
Canton Bléré
Intercommunalité Communauté de communes de Bléré Val de Cher
Maire
Mandat
Christian Fouassier
2014-2020
Code postal 37310
Code commune 37253
Démographie
Gentilé Sublainois
Population
municipale
184 hab. (2011)
Densité 13 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 15′ 55″ N 0° 59′ 31″ E / 47.2652777778, 0.99194444444447° 15′ 55″ Nord 0° 59′ 31″ Est / 47.2652777778, 0.991944444444  
Altitude Min. 87 m – Max. 117 m
Superficie 14,44 km2
Localisation

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Sublaines

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Sublaines

Sublaines est une commune française située dans le département d' Indre-et-Loire en Région Centre.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue générale de Sublaines (avril 2009)

La petite commune rurale de Sublaines se trouve sur la route départementale 31 à peu près à mi-chemin entre Amboise et Loches. Le nord de son territoire est traversé par l'autoroute A85.

Sublaines se situe à une centaine de mètres au-dessus du niveau de la mer, sur le plateau dit de Champeigne[1] qui sépare les cours de l'Indre et du Cher. Le sous-sol, constitué essentiellement de calcaires lacustres, prédestine le secteur à la culture céréalière, qui domine encore aujourd'hui l'activité du village.

Ces conditions générales déterminent d'une part la présence d'un silo à grains tout près du village, sur la départementale, en direction de Bléré, et, d'autre part, celle d'un relais dans le bourg lui-même, à mi-chemin entre Amboise et Loches.

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Le village comprend trois rues: rue de Loches (départementale), rue de la Contenquière et rue des Moriers. La commune compte deux écarts, la ferme de Hommes et celle de Cours.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Voici les quatre communes qui entourent Sublaines : au nord et au nord-est, Bléré ; au sud-est, Luzillé ; au sud, Chédigny ; à l'ouest enfin, Cigogné.

Rose des vents Rose des vents
N
O    SUBLAINES    E
S

Histoire[modifier | modifier le code]

Char attelé représenté sur une urne du VIIIe siècle avant Jésus-Christ découverte dans un tumulus au lieu-dit Les Danges
Cour de la ferme dite le Pavillon au hameau de Hommes (vers 1900)

Une petite nécropole du Néolithique moyen du groupe de Chambon a été découverte en 2004 sur un chantier de l'autoroute A85 au nord de la commune. Au même endroit, une enceinte palissadée datée de la première moitié du 5e millénaire[2].

Il a existé jusqu'à une date relativement récente au moins trois monuments mégalithiques sur le territoire de la commune, dont un seul subsiste actuellement, daté d'environ 1800 avant J.-C.

Un habitat de l'âge du bronze final a été trouvé sur le chantier de l'autoroute, avec un abondant matériel de céramique.

Deux tumulus ont été érigés successivement à l'âge du fer au lieu-dit "Les Danges", le premier vers 800 avant J.-C., le second trois cents ans plus tard. Des trouvailles y ont été effectuées dès le XIXe siècle mais le site n'a été fouillé scientifiquement que dans les années 1960 par l'archéologue Gérard Cordier. Bon nombre de trouvailles sont actuellement conservées au musée de Saint-Germain-en-Laye, dont une splendide urne funéraire représentant un char attelé[3], et un canard de bronze[4].

Des sites de l'époque de la Tène ont été également retrouvés sur le chantier de l'autoroute, dont une nécropole qui a livré des torques et des épées, et une très importante série de silos de très grandes dimensions[5].

Un puits gaulois a été également fouillé par Gérard Cordier au lieu-dit "Les Beauces". Une urne funéraire du temps est conservée à Saint-Germain-en-Laye. Sur le chantier de l'autoroute on a trouvé quelques sépultures gauloises ainsi que des fossés organisant un réseau de parcelles agricoles, avec quelques puits à eau[5].

L'époque gallo-romaine a laissé une villa rustica, ainsi que des restes de la voie romaine qui allait d'Amboise à Loches. Une urne funéraire de cette époque est conservée au musée de la Société archéologique de Touraine. On y trouve aussi un cimetière mérovingien, connu depuis le XIXe siècle.

Au IXe siècle, un diplôme de Louis le Pieux cite Sublaines comme appartenant aux chanoines de Saint-Martin de Tours, et c'est encore le cas au moins jusqu'au XIIIe siècle[6].

Église romane Saint-Martin (avril 2009)

Au XIIe siècle, on bâtit ou rebâtit l'église paroissiale Saint-Martin, de style roman, légèrement remaniée au XVe siècle.

En 1578, le village est partagé entre un fief laïc tenu par Pierre Barétin, et un fief religieux, celui de la de la mairie, qui relève d'Amboise et de la prévôté de Courçay[6]. Le fief dit la mairie est selon toute apparence celui de l'administrateur local des biens des chanoines, alors appelé "maire"; comme il arrive souvent, par des empiètements successifs de génération en génération, et par le principe de l'hérédité des offices, le "maire" s'est progressivement constitué une seigneurie propre aux dépens de celle des chanoines.

Deux fermes à tours rectangulaires encore subsistantes datent du XVIe siècle, la ferme de Cour et la ferme de Homme.

En 1673, le fief laïc est aux mains d'un certain Gilles Déodeau[6].

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'étymologie du nom de Sublaines n'est pas éclaircie. On trouve les graphies suivantes au Moyen Âge : tout d'abord en latin médiéval Sublena au IXe siècle, sous Louis le Pieux, Seblena (1060), Sublenum (1119, 1177), Sublanis et en ancien français Subleines au XIIIe siècle[7].

L'hypothèse qui le ferait dériver du latin sabulum, "sable", est douteuse philologiquement parlant. Bernard Gineste a proposé récemment une origine gauloise signifiant peut-être "puissante victoire" ou bien "les puissants vainqueurs"[8].

De part et d'autre de la rue de Loches, comme s'appelle la route départementale lorsqu'elle traverse le village, se rencontrent deux rues. L'une commence vers le nord-est, le chemin de Francueil, et s'appelle la rue de La Contenquière. C'est apparemment un nom de domaine qui a appartenu à un moment donné à un certain Constancier, car selon Denis Jeanson[9], elle s'est appelée Costancicère au XIIIe siècle[10], et La Contenquière seulement dans les cadastres de 1824 puis de 1934. L'autre, qui commence à l'opposé, le chemin de Cigogné, s'appelle rue des Moriers, apparemment également un nom de personnes.

Blasonnement[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Sublaines (Indre-et-Loire).svg

Les armoiries de Sublaines se blasonnent ainsi :

Taillé: au 1er d'azur à l'outarde d'argent, au 2e de sinople à la fleur de lis d'or.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

En janvier 1950, un décret préfectoral intègre la commune dans le syndicat intercommunal de Bléré.

En 2000, la commune intègre la Communauté de communes de Bléré Val de Cher.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001   Christian Fouassier    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 184 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
314 265 300 314 334 332 349 333 331
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
320 302 293 300 304 300 303 305 295
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
284 267 286 271 276 255 246 253 262
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
203 167 154 153 155 159 171 175 184
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004[12].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Silos de la coopérative agricole La Tourangelle

Les ressources de la commune sont essentiellement agricoles. La production céréalière transite par le silo d'Agrial (anciennement coopérative agricole La Tourangelle, puis Union Set), continuant la tradition des silos gaulois découverts en 2004 au nord de la commune.

La viticulture y est représentée.

Un relais profite de la circulation entre Amboise et Loches, le Relais des Îles.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Clocher roman

Le territoire de la commune est extrêmement riche au point de vue archéologique.

  • Un dolmen daté d'environ 1800 avant notre ère. D'autres mégalithes bien localisés ont aujourd'hui disparu ;
  • Deux tumulus, l'un datant du début de l'âge de fer (vers 800 avant J.-C.), l'autre datant de l'époque dite de Hallstatt (vers 500 avant J.-C.). Les trouvailles qui y ont été faites sont actuellement conservées au musée de Saint-Germain-en-Laye, et plusieurs de ces objets splendides sont en ligne[13] ;
  • Segments de la voie romaine d'Amboise à Loches ;
  • Cimetière mérovingien ;
  • Église Saint-Martin des XIIe et XVe siècles. On peut y admirer une Vierge à l'Enfant du XVe siècle, une Sainte Catherine du XVIe siècle[14] (statues de pierre), un ban d'œuvre du XVe siècle et une cuve baptismale du XVIIe siècle ;
  • En lien avec le culte de saint Martin, une pierre dite Saint-Martin au bord de la route de Bléré était réputée, jusqu'au XIXe siècle, avoir conservé des empreintes des pas du cheval de ce saint et de lui-même ainsi que de son bâton.
  • Deux fermes du XVIe siècle à tour rectangulaires ;
  • La mairie du XIXe siècle ;
  • Le monument aux morts.

Services[modifier | modifier le code]

Une ancienne école a été réaménagée en salle des fêtes.

La commune bénéficie de la présence d'une petite station météo automatique.

Cultes[modifier | modifier le code]

Sublaines relève de la paroisse Saint Jacques du Val de Cher qui regroupe quatorze communes et a son siège à Bléré.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Poupée folklorique tourangelle dénommée Jean-Pierre de Sublaines sur une carte postale ancienne)
  • Renaud de Sublaines est signalé au début du XIIIe siècle comme ayant épousé Arembour, fille de Guillaume II de Sainte-Maure et de Pressigny[15] ;
  • Nicolas Maillart, natif de Sublaines, fut curé de Pancey au diocèse de Toul, chanoine archidiacre d'Astenay à Châlons-en-Champagne, où il mourut le 13 octobre 1557. Sa dalle funéraire, représentant un prêtre tenant un calice funéraire, sous un dais à trois lancettes trilobées, y est conservé à la cathédrale Saint-Étienne[16] ;
  • "Bonne Porte, veuve de Pierre Barentyn, sieur de Sublaines" est signalée à Tours Le 24 février 1601[17]. Il s'agit du même Pierre Barétin signalé comme sieur de Sublaines en 1578 ;
  • Au début du XXe siècle fut créé un personnage type de poupée folklorique tourangelle appelé Jean-Pierre de Sublaines, représenté sur des cartes postales anciennes ;
  • Gérard Cordier (1924-2014), préhistorien et protohistorien (CNRS).
  • Maurice Davau, de Sublaines, né en 1899, s'est fait connaître par divers ouvrages relatifs surtout à la Touraine[18].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L. Dubreuil-Chambardel, "Le puits funéraire de Château-Gaillard, commune de Sublaines", in Bulletin de la Société archéologique de Touraine 18 (1909-1910) pp. 160-166.
  • Gérard Cordier, "Anneau-disque de Sublaines (Indre-et-Loire)", in Bulletin de la Société préhistorique française 47/11-12 (1950), pp. 542-550, article mis en ligne par le site Persée.
  • J. Massaud, "Extension de la technique "Sublaines" dans le Centre-Ouest de la France", in Bulletin de la Société préhistorique française, 64/5 (1967), pp. 143-145, article mis en ligne par le site Persée.
  • Hyacinthe Brabant, Gérard Cordier, Thérèse Poulain, Raymond Riquet, "Le Site archéologique du dolmen de Villaine à Sublaines, Indre-et-Loire" (période néolithique et âge du bronze ; avec une deuxième partie sur le cimetière mérovingien), in Gallia (1972) et (1974).
  • Gérard Cordier, Philippe Brenot et Raymond Riquet, Thérèse Poulain, "Les Tumulus hallstatiens de Sublaines (Indre-et-Loire), in L'Anthropologie 79 (1975) et 80 (1976).
  • Gérard Cordier, "Les Mérovingiens de Sublaines (Indre-et-Loire). Complément à l'étude anthropologique", in Revue archéologique du Centre de la France (1985).
  • Hans-Jurgen Hundt, "Ein Textilrest aus dem urnenfelderzeitlichen Depotfund von Sublaines", in Archäologisches Korrespondenzblatt (1988).
  • Gérard Cordier et Hans-Jurgen Hundt, "Le dépôt de l'Age du Bronze Final de la Basse Calonnière à Sublaines (Indre-et-Loire) (France)", in Archäologisches Korrespondenzblatt (1988).
  • Rapport d'activité de la DRAC en 2005 mis en ligne par le Ministère de la Culture, pp. 287-288.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bibliothèque de l'École des Chartes 36/1 (1865), p. 316: "La Champaigne ou Champagne était une plaine qui s'étendait du Cher à l'Indre, entre les forêts de Brechenai, de Chêne vose et de Chedon. Elle comprenait Sublaines, Cigoigné, Athée, partie de Courçai et du Fau-Beignac, Luzillé, le Liège, etc."
  2. Rapport d'activité de la DRAC en 2005 mis en ligne par le Ministère de la Culture, p. 287-288.
  3. Dont un cliché mis en ligne par le Ministère de la culture.
  4. Dont un cliché mis en ligne par le Ministère de la culture
  5. a et b Rapport d'activité de la DRAC en 2005 mis en ligne par le Ministère de la Culture, pp. 287-288.
  6. a, b et c D'après le site de la communauté de communes de Bléré Val de Cher.
  7. D'après les sites du Syndicat Mixte du Pays Loire Touraine et surtout celui de la communauté de communes de Bléré.
  8. Bernard Gineste, "Sublaines", in Onomastica 01, 2009.
  9. Dans son site de toponymie.
  10. Archives départementales sous la cote 37-H 167, citées par Denis Jeanson.
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  13. Clichés mis en ligne par le Ministère de la culture : Des anneaux-disques néolithiques, un canard de bronze de l'âge du fer, une urne du VIIIe siècle avant J.-C. décorée d'un char attelé, cliché d'une belle urne.]
  14. Dont un cliché mis en ligne par le Ministère de la Culture
  15. Jean Louis Chalmel, Histoire de Touraine jusqu'à l'année 1790, 1828, tome III, p. 275.
  16. D'après une note de Claire Bonnet Claire et Sandra Miguel Sandra pour l'inventaire général en 2003, conservée au Service régional de l'inventaire Champagne-Ardenne.
  17. D'après une page de relevé notariaux mise en ligne par l'Université de Tours.
  18. Ouvrages de Maurice Davau : 1972, avec Marcel Cohen, Maurice Lallemand: Dictionnaire du français vivant (réédité en 1975 et 1979) ; 1979 : Le Vieux parler tourangeau, sa phonétique, ses mots et locutions, sa grammaire ; 1980 : Contes, nouvelles et autres raconteries des campagnes tourangelles ; 1982: Les Grands moments de l'année, raconteries tourangelles ; 1984 : Histouères et rimiaux de Touraine; 1988 : Tours au turbin et après le turbin; 1995 : Souvenirs en forme de poèmes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]