Su Hui

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Su Hui

Description de cette image, également commentée ci-après

Su Hui brodant (gravure sur bois de la fin du xviiie siècle)

Nom de naissance Su Hui
Activités poétesse
Naissance IVe siècle
Langue d'écriture chinois
Genres palindrome

Su Hui (en chinois traditionnel 蘇蕙 ; en chinois simplifié 苏蕙 ; EFEO Sou Hoei ; en pinyin: Sū​​ Huì​), ou Su Ruolan (chinois traditionnel : 若蘭 ; chinois simplifié : 若兰 ; EFEO Jo-lan ; pinyin : Ruò​ Lán), est une poétesse chinoise du IVe siècle, sous la dynastie Jin. On lui attribue un poème palindromique (ou huiwen, « texte circulaire ») de 841 caractères, connu sous le nom de « Poème de la sphère armillaire », ou « Poème du diagramme cosmique » (璇璣圖詩, Xuanji tu shi).

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Su épouse à l'âge de seize ans le préfet Dou Tao, originaire de Fufeng, dans le Shaanxi. Malgré son attachement pour sa femme, Dou a aussi une concubine, Zhao Yangtai, dont il est amoureux. À l'occasion d'un changement de poste de Dou, Su Hui, alors âgée de vingt ans, refuse de l'accompagner. Prise de regret, elle compose le poème qui lui est attribué[1].

Su est supposée avoir brodé son poème en cinq couleurs sur un brocart, et l'avoir envoyé à son mari. Dou, touché par la lecture du poème, serait revenu auprès de sa femme.

Su devient célèbre, au cours des siècles suivants, en raison de sa capacité à combiner arts féminins (la broderie) et composition poétique, comme exemple de vertu féminine[2]. Elle est un rare exemple de femme instruite à une époque où c'était une exception[1].

Une courte biographie de Su Hui est donnée au VIIe siècle dans le Livre des Jin.

Portrait de Su Hui accompagné du palindrome, sur un rouleau de soie du XVIIe siècle.

Le poème[modifier | modifier le code]

Il existe deux versions du poème de Su Hui, l'une de 112 caractères, l'autre de 841.

La version de 112 caractères est formée de huit rangs de quatorze caractères. Pour comprendre le poème, il faut partir du caractère « époux » sur le premier rang, lire en diagonale vers la droite, descendre d'un rang une fois arrivé au bord et remonter en diagonale vers la gauche, etc.

La deuxième version, la plus connue, est un poème appelé « texte circulaire » (hui wen, communément traduit par « palindrome ») , formés de 841 caractères disposés sous la forme d'un carré de 29 caractères de côté. Il peut être lu verticalement, horizontalement, en diagonale, dans n'importe quel sens, donnant lieu à un « nombre incalculable[3] » de possibilités de lecture. L'impératrice Wu Zetian à la fin du viie siècle en a compté plus de 200[4], tandis qu'un érudit du XVIIe siècle en a relevé plus de 4000[2].

« Pour donner une idée de son raffinement, autour du caractère central « cœur » (xin 心), c’est-à-dire à la fois « centre du poème » et « amour », un premier carré de neuf caractères se lit : « Le poème du diagramme cosmique a enfin apaisé, de la dame Su le cœur » (en terminant sur le caractère central)[3]. »

Reconstitution de lectures possibles du palindrome. Au centre : le caractère 心, « cœur ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Robert Van Gulik, La Vie sexuelle dans la Chine ancienne, Gallimard, « Tel », 1971, p. 152.
  2. a et b Kang-i Sun Chang, Stephen Owen (éd.), The Cambridge History of Chinese Literature. Vol. II : from 1375, Cambridge University Press, 2010, p. 47. [lire en ligne]
  3. a et b François Martin , « Histoire et philologie de la Chine classique », Annuaire de l'École pratique des hautes études, Section des sciences historiques et philologiques , 142 | 2011. [lire en ligne]
  4. Kang-i Sun Chang, Haun Saussy, Women Writers of Traditional China: an Anthology of Poetry and Criticism, Stanford University Press, 1999, p. 670.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Su Ruolan, sur la Bibliothèque numérique mondiale.