Styphnolobium

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Styphnolobium est un petit genre botanique, regroupant trois ou quatre espèces de petits arbres et arbrisseaux à fleurs de la sous-famille des Faboideae(Faboideae) de la famille des pois Fabaceae (Fabaceae). Ce genre était auparavant inclus dans une interprétation plus large du genre Sophora.

Caractéristiques et origine[modifier | modifier le code]

Les espèces de Styphnolobium diffèrent des Sophora en ce qu'il leur manque de la capacité de former des symbioses avec les rhizobiums (bactéries fixatrices d'azote) sur leurs racines. Elles diffèrent aussi du genre apparenté Calia (fèves de mescal) , car elles ont des feuilles caduques et des fleurs sur les racèmes axillaires, pas terminaux. Une autre différence entre le genre Styphnolobium et les genres précédents réside dans le fait que les graines contiennent des galactomannanes comme réserves de polysaccharides, alors qu'il s'agit d'arabino-galactanes dans le cas des Sophora et d'amyloïde dans celui des Calia.

Les feuilles sont pennées, avec 9 à 21 folioles, et les fleurs forment des grappes pendantes similaires à celles du Robinier. Les fruits sont des gousses qui contiennent les graines.

Ces plantes sont originaires de l'ancien continent du Gondwana, qui a ultérieurement formé la Chine. On les retrouve actuellement en Asie du Sud et sur le continent américain.

Espèces[modifier | modifier le code]

Styphnolobium affine (Torr. & A. Gray) Walp.[modifier | modifier le code]

Styphnolobium affine (Pois corail, ou Collier d'Ève ; syn. Sophora affinis), est originaire du Sud des États-Unis. On le trouve au Texas, dans l'Oklahoma, dans l'Arkansas et en Louisiane. C'est un grand arbuste ou un petit arbre, atteignant 5 à 7 m de haut, avec des fleurs blanches ou violet pâle.

Styphnolobium japonicum (L.) Schott[modifier | modifier le code]

Fleurs d'Arbre pagode

Origine et diffusion[modifier | modifier le code]

Styphnolobium japonicum (L.) Schott[1],[2] (Arbre pagode, Erudit chinois, Arbre pagode japonais ; syn. Sophora japonica L[2]., Sophora korolkowii Dieck[2], Sophora sinensis Forrest[2]) est originaire d'Asie de l'Est (principalement de Chine, où il pousse dans des bosquets et forêts, sur les pentes des montagnes caillouteuses[3]). L'Érudit chinois coupable était un Arbre pagode historique du Parc Jinshang, à Beijing, auquel le dernier empereur de la dynastie des Ming, Chongzhen, s'est pendu en 1644. Contrairement à ce que pourrait laisser croire le nom de Styphnolobium japonicum, l'arbre n'est pas originaire du Japon, où il a été introduit. Le nom d'Arbre pagode tient son origine du grand nombre de ces légumineuses plantées dans les temples bouddhistes. Un bel exemple d'Arbre pagode pleureur (Styphnolobium japonicum 'Pendula' ) peut être vu aux Blithewold Mansion, Gardens and Arboretum (États-Unis). Alors que l'arbre est introduit en Grande-Bretagne, en 1753, par le célèbre pépiniériste James Gordon, les Kew Gardens conservent un spécimen datant des alentours de 1760, situé près de la Pagode construite en 1761. C'est le dernier survivant des cinq arbres plantés alors, qui furent les premiers cultivés dans l'île, est sont connus sous le nom de "Vieux Lions". Compte tenu de son caractère répandu dans les jardins d'ornement, la plante n'est pas considérée comme menacée[3].

Description[modifier | modifier le code]

Arbre pagode (Styphnolobium japonicum) - Feuilles et fruits

C'est un arbre d'ornement très apprécié en Europe, en Amérique du Nord et en Afrique du Sud. Il est cultivé pour ses fleurs (panicules) blanc crème, qui éclosent en fin d'été, lorsque la plupart des autres arbres à fleurs ont depuis longtemps fini de fleurir. Il peut devenir un grand arbre, de 15 à 25 m de haut, avec un port équilibré et une couronne assez large. Il fournit un bois brun foncé à grain fin. Les branches commencent très bas sur le tronc, lorsqu'on cultive en plein air, mais l'arbre peut former un grand tronc lisse. Les branches sont vert moyen brillant, avec des lenticelles plus claires et des nœuds érigés. Les feuilles laissent une cicatrice en forme de U profond, entourant les bourgeons, petits et bruns. Il n'y pas de véritable bourgeon terminal[4].

L'écorce des arbres adultes est gris-brun et ressemble, comme celle des frênes, à du carton ondulé, se divisant en crêtes et en sillons, ces derniers le plus souvent longs et verticaux. Le bois, dans les sillons, est brun rougeâtre. Les feuilles alternées, longues de 15 à 25 cm, sont pennées et composées de 7 à 17 folioles ovales à ovoïdales, entièrement marginées, vertes sur le dessus et légèrement plus claire en dessous. Les fleurs, ressemblant à celles des pois, ont un peu plus de 1 cm de long et sont de couleur blanc crème, formant des panicules terminales voyantes. Ses fruits, vert-jaunâtre devenant brun clair à maturité, ont de 3 à 20 cm de long, sont glabres et en forme de collier et contiennent 1 à 8 graines[3], entre lesquelles la gousse est comprimée. Ils mûrissent au début de l'automne et persistent tout l'hiver[4].

Le Styphnolobium japonicum ne semble pas fleurir dans sa jeunesse. Normalement, la floraison commence seulement quand l'arbre a de 30 à 40 ans. Les vieux arbres fleurissent facilement, surtout après des étés chauds. La plupart des fleurs tombent rapidement, pour former un tapis blanc et dense sur le sol. L'Arbre pagode de Kew fleurit en septembre, alors que, dans sa Chine natale, Styphnolobium japonicum fleurit en août-septembre et fructifie en octobre-novembre[3].

Chimie[modifier | modifier le code]

Fleurs de Styphnolobium japonicum

En 1938, un diholoside, isomère du saccharose (sucre de table), a été isolé à partir de gousses pas encore mûres de cet arbre, et nommé sophorose. Depuis, le sophorose a été trouvé dans de nombreuses plantes[5]. En 2009, une équipe de biochimistes britanniques a identifié, par chromatographie en phase liquide, deux nouveaux glycosides du kaempférol dans les fruits et graines de cette espèce. De même, la présence du kaempférol 3-O-β-glucopyranosyl(1 → 2)[α-rhamnopyranosyl(1 → 6)]-β-glucopyranoside-7-O-α-rhamnopyranoside et du kaempférol 3-O-β-glucopyranosyl(1 → 2)[α-rhamnopyranosyl(1 → 6)]-β-galactopyranoside-7-O-α-rhamnopyranoside a été établie, ce dernier étant le principal flavonoïde présent dans les graines parvenues à maturité. Dans les fleurs et les boutons de fleurs, le principal flavonoïde est la rutine, ce qui permet de différencier les fleurs et boutons de Styphnolobium japonicum (L.) Schott de ceux de Sophora flavescens Ait., qui leur sont parfois substitués en médecine traditionnelle chinoise[6].

Styphnolobium monteviridis[modifier | modifier le code]

Styphnolobium monteviridis est une espèce originaire d'Amérique centrale.

Utilisations[modifier | modifier le code]

L'Arbre Pagode est largement utilisé comme plante ornementale et dans la fabrication de bonsais. Le cultivar 'Pendula' est planté en pots, car il ne pousse que très lentement[7].

Gousses

S. japonicum (en chinois : , en pinyin : huái, anciennement Sophora japonica) est une des 50 plantes fondamentales utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise. Il a des propriétés abortives, antibactériennes, anticholestérolémiques, anti-inflammatoires, antispasmodiques, diurétiques, émétiques, émollientes, fébrifuges, hypotensives, purgatives, styptiques et toniques[8]. Les feuilles et les fleurs sont comestibles mais les gousses sont toxiques[3]. Les fruits et graines séchés sont connus sous le nom de Fructus Sophorae or Huaijiao. Les boutons floraux, nommés Huai Mi, et les fleurs, appelées Huai Hua portent aussi l'appellation collective Flos Sophorae[6]. Malgré leurs puissantes propriétés purgatives, des extraits des feuilles et des fruits étaient autrefois utilisées en Chine pour falsifier l'opium[3].

Le bois de l'arbre pagode est un bois dur, utilisé pour les meubles et la construction. Des colorants jaune et gris, extraits des gousses, ont été utilisés dans l'industrie de la soie et dans le batik[3].

Références[modifier | modifier le code]

  • P. B. Heenan, M. I. Dawson et S. J. Wagstaff, « The relationship of Sophora sect. Edwardsia (Fabaceae) to Sophora tomentosa, the type species of the genus Sophora, observed from DNA sequence data and morphological characters », dans Bot. J. Linn. Soc., Vol. 146, p. 439-446 (2004) [lire en ligne].
  • M. Sousa et V. E. Rudd, « Revisión del género Styphnolobium (Leguminosae: Papilionoideae: Sophoreae) », dans Annals of the Missouri Botanical Garden, Vol. 80, n ° 1, p. 270-28 (1993) [lire en ligne].
  • W. J. Bean, Trees and Shrubs Hardy in the British Isles, John Murray, Londres, 1981.
  • J. K. Chen et T. T. Chen, Chinese Medicinal Herbology and Pharmacology, Art of Medicine Press, California, 2004.
  • T. C. Khanh, « Styphnolobium japonicum (L.) Schott », dans L.S. de Padua, N. Bunyapraphatsara et R. H. M. J. Lemmens (dir), Plant Resources of South-East Asia vol. 12, Medicinal and poisonous plants, tome 1, Backhuys, Leyde, 1999.
  • G.C. Kite et R.T. Pennington, « Quinolizidine alkaloid status of Styphnolobium and Cladrastis (Leguminosae) », dans Biochem. System. Ecol., vol. 31, p. 1409-1416 (2003).
  • R.T. Pennington, C.H. Stirton et B.D. Schrire, « Tribe Sophoreae », dans G. Lewis, B. Schrire, B. Mackinder et M. Lock, Legumes of the World, p. 227-249, Royal Botanic Gardens, Kew, 2005.
Fleurs de Styphnolobium japonicum

Liens externes[modifier | modifier le code]

Styphnolobium japonicum 'Pendula'

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Les 50 plantes de l'herbologie chinoise

Note[modifier | modifier le code]

  1. Styphnolobium japonicum information from NPGS/GRIN
  2. a, b, c et d Styphnolobium japonicum - ILDIS LegumeWeb
  3. a, b, c, d, e, f et g Styphnolobium japonicum (pagoda tree)
  4. a et b Styphnolobium (Sophora) japonicum (japonica) Fact Sheet
  5. J. B. Harborne, « Flavonoid sophorosides », dans Cellular and Molecular Life Sciences, Volume 19 (1), pp. 7-8 (1963) [lire en ligne].
  6. a et b Geoffrey C. Kite, Nigel C. Veitch, Martha E. Boalch, Gwilym P. Lewis, Christine J. Leon, Monique S. J. Simmonds, « Flavonol tetraglycosides from fruits of Styphnolobium japonicum (Leguminosae) and the authentication of Fructus Sophorae and Flos Sophorae », dans Phytochemistry(ISSN 0031-9422), vol. 70, n° 6, pp. 785-794 (2009)
  7. Karel Hieke (illustrations de Miroslav Pinc), Praktická dendrologie, volume 2, SZN, 1978.
  8. [1]

Illustrations[modifier | modifier le code]

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