Art académique

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L'art académique, aussi nommé art pompier, est un mouvement artistique qui, après le Néoclassicisme et après l'apogée du Romantisme, domine la peinture occidentale du milieu du XIXe siècle, sous l'influence des Académies d'Europe dédiées aux beaux-Arts et en particulier de l'Académie des beaux-arts française, alors la plus rayonnante. L'académisme est caractérisé par un goût très fort pour les thèmes historiques et pour l'orientalisme. En sculpture, il se caractérise par une tendance à la monumentalité, représentée entre autres par les sculpteurs Auguste Bartholdi et Emmanuel Frémiet.

Parmi les artistes emblématiques de l'art académique, figurent les peintres français du Second Empire, Alexandre Cabanel, Ernest Meissonier et Jean-Léon Gérôme.

L'application du mot « pompier » à l'art académique[1], apparue à la fin du XIXe siècle (1888 d'après le Robert) pour le tourner en dérision, est sans doute une allusion aux casques brillants de certains personnages des grandes compositions de l'époque, qui rappelaient ceux des pompiers[2]. Une autre explication propose l'hypothèse d'une dérision du mot « Pompéien » (de Pompéi), allusion à un mouvement pompéiste fondé en 1840 par Jean-Léon Gérôme[3]. Enfin, ce mot évoque la pompe, le pompeux[3].

L'Académie et son enseignement[modifier | modifier le code]

La création des académies[modifier | modifier le code]

Jeanne d'Arc, victorieuse des Anglais, rentre à Orléans et est acclamée par la population (1887) par Jean-Jacques Scherrer.

L'Académie royale de peinture et de sculpture fut créée en 1648, par Louis XIV dans le but de garantir aux peintres et sculpteurs le statut d'artiste qui leur était alors contesté. Le peintre Charles Le Brun en prend la direction. Les Académies prônent alors une méthode radicalement nouvelle d'enseignement des Beaux-Arts. Celle-ci érige les œuvres de l'antiquité gréco-romaine pour modèle et reposent essentiellement sur un concept dont les mots clés sont simplicité, grandeur, harmonie et pureté.

L'Académie se compose alors de deux sections : l'Académie de peinture et de sculpture, et l'Académie d'architecture. L'anatomie, la géométrie, la perspective et l'étude d'après le modèle vivant constituaient les bases de l'enseignement préparatoire à la peinture et à la sculpture.

L'enseignement de l'académie repose sur certains principes fondateurs :

  • affirmer la primauté du dessin sur la couleur ;
  • approfondir l'étude du nu, de l'anatomie ;
  • privilégier le travail en atelier par rapport au travail en plein air, sur le motif ;
  • réaliser des œuvres « achevées » ;
  • imiter les anciens, imiter la nature.

Ces principes se sont progressivement figés avec le temps[réf. nécessaire] et ont fini par constituer un carcan aux yeux de certains artistes et critiques de la fin du XIXe siècle contre lequel ils se sont insurgés peu à peu. L'académie pourvoyait donc à la formation technique (apprentissage du dessin, de l'anatomie, de la couleur…) et culturelle (familiarisation avec les sujets de l'antiquité, les grands auteurs…) des jeunes artistes. Les candidats à l'entrée à l'École des Beaux-Arts (les femmes n'y sont admises qu'en 1897) doivent passer un concours d'admission consistant en l'exécution d'une figure nue dessinée d'après le modèle vivant.

Le contrôle de l'Académie[modifier | modifier le code]

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, se cristallise une opposition qui va profondément marquer toute l'histoire de l'art du XXe siècle : celle de l'académisme et de la "modernité", terme lancé par Charles Baudelaire. Les avant-gardes n'ont pu s'imposer, qu'en bousculant l'art officiel. Les peintres académiques régnaient sur l'Académie des beaux-arts, à l'Institut, au Salon, longtemps lieu de passage obligé pour exposer, se faire connaître et obtenir des commandes de l'État. « Contrôlez l'instruction, vous contrôlerez le style », disait le peintre académique Gérôme[réf. souhaitée].

Défaite et évolution de l'académisme[modifier | modifier le code]

Alexandre Cabanel, peintre académique, vers 1865
William Bouguereau, La Naissance de Vénus (1879) musée d'Orsay

L'année 1897 entérina la défaite de l'Académisme. Manet, Degas, Pissarro, Monet, Renoir, Sisley et Cézanne firent leur entrée dans une institution officielle, le musée du Luxembourg, réservé aux commandes de l'État. Le legs Caillebotte, mécène des impressionnistes, collectionneur et peintre lui-même, était accepté après trois années de combats acharnés (seuls les tableaux de Degas avaient d'abord été admis). C'est le Conseil d'État qui avait tranché, arguant que ces œuvres faisaient de fait partie de l'histoire de la peinture française. En réalité, on avait coupé la poire en deux : sur 67 toiles, 29 furent rejetées. Gérôme avait menacé de démissionner de sa chaire de professeur des Beaux-Arts, qualifiant ces toiles d'«ordures», et voyant dans leur entrée au Luxembourg le signe de « la fin de la nation ».

Les courants avant-gardistes se multipliaient. L'Académie et l'École des beaux-arts elles-mêmes devinrent plus éclectiques, note Claire Barbillon. Après avoir été rejeté sous le Second Empire, sauf sous certaines formes édulcorées, « le naturalisme fut adopté par les peintres les plus officiels de la troisième République », écrit-elle. Quant au symbolisme, il réunit « des artistes formellement assez traditionnels », comme Gustave Moreau, et des peintres radicalement novateurs comme Gauguin ou Odilon Redon.

L'ouverture du musée d'Orsay en 1986 sera l'occasion de vives polémiques. Beaucoup y verront une réhabilitation des « pompiers », voire du « révisionnisme ». André Chastel considérait cependant dès 1973 qu'il n'y avait « que des avantages à substituer à un jugement global de réprobation, héritage des vieilles batailles, une curiosité tranquille et objective. »

Principaux peintres académiques[modifier | modifier le code]

Allemagne

Autriche

Belgique

Brésil

Canada

Espagne


France

Grèce

Hongrie

Italie

Royaume-Uni

Russie

Suisse

République tchèque

Turquie

Uruguay

Peintures[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Voir l’article “Commentaire à Peut-on parler d’une peinture pompier?”, de Jacques Thuillier, à http://www.dezenovevinte.net/ha/pompier_mgj_fr.htm.
  2. Louis-Marie Descharny, L'Art pompier 1998, p. 12
  3. a et b Louis-Marie Descharny, L'Art pompier 1998, p. 14

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]