Sturmbrigade SS Frankreich

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8.Französische-SS-Freiwilligen-Sturmbrigade dite Sturmbrigade Frankreich
Période 22 juillet 19431er septembre 1944
Pays Drapeau de la France France
Allégeance Flag of German Reich (1935–1945).svg Allemagne France
Branche Schutzstaffel SS.svg Waffen-SS
Type Brigade SS
Rôle Concurrencer la LVF dans le cadre de l'enrôlement de volontaires étrangers sous uniforme allemand et combattre sur le front est
Effectif 1 688 hommes au 30 juin 1 944 personnes
Surnom Sturmbrigade Frankreich
Couleurs écusson tricolore sur la manche gauche à hauteur de l'avant-bras
Devise "Mon Honneur s'appelle Fidélité" / "Meine Ehre heißt Treue"
Guerres Seconde Guerre mondiale
Batailles Galicie 1944
Commandant SS-Frw.Obersturmbannführer Paul-Marie Gamory-Dubourdeau

La 8. Französische-SS-Freiwilligen-Sturmbrigade dite Sturmbrigade Frankreich ou brigade d'assaut-SS française est une unité française de la Waffen-SS, formée à partir de juillet 1943, et en partie engagée contre l'Armée Rouge en août 1944, en Galicie (ouest de l'Ukraine). Si la désignation officielle de cette unité est 8. Französische-SS-Freiwilligen-Sturmbrigade, la désignation plus connue de « Brigade Frankreich » est due à Jean Mabire qui en fit le titre d'un de ses livres.

Historique[modifier | modifier le code]

À la date du 4 mai 1940, huit ressortissants français servent déjà à titre purement individuel, sans compter 84 Volksdeutsche (allemands ethniques vivant en dehors du Reich), probablement des Alsaciens et Mosellans. Il est prouvé qu'avant l'été 1943, près de 300 citoyens français ont contracté un engagement individuel dans la Waffen-SS, arguant de leur qualité de flamands ou de wallons pour la plupart. On ne sait rien de ces précurseurs. Depuis février 1943, Adolf Hitler a donné son accord pour l'engagement de citoyens français dans la SS. À partir de mars 1943, de plus en plus de Français de la NSKK, basés en Belgique, « désertent » pour rejoindre Sennheim (nom allemand de la ville alsacienne de Cernay en Haute Alsace) et contracter un engagement. Jusqu'en juillet 1943, les effectifs de ces Français (officiellement enregistrés comme Wallons) ne dépassent pas l'effectif d'une compagnie. Le 22 juillet 1943, un décret paru au Journal Officiel permet aux Français de contracter directement un engagement dans la Waffen-SS. Les volontaires sont envoyés à la Caserne Clignancourt, à Paris, pour ensuite être entrainés, en Alsace, au camp Sankt Andreas de Sennheim (Cernay).

Formation[modifier | modifier le code]

À l'origine, l'objectif des recruteurs de la Waffen-SS était de créer une, voire deux, division entière française. La faiblesse du nombre des volontaires comme la sévérité de la sélection, obligèrent Heinrich Himmler à revoir, le 16 septembre 1943, ses ambitions à la baisse. De juillet 1943 à août 1944, environ 6 000 Français se seraient présentés aux bureaux de recrutement, moins de la moitié seront effectivement acceptés (environ 2 500 hommes).

Peuvent s'engager les volontaires âgés de 17 à 40 ans. La taille minimum est fixée à 1,65 m, puis ramenée à 1,60 m. Ils doivent être d'ascendance aryenne, ne pas être Juifs, noirs ou métissés. Une enquête réalisée à Paris en novembre 1943 par le RuSHA-SS (direction des questions raciales et de peuplement de la SS) auprès de 157 engagés révèle que 48 % d'entre eux sont aptes à être admis dans la SS selon les critères autrefois applicables aux Allemands. Guère plus de 38 % d'entre eux sont de type nordique dominant. Chez les autres domine la race méditerranéenne (37 %), dinarique (14 %), alpine (12 %) ou même extra-européenne (9 %). 37 % proviennent de Paris et l'Île-de-France, 14,5 % d'Auvergne, les volontaires venant du grand Sud-Ouest sont aussi très nombreux. 54 % ont entre 17 et 20 ans, 78 % sont catholiques, 62 % inscrits à un mouvement politique (dont 20 % au PPF et 10 % à la Milice Française). Enfin 58 % sont des travailleurs manuels et 25 % sont des étudiants.

Joseph Darnand, qui a déjà prêté serment à Hitler le 8 août 1943 à l'ambassade d'Allemagne à Paris et est nommé à cette occasion SS-Frw.Obersturmführer, soucieux d'armer la Milice, obtient des armes du Haut-Commandement de la Waffen-SS après avoir fourni, le 11 octobre 1943, une dizaine de ses cadres qui s'enrôlent pour devenir l'armature de la future unité SS française : Pierre Cance (délégué général de la Milice Française et bras droit de Darnand), Noël de Tissot (secrétaire général de la Milice Française et bras droit idéologique de Darnand), Léon Gaultier qui travailla pour le Ministère de l'information de Paul Marion à Vichy, Jean Artus (instructeur à l'école des cadres d'Uriage), Paul Pignard-Berthet (lui aussi instructeur), Henri Fenet (chef départemental de la Milice de l'Ain), Ivan Bartolomei, Albert Pouget (chef départemental de la Milice de Lozère), Pierre Bonnefoy (chef départemental de la Milice du Vaucluse), Émilien Boyer (Franc-Garde de Carcassonne), Jacques Lefèvre (chef départemental de la Milice de l'Aude), Jacques Massot (chef départemental de la Milice du Var) et Jacques-Flavien De Lafaye (chef départemental de la Milice de l'Allier).

De janvier à mars 1944, une vingtaine d'élèves officiers français dont beaucoup de cadres miliciens sont envoyés en stage à Bad Tölz. Les sous-officiers sont eux formés à Posen-Treskau (janvier-février 1944) et la troupe reste à Sennheim. La Sturmbrigade se regroupe à Neweklau en avril 1944. Uniquement le premier bataillon, soit plus de 1000 hommes, commandé par le SS-Frw.Hstuf. Pierre Cance, part pour le front. Le second bataillon, formé par Jean Artus et Paul-Marie Gamory-Dubourdeau (Commandeur de la Sturmbrigade et le plus haut gradé SS français), est encore en cours de constitution. Le 30 juin 1944, les effectifs de la Sturmbrigade s'élèvent à 1688 hommes sans compter les nouveaux engagés encore en entrainement à Sennheim. Au moins une cinquantaine de Français a été envoyée au printemps 1944 dans les formations spéciales d'Otto Skorzeny ; on ne sait rien de ces Français-là.

Secteur de Sanok (Dudyńce, Pielnia, Wolica[1], Galicie (Carpates polonaises)[modifier | modifier le code]

Le 5 août 1944, les éléments français partent vers le front, pour appuyer la 18e division SS « Horst Wessel », commandée par l'Oberführer Trabandt. Ils sont engagés à partir du 9 août 1944. Le bataillon est relevé le matin du 16 août 1944 par une unité de la Heer. En tout, une vingtaine de tués et près de 110 blessés. Le bataillon embarque à nouveau, pour Radomsyl-Wielki, à une centaine de kilomètres.

Secteur de Mielec, Galicie[modifier | modifier le code]

Débarqués le 17 août 1944, les hommes prennent position. Les premiers vrais combats commencent le 19 août puis le lendemain commence une énorme offensive soviétique sur tout le front oriental. Le dernier jour des combats, le 22 août 1944, est particulièrement meurtrier. Les restes du bataillon sont rassemblés près de Tarnów. Sur les quelques 1 000 hommes engagés, on compte 140 hommes valides ou peu blessés (bientôt porté à 210 avec l'arrivée de nouveaux isolés), plus de 600 blessés, une cinquantaine de disparus ou prisonniers et 150 morts. Sur les 19 officiers et aspirants du bataillon, six sont indemnes ou presque, quatre sont morts (Robert Lambert ; Jean-Louis Le Marquer ; Dominique Scapula ; Joseph Peyron), deux sont disparus (Noël de Tissot, sans doute mort ; Charles Laschett prisonnier) et sept ont été blessés et évacués (Cance, Fenet, Paul Pleyber, Gaultier, Pignard-Berthet, Pierre Hug et Henri Kreis). Beaucoup de Croix de fer à titre posthume seront remises. Le 1er septembre 1944, le bataillon embarque à la gare de Tarnów.

Ce sont les restes du 1er bataillon et les effectifs du 2e qui, joints à d'autres forces militaires ou paramilitaires françaises (le régiment de la LVF, une partie de la Milice Française, les engagés de la Kriegsmarine et des Schutzkommandos de l'Organisation Todt), constitueront la brigade puis division « Charlemagne » à partir du 1er septembre 1944.

Organigramme du 1er bataillon de la 8. Französische-SS-Freiwilligen-Sturmbrigade en Galicie, août 1944[modifier | modifier le code]

  • Commandeur : SS-Frw. Hstuf. Pierre CANCE
  • Officier d'ordonnance : SS-Frw. Ustuf. Dominique SCAPULA
  • Officier de liaison allemand : SS-Ustuf. Hans-Ulrich REICHE, SS-Ustuf. Hans-Paul BINDER (Volksdeutscher de Roumanie)
  • Officier médical : SS-Frw. Ostuf. Pierre BONNEFOY
  • PK : SS-Frw. Ustuf. Jean-Louis Le MARQUER

Compagnie d'état-major[modifier | modifier le code]

  • Chef de compagnie : SS-Frw. Ostuf. Jean CROISILE, SS-Frw.Oscha. Paul PRUVOST
  • Estafettes : SS-Frw. Oscha. Emilien BOYER
  • Trésorier : SS-Ostuf. Kurt DANKE
  • Colonne de transports : SS-Frw. Ostuf. Henri MAUDHUIT, SS-Ustuf. Gustav-Adolf NEUBAUER
  • Peloton des transmissions : SS-Frw. Oscha. Wladislas CZULOWSKI
  • Peloton des pionniers : SS-Frw. Oscha. Isidore LOPEZ

1re compagnie[modifier | modifier le code]

  • Chef de compagnie : SS-Frw. Ostuf. Noël De TISSOT, SS-Frw. Ostuf. Henri MAUDHUIT (à partir du 22.08.1944)
  • Officier médical : SS-Frw. Uscha. Henri JONQUIERE
  • 1er peloton : SS-Frw. Ustuf. Paul PIGNARD-BERTHET, SS-Frw. Uscha. RUAULT (à partir du 10.08.1944), SS-Frw. Ostuf. Ivan BARTOLOMEI (du 17 au 19 août 1944)
  • 2e peloton : SS-Frw. StdObJu. Pierre HUG
  • 3e peloton : SS-Frw. Oscha. Paul MULIER, SS-Frw. Uscha. Maurice CARRE (à partir du 10.08.1944), SS-Frw.Ustuf. Ivan BARTOLOMEI (du 17 au 19 août 1944), SS-Frw.Uscha. Maurice CARRE (à partir du 19.08.1944)
  • 4e peloton : SS-Oscha. KASTNER1

2e compagnie[modifier | modifier le code]

  • Chef de compagnie : SS-Frw. Ustuf. Léon GAULTIER, SS-Frw. Ostuf. Ivan BARTOLOMEI (du 10 au 14 août 1944), SS-Frw. Ostuf. Paul PLEYBER (du 14 au 16 août 1944), SS-Frw. Ustuf. Robert LAMBERT (à partir du 16 au 22 août 1944), SS-Frw. Ostuf. Ivan BARTOLOMEI (à partir du 22 août 1944)
  • 1er peloton : SS-Frw. Uscha. Jacques LEFEVRE
  • 2e peloton : SS-Frw. StdObJu. Joseph PEYRON, SS-Frw. Uscha. André BAYLE (à partir du 15.08.1944)
  • 3e peloton : SS-Frw. Oscha. Edmond CHARLES
  • 4e peloton : SS-Frw. Ostuf. Ivan BARTOLOMEI (avant le 10.08.1944)

3e compagnie[modifier | modifier le code]

  • Chef de compagnie : SS-Frw. Ostuf. Henri FENET, SS-Frw. StdObJu. Abel CHAPY (à partir du 22.08.1944), SS-Frw.Uscha. Jacques LEFEVRE
  • 1er peloton : SS-Frw. Ustuf. Robert LAMBERT (avant le 16.08.1944), SS-Frw. Uscha. Max QUIQUEMPOIX (à partir du 16.08.1944)
  • 2e peloton : SS-Frw.Ustuf. Robert LAMBERT2
  • 3e peloton : SS-Frw. Uscha. Paul DELSART
  • 4e peloton : SS-Frw.StdObJu. Charles LASCHETT3

5e compagnie (armes lourdes)[modifier | modifier le code]

  • Chef de compagnie : SS-Frw.Ostuf. Paul PLEYBER
  • Peloton PAK (antichar) : SS-Frw. StdObJu. Henri KREIS
  • Panzervernichtungstruppe : SS-Frw. StdObJu. Abel CHAPY
  • adjoint : SS-Oscha. GROSSMAN (tué le 14.08.1944) puis SS-Frw.Uscha. François ANGER

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généralistes[modifier | modifier le code]

  • Robert Forbes, For Europe, French volunteers of the Waffen-SS, Helion & Company - 2005
  • Axe & Alliés Hors série Numéro 1
  • Henri Mounine, Cernay 40-45, Éditions du Polygone, 1999

Témoignages personnels[modifier | modifier le code]

  • Léon Gaultier, Siegfried et le Berrichon : le parcours d'un "collabo", Perrin, 1991
  • Saint-Loup, Les hérétiques, Presses de la Cité, 1967

Récit historique romancé[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

La division Charlemagne, des Français dans la SS. Axe et alliés hors série numéro 1. De Boris Laurent et Éric Lefèvre

  1. 18. SS-Freiwilligen-Panzer-Grenadier Division Horst Wessel; "Sanok, 8.44, with attached elements I. SS-Sturmbrigade Frenkreich" [in:] Martin Windrow, Jeffrey Burn. The Waffen-SS. 1992. s. 18.; "Le lendemain de l'échec de la contre-attaque allemande de Mortain, le 1er bataillon de la Sturmbrigade Frankreich monte en ligne dans le secteur de Sanok" [in:] Jean Mabire. La Division Charlemagne. 1998. s.16; Robert Forbes. For Europe: the French volunteers of the Waffen-SS. 2006. s. 81. [1]