Stratégie du collier de perles

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La stratégie dite du collier de perles[1] est une stratégie mise au point par la République populaire de Chine dans le but de garantir la sécurité de ses voies d'approvisionnement maritimes jusqu'au Moyen-Orient, ainsi que sa liberté d'action commerciale et militaire. Elle consiste dans le rachat ou la location pour une durée limitée d'installations portuaires et aériennes échelonnées jusqu'à Port Soudan. Elle a aussi pour but d'encercler l'Inde par des ports au Sri Lanka, au Pakistan, en Birmanie et au Bangladesh. Le terme a été utilisé pour la première fois au début de 2005 dans un rapport interne du département d'Etat américain titré « Energy Futures in Asia[2]. »

Carte du collier de perles.

Mise en place[modifier | modifier le code]

Taïwan[modifier | modifier le code]

Cette stratégie s'inscrit dans une offensive générale chinoise pour étendre son contrôle sur la mer de Chine méridionale[3] (ou du sud) et la mer de Chine orientale (dont les champs gaziers de Chunxiao disputés au Japon[4]) ; ces actions visent à augmenter la marge de manœuvre chinoise dans une partie du monde où le commerce est intense et où la Chine doit partager avec ses voisins (le Japon, la Corée du Sud et les dragons asiatiques). 80 % des importations énergétiques chinoises transitent par la mer de Chine méridionale. La Chine lance ainsi une grande offensive notamment dans les revendications territoriales telles que les archipels des Spratleys et des Paracels, tous deux revendiqués par la Chine et par le Viêt Nam. Le Viêt Nam se rapproche des États-Unis, son ennemi d'hier, pour contrer la menace chinoise d'aujourd'hui.

Cambodge[modifier | modifier le code]

Thaïlande[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Canal thaï.

Birmanie[modifier | modifier le code]

Une coentreprise a été fondée en 2009 entre la Chine et la Birmanie pour la construction (confiée au géant chinois des hydrocarbures CNPC) d'un gazoduc et d'un oléoduc entre le golfe du Bengale et Kunming, capitale de la province chinoise du Yunnan, en passant par Mandalay et Muse[5]. Ce projet permettra de sécuriser ses approvisionnements en pétrole et en gaz naturel en évitant le détroit de Malacca infesté de pirates.

Bangladesh[modifier | modifier le code]

Inde[modifier | modifier le code]

La Chine cherche à isoler l'Inde[6] (sa grande rivale économique) sur le plan régional en nouant des alliances avec les pays voisins tels que le Pakistan, le Bangladesh, la Birmanie ou le Sri Lanka. Les tensions entre les deux pays restent fortes après la guerre sino-indienne de 1962 dans l'Himalaya (gagnée par la Chine) : les deux pays n'ont pas encore trouvé d'accord sur certaines questions territoriales.

La Chine est présente dans les ports de Gwadar au Pakistan, de Hambantota au Sri Lanka, de Chittagong au Bangladesh, de Kyauk Phyu en Birmanie (État d'Arakan), etc. L'Inde est ainsi encerclée par le collier de perle chinois.

La Chine milite aussi contre une quelconque réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, qui ferait entrer l'Inde dans le club très fermé des cinq grands gagnants de la Seconde Guerre mondiale.

Pakistan[modifier | modifier le code]

La coopération sino-pakistanaise prend racine dans la coopération nucléaire des deux pays ainsi que dans leur hostilité mutuelle pour l'inde.

Rachat de ports dans le monde[modifier | modifier le code]

Le pays s'ouvre également sur le Pacifique nord via le port de Rasŏn, en Corée du Nord, et manifeste un intérêt pour l'Islande où le ministre des affaires étrangères chinois, a expliqué en visite officielle, que la République populaire de Chine construirait volontiers un port permettant un aiguillage des navires chinois vers l'Europe, lorsque le réchauffement climatique et la fonte des glaces permettront la navigation par l'océan Arctique, ce qui réduirait le trajet entre les ports de Shanghai et de Hambourg de 6 400 km, les mois d'été. La Chine déploie aussi ses forces dans le golfe d'Aden et dans les alentours, pour escorter ses navires à travers cette zone infestée de pirates.

Références[modifier | modifier le code]

  1. "le monde" bilan géostratégique 2011
  2. (en)China builds up strategic sea lanes, The Washington Times, 17 janvier 2005.
  3. "le monde" bilan géostratégique 2011 p28 Harold Thibault
  4. "le monde" bilan géostratégique 2011 p31 Philippe Pons
  5. (en) Eric Watkins, « Myanmar awards China pipeline rights », Oil&Gas Journal,‎ 2008-11-20 (consulté le 15 décembre 2012)
  6. « le monde » bilan géostratégique 2011 p38-39 Fréderic Bobin

Voir aussi[modifier | modifier le code]