Stigmate (Erving Goffman)
Selon Erving Goffman, un individu stigmatisé " se définit comme n’étant en rien différent d’un quelconque être humain, alors même qu’il se conçoit (et que les autres le définissent) comme quelqu’un à part."
Cet attribut constitue un écart par rapport aux attentes normatives des autres à propos de son identité (La sociologie de Erving Goffman, p.26).
Chaque individu est plus ou moins stigmatisé en fonction des circonstances, mais certains le sont plus que d'autres : tous peuvent être placés sur un continuum. Goffman distingue les dévalorisations corporelles, morales ou "tribales". Les exemples de stigmates sont d'une grande diversité : parmi eux, le passé des individus, les handicaps, les tares de caractère, l'orientation homosexuelle, l'appartenance à un groupe donné, etc. L'acteur va donc tout mettre en œuvre pour cacher ce stigmate ou en tout cas éviter qu'il provoque un malaise chez son public. Goffman nomme contacts mixtes les interactions à risque entre "normaux" et stigmatisés. La stigmatisation n'existe finalement pas; le stigmate ne trouve son existence que dans la valeur qu'on lui donne. Il semble malgré tout être une notion nécessaire à l'évolution de la société, car chaque individu a besoin de s'identifier comme "normal" en se comparant à ce qu'il interprète comme différent.
[modifier] Bibliographie
- Erving Goffman, Stigmate. Les usages sociaux des handicaps (1963), traduit de l'anglais par Alain Kihm, coll. Le Sens commun, Éditions de Minuit, Paris, 1975, (ISBN 2707300799)