Stephanus Jacobus du Toit

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Stephanus Jacobus du Toit

Stephanus Jacobus du Toit (né le 9 octobre 1847 à Dal Josaphat, colonie du Cap et décédé le 28 mai 1911 à Stellenbosch) était un écrivain, un historien, un linguiste et un intellectuel sud-africain. Il fut aussi ministre de l'éducation dans la République sud-africaine du Transvaal. Il est connu principalement pour son combat visant à légitimer l'emploi de l'Afrikaans dans la colonie du Cap à la fin du XIXe siècle.

En 1877, SJ du Toit est l'auteur du premier livre d'histoire des Afrikaners, écrit qui plus est en afrikaans, Die Geskiedenis van ons Land in die Taal van ons Volk (L'histoire de notre pays dans la langue de son peuple) qui s'apparente à un manifeste politique des Afrikaners emprunt de mysticisme. Il relate la lutte d'un petit peuple élu pour rester fidèle au dessein de Dieu, de la révolte de 1795 aux exécutions de Slagter's Neck en 1815, du Grand Trek de 1836 identifié à l'exode d'Égypte au meurtre de Piet Retief et au triomphe de Blood River[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

S. J. du Toit est né dans la colonie du Cap et a fait ses études à Stellenbosch.

En 1875, SJ du Toit fait partie du groupe d'enseignants et de pasteurs de l'église réformée hollandaise qui forment à Paarl dans la colonie du Cap un mouvement de revendication culturel, "Die Genootskap van Regte Afrikaners" (l'« Association des vrais Afrikaners ») dont l'objectif était de défendre et d'imposer l'afrikaans au côté de l'anglais comme langue officielle de la colonie. Il s'agit pour eux de donner à la langue parlée par les paysans afrikaners ses lettres de noblesse et d'en faire un véritable outil de communication écrite[2].

En 1876, c'est à cette fin que le mouvement dirigé par Du Toit lance une revue en afrikaans, "Die Afrikaanse Patriot" dont S.J. du Toit devient le rédacteur en chef et dont la devise est "écrivez comme vous parlez". En publiant la prose des lecteurs du journal, Du Toit veut éveiller la conscience nationale des Afrikaners et les libérer de leur complexe d'infériorité culturelle face aux Anglais. Dès lors, la défense de la langue se confond avec celle de l'identité afrikaans[3].

En 1877, il condamne l'annexion du Transvaal par les Britanniques et en 1880 soutient la résistance armée des Boers.

À la même époque, il publie de nombreux livres en afrikaans et suggère que la destinée de l'Afrique du Sud est d'être dirigée par les Afrikaners.

En 1880, l'association des vrais Afrikaners fusionnent avec les associations de fermiers afrikaans pour fonder un parti politique l'Afrikaner Bond, le front afrikaner.

De 1882 à 1888, il est superintendant de l'éducation (ministre) au Transvaal. Mais en désaccord avec Paul Kruger, le président du Transvaal, il finit par se rapprocher des convictions fédéralistes de Cecil Rhodes et à la veille de la Seconde Guerre des Boers, soutient les ambitions Britanniques.

Jusqu'à sa mort il reste néanmoins un militant de la cause afrikaans et un membre de l'Afrikaner Bond.

Famille[modifier | modifier le code]

Son fils, Jakob Daniël du Toit (1877-1953), connu sous son surnom de Totius fut l'un des plus grands intellectuels et écrivain de langue afrikaans. Il fut le premier à traduire la bible en afrikaans (jusque là lue en néerlandais dans les foyers afrikaners).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Paul Coquerel, L'Afrique du Sud des Afrikaners, 1992, éditions complexe, p 81-82
  2. F.X. Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, p 296-297, 2006, Seuil
  3. Paul Coquerel, L'Afrique du Sud des Afrikaners, 1992, éditions complexe, p 72

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Coquerel, L'Afrique du Sud des Afrikaners, 1992, éditions complexe