Stendhal
Stendhal
Marie-Henri Beyle
| Nom de naissance | Marie-Henri Beyle |
|---|---|
| Autres noms | Stendhal |
| Activités | Romancier |
| Naissance | 23 janvier 1783 Grenoble |
| Décès | 23 mars 1842 (à 59 ans) Paris |
| Langue d'écriture | Français |
| Mouvement | Réalisme, Romantisme. |
Marie-Henri Beyle connu sous le pseudonyme littéraire de Stendhal, né le 23 janvier 1783 à Grenoble et mort le 23 mars 1842 à Paris, est un écrivain français.
Engagé dans l'armée en 1800, il occupa surtout des fonctions d'administration militaires comme durant la campagne de Russie en 1812. Amateur d'arts et passionné d'Italie où il effectua de nombreux séjours, il commence par écrire des essais esthétiques Histoire de la peinture en Italie (1817), Rome Naples et Florence (1817), Racine et Shakespeare (1823), Vie de Rossini (1823), et psychologique, De l’amour (1822), avant de se consacrer au roman.
Ses romans de formation Le Rouge et le Noir (1830), La Chartreuse de Parme (1839) et Lucien Leuwen (inachevé) ont fait de lui, aux côtés de Balzac, Hugo, Flaubert ou Zola, un des grands représentants du roman français au XIXe siècle. Dans ses romans, caractérisés par un style économe et resserré, Stendhal cherche « la vérité, l'âpre vérité » dans le domaine psychologique, et campe essentiellement des jeunes gens aux aspirations romantiques de vitalité, de force du sentiment et de rêve de gloire.
Sommaire |
[modifier] Biographie
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[modifier] Jeunesse : 1783-1799
« Tout mon malheur peut se résumer en deux mots : jamais on ne m'a permis de parler à un enfant de mon âge. Et mes parents (…) m'honoraient d'une attention continue. Pour ces deux causes, à cette époque de la vie si gaie pour les autres enfants, j'étais méchant, sombre, déraisonnable… [1]. » C’est ainsi que Stendhal résumera son enfance dans Vie de Henry Brulard.
Henri Beyle naît le 23 janvier 1783 rue des Vieux Jésuites[N 1] à Grenoble, de Cherubin Beyle et Henriette Gagnon. Il avouera dans son autobiographie, Vie de Henry Brulard : « (À six ans) j'étais amoureux de ma mère. (…) Je voulais couvrir ma mère de baisers et qu'il n'y eût pas de vêtements. Elle m'aimait à la passion et m'embrassait souvent, je lui rendais ses baisers avec un tel feu qu'elle était souvent obligée de s'en aller. J'abhorrais mon père quand il venait interrompre nos baisers [2]. » Elle meurt en couche le 23 novembre 1790, alors qu'il a sept ans. « Là commence ma vie morale [3] », dira Henri. Fou de chagrin, il ne peut pleurer. Sa tante Séraphie lui reproche son insensibilité. On lui explique qu'il s'agit de la volonté divine[N 2]. Il en deviendra athée.
Ayant peu d’estime pour son père, avocat au Parlement de Grenoble, homme taciturne, pieux, hypocrite, bourgeois qui ne pensait qu’à ses affaires financières, le précepteur qu'on lui donne, l'abbé Raillane, va empirer leurs rapports : « Je haïssais l'abbé, je haïssais mon père, source des pouvoirs de l'abbé, je haïssais encore plus la religion au nom de laquelle ils me tyrannisaient[4]. » Entre son père, sa tante Séraphie, « ce diable femelle[5] » et l'abbé Raillane, « ennemi juré de la logique et de tout raisonnement droit[6] », qui l'empêche d'aller se baigner avec les autres enfants par peur de la noyade, le jeune Henri passe une enfance malheureuse atténuée par la présence bienveillante de son grand-père maternel, Henri Gagnon, médecin célèbre de Grenoble, homme des Lumières, « extrêmement aimable et amusant[7] », qui l'initie à la littérature : Molière, Fénelon, Voltaire, Horace, Ovide, Dante, Le Tasse, Cervantès… Sa maison place Grenette, avec sa terrasse ensoleillée, devient l'antithèse de celle de son père, « étroite, sombre, humide[8] » et, de manière générale, Henri voit dans les valeurs des deux branches de sa famille deux mondes que tout oppose : « Le côté Beyle, c'est le pouvoir, l'avarice, l'insensibilité, l'ombre, le froid, la tristesse, le pédantisme, la vanité, […] l'affection des parents et les « dangers de la liberté ». Contre eux (les Gagnons), la culture, la gaieté, la lumière, le plaisir, la beauté, la tendresse, la générosité et la fierté, la folie des chimères, rattachés à cette « Italie » dont l'enfant se persuade qu'elle est la patrie des Gagnons […][9]. »
Le 7 juin 1788, le jeune Henri assiste à la Journée des Tuiles depuis le balcon de son grand-père, qui annonce les journées révolutionnaires de 1789. Par aversion pour la tyrannie familiale et la religion, Henri se sent « républicain enragé [10]. » Sa famille est horrifiée de l’execution de Louis XVI, lui, exulte. A l'arrivée des représentants du peuple, son père, considéré comme suspect, est incarcéré durant presque un an. Au printemps 1794, un "Bataillon de l'Espérance" est crée par les Jacobins de Grenoble. Il veut les rejoindre, écrit une fausse lettre officielle, est découvert et grondé. En aout 1794, il est délivré de l'abbé Raillane qui, ayant refusé de prêter serment, doit s'enfuir, puis, en 1797, c'est sa tante Séraphie qui meurt. Il se sent enfin libre.
Le 21 novembre 1796, à treize ans, il entre à l'Ecole Centrale de Grenoble, école crée par la Révolution pour remplacer les collèges religieux. Il s'y fait, enfin, des camarades de son âge et se passionne pour les mathématiques, science logique par excellence. A l'automne 1798, il fait un coup d'éclat avec ses camarades : ils tirent au pistolet sur l'arbre de la Fraternité. L’adolescence est l’âge des premiers émois où la découverte de l’amour se mêle à celui de la musique : il s'éprend d'une comédienne, Virginie Kubly, membre d'une troupe itinérante, qui joue dans des pièces ou des opéras. Amoureux fou, il essaye divers instruments et le chant, sans succès.
C'est grâce à un prix en mathématique qu'il peut fuir Grenoble en octobre 1799, a seize ans, pour tenter d’entrer à l'Ecole Polytechnique à Paris.
[modifier] A Paris : 1799-1800
Henri arrive à Paris au lendemain du coup d’état du 18 brumaire an VII (9 novembre 1799), et il est plutôt « enchanté que le jeune général Bonaparte se fit roi de France[11]. » Il loge près de l’Ecole Polytechnique, alors installé rue de l’Université, puisqu’il doit en passer le concours. Mais son vrai projet intime, est « d’être un séducteur de femme[12] » et d’écrire des comédies. Très gauche, il se présente à son cousin Noël Daru, et à ses fils Pierre, secrétaire général au Ministère de la Guerre, et Martial, qui « n’avait ni tête ni esprit, mais un bon coeur[13]. »
Dans la solitude de sa petite chambre près des Invalides, il déchante abruptement. Il n’a nulle envie d’entrer à l’Ecole Polytechnique et Paris le dégoute, au point de s’en rendre malade : « La boue de Paris, l’absence de montagnes, la vue de tant de gens occupés passant rapidement dans de belles voitures à côté de moi connu de personne et n’ayant rien à faire me donnaient un chagrin profond[14]. » Sa maladie s'aggrave, il est alité, fiévreux, délirant, perd ses cheveux… son cousin Noël Daru lui envoie un bon médecin puis le fait venir auprès de lui, dans son hôtel particulier de la rue de Lille. Lorsque Henri a repris des forces il essaye d'écrire des comédies, mais doute, hésite avec l'Opéra alors qu'il ne connaît pas les notes, n'arrive à rien [N 3]… Les repas chez les Daru le mettent au supplice, par manque d'habitude des convenances, par timidité, il n'ouvre pas la bouche, et se déçoit lui même : « Qu'on juge de l'étendu de mon malheur ! moi qui me croyais à la fois un Saint-Preux et un Valmont […], moi qui, me croyant une disposition infinie à aimer et être aimé, croyais que l'occasion seule me manquait, je me trouvais inférieur et gauche en tout dans une société que je jugeais triste et maussade, qu'aurait-ce été dans un salon aimable ![15] ». Il multiplie les maladresses, les Daru se demandent s’il est imbécile ou fou [16]. Durant toute cette période il écrit abondamment à sa jeune soeur Pauline, sa confidente et son élève. Il essaye de former son esprit, lui conseille de lire, d’apprendre l’Histoire, l’arithmétique, l’orthographe, plutôt que de faire des travaux d’aiguilles ou de fréquenter les religieuses[17].
Il ne sait que répondre à Noël Daru qui le presse de faire quelque chose, au moins se préparer à passer le concours de Polytechnique de la saison suivante, pour finir par lui imposer, en février, d’aller travailler sous les ordres de son fils Pierre au Ministère de la Guerre qui est en train de préparer Marengo. Il se rêvait Don Juan ou auteur de comédie à succès, il se découvre secrétaire. Les débuts se passent mal : son écriture est illisible, il fait des fautes (il écrit cella au lieu de cela), met trop de « en effet » dans ses lettres, est terrorisé par son cousin, qu’il surnomme le boeuf furibond : « Tout le monde à la Guerre frémissait en abordant le bureau de M. Daru ; pour moi, j'avais peur rien qu'en regardant la porte[18]. ».
Ses souffrances prennent fin le 7 mai 1800. Il doit rejoindre la grande Armée avec Pierre et Martial Daru en Italie.
[modifier] L’éblouissement Milanais : 1800-1802
« J’étais absolument ivre, fou de bonheur et de joie. Ici commence une époque d’enthousiasme et de bonheur parfait[19]. » : c’est le sentiment général de la traversée de la Suisse et de l’arrivée en Italie dont se souvient Henri lorsqu'il racontera cet épisode en 1836. Il porte un sabre dont il ne sait pas se servir, monte pour la première fois à cheval, manquant de peu de finir dans un lac, traverse le Grand-Saint-Bernard en longeant des précipices, essuie des tirs au fort de Bard… mais tout l’émerveille. Lui qui a été si protégé durant son enfance [N 4], est fasciné par la nouveauté du danger et de la situation, par la beauté des paysages : « Je ne demandais qu’à voir de grandes choses[20]. » « Gai et actif comme un jeune poulain[21] », il est heureusement accompagné dans son périple par le capitaine Burelviller qui lui donne des cours d’équitation et le protège des dangers du voyage.
Arrivé à Ivrée, il se rend au spectacle où Il Matrimonio Segreto de Cimarosa l’ébloui d’un « bonheur divin ». A partir de ce moment, « Vivre en Italie et entendre de cette musique devint la base de tous [ses] raisonnements[22]. »
Il arrive à Milan vers le 10 juin. Immédiatement cette ville devient pour lui « le plus beau lieu de la terre[23]. » A peine arrivé, il croise Martial Daru qui le croyait perdu. Il le conduit à son logement, Casa d’Adda, dont l’architecture, la cour, le salon, les côtelettes panées qu’on lui sert, tout… l’émerveille. Ne pouvant « peindre le bonheur fou[24] », Stendhal arrêtera là sa Vie de Henry Brulard. C’est par son Journal, commencé en avril 1801, que l’on connaît son éblouissement pour la ville : la beauté des monuments, des femmes, les cafés, l’opéra surtout, La Scala, au décor fastueux, salon de la ville, où se retrouve toute la bonne société Milanaise, chaleureuse, acceuillante, tellement éloignée de la froideur et de la vanité Parisienne. Le commissaire des guerres pour lequel il travaille, Louis Joinville, lui présente sa maîtresse, Angela Pietragrua, femme magnifique dont il tombe éperdument, et silencieusement, amoureux.
La bataille de Marengo, est livrée le 14 juin 1800. Suite à la victoire Henri doit accompagner Pierre Daru à la citadelle d’Arona, sur le Lac Majeur. Il en profite pour visiter les îles Borromées. A son retour à Milan, il fréquente à nouveau les bals et les soirées. Tous ces amis se sont trouvés des maîtresses Italiennes, mais lui, par timidité, par excès de romanesque, doit se contenter de perdre son pucelage avec des prostituées [N 5].
Le 23 septembre 1800 il est nommé sous-lieutenant au sein du 6e régiment de dragons. Il est envoyé en garnison près de Brescia en décembre, où il s’ennuie. Il revient à Milan dès qu'il le peut. Au printemps 1801, il tombe malade, probablement la syphilis contractée auprès des prostituées. Il restera fiévreux, avec des périodes de remissions. En décembre 1801, on lui accorde un congé de convalescence. Il revient à Paris début 1802.
[modifier] Paris et Marseille : 1802-1806
Après un passage par Grenoble où il a passé trois mois, il retrouve Paris sous un meilleur jour, puisqu’il continue de recevoir sa solde de sous-lieutenant. Il sort, fréquente les théâtres, les salons, essaye d’écrire des comédies, sans succès, prend des cours de danse, d'anglais, de grec, lit beaucoup : Hobbes, Destutt de Tracy, Vauvenargues, Hume, Goldoni, Alfieri… Dans ses lettres, il fait partager ce qu'il apprend à sa soeur Pauline, lui fait part de ses pensées. Il écrit aussi au frère de Victorine Mounier, dont il est tombé amoureux à Grenoble, en espérant qu'il les fera lire à sa soeur… stratégie fort peu concluante, qui ne l’empêche pas de s’enflammer pour sa cousine Adèle Rebuffel… pour finir par coucher avec sa mère, Madeleine.
Le 20 juillet 1802, il démissionne de son poste dans l'armée. Son père lui envoie 200 francs par mois, pas assez pour Henry qui dépense pour ses cours, ses livres, son habillement… car, ne se trouvant pas beau, il tient à son élégance.
Le 2 décembre 1804, le Premier Consul se fait couronner Empereur. Réaction méprisante de Henri : « La religion venant sacrer la tyrannie, et tout cela au nom du bonheur des hommes[25]. » Il prend des cours de déclamation chez Dugazon, afin de bien lire les vers, où il rencontre Mélanie Guilbert, dite Louason, jeune comédienne. D’abord intimidé, il s’exhorte lui même à la conquérir, s’invente des stratagèmes, tous infructueux, pour finir par réussir le 29 juillet 1805, lorsqu'il la rejoint à Marseille où elle a obtenu un rôle au Grand Théâtre. A Marseille, il tente de se faire banquier, avec son ami Fortuné Mante, mais, son père ayant refusé de lui prêter les fonds nécessaires, c’est un échec. Sa vie de couple avec Mélanie finit par le lasser, il la trouve bête, tyrannique et geignarde[26], mais c’est elle qui part en mars 1806. Ennuyé par Marseille, désoeuvré, ruiné, il rentre à Paris le 10 juillet. Il renoue ses relations avec la famille Daru, leur demande un poste, qu'il obtient. Le 16 octobre 1806 il suit Martial Daru en Allemagne.
[modifier] Au service de l'Empereur : 1806-1814
Le 18 octobre 1806, Henri écrit à sa sœur Pauline : « Nous allons à Cobourg, mais l’empereur est sans doute bien en avant. Nous allons d'ici à Mayence, de Mayence à Wurtzbourg, de Wurtzbourg à Bamberg, de là, à Cobourg et de là, à la gloire.[27] » Le 27 octobre, Napoléon entre à Berlin, où Henri arrive peu après. Le 29, Henri est nommé adjoint aux commissaires des guerres et envoyé à Brunswick, où il arrive le 13 novembre. Accaparé par son emploi, il trouve tout de même le temps de prendre des cours d’équitation, de tirer au pistolet, d’aller au théâtre, au café concert, a des bals… et de tomber amoureux de Wilhelmine von Griesheim, la fille de l’ancien gouverneur de la ville, tout en couchant avec d’autres femmes. Il croit être heureux[28]. Il n’aime pourtant ni la nourriture allemande composée de pain noir, de choucroute et de bière (« Ce régime rendrait flegmatique l’homme le plus emporté. A moi, il m’ôte toute idée[29]. »), ni leurs édredons, ni leur culture (il ignore Novalis, Hölderlin, Hegel…). Par contre, il s’enthousiasme pour Mozart. Pauline, après avoir suivi les injonctions à la liberté prodiguées par son frère un peu trop à la lettre (elle se promène à Grenoble en habit d'homme), rentre dans le rang et se marie à François Daniel Perrier-Lagrange le 25 mai 1808.
Le 11 novembre, il reçoit l’ordre de regagner Paris. Un médecin lui confirme sa syphilis. Il doit suivre un traitement rigoureux.
Le 10 avril 1809, l'armée Autrichienne passe à l'offensive, Henri doit retourner en Allemagne. Il est affligé du spectacle de la guerre a Ebersberg, ville et corps brûlés. Napoléon entre dans Vienne le 12 mai. Henri passe sous les ordres de Martial Daru, intendant de la province de Vienne. D'abord enchanté par le climat et la musique, son emploi finit par l'ennuyer à mourir. En octobre, il pense plaire à Alexandrine Daru, l’épouse de Pierre, sans parvenir à la courtiser, il ne sait comment prendre « ce ton galant qui permet de tout hasarder, parce que rien n’a l’air d’être dit sérieusement[30]. » Comme à son habitude, il prend une maîtresse plus accessible. Le 2 janvier 1810 il demande à être envoyé en Espagne . Sans attendre la réponse, il part pour Paris. Là il retrouve Alexandrine Daru, dont il tente d’interpreter le moindre geste comme une preuve d’attirance. Martial le propose comme auditeur au Conseil d'État, son père lui fournissant le revenu necessaire à la fonction. Profitant d’un moment d'inactivité, Henri lit, fréquente les cafés et les salons où il éprouve « la plus grande quantité d’ennui pur[31]. »
Il est nommé auditeur au Conseil d'État le 3 août 1810. Il a 27 ans.
En 1812, il décide d’écrire une Histoire de la peinture en Italie. En août, il doit rejoindre la Grande Armée à Moscou où il sera témoin de l'incendie qui ravage la ville après l’arrivée de la Grande Armée le 14 septembre. En novembre, lors de la retraite de Russie, il perd le manuscrit de l'Histoire de la Peinture en Italie.
La Campagne de France d'avril 1814 provoque la chute de l'Empire et met fin à sa carrière : démobilisé, il part pour l'Italie et s'installe à Milan où il retrouve sa maîtresse Angela Pietragrua. Milan qui l'avait séduit dès 1800 devient sa ville d'élection au point qu'il réclame comme seule épitaphe « Arrigo Beyle, Milanese ».
L'année suivante, il fait graver sur ses cartes de visite :
« Waterloo, c’est trop dommage. Six mois de plus et j’aurais été nommé au Mans préfet de la Sarthe ».
[modifier] Milan et Métilde : 1814-1821
En 1814 il travaille à Vies de Haydn, Mozart et Métastase, ainsi que Histoire de la peinture en Italie, puis à Rome, Naples et Florence publiée en 1817 sous le pseudonyme de Stendhal. A la Scala, il est présenté, en octobre 1816, à Lord Byron, en route pour Venise, pour lequel il éprouve une grande admiration. Il lui trouve un « profil d’ange «[32]. Il lui raconte des anecdotes fantaisistes sur Napoléon et lui fait visiter la Pinacothèque Ambrosienne[33] En novembre 1817, sa sœur Pauline le rejoint à Milan. Il entreprend une Vie de Napoléon à partir de février 1818 pour répondre aux ouvrages de Madame de Staël.
En mars 1818, son ami Giuseppe Vismara, lui présente Matilde Dembowski. Son admiration pour celle qu'il appelle Métilde le paralyse de timidité et de maladresse : « Je n'ai jamais eu le talent de séduire qu'envers les femmes que je n'aimais pas du tout. Dès que j'aime, je deviens timide et vous pouvez en juger par le décontenancement dont je suis auprès de vous »[34]. Dans un premier temps Matilde se montre touchée par cette adoration silencieuse. Mais subitement, elle se refroidit, probablement parce que sa cousine, Francesca Traversi, aurait dépeint Stendhal comme un séducteur[35].
Au printemps 1819 Stendhal ruine tous ses espoirs en suivant, sous un déguisement, Matilde qui était allée voir ses fils à Volterra. Elle ne le lui pardonnera pas, malgré ses nombreuses lettres d'excuses et n'acceptera de le revoir que sous certaines conditions très strictes.
Le 10 août, ayant appris le décès de son père, il part pour Grenoble, puis rejoint Paris jusqu'en octobre. Fin décembre, de retour à Milan, il commence De l'amour, pour exprimer tout ce que lui fait éprouver Matilde, véritable essai de psychologie, dans lequel il expose sa théorie de la « cristallisation ». En 1821 éclate une révolution dans le Piémont contre l'occupant autrichien. Parce qu'il est accusé de sympathie pour le carbonarisme il est expulsé de Milan par l'administration autrichienne. Il se voit obligé de quitter Matilde qu'il aime pour regagner Paris qu'il n'aime pas.
[modifier] L'essor littéraire : 1821-1830
Fin juin 1821, il est de retour à Paris, presque ruiné après le décès de son père, déprimé par ses adieux à Matilde : « Je quittais Milan pour Paris le … juin 1821, avec une somme de 3 500 Francs, je crois, regardant comme unique bonheur de me brûler la cervelle quand cette somme serait finie. Je quittais, après trois ans d’intimité, une femme que j’adorais, qui m’aimait et qui ne s’est jamais donnée à moi. »[36] Pour tenter de l’oublier, il fréquente assidument ses amis Adolphe de Mareste et Joseph Lingay. Il racontera dans Souvenirs d’égotisme son fiasco auprès d'une belle prostituée du nom d’Alexandrine, encore obnubilé par Matilde, puis sa guérison lors d’un séjour à Londres où il va « chercher un remède au Spleen[37] », auprès d’une douce et jeune anglaise.
A Paris, il passe ses soirées à l’opéra ou dans les salons de la gauche Libérale d’Antoine Destutt de Tracy, de La Fayette (Libéraux qu'il trouve « outrageusement niais[38] »), de royalistes comme Madame Ancelot, de savants comme le baron Cuvier, de peintres comme le baron Gérard, ainsi que le cénacle d’Etienne-Jean Delécluze . Il est admiré pour sa manière de raconter des histoires mais choque par ses sarcasmes, ses boutades, ses provocations politiques, ses idées jacobines…[39] Il fréquente beaucoup aussi celui de Giuditta Pasta, cantatrice Italienne avec qui on lui prête, à tort, une liaison ; il s’installe d’ailleurs dans le même immeuble, rue de Richelieu. En réalité, c’est pour y entendre les Carbonari en exil, y parler Italien et, parfois, de Matilde. Son ami Lingay lui présente le jeune Prosper Mérimée, avec qui il nouera une amitié ambivalente faite de complicité et de méfiance[40].
En 1822 il publie dans l’indifférence générale [N 6], De l'amour, après avoir récupéré le manuscrit égaré pendant plus d'un an. Il prend ardemment la défense du Romantisme avec Racine et Shakespeare, ainsi qu’une Vie de Rossini en 1823, ouvrages qui le font connaître. Il fait un second séjour à Londres, puis écrit des articles pour des journaux anglais.
Cette époque est aussi celle des amours tumultueuses : Clémentine Curial, la fille de son amie la comtesse Beugnot, qui l’avait déjà troublé en 1814, lorsqu'il l’avait vue pieds nus chez sa mère, attend longuement de lui une déclaration : « Ma mélancolie regardait avec plaisir les yeux si beaux de Mme Berthois [Clémentine Curial]. Dans ma stupidité, je n’allais pas plus loin[41]. » Il finit par lui avouer ses sentiments en mai 1824. Jusqu’en 1826 ils s’aiment, s’écrivent, se déchirent. Elle le cache trois jours dans la cave de son chateau en juillet 1824, le nourrissant, vidant son pot de chambre… C’est elle qui le guérit définitivement de Matilde : « alors seulement le souvenir de Métilde ne fut plus déchirant, et devint comme un fantôme tendre et profondément triste.[42]. »
En juin 1829, c’est Alberthe de Rubempré, femme très belle et très libre, cousine de Delacroix, qui devient sa maîtresse. Relation torride et de courte durée. Au retour d’un voyage en Espagne, en décembre 1829, il la retrouve dans les bras de son ami Mareste.
En février 1830, c’est une jeune fille Italienne, Giulia Rinieri qui lui déclare son amour « Je sais bien et depuis longtemps que tu es laid et vieux, mais je t’aime[43]. » C’est chez elle qu’il passera la nuit du 29 juillet 1830 d’où il pourra voir la Révolution.
Période très féconde intellectuellement, il publie son premier roman, Armance en 1827, mal compris et mal reçu, dont le thème, l’impuissance, lui est fourni par le roman de son amie Claire de Duras, Olivier, ou le secret. En 1829 c’est Promenades dans Rome. Tout en écrivant de nombreuses nouvelles (Vanina Vanini, Le coffre et le revenant, Le philtre), il commence à écrire son second roman Le Rouge et le Noir. Il en corrige les épreuves durant les journées de Juillet. Il paraît le 13 novembre 1830, alors qu'il est déjà parti en Italie.
[modifier] S.F.C.D.T. : 1831-1842
Alors que sa notoriété naissante et le courage des Parisiens lors de la Révolution de Juillet commençaient à lui faire aimer Paris [N 7], il doit quitter la France. Ses amis ont parlé de lui au comte Molé, ministre des affaires étrangère du nouveau Roi des Français, il est nommé consul à Trieste. Il part le 6 novembre 1830, le jour où il demande la main de Giulia Rinieri, à son oncle. Elle ne lui sera pas accordée. Metternich lui refuse l'exequatur, à cause de ses positions libérales et son mépris des Autrichiens qui transparaît dans Rome, Naples et Florence. En attendant qu'on lui trouve un autre poste, il se rend à Venise où il fréquente le salon de la Comtesse Albrizzi. Par son éloignement, il ignore la réception du Rouge et le Noir. Admiré par Sainte Beuve, il est honni par Victor Hugo : « chaque fois que je tente de déchiffrer une phrase de votre ouvrage de predilection [répondant à Rochefort, admirateur du Rouge], c’est comme si on m’arrachait une dent… Stendhal ne s’est jamais douté un seul instant de ce que c’était que d’écrire[44]. »
Il est finalement nommé en 1831 à Civitavecchia, seul port des Etats Pontificaux, « trou abominable » de sept mille cinq cent habitants, dont mille forçats[45]. Là il y est terrassé par l'ennui et la bêtise : aucuns salons, aucun ami, aucune jolie femme, aucune discussion intellectuelle. Il se donne du courage avec son mot d’ordre, « S.F.C.D.T. » (Se Foutre Carrément De Tout)[46] et en commençant plusieurs romans : Une Position sociale en septembre 1832, Lucien Leuwen en mai 1834 ; deux essais d’autobiographies, Souvenirs d’égotisme de juin à juillet 1832, la Vie de Henry Brulard en novembre 1835. Il n’en termine aucun. Il écrit pour lui seul puisqu’il a décidé, en février 1831 de ne rien publier tant qu'il serait fonctionnaire par crainte de déplaire à sa hiérarchie : « Je me fais plat, j’écris peu ou point… Tout mon but est d’être moral comme un sous-chef de bureau[47] ». Pour s'occuper, il participe aux fouilles archéologiques menées par son ami Donato Buci, se rend fréquemment à Rome, voyage à Florence, Naples… Il se rend fréquemment à Sienne rejoindre Giulia Rinieri. Leur liaison continue jusqu’en juin 1833, lorsqu’elle est obligée de se marier.
En mai 1836 il obtient un congé de trois ans en France, jusqu’en avril 1839, qui lui permet d'écrire ses Chroniques Italiennes, et La Chartreuse de Parme. De voyager, aussi, en France, en Suisse, aux Pays Bas, et d’en écrire les Mémoires d’un touriste. A Paris, il retrouve, une fois de plus, Giulia, qui à toujours pour lui beaucoup de tendresse.
En mars 1839, changement de gouvernement, Stendhal n’est plus sous la protection du Comte Molé, il doit retourner à son poste. Le 6 avril, paraît La Chartreuse de Parme, qui remporte un vif succès (1200 exemplaires vendus en dix-huit mois) puis l’Abbesse de Castro et trois autres chroniques en décembre de la même année. Entretemps, il avait commencé Lamiel, le Rose et le vert et repris une Vie de Napoléon. Revenu à Civitavecchia le 10 aout 1839, il est a nouveau malade d’ennui. Puis il est réellement malade lorsqu'il est frappé d’une syncope le 1er janvier 1840. Ce qui ne l’empêche pas de tomber amoureux d’une certaine Earline (peut-être la Comtesse Cini, une de ses admiratrice) en février, ni de revoir Giulia à Florence. Il lit en septembre 1840 un article de Balzac louant la Chartreuse de Parme. Une autre attaque d’apoplexie le frappe en mars 1841. Le 21 octobre, il retourne à Paris, en congé maladie. Se sentant mieux, il s’engage le 21 mars 1842 à fournir des nouvelles à la Revue des Deux-Mondes, juste avant d’être foudroyé par une nouvelle attaque, le lendemain, dans la rue. Il meurt le 23 mars à deux heures du matin. Sa dépouille est inhumée au cimetière de Montmartre à Paris.
[modifier] Pseudonymes
Avant de signer Stendhal[48], il a utilisé d'autres noms de plume, tels : Louis Alexandre Bombet[49], ou Anastase de Serpière[50]. Seule L'Histoire de la peinture (1817) fut publiée sous son vrai nom. À partir de Rome, Naples, Florence (septembre 1817), c'est sous le pseudonyme de « M. de Stendhal, officier de cavalerie » qu'il publia ses œuvres[51]. Ce nom de plume est inspiré d'une ville d'Allemagne « Stendal », lieu de naissance de l'historien d'art et archéologue renommé à l'époque Johann Joachim Winckelmann, mais surtout proche de l'endroit où Stendhal vécut en 1807-1808 un moment de grande passion avec Wilhelmine de Griesheim. Ayant ajouté un H pour germaniser encore le nom, il souhaitait que l'on prononce « Standhal »[52].
Il use aussi de très nombreux pseudonymes dans ses œuvres intimes et sa correspondance : Dominique, le plus intime, mais aussi Don Flegme, Giorgio Vasari, William Crocodile, Poverino… etc. L’un de ses correspondants, Prosper Mérimée, dira : « Jamais il n’écrivait une lettre sans signer d’un nom supposé »[53]. On dénombre plus d’une centaine de pseudonymes utilisés par Stendhal. « Tels de ces pseudonymes sont pour la parade, drôle, glorieuse ou tendre. Et d'autres sont des pseudonymes de fuite, pour se rendre invisible et se soustraire aux gêneurs[54]. » Manière de se cacher, de se méfier du langage en tant que convention sociale ou désir d’être un autre : « Je porterais un masque avec plaisir ; je changerais de nom avec délices. (…) mon souverain plaisir serait de me changer en un long Allemand blond, et de me promener ainsi dans Paris[55]. » Selon Jean Starobinski qui consacre un chapitre aux pseudonymes de Stendhal dans l’Oeil vivant, « le désir de paraître et le désir de disparaître font partie en lui d’un même complexe[56]. » Il précise : « (le pseudonyme) n'est pas seulement une rupture avec les origines familiales ou sociales : c'est une rupture avec les autres[57]. », et, plus loin : « (il) permet à Stendhal la pluralité des « moi », qui lui permet de se révolter contre une identité imposée du dehors. Et puisque le nom est situé symboliquement au confluent de l'existence pour soi et de l'existence pour autrui, le pseudonyme le rend à l'intime exclusivement, elle lui offre la possibilité de voir sans être vu, fantasme de Stendhal[58]. »
Il prend l’habitude aussi de changer les noms des personnes dont il parle dans ses lettres et journaux, afin, qu’en cas de publication, ils ne soient pas reconnus, ou par simple goût du cryptage et du jeu. Avancer masqué lui permet d’être vrai[59]. Car « pour lui, la liberté d'agir n'est concevable que dans l'insubordination : c'est pourquoi il recourt au pseudonyme qui lui rend les mains libres[58]. »
[modifier] Les romans de Stendhal
L'œuvre de Stendhal consiste aussi bien en des textes autobiographiques (Vie de Henry Brulard par exemple) que dans des romans qui comptent parmi les plus beaux dans la littérature française : Le Rouge et le Noir, Lucien Leuwen, La Chartreuse de Parme. Ce dernier roman fut salué à sa première publication par un éloge d'Honoré de Balzac, autre maître du roman réaliste dont Stendhal lui-même se déclara heureusement surpris.
« Cet article étonnant, (...) je l'ai lu, (...) en éclatant de rire. Toutes les fois que j'arrivais à une louange un peu forte (...) je voyais la mine que feraient mes amis en le lisant[60]. »
[modifier] Le Rouge et le Noir
Le Rouge et le Noir (1830) est le premier grand roman de Stendhal. Il est le premier roman à lier de façon si subtile la description de la réalité sociale de son temps et l’action romanesque selon Erich Auerbach dans sa célèbre étude Mimesis. Julien Sorel, le héros principal du livre, est le pur produit de son époque en un certain sens, le héros d'une France révoltée et révolutionnaire[61]. Littéralement ivre d’ambition à cause de la lecture du Mémorial de Sainte-Hélène de Napoléon et conscient que depuis la Révolution c’est le mérite et non plus la naissance seule qui compte, il rêve de devenir lui-même un nouveau Bonaparte. Le projet de ce roman dut être soumis à Paul-Louis Courier que Stendhal tenait pour le meilleur écrivain français contemporain. Un écho des difficultés rencontrées par le pamphlétaire en Touraine est d'ailleurs perceptible à travers le personnage Saint-Giraud qui apparaît au chapitre premier de la seconde partie du roman. Quand Courier fut assassiné, Stendhal soupçonna des mobiles politiques à ce forfait jamais élucidé. On y trouve une description très précise dans ce roman et dans celui de " vie de Henry Brulard" de l'Hôtel de Castries que l'auteur fréquenta[62]
[modifier] La Chartreuse de Parme
Cette œuvre majeure, qui lui valut la célébrité, fut publiée en deux volumes en mars 1839. Balzac la considérait comme un chef-d'œuvre et écrivit en mars 1839 son admiration à l'auteur pour la « superbe et vraie description de bataille que je rêvais pour les Scènes de la vie militaire »[63]. Dans un premier article de l'éphémère Revue parisienne, en 1840, il parle du « récent chef-d'œuvre » de M. Beyle, terminant par ces mots : « Je regarde l'auteur de La Chartreuse de Parme comme un des meilleurs écrivains de notre époque » et dans le troisième et dernier numéro se trouve le grand texte qui fait du roman de Stendhal le chef-d'œuvre senti comme classique dès sa parution, comme l'archétype du genre « roman » [64]. Refondu en 1842 peu avant la mort de Stendhal, il prit de fait un tour plus « balzacien » : mais c'est le texte d’origine, plus purement stendhalien, qui s'est imposé de nos jours.
Cependant, l’œuvre sera, jusqu’au début du XXe siècle, relativement inconnue en dehors de quelques cercles d’esthètes, de critiques littéraires, ou de personnalités visionnaires (Nietzsche), ce que Stendhal semblait appeler de ses vœux, dédicaçant son roman To the Happy Few.
[modifier] Lucien Leuwen
Lucien Leuwen est le deuxième grand roman de Stendhal, écrit en 1834, après le Rouge et le Noir. Ce roman est demeuré inachevé.
Lucien Leuwen, jeune polytechnicien, est chassé de son école car il est soupçonné d’être un saint-simonien. Son père, richissime homme d’affaires parisien, lui permet de devenir lieutenant, ce qui l’amène à partir pour Nancy.
[modifier] Le réalisme chez Stendhal
Stendhal n'a pas seulement « appliqué » une certaine esthétique réaliste : il l'a pensée d’abord. Le réalisme de Stendhal c’est aussi la volonté de faire du roman un « miroir » c’est-à-dire un simple reflet de la réalité sociale et politique d’une époque dans toute sa dureté. Stendhal a d'ailleurs écrit que « le roman, c’est un miroir que l’on promène le long d’un chemin ».
Dans Racine et Shakespeare, il assigne pour devoir à l'art romantique de faire un art qui sera en adéquation avec les goûts et tendances des peuples. Le réalisme de Stendhal c’est d’abord la volonté de peindre des faits capables d’intéresser ses contemporains (Monarchie de juillet dans Lucien Leuwen, Restauration dans Le Rouge et le Noir, défaite et retour des Autrichiens dans La Chartreuse de Parme).
En revanche, Stendhal dépeint avec un grand souci de réalisme psychologique, les sentiments des personnages principaux. Il s’inspire même souvent des théories relatives à l’amour de son traité De l’amour et essaie de faire œuvre de psychologue rigoureux.
Son ami de longue date Prosper Mérimée le considérait comme un remarquable observateur du cœur humain[65]. Et les sentiments amoureux sont dépeints avec beaucoup de soin : le narrateur expose longuement la naissance de la passion amoureuse et ses péripéties, que ce soit entre Mme de Rênal et Julien, Julien et Mathilde de La Mole, Lucien Leuwen et Mme de Chasteller ou Fabrice et Clélia.
[modifier] Le réalisme dans la peinture des mœurs et de la société
Le Rouge et le Noir et Lucien Leuwen sont une peinture acerbe de la société sous la Restauration, comme l'indique le sous-titre du roman Le Rouge et le Noir : « Chronique de 1830 ». Lucien Leuwen est le vaste tableau de la Monarchie de juillet. La Chartreuse de Parme est une peinture des mœurs politiques dans les Monarchies italiennes du XIXe siècle. Ces romans sont donc politiques non par la présence de longues réflexions politiques (Stendhal qui s'est toujours refusé à l'« oratoire »[66] rejette un tel procédé et le compare à « un coup de pistolet au milieu d'un concert » dans Le Rouge et le Noir[67]) mais par la peinture des faits.
Le Rouge et le Noir et La Chartreuse de Parme sont aussi des critiques acerbes de la position subordonnée de la femme : voir l’interprétation féministe par Simone de Beauvoir des romans de Stendhal (in Le Deuxième Sexe).
La peinture des mœurs chez Stendhal ne se veut jamais impartiale mais critique : elle n’est pas motivée par une volonté sociologique mais par le souci de faire tomber les faux-semblants et de montrer « la vérité, l’âpre vérité » (exergue du premier livre de Le Rouge et le Noir) de la société de son temps.
Malgré son souci de réalisme, il n’y a pas de descriptions détaillées de la réalité matérielle. Le narrateur, qui se méfie de la description, décrit à peine les lieux. La description de Verrières au tout début du roman prend juste une page[68] et sert d’introduction à une critique acerbe des habitants. On ne sait rien non plus de l’Hôtel de la Mole (Le Rouge et le Noir) ni de Milan ou bien du Château du Marquis Del Dongo (La Chartreuse de Parme). Car la peinture des lieux est « fonctionnelle ». Le narrateur décrit le monde uniquement dans la mesure où c’est nécessaire à la compréhension de l’action. Si la prison de Fabrice est décrite avec soin c'est qu'elle constitue un lieu essentiel pour l’action de La Chartreuse de Parme.
Appartenant plutôt à une tendance modérée du romantisme (par opposition au romantisme flamboyant représenté par Victor Hugo), le narrateur, qui a affirmé, dans Vie de Henry Brulard abhorrer la description matérielle, lui préférant des éléments descriptifs[69], décrit à peine les personnages : on ne sait quasiment rien des toilettes de Mme de Rênal, de Mathilde ni des tenues de Julien, Lucien Leuwen ou Fabrice, juste la couleur des cheveux et quelques détails sur leur aspect, mentionnés très brièvement. Ainsi, Mathilde de La Mole est « extrêmement blonde et fort bien faite », et Julien « pensa qu'il n'avait jamais vu des yeux aussi beaux ».
Mais la peinture de la réalité matérielle se fait aussi discrète à cause des particularités du roman stendhalien. Ainsi, le thème de l’argent est souvent lié à des personnages secondaires ou détestables (M. de Rênal, le Marquis Del Dongo) : l’attention du lecteur se tourne plutôt vers les protagonistes principaux qui sont bien loin de tels soucis (Fabrice, Mme de Rênal, Lucien Leuwen). Le roman stendhalien avance rapidement, alors que la description crée une pause dans la narration.
L’autre limite du « réalisme » de Stendhal tient au romanesque, qui traverse tous ses romans. Le héros stendhalien est une figure romanesque. Le personnage de Julien est intelligent, ambitieux jusqu’à la folie, et nourrit une haine profonde pour ses contemporains. Fabrice est un jeune homme exalté et passionné. Lucien Leuwen est idéaliste et bien fait de sa personne. Ces personnages ont souvent à peine 20 ans.
En outre, la politique dans La Chartreuse de Parme est nettement moins importante que dans Le Rouge et le Noir et Lucien Leuwen. C’est surtout l’histoire qui joue un rôle (Waterloo, arrivée des troupes françaises à Milan en 1796). Et encore elle est inséparable de l’action du roman. La Chartreuse de Parme a un caractère romanesque nettement plus prononcé que les deux autres grands romans (voir les personnages de la Duchesse Sanseverina ou de Clélia). Le réalisme stendhalien se limite donc aux personnages secondaires (les personnages prévisibles) et non à ses personnages principaux, les personnages vrais, qui échappent à la description[70], ce qui ne sera pas le cas chez Zola.
[modifier] Réalisme subjectif chez Stendhal
Mais le réalisme chez Stendhal se fait aussi réalisme subjectif sans que cela soit une contradiction. Par réalisme subjectif on entend un des procédés fondamentaux de la conduite du récit chez Stendhal. Georges Blin[71], dans Stendhal et les problèmes du Roman, est un de ceux qui mirent en avant ce procédé. Stendhal pense que chacun est enfermé dans sa subjectivité et ne peut percevoir le monde que dans les limites de son regard[72].
La grande originalité de Stendhal est l’usage important de la « focalisation interne » (pour reprendre la terminologie de Gérard Genette) pour raconter les événements. Les événements sont vus en grande partie par les protagonistes voire par un seul d'entre eux. Stendhal refuse donc le point de vue du narrateur omniscient mais pratique la « restriction de champ ». Dans Le Rouge et le Noir et dans Lucien Leuwen les événements sont vus dans le rayon de Julien Sorel et Lucien. Dans La Chartreuse de Parme le narrateur a reconnu le droit de regard des autres personnages (Clélia, Mosca, Sanseverina) mais Fabrice Del Dongo garde le foyer principal (la scène de la bataille de Waterloo est vue exclusivement par ses yeux). On peut donc parler d’une restriction de champ chez Stendhal (Blin). Stendhal a en effet coupé ses récits de « monologues intérieurs » et a ramené le roman à la biographie du héros. Les trois grands romans commencent par la jeunesse du héros ou même avant (cf. La Chartreuse de Parme) et finissent avec sa mort (cf. Le Rouge et le Noir et La Chartreuse de Parme).
Première conséquence de la restriction du champ : les descriptions sont brèves chez Stendhal. Elles sont l’œuvre d’un narrateur extérieur qui voit l’aspect des personnages du dehors ou bien d’un narrateur qui observe la nature. Un tel narrateur est incompatible avec la « restriction du champ » et il joue donc un rôle secondaire chez Stendhal.
Le choix de la restriction du champ explique aussi que certains personnages apparaissent ou disparaissent aussi rapidement au fil de l’action (comme le Comte de La Mole dans Le Rouge et le Noir et Rassi dans La Chartreuse de Parme) car tout est vu par les yeux d’un personnage central.
Troisième conséquence du recours à la restriction de champ : les événements se dévoilent graduellement. Les héros de Stendhal sont souvent un peu étonnés de ce qu’ils voient et n’en comprennent le sens que progressivement. Ce n’est que peu à peu que Julien comprend pourquoi Mlle de La Mole apparaît un jour en vêtement de deuil alors que personne ne vient de mourir autour d’elle. Il découvrira ultérieurement qu’elle porte le deuil d’un ancêtre mort au XVIe siècle.
[modifier] L’œuvre autobiographique
L’œuvre de Stendhal est profondément autobiographique. Même ses romans tant ils sont inspirés par sa propre vie mais aussi parce qu’ils constituent une autobiographie idéale de Stendhal. Julien Sorel, Lucien Leuwen et Fabrice Del Dongo sont ce que Stendhal aurait rêvé d’être.
Les œuvres autobiographiques de Stendhal sont de trois natures. D’une part Stendhal a tenu pendant de très longues années un journal où il raconte au fur et à mesure les événements de sa vie. On pourrait parler d’une prise sur le vif de sa propre vie. D’autre part Stendhal a rédigé deux autres grandes œuvres autobiographiques : la Vie de Henry Brulard et Souvenirs d'égotisme. Elles poursuivent le même projet que le Journal mais aussi que celui des Confessions de Rousseau : mieux se connaître soi-même. Cependant elles se distinguent du Journal car elles ont été écrites a posteriori. Enfin, l’autobiographie prend une forme bien particulière chez Stendhal : il aimait écrire sur la marge de ses livres (et même de ses romans mais de manière cryptique) ou sur des vêtements (par exemple sur une ceinture comme dans la Vie de Henry Brulard).
L'œuvre autobiographique de Stendhal ne se distingue pas tant par son projet (Rousseau poursuivait le même) que par l’importance qu’elle prend. Elle s’exprime aussi bien par des romans que par des autobiographies. Même la critique d'art chez Stendhal se fait autobiographie.
[modifier] La conception stendhalienne de l'art
[modifier] Le critique d’art
Stendhal ne fut pas seulement un romancier et un autobiographe, mais également un fin critique d’art dont la réflexion esthétique influença le travail romanesque (tout particulièrement avec sa théorie du beau idéal), ainsi que l'appréciation des arts plastiques et de la musique. Citons Histoire de la Peinture en Italie, Rome, Naples et Florence, Promenades dans Rome, Mémoires d'un touriste.
[modifier] Vrai spécialiste, faux dilettante
Féru d'art lyrique, amoureux de l'Italie, comme en témoignent ses écrits, c'est lui qui fit connaître Rossini à Paris et en France. Des travaux de la deuxième moitié du XXe siècle ont fait apparaître sa compétence en matière picturale et musicale, sa familiarité avec ses peintres, sa vaste expérience du monde de la musique de son temps aussi bien instrumentale que lyrique, allemande ou italienne. Mais il était surtout un véritable spécialiste de l'opéra italien et de la peinture italienne. Bien qu'il se présentât comme un dilettante, on lui doit des analyses très fines de Rossini et Mozart. Il a saisi la mélancolie de Léonard de Vinci, le clair obscur du Corrège, ou la violence michelangelesque[73].
[modifier] Les principes de sa critique
Sa critique cohérente repose sur l'Expression, qui destitue les formes arrêtées et le Beau antique, la Modernité qui implique l'invention artistique pour un public en constante évolution, et la subordination du Beau à l'opinion seule, l'Utile qui donne du plaisir réel à une société, à des individus, et le dilettantisme qui repose sur la pure émotion du critique[74]. Stendhal fonde ainsi une critique historique (l'art étant l'expression d'une époque), et revendique le droit à la subjectivité ; il admet la convergence des arts et leur importance selon qu'ils procurent ou non du plaisir physique, qu'ils ouvrent l'esprit à la liberté de l'imaginaire et qu'ils suscitent la passion (principe de base). Stendhal est un critique d'art qui marque une étape importante dans l'intelligence de tous les arts[75].
[modifier] Romantisme et Beylisme
Auteur de Racine et Shakespeare, pamphlet anti-classique, introducteur du mot Romantisme en France (une francisation du terme italien Romanticismo), admirateur de Lord Byron, Stendhal n’est pourtant pas un chef de file du Romantisme. Il ne supporte ni le théâtre Romantique de Victor Hugo, ni le style ampoulé de Chateaubriand ou de Madame de Staël, ni le lyrisme, ni le sentimentalisme ; encore moins le spiritualisme, puisqu’il est profondément athée. « Le Romantisme très particulier de Stendhal (un art de la modernité énergique, de la prose et de l'héroïsme dans les sentiments), qui allie culte de Napoléon et le culte de l'amour, l'ironie et la rêverie trouve un équivalent pictural plus exact chez Gericault que dans l'univers onirique de Caspar david Friedrich. [76] »
Stendhal invente le Beylisme le 17 mars 1811, lorsqu'il écrit à propos de son ami Crozet, amoureux triste, qu'il faudrait le rendre « Beyliste »[77]. Le Beylisme est un hédonisme, une morale du jeu : « Cette morale provisoire, élaborée contre Rousseau, et tous les tristes, les malades d'orgueil blessé, ces bilieux qui voient tout en noir, et chérissent leurs idées sombres […] contre les plaintifs éternellement mécontents, est une mise en garde contre cette tentation. Stendhal fonde un « système » dont il est le créateur, le témoin, le propagandiste, l'adhérent, tout cela en une seule personne, et qui est lui : c'est la pensée-Moi, philosophie pratique, morale et sociale[…]. A ceux qui s'en prennent à la réalité pour la changer […] il oppose un renoncement, le monde est ce qu'il est, je suis tel que je suis […]. C'est une leçon de réalisme égoïste et de plaisir : [la société], on la traitera comme un bal masqué, pour s'en amuser gaiement. [Le beyliste sera heureux] en adhérant à une éthique de la bonne humeur, de la gaité insouciante, à un parti pris du jeu et de l'amusement qui généralise à toute l'existence l'ambition de Henri d'être un comique[78]; »
[modifier] Œuvres
- Vies de Haydn, Mozart et Métastase, disponible (titre complet de la première édition : Lettres écrites de Vienne en Autriche, sur le célèbre compositeur Haydn, suivies d'une vie de Mozart, et des considérations sur Métastase et l'état présent de la musique en France et en Italie), Paris 1815
- Histoire de la Peinture en Italie, Paris, 1817 (édition de 1929 : tome 1 disponible sur Gallica, tome 2 disponible sur Gallica)
- Rome, Naples et Florence, disponible, Angoulême, 1817 et 1827
- De l'amour, Paris, 1822 (édition de 1927, tome 1 disponible sur Gallica et tome 2 disponible sur Gallica)
- Racine et Shakespeare, Paris, 1823, édition de 1927 disponible sur Gallica
- Vie de Rossini, disponible Paris, 1823
- Racine et Shakespeare, II, Paris, 1825
- D’un nouveau complot contre les industriels, Paris, 1825 disponible sur Gallica
- Armance. Quelques scènes d'un salon de Paris en 1827, Paris, 1827 (édition de 1927 disponible sur Gallica
- Vanina Vanini, Paris, 1829
- Promenades dans Rome, Paris, 1829
- Le Rouge et le Noir, Paris, 1830
- Mémoires d'un touriste, Paris, 1838 disponible sur Gallica
- La Chartreuse de Parme, Paris, 1839 : édition de 1846 disponible sur Gallica ; édition de 1927, tome 1 disponible sur Gallica, tome 2 disponible sur Gallica.
- Chroniques italiennes :Vittoria Accoramboni, Les Cenci, La Duchesse de Palliano, L'Abbesse de Castro, Trop de faveur tue, Suora Scolastica, San Francesco a Ripa, Vanina Vanini, Paris, 1837 - 1839
- Idées italiennes sur quelques tableaux célèbres, Paris, 1840
[modifier] Œuvres posthumes
- Correspondance (édition de 1927, tome 1 (1800-1805) disponible sur Gallica, tome 2 disponible sur Gallica, tome 3 disponible sur Gallica, tome 4 disponible sur Gallica, tome 5 disponible sur Gallica, tome 6 disponible sur Gallica, tome 7 disponible sur Gallica, tome 8 disponible sur Gallica, tome 9 disponible sur Gallica, tome 10 disponible sur Gallica)
- Journal (1801-1817), tome 1 (1801-1805) disponible sur Gallica, tome 2 (1805-1806) disponible sur Gallica, tome 3 (1806-1810) disponible sur Gallica, tome 4 (1810-1811) disponible sur Gallica, tome 5 (1811-1823) disponible sur Gallica
- Filosofia nova (1931)
- Plusieurs pièces de Théâtre (1931) : Les quiproquo, Le ménage à la mode, Zélinde et Lindor (tome 1 disponible sur Gallica), Ulysse, Hamlet, Les deux hommes (tome 2 disponible sur Gallica), Letellier, Brutus, Les médecins, La maison à deux portes, Il forestiere in Italia etc. (disponible sur Gallica)
- Molière, Shakespeare, la Comédie et le Rire (1930) disponible sur Gallica
- Écoles italiennes de peinture (1932) : tome 1 disponible sur Gallica, tome 2 disponible sur Gallica, tome 3 disponible sur Gallica
- Pages d'Italie (1932) disponible sur Gallica
- Les Tombeaux de Corneto de Stendhal
- Mélanges de politique et d'histoire (1933), tome 1 disponible sur Gallica et tome 2 disponible sur Gallica
- Courrier anglais (1935-1936)
- Mélanges d'art (1867 et 1932) disponible sur Gallica
- Romans et nouvelles (1854 et 1928)
- Souvenirs d'égotisme (1892 et 1950) disponible sur Gallica

- Lucien Leuwen, inachevé (1894 et 1926)
- Vie de Henry Brulard (1890 et 1949) : édition de 1927, tome 1 disponible sur Gallica, tome 2 disponible sur Gallica

- Voyage dans le Midi de la France (1930) disponible sur Gallica
- Lamiel, inachevé (éditions de 1889 disponible sur Gallica et de 1928 disponible sur Gallica)
- Mélanges intimes et Marginalia (1936)
- Le Rose et le Vert (1928)
- Stendhal. Histoire d'Espagne : depuis la révolution du 28 avril 1699 jusqu'au testament du 2 octobre 1700 : édition du manuscrit conservé à la Bibliothèque municipale de Grenoble. Édition établie, annotée et présentée par Cécile Meynard, avec la collaboration de Christiane François. Paris : Éditions Kimé, 2007, 150 p.
- Vie de Napoléon, éditons Payot, 1969 (édition annotée par Louis Royer et Albert Pingaud).
[modifier] Adaptation Audio
- La Chartreuse de Parme, lu par Guillaume Gallienne, éditions Thélème, 2008
- Le Rouge et le Noir, lu par Michel Vuillermoz, éditions Thélème, 2008
[modifier] Hommages
- L'université de Grenoble III (Lettres, Arts, Langues, Sciences du Langage et Communication) porte son nom, ainsi que lycée français de Milan.
- Une rue du 20e arrondissement de Paris porte le nom de Rue Stendhal, prés du cimetière du Père Lachaise
- En 2011, Charles Dantzig a recréé le Stendhal Club, composé de douze membres, quatre membres fondateurs, quatre membres français et quatre membres étrangers. Le premier numéro de la Revue du Stendhal Club paraîtra en mars 2012[79].
[modifier] Annexes
[modifier] Notes
- Aujourd'hui rue Jean-Jacques Rousseau.
- « « Mon ami, ceci vient de dieu », dit enfin l'abbé ; et ce mot, dit par un homme que je haïssais à un autre que je n'aimais guère, me fit réfléchir profondément », Vie de Henry Brulard, Gallimard, 1973, coll Folio Classiques, p. 57.
- « Dois-je me faire compositeur de musique, ou bien faire des comédies comme Molière ? » in Vie de Henry Brulard, p. 374.
- « Au Saint Bernard, j'étais pour le physique comme une jeune fille de quatorze ans ; j'avais dix sept ans et trois mois, mais jamais fils de grand seigneur n'a reçu une éducation plus molle. » in Vie de Henry Brulard, p. 416.
- « J'attendais de quelque hasard romanesque, comme le brisement d'une voiture, etc., que le sort fît connaître mon coeur par quelque âme sensible. » Journal, cité par Sandrine Fillipetti, p. 50.
- En 1824, son éditeur lui écrit qu’il en a écoulé une quarantaine d’exemplaires
- « Aujourd’hui, j’estime Paris. J’avoue que pour le courage il doit être placé au premier rang, comme pour la cuisine, comme pour l’esprit », in Souvenirs d'égotisme, p67
[modifier] Références
- Vie de Henry Brulard, Gallimard, 1973, coll Folio Classiques, p. 112.
- Vie de Henry Brulard, p. 50-51.
- Vie de Henry Brulard, p. 53.
- Vie de Henry Brulard, p. 99.
- Vie de Henry Brulard, p. 85.
- Vie de Henry Brulard, p. 89.
- Vie de Henry Brulard, p. 82.
- Jean Goldzink, Stendhal, l'Italie au coeur, Gallimard 1992, Coll Découverte, p. 30 .
- Jean Goldzink, p. 31.
- Vie de Henry Brulard p.110.
- Vie de Henry Brulard, p. 346.
- Vie de Henry Brulard, p. 347.
- Vie de Henry Brulard, p. 349.
- Vie de Henry Brulard, p. 351.
- Vie de Henry Brulard, p. 372.
- Vie de Henry Brulard, p. 378.
- Lettre à Pauline Beyle d'avril-mai 1800, in Aux âmes sensibles, Gallimard, 2011, P. 51.
- Vie de Henry Brulard, p. 394.
- Vie de Henry Brulard, p. 412.
- Vie de Henry Brulard, p. 415.
- Vie de Henry Brulard, p. 415.
- Vie de Henry Brulard, p. 429.
- Vie de Henry Brulard, p. 431.
- Vie de Henry Brulard, p. 434.
- Journal, cité par Sandrine Filipetti, p. 69.
- Jean Goldzink, Stendhal, l'Italie au coeur, Gallimard, 1992, P. 52.
- Aux âmes sensibles, p105
- Sandrine Fillipetti, Stendhal, Gallimard, p. 81.
- Journal, cité par Sandrine Fillipeti, p. 82.
- Journal, cité par Sandrine Fillipetti, p. 97.
- Journal, cité par Sandrine Fillipetti, p. 101.
- Lettre à Louis Crozet du 20 octobre 1816, Aux âmes sensibles, Lettres Choisies, Gallimard, 2011, collection Folio
- Jean Goldzink, Stendhal, l'Italie au cœur, Gallimard, Collection Découvertes, p. 71.
- Stendhal, Lettre à Matilde du 7 juin 1819, De l'amour, Gallimard 1980.
- De l'amour, Gallimard, 1980.
- Souvenirs d'égotisme, Gallimard 1983, coll Folio, p. 40.
- Souvenirs d'egotisme, p97
- Souvenirs d'égotisme, p90
- Michel Crouzet, Stendhal ou Monsieur Moi-même, Flammarion 1990, P349 et suivantes
- “Souvenirs d’égotisme”, p141
- Souvenirs d'égotisme, p158
- Souvenirs d'egotisme p52-53
- Cité par Jean Goldzink, Stendhal, l'Italie au coeur, Gallimard, p. 102.
- Cité par Michel Crouzet, in Stendhal ou Monsieur Moi-même, Flammarion, 1990.
- Jean Goldzink, Stendhal, l'Italie au Coeur, Gallimard, p109
- Lettre à Ampère du 24 mars 1835
- Lettre à Madame Cuvier du 25 décembre 1831 in Aux âmes sensibles, Lettre choisies, Gallimard 2011, P376
- cité aussi sous la forme Stendalis dans la notice de la BnF.
- L'année Stendhal, Volume 4, Klincksieck, 224 p. p. 203 : Louis, Alexandre, André, César Bombet, pour signer des traductions de critiques musicales sur Haydn, Mozart et Métastase en 1814.
- Marie-Rose Corredor,Yves Ansel, Stendhal à Cosmopolis, ELLUG, 2007, 366 p. (ISBN 9782843101038) p. 37.
- Biographie sur studyrama.
- René Servoise, « Stendhal et l'Europe ».
- Cité par Mariella Di Maio dans la préface a Aux âmes sensibles, Lettres choisies, Gallimard 2011, col Folio, p. 19.
- Jean Starobinski, L'œil vivant, Gallimard, 1961, coll Tel, chapitre Stendhal Pseudonyme, p. 236-237.
- Souvenirs d'égotisme, Gallimard 1983, Coll Folio, p. 70.
- Jean Starobinski, L'œil vivant, Gallimard, 1961, coll Tel, chapitre Stendhal Pseudonyme, p. 240.
- idem, p. 237.
- Jean Starobinski, L'œil vivant, Gallimard, 1961, coll Tel, chapitre Stendhal Pseudonyme, p. 238.
- « Or, avant tout, je veux être vrai. » Souvenirs d'égotisme, Gallimard 1983, Coll Folio, p. 87.
- Correspondance, Paris, Le Divan, 1954 t. X, p. 288.
- Prosper Duvergier de Hauranne, Michel Crouzet 1996, p. 14.
- René Servoise, Julien Sorel à l'Hôtel de Castrie, dans les Cahiers de la Rotonde, n° 16, Paris, 1995, p. 141-156, 8 fig.
- Prosper Duvergier de Hauranne,Michel Crouzet 1996, p. 24.
- Prosper Duvergier de Hauranne, Michel Crouzet 1996, p. 26-27.
- Prosper Duvergier de Hauranne,Michel Crouzet 1996, p. 333.
- Prosper Duvergier de Hauranne, Michel Crouzet 1996, p. 47.
- Le Rouge et le Noir - Livre Second - Chapitre XXII.
- Marie de Gandt 1998, p. 67.
- Stendhal et le romantisme p. 97.
- Marie de Gandt 1998, p. 80.
- (1917-??) Professeur au Collège de France.
- Marie de Gandt 1998, p. 75.
- Philippe Berthier, Stendhal et ses peintres italiens, Genève, Droz, 1977, et Francis Claudon, L’Idée et l'Influence de la musique chez quelques romantiques français et notamment Stendhal, Université de Lille, 1965.
- Michel Crouzet, Dictionnaire des Littératures de langue française, t. 3, p. 211, et Michel Crouzet, Stendhal et l'italianité, José Corti, 1982.
- Michel Crouzet, Dictionnaire des Littératures de langue française, Op. cit..
- Jean Goldzink, Stendhal, l'Italie au coeur, Gallimard, p.95.
- Journal, Editions du Divan, 1937, P. 76.
- Michel Crouzet, Stendhal ou Monsieur Moi-Même, Flammarion, P. 164-165.
- Le Nouvel Observateur, « Charles Dantzig : “Nous voulons rendre Stendhal aux amoureux” », juin 2011.
[modifier] Bibliographie
- Jean-Jacques Hamm, Armance, ou la liberté de Stendhal, Éditions Honoré Champion, 200, 272 p. (ISBN 9782745318077)
- Michel Crouzet, Nature et société chez Stendhal, Presses Univ. Septentrion, 1985, 232 p. (ISBN 9782859392604)
- Michel Crouzet, Stendhal : ou Monsieur moi-même, Paris, Flammarion, coll. « Grandes biographies », 1990, couv. ill. en coul. ; 24 cm, 796 p. (ISBN 2-08-066388-7)(ISSN 0981-7247) (notice BNF no FRBNF35090317g)

- Jean Goldzink, Stendhal, L’Italie au cœur, Gallimard, 1992, Coll Découvertes.

- Sandrine Fillipetti, Stendhal, Gallimard, coll. Folio Biographies, 2009.

- Prosper Duvergier de Hauranne,Michel Crouzet, Stendhal, Presses Paris Sorbonne, 1996, 517 p. (ISBN 9782840500704)
- Paul Léautaud : Préface aux plus belles pages de Stendhal. Paris. 1908
- Charles Bellanger, Notes stendhaliennes. Paris. 1948
- Léon Blum, Stendhal et le beylisme. Paris. 1914
- Marie de Gandt, Le Rouge et le Noir, Stendhal, Editions Bréal, 1998, 127 p. (ISBN 9782842911584)
- Henri Delacroix, Psychologie de Stendhal. Paris, 1918, 286 pages.
- Maurice David, Stendhal sa vie son œuvre, Éditions de la Nouvelle Revue Critique, Paris, 1931
- Jean Prévost : La Création chez Stendhal. Marseille 1942. réédition Gallimard 1975
- Alain, Stendhal, Paris, PUF, 1948. Aussi dans Alain, Les Arts et les Dieux, La Pléiade, 1958, pp. 745–817. Alain a relu Stendhal toute sa vie.
- Maurice Bardèche : Stendhal romancier, Paris, La Table ronde, 1947, réédition 1983.
- Hans Boll-Johansen, Stendhal et le roman: essai sur la structure du roman stendhalien, Librairie Droz, 1979, 260 p. (ISBN 9788750018643)
- René Girard, Mensonge romantique et vérité romanesque, Paris, Hachette Littératures (pluriel. philosophie), 2003, 351p.
- Victor Del Litto, La vie intellectuelle de Stendhal - Genèse et évolution de ses idées (1802-1821), Slatkine (réédition), 1997, 730 p. (ISBN 9782051015653) .
- Victor Del Litto, Kurt Ringger, Stendhal et le romantisme, Librairie Droz, 1984, 360 p.
- Victor Del Litto, La création romanesque chez Stendhal, Librairie Droz, 1985, 319 p. (ISBN 9782600043434)
- Henri-François Imbert, Les métamorphoses de la liberté, ou, Stendhal devant la Restauration et le Risorgimento, Slatkine, 1989, 670 p. (ISBN 9782051010764)
- Daniel Sangsue, Stendhal et le comique , ELLUG, 1999, 310 p. (ISBN 9782843100130)
- Serge Serodes, Les Manuscrits autobiographiques de Stendhal, Librairie Droz, 1993, 350 p. (ISBN 9782600043472)
- Georges Blin : Stendhal et les problèmes du roman. Éditions José Corti.1954 ,(sur les rapports de l'esthétique de Stendhal avec son œuvre romanesque.)
- Stendhal (Henri Beyle), Écoles italiennes de Peinture, t. 1 École de Florence - École Romaine - École de Mantoue - École de Crémone, 2 École de Parme - École de Venise - École de Bologne, 3 École de Bologne, Le Divan, 1932, 420 p. Établissement du texte et préface par Henri Martineau. À ce propos voir écoles italiennes de peinture.
- François Bronner, La Schiassetti. Jacquemont, Rossini, Stendhal… Une saison parisienne au Théâtre-Italien. 1824-1826, Éditions Hermann, 2011.
[modifier] Articles connexes
- Focalisation (littérature)
- Henri Martineau, promoteur infatigable de Stendhal, grand spécialiste de Stendhal XXe.
- Victor Del Litto, disciple du précédent et autre grand spécialiste de Stendhal au XXe.
- Dix francs Stendhal, une pièce commémorative de dix francs français a été émise en 1983 à l'occasion du bicentenaire de la naissance de l'écrivain.
- Julien Sorel, personnage principal du Rouge et le Noir
- Syndrome de Stendhal (Médecine, Florence)
- Cristallisation (Stendhal)
[modifier] Liens externes
- Œuvres de Stendhal sur le projet Gutenberg
- Catégorie Stendhal de l’annuaire dmoz
- (fr) Fonds Stendhal de la Bibliothèque municipale de Grenoble (Accès au manuscrit numérisé de la Vie de Henry Brulard)
- (fr) le site de l'équipe de recherche Manuscrits de Stendhal sur Grenoble III]
- (fr) Les Manuscrits de Stendhal en ligne (images numérisées et transcriptions) sur Grenoble III]
- (fr) Stendhalia
- (fr) Le Rouge et le Noir de Stendhal, site entièrement consacré à l'œuvre éponyme