Stefan Zywotko

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Stefan Zywotko, Polonais né en 1920 à Lwow (ville polonaise qui devint ukrainienne sous l'URSS sous le nom de Lviv), a été un entraineur de football. Il fut l'un des entraineurs historiques du club algérien de football, la JS Kabylie, pendant près de 11 ans entre les années 1977 et 1990. Il remporta avec le club en tant qu'entraineur ou coentraineur pas moins de treize titres, soit une moyenne de presque un titre par saison.

Naissance dans un contexte particulier[modifier | modifier le code]

Bien qu'il soit polonais, Stefan Zywotko naquit en Ukraine. En effet, il vit le jour à Lviv, aujourd’hui ville ukrainienne qui, en 1920, était polonaise et s’appelait Lwow. C’était une ville qui fut conquise par les Polonais durant le XVIIe siècle. Cependant, après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’URSS en profita pour récupérer ce territoire et l’annexer, sous prétexte qu’il appartenait à l’Ukraine, donc de ce fait à l’Union soviétique. Après le démantèlement de l’URSS, l’Ukraine acquit son indépendance et conserva ce territoire, si bien que lorsque Zywotko veut aller « chez lui », il faut qu’il parte en Ukraine, un cas particulier qui concerna de nombreux Polonais.

Jeunesse durant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Stefan Zywotko devint militaire, durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). La Pologne étant occupée par les Allemands à l’ouest et par les Soviétiques à l’est, il fut donc mobilisé. Plutôt que de s’exiler comme l'ont été contraints de nombreux Polonais, il préféra résister en prenant les armes et en rejoignant le front. Il fut très exposé puisqu’il était affecté près des lignes de l’occupant nazi, mais il n’a jamais été blessé. En 1946, il a été démobilisé de l’armée et s’est mis au sport particulièrement dans le football et la natation.

Orientation professionnelle[modifier | modifier le code]

Stefan Zywotko détient le plus haut diplôme d’entraîneur de football délivré en Pologne, le 1er degré. Il l’a acquis en 1964. « Sitôt ma carrière de footballeur terminée en 1952, à 32 ans, j’ai passé le diplôme d’instructeur de football, le plus bas des diplômes. Il m’a fallu douze ans pour avoir le diplôme le plus élevé car, à l’époque, c’était du sérieux », dixit Stefan lors d'une interview que lui accorda le quotidien sportif algérien « Le buteur ». Bien qu'ayant également fait de la natation, il fut également moniteur de natation durant sa jeunesse en tant que bénévole. Néanmoins il s'orientera dans le football discipline pour laquelle il voua une passion.

Débuts d'entraineur de football[modifier | modifier le code]

Il commença par devenir entraineur de Poznan, club de Troisième division du championnat de Pologne dans les années 1970. Il réussit à faire accéder le club de la troisième à la deuxième division. Une divergence d'opinion avec le président du club à l'époque le contraindra à quitter l'équipe. En effet le président du club s'immisça dans son travail pour lui demander de faire jouer tels ou tels joueurs, chose impensable aujourd'hui pour un entraineur d'un club professionnel. Stefan Zywotko claqua la porte et décida de tenter l'expérience à l'étranger.

Ailleurs ? Pourquoi pas en Grèce ? Une offre d’emploi lui avait été faite par des émissaires se disant représentants du Panathinaïkos, l’un des meilleurs clubs grecs, un club ambitieux. Il fit donc une demande à la Fédération polonaise de football pour avoir l’autorisation de sortie (sous le régime communiste, il fallait des autorisations de sortie pour voyager à l’étranger). On l’a lui refusa sous prétexte que c’était « mal vu de travailler dans un pays qui n’était ni communiste ni socialiste ». Zywotko n’en démordait pas, il fallait qu’il travaille en dehors de la Pologne. Quelques jours plus tard, il fut convoqué au siège de sa fédération pour se voir proposer de travailler en Algérie dans le cadre d’un échange de compétences entre les deux pays. Une expérience intéressante à tenter à l'étranger. Il finit donc par donner son accord et prépara ses papiers. Lorsqu’il prit l’avion en direction d’Alger, en décembre 1977, il ne savait pas dans quel club il allait atterrir.

Son expérience au sein de la JSK (1977-1990)[modifier | modifier le code]

À son arrivée, il trouva Mohamed Moussaoui, secrétaire général de la JSK, et un autre dirigeant du club. C’est là qu’il apprit qu'il allait travailler à la JSK qui venait de remporter le doublé coupe-championnat. Durant un mois, il fut hébergé à l’hôtel du stade du 5-Juillet à Alger car, à l’époque, le stade du 1er-Novembre de Tizi Ouzou était en rénovation et la JSK se préparait et jouait à Alger. Les premiers jours furent difficiles, il se contentait d’observer le travail, car il était handicapé par le fait qu’il ne connaissait ni le kabyle, ni l’arabe, ni le français. Durant plusieurs semaines, il se présentait aux entraînements avec un dictionnaire polonais-français. Pour formuler une observation, il feuilletait pour trouver les mots adéquats. C'est ainsi, qu'il assimila avec le temps les expressions les plus importantes et les plus usitées.

Il faut dire qu’il s’est trouvé un très bon professeur de français : le chauffeur qu’on lui avait affecté. « Il s’appelait Nasser et, chaque matin, il m’apprenait quelques mots. C’est vrai que j’ai assimilé la langue à force de parler avec tout le monde, mais je lui dois beaucoup, lui tout particulièrement », rapporta lui-même lors d'un entretien accordé au quotidien sportif algérien « le buteur ». Avec le temps (et les bons résultats aidant, il faut le préciser), il fut adopté par les joueurs et les supporters. Il s’est trouvé dans son élément, trouvant l’environnement adéquat pour travailler. Les dirigeants avaient une grande qualité : ils écoutaient attentivement tous les conseils prodigués par Stefan. Cela l’a aidé et lui fit oublier sa mésaventure en Pologne. Ainsi commença une formidable aventure de plus de 13 ans, marquer par son duo d'entraineur avec Mahieddine Khalef.

Il ne se contenta pas seulement de l'entrainer, il inculqua à la JSK une culture de la gagne à l'européenne, lui permit de gagner ses premiers trophées internationaux. Et fit progresser par la même le football algérien de club. Avec la JSK, à l'époque JET, il remporta sept titres de Champion d'Algérie de football, une Coupe d'Algérie de football ainsi que deux Coupes d'Afrique des clubs champions, et la Coupe de la Fraternité.

Il quittera le club surnommé le « Jumbo Jet », en décembre 1991 date du dernier titre de champion d'Afrique des clubs.

Sa vie aujourd'hui, et sa notoriété dans le cœur des kabyles[modifier | modifier le code]

Âgé aujourd'hui de 93 ans, il vit actuellement à Szczecin (prononcez Chtchetchine, l'ancienne Stettin allemande), à 500 kilomètres de la capitale Varsovie, près de la mer Baltique, sur les bords du fleuve Oder. Toujours droit, le regard lucide, il coule une paisible retraite en compagnie de sa femme et est devenu récemment arrière-grand-père. Il suit toujours activement l'évolution du football algérien, et de son équipe favorite du championnat algérien la JSK, avec laquelle il connut des années de gloire. Toujours admiratif et supporter du football algérien, il suit tout ce qui se rapporte à l'actualité du football algérien. Il arbore également fièrement des vêtements du club de football de la ville de Szczecin de temps en temps, où il fit ses premiers pas en tant que footballeur.

Pour les amoureux de la JSK, il reste et demeure le plus populaires des entraineurs de cette équipe. Les quadragénaires kabyles lui vouent particulièrement un profond respect, car il fit partie de la belle époque du club qui marqua toute une génération.

Palmarès entraineur[modifier | modifier le code]

  • Coupe de la Fraternité.
    • Vainqueur : 1982.