Statue équestre de Jeanne d'Arc (Paul Dubois)

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Statue de Jeanne d'Arc
Vue générale de la statue de la place Saint-Augustin à Paris
Vue générale de la statue de la place Saint-Augustin à Paris
Présentation
Type Statue équestre
Architecte Paul Dubois
Date de construction 1895 (plâtre 1889)
Géographie
Pays
Localisation
Coordonnées 48° 52′ 31″ N 2° 19′ 10″ E / 48.8754, 2.3194348° 52′ 31″ Nord 2° 19′ 10″ Est / 48.8754, 2.31943  

La statue de Jeanne d'Arc est une œuvre du sculpteur français Paul Dubois. Il s'agit d'une statue équestre en bronze de Jeanne d'Arc présentée au salon des artistes français en 1895.

Plusieurs exemplaires de la statue ont été réalisés :

Histoire[modifier | modifier le code]

Statue de Jeanne d'Arc en armure, coiffée d'un casque et tenant une épée à la main droite.

Le plâtre[modifier | modifier le code]

L'Académie nationale de Reims lance une souscription publique en 1888 pour réaliser un monument à Jeanne d'Arc. Le contrat fut passé entre le sculpteur Paul Dubois, l'architecte Alphonse Gosset et le notaire Raoul Douce. Le modèle en plâtre est présenté au salon des artistes français en 1889. Le plâtre figure au musée Paul Dubois - Alfred Boucher à Nogent-sur-Seine.

Les bronzes[modifier | modifier le code]

Dubois réalise trois exemplaires à l'aide du procédé de la cire perdue :

Le premier, commandé en 1890 à Pierre Bingen par Paul Dubois, est achevé en 1896[1], se trouve sur la place Cardinal Luçon à Reims. À l'origine, la statue était placée sur le parvis et tournait le dos à la cathédrale Notre-Dame de Reims, un symbole de sa sortie, après le sacre de Charles VII[2]. Elle fut offerte à la ville et inaugurée par le président de la République Félix Faure, le 14 juillet 1896.

Le deuxième, un bronze de mauvaise qualité réalisé par Edmond Gruet et exposé dès 1895, se trouve devant l'église Saint-Augustin, à Paris. Il dépend du musée d'Orsay.

Un troisième exemplaire, un bronze de meilleure qualité, est réalisé par Edmond Gruet en 1897. Montré à l’exposition universelle de 1900, il est inauguré à Strasbourg, dans le jardin du palais du Rhin, le 14 juillet 1922[1]. Brisée pendant la Seconde Guerre mondiale, la statue est reconstituée après la guerre et placée sur le parvis de l'église Saint-Maurice, à Strasbourg[3]. Elle est à nouveau inaugurée le 8 mai 1965[1].

Un autre bronze, fondu par Eugène Rudier (signée Alexis Rudier)[4], se trouve au Meridian Hill Park, à Washington[5]. Cette statue a fait partie du programme Save Outdoor Sculpture! (en) de la Smithsonian Institution en 1994[6].

Description[modifier | modifier le code]

Statue de la place Saint-Augustin à Paris[modifier | modifier le code]

Socle de la statue.

Comme la statue de Jeanne d'Arc de la place des Pyramides, Jeanne d'Arc est représentée à cheval, mais est la seule statue parisienne où Jeanne brandit une épée dans la main droite. Outre le nom et les dates de naissance et de décès, le socle comporte des inscriptions qui « semble[nt] révéler une volonté didactique, conformément à la politique éducative de l'État républicain »[7].

« Jeanne d'Arc (1412-1431) à l'âge de dix-sept ans entreprend de chasser les ennemis hors de France. Elle fait lever le siège d'Orléans, détruit l'armée anglaise à Patay, conduit Charles VII à Reims et le fait sacrer roi. Blessée en voulant délivrer Paris, elle est prise devant Compiègne et brûlée vive par les Anglais à Rouen. Elle avait dix-neuf ans. »

Statue de la place du Cardinal Luçon à Reims[modifier | modifier le code]

Statue de l'église Saint-Maurice à Strasbourg[modifier | modifier le code]

Statue du Meridian Hill Park à Washington[modifier | modifier le code]

Statue de Jeanne d'Arc à Meridian Hill Park, Washington D.C.

Cette statue équestre représente Jeanne d'Arc montant un cheval au trot, reposant sur une base de granit à trois niveaux (haut. 1.32 m x larg. 3.35 ). Son torse est légèrement de biais, son bras droit levé derrière elle. Elle porte un casque la visière relevée, a le regard tourné vers le ciel et tient les rênes de son cheval de la main gauche. L'épée qu'elle tenait originellement de la main droite a été volée en 1978[8]. Le piédestal a été conçu par l'Américain H.L. Davis[9].

On peut y lire cette inscription :

JEANNE D'ARC
LIBERATRICE
1412-1431
AUX FEMMES D'AMERIQUE
LES FEMMES DE FRANCE
A NEW YORK
LE 6 JANUARY 1922[6]

Histoire[modifier | modifier le code]

L’œuvre fut d'abord proposée en mai 1916 par Mme Polifème à la Commission des Beaux-Arts afin de célébrer l’amitié entre la France et les États-Unis. Durant sa conception, le sculpteur se tint en étroite relation avec le ministre français de l'éducation et des beaux-arts afin de proposer une représentation crédible de la paysanne lorraine[10].

La Commission des beaux-arts des États-Unis proposa en 1921 que la statue soit placée sur la terrasse du Meridian Hill Park[9].

La statue a été achevée à Paris en 1922. La réplique de Washington fut offerte par Le Lyceum Société des Femmes de France aux femmes des États-Unis d'Amérique[11].

L'inauguration le 6 janvier 1923 se fit en présence du président Harding et de l'ambassadeur français qui en étaient les invités d'honneur, ainsi que de leurs épouses[10].

Selon la Commission Nationale des beaux-arts, « la statue était considérée par les artistes comme la plus belle statue équestre des temps modernes »[10]. Henry Bacon écrivit « La statue de Jeanne d'arc par Henri Dubois est une des plus belles choses au monde et aucun emplacement n'est trop beau pour elle. »[12].

Paul Claudel qui était alors ambassadeur de France aux États-Unis (de 1928 à 1933) lui rendit hommage à l'occasion du 500ème anniversaire du martyre de Jeanne d'Arc le 30 mai 1931[13].

Une inspection de la statue en 1994 montra que son état nécessitait des travaux de restauration[6].


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Le monument équestre de Jeanne d’Arc ou les étranges rapports entre Pierre Bingen et Edmond Gruet
  2. « Statue de Jeanne d'Arc à Reims », sur www.reims-tourisme.com, Office de tourisme de Reims (consulté le 11 mai 2011)
  3. « Biographie de Paul Dubois », sur musee-nogent-sur-seine.fr (consulté le 11 mai 2011)
  4. Joan of Arc, (sculpture)
  5. « Notice no M0301000103 », base Joconde, ministère français de la Culture
  6. a, b et c Save Outdoor Sculptures!, « Joan of Arc (sculpture) », SOS!, Smithsonian,‎ 1994
  7. Christel Sniter, « La guerre des statues : La statuaire publique, un enjeu de violence symbolique : l'exemple des statues de Jeanne d'Arc à Paris entre 1870 et 1914 », Sociétés & Représentations, vol. 1, no 11,‎ février 2001 (lire en ligne)
  8. Byrne, Ashley "Joan of Arc Statue", Not For Tourists, April 6, 2007
  9. a et b "Joan of Arc Statue Ready For Capital", American Art News. Vol 20, No. 4., p. 4
  10. a, b et c Brigham, Gertrude Richardson. "A New Memorial to Jeanne D'Arc in Washington", Art and Archeology, Vol. 13, 1922, p. 96.
  11. Field, Cynthia R., Isabelle Gournay and Thomas P. Somma. Paris on the Potomac. Ohio University Press, 2007, p. 67
  12. Cultural Tourism DC, « Columbia Heights Cultural Assets Inventory. », Cultural Tourism DC,‎ 2008
  13. Morrison, Ella J., "Chronicler's Report for 1929" Records of the Columbia Historical Society, Washington, D.C., Vol 33/34, pp. 341. Historical Society of Washington, D.C.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]