Statolâtrie

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La Statolâtrie ou statolaterie se définit comme étant le "culte de l'idée étatique" par l'association des termes status(mot latin qui signifie État) et idolatrie[1].

Sources diverses[modifier | modifier le code]

Ce terme apparaît parfois dans la littérature relative aux dictatures, notamment celle relative à Mussolini, par exemple dans la Doctrine du Fascisme de Giovanni Gentile[2],[3].

Le mot Statolâtrie apparaît également dans l'encyclique Non abbiamo bisogno de Pie XI, dans laquelle il dénonce le régime de Mussolini : « Or, Nous voici en présence de tout un ensemble d'authentiques affirmations et de faits non moins authentiques, qui mettent hors de doute le propos, déjà exécuté en si grande partie, de monopoliser entièrement la jeunesse, depuis la toute première enfance jusqu'à 1' âge adulte, pour le plein et exclusif avantage d'un parti, d'un régime, sur la base d'une idéologie qui, explicitement, se résout en une vraie et propre statolâtrie païenne, en plein conflit tout autant avec les droits naturels de la famille qu'avec les droits surnaturels de l'Église ». Le terme sera utilisé également dans l'interprétation qui suivra cette encylcique qui traite de la relation entre Église catholique romaine et le régime fasciste de Mussolini[4].

Auparavant, le terme de politiolatrie était utilisé pour décrire la doctrine de la raison d'état durant le XVIIe siècle, avec la même signification[5].

La statolâtrie selon Ludwig von Mises[modifier | modifier le code]

Le terme a également été popularisé et expliqué par Ludwig von Mises dans son premier livre en anglais Omnipotent Government, The Rise of the Total State and Total War (Le gouvernement omnipotent) publié en 1944 par la Yale University Press. La ""statolâtrie"" est littéralement un culte de l'État analogue à l'idolâtrie, un culte des idoles. Il affirme que la glorification et la grandeur de l'État ou la Nation fait l'objet de toute aspiration humaine légitime au détriment de tout le reste, y compris le bien-être personnel et la libre pensée. L'expansion de la puissance et l'influence de son propre État doit être atteint, si nécessaire, par le biais agressif (guerre et Colonialisme) (c.-à-d l'Impérialisme). Il dépasse de loin le patriotisme de ceux qui reconnaissent les droits à l'autodétermination des personnes autres qu'eux-mêmes et pourrait mieux être décrit comme un super-patriotisme ou nationalisme-chauvinisme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L'âme du peuple russe n'a pas été entièrement envahie par la statolâtrie byzantine » (V. Soloviev, inL'Univers, août 1888ds Quem. DDL t. 26)
  2. Origini e dottrina del fascismo (1929)
  3. Voir Benito Mussolini « En 1932, certainement avec Giovanni Gentile sinon sous son influence, Mussolini écrit l'article fascisme de l'encyclopédie Treccani, dans lequel il précise la doctrine de son parti »
  4. « incompatibilité du christianisme avec la statolâtrie païenne propre au fascisme mussolinien » Pie XI, encyclopédie Larousse
  5. (en) Burns, J. H. (ed.) The Cambridge History of Political Thought, 1450-1700. Cambridge: Cambridge University Press. p. 483.
  • (en)New idols: Catholicism in the face of Fascist totalitarianism, Journal of Modern Italian Studies, Volume 11, Number 2, June 2006, pp. 143–170(28) (voir aussi (les liens ci-dessous ne peuvent pas être publiés sur wikipedia)
  • Statolâtrie ou le communisme légal de Martinet, Antoine (1802-1871) - (Livre en ligne)
  • Critique de la Statolâtrie (Psychologie de l'antinationalisme) d'Irène de Buisseret (A télécharger)
  • Philosophie et politique, Trois concepts de la liberté politique]
  • L'Europe, naissance d'une utopie ?: Genèse de l'idée d'Europe du XVIe au XIXe siècle Par Michèle Madonna Desbazeille - Hegel et l'Europe - Livre en ligne
  • La dimension politique du langage par Stève Gaston Bobongaud - Livre en ligne

Articles connexes[modifier | modifier le code]