Statkraft

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59° 54′ 55.11″ N 10° 38′ 07.92″ E / 59.9153083, 10.6355333

Statkraft est un groupe norvégien producteur européen d'énergies dites renouvelables, créé en 1895. Il développe ses activités dans les secteurs de l’énergie hydraulique, de l’éolien, du gaz et du chauffage urbain. Il développe également des solutions énergétiques innovantes telles que l’énergie osmotique. Il déploie enfin des activités de négoce de l’électricité en Europe.

En Norvège, Statkraft est une entreprise publique. Il emploie 3 300 personnes dans plus de vingt pays. En 2010, il a produit 57,4 TWh d’électricité en 2010, dont 90 % à base d’énergies renouvelables.

Présent dans plus de 20 pays, Statkraft exploite plus de 250 centrales hydroélectriques dans le Monde, 13 centrales de chauffage urbain (11 dans les pays nordiques et 2 en Allemagne), 5 parcs éoliens (3 en Norvège, 1 au Royaume-Uni et 1 au Chili) et 5 centrales à cycle combiné à gaz en Europe. Statkraft développe également plusieurs projets sur les marchés émergents par le biais de sa filiale SN Power. Il est propriétaire du Câble de la Baltique[2].

Ses bureaux de négoce sont implantés au siège, à Oslo, ainsi qu’à Stockholm, aux Pays-Bas et en Allemagne[3].

Historique[modifier | modifier le code]

L’histoire de Statkraft est liée au développement de l’énergie hydraulique en Norvège à la fin du XIXe siècle.

En 1895, l’État norvégien acquiert une première chute d’eau pour l’exploitation d’énergie hydraulique. Au cours du XIXe siècle, la croissance soutenue d’industries fortement consommatrices d’énergie entraîne la construction de plusieurs centrales hydroélectriques en Norvège. En 1921, le Norwegian Water Resources and Energy Directorate (NVE) est créé pour notamment construire et exploiter les centrales électriques publiques de la Norvège. Le Parlement norvégien alloue des fonds pour réguler la rivière Numedalslågen et acheter la centrale hydroélectrique de Glomfjord dans la région du Nordland[4].

Après la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement norvégien cherche à exploiter davantage le potentiel hydraulique inutilisé : cette seconde période d’expansion dure jusqu’au début des années 1980. En 1986, Statskraftverkene devient une entreprise publique autonome, propriété du Ministère du Pétrole et de l’Énergie[5].

En 1991, le marché énergétique norvégien est le premier du monde à être dérégulé. Certains segments sont ouverts à la concurrence et d’autres, comme le transport ou la distribution, restent sous monopole. En 1992, Statkraft est créé pour prendre en charge la production et la vente d’énergie sur le territoire norvégien, via un marché organisé (bourse énergétique)[4].

Chiffres clés et implantation du groupe Statkraft dans le monde

Après avoir investi dans plusieurs entreprises énergétiques en Norvège, Statkraft s’implante en Suède en 1996, où il s’impose comme un fournisseur d’énergie et un acteur important sur le marché. En 1998, le groupe étend progressivement ses activités commerciales sur la partie continentale de l’Europe en implantant des bureaux de négoce aux Pays-Bas et en Allemagne. L’ouverture de centrales à cycle combiné à gaz en Allemagne en 2007 marque une étape décisive pour le groupe qui compte désormais parmi les principaux producteurs d’électricité en Europe continentale, et multiplie ses capacités de négoce[4].

En 2008, Statkraft acquiert 53 centrales hydroélectriques supplémentaires et devient le premier producteur d’énergie renouvelable en Europe. En 2009, Statkraft annonce officiellement sa candidature au renouvellement des concessions hydroélectriques en France. Le 1er avril 2009, Statkraft annonce un investissement de 500 millions £ dans un projet de parc éolien en Écosse. La même année, Statkraft et StatoilHydro s’associent pour le développement du parc éolien offshore de Sheringham Shoal de 318 MW au large des côtes anglaises du Norfolk[6]. Le 24 novembre 2009, Statkraft inaugure le 1er prototype mondial de production d’énergie osmotique, à quelques kilomètres d’Oslo en Norvège[4].

En octobre 2010, Statkraft devient propriétaire du Câble de la Baltique. En juin 2011 Statkraft et Nitto Denko[7] Hydranautics concluent un accord pour le développement et la fourniture de membranes pour l’énergie osmotique. Cet accord accélèrera le développement de cette nouvelle énergie renouvelable[4]. En juin 2011, Statkraft et Nitto Denko annoncent la concrétisation officielle de ce projet[8].

Activités[modifier | modifier le code]

Production d’énergie[modifier | modifier le code]

Énergie hydraulique[modifier | modifier le code]

Barrage de Farrevass dam, complexe hydroélectrique d’Ulla Forre

Statkraft exploite 258 centrales hydroélectriques dans le Monde : 165 en Norvège, 59 en Suède, 10 en Allemagne, 4 en Finlande, 3 au Royaume-Uni, et 17 hors d’Europe. Statkraft possède plusieurs centrales en Amérique du Sud et en Asie par l’intermédiaire de la société SN Power dont l’entreprise est actionnaire à 60 %[9]. Les centrales hydroélectriques de Statkraft ont une capacité de production totale d’environ 13 000 MW. L’entreprise est impliquée dans le développement de plusieurs projets dans les régions nordiques et le Sud-Est de l’Europe.

Énergie éolienne[modifier | modifier le code]

Parc d’Altwallis, Pays de Galles

L’énergie éolienne est une autre source d’énergie renouvelable. Statkraft est propriétaire et exploitant de 3 parcs éoliens en Norvège, 1 au Pays de Galles et 1 au Chili, avec d'autres projets en cours. L’entreprise a également obtenu une autorisation pour la construction de 2 nouveaux parcs éoliens au Royaume-Uni[10],[11] et a plusieurs projets similaires en cours de développement en Suède[12],[13],[14], notamment avec le géant suédois SCA, producteur de pâte à papier et propriétaire d'un très grand parc forestier, dans le cadre d'une coentreprise pour le développement et la construction de six parcs éoliens dans la région d'Ostersund[15]. Au Pays de Galles, Statkraft a acheté, en novembre 2008 toutes les actions restantes de la compagnie Catamount Cymru Cyf détenant les droits de construire et d'exploiter le parc éolien Blaengwen[16].

Centrales à cycle combiné à gaz[modifier | modifier le code]

Maquette du projet de centrale à cycle combiné au gaz naturel dans la plaine de l’Ain, Rhône-Alpes, France

Statkraft exploite 3 centrales à gaz en Allemagne et détient la moitié du capital de deux autres centrales, l’une en Allemagne et l’autre en Norvège.

Énergie osmotique[modifier | modifier le code]

Statkraft a inauguré le 24 novembre 2009 le 1er prototype mondial de production d’énergie osmotique à Tofte[17], en Norvège. Le groupe souhaite construire à l'horizon 2015 un premier exemplaire commercial de 25 MW alimentant l'équivalent de 10 000 ménages[18].

Systèmes de chauffage urbain / biomasse[modifier | modifier le code]

Centrale de chauffage urbain de Heimdal, Trondheim, Norvège

Le groupe gère plusieurs centrales de chauffage urbain en Norvège, notamment à Trondheim et Porsgrunn[19], ainsi que 5 centrales en Suède. Statkraft gère en partenariat deux centrales à biomasse en Allemagne.

Commerce / distribution et ventes d’énergie[modifier | modifier le code]

Électricité[modifier | modifier le code]

Statkraft commercialise de l'électricité dans plus de 20 pays européens :

  • Nordpool (Norvège, Suède, Finlande, Danemark)
  • EEX (Allemagne, Suisse)
  • EXAA (Autriche)
  • APX (Pays-Bas)
  • Belpex (Belgique)
  • Powernext (France)
  • UKPX (Royaume-Uni)
  • OMEL (Espagne)
  • PXE (République Tchèque)
  • GME (Italie)
  • South Pool(Slovénie, Serbie)
  • Opcom (Roumanie)

Contrats de soutien financier[modifier | modifier le code]

Statkraft propose des solutions à des clients soumis aux aléas des prix du charbon, du gaz et de divers produits pétroliers.

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

Statkraft vend des titres de diverses sources d'énergies renouvelables, telles que des centrales hydroélectriques et des parcs éoliens de petite et grande envergure.

Gaz à effet de serre[modifier | modifier le code]

Statkraft propose une gamme de produits et services dans le cadre du système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre de l’Union européenne (EU ETS) et des différents mécanismes mis en place par le Protocole de Kyōto.

Gaz[modifier | modifier le code]

Les actifs gaziers actuels de Statkraft se composent de 4 centrales à cycle combiné à gaz en Allemagne, une centrale de gaz en Norvège et des contrats de fourniture flexibles à long terme.

Projets dans le monde[modifier | modifier le code]

Maquette du projet de parc éolien off-shore – « Sheringham Shoal » - Royaume-Uni

En Turquie[20],[21] , Statkraft a commencé la construction de la centrale hydroélectrique de Kargi, au nord du pays. Les travaux devraient être achevés fin 2013. La centrale aura une capacité de 102 MW pour une production annuelle moyenne de 467 GWh. Deux autres projets de construction de centrales hydroélectriques (Inde et Chili) seront achevés fin 2011. Elles auront une capacité respective de 192 et 155 MW[22] .

En Allemagne, dans la région de Cologne, Statkraft a obtenu une autorisation pour la construction et l’exploitation d’une nouvelle centrale à cycle combiné à gaz (Knapsack II)[23]. La centrale devrait être terminée début 2013 et exploitée dans le courant de la même année[24]. Au Royaume-Uni, Statkraft et Statoil sont chargés de la construction du quatrième parc éolien offshore, à 20 kilomètres au nord de la ville côtière de Sheringham. Ce parc au large comprendra 88 éoliennes avec une capacité combinée de 318 MW. Il devrait être complètement opérationnel en 2012[25].

Dans le domaine de l’éolien onshore, Statkraft construit un parc à Mörttjärnberget en Suède et un autre parc près de Thurso (Écosse) en Écosse (parc éolien de Baillie). Les deux projets devraient être terminés en 2013[26].

En France, Statkraft se concentre sur la production flexible d’électricité. Le groupe est candidat au renouvellement de certaines concessions hydroélectriques. S’intéressant en priorité aux concessions hydroélectriques de taille importante pour lesquelles le groupe bénéficie d’une expérience séculaire[27], Statkraft est candidat pour les appels d’offres lors du renouvellement des concessions hydroélectriques sur les vallées d’Ossau, du Drac et du Lot et Truyere en France[28]. Sur les dix premières concessions hydrauliques françaises qui seront ouvertes à la concurrence, Statkraft ambitionne d'être candidat aux six plus grosses, (+ de 100 mégawatts)[29].

Le siège de Statkraft France est situé à Lyon. Son Président est Emmanuel Soetaert.

Faits et chiffres[modifier | modifier le code]

  • 1er producteur européen d’énergies renouvelables
  • 1er producteur d’électricité en Norvège et 3e producteur dans les pays nordiques
  • Effectif : 3 300 personnes
  • Présent dans plus de 20 pays
  • Un chiffre d’affaires de 3,7 milliards € en 2010 (27 milliards NOK)
  • Plus de 100 ans d’expérience dans la production d’énergie propre
  • Fournit plus de 600 000 clients en Norvège et en Suède
  • Capacité installée : 16 010 MW, dont près de 13 000 MW d’hydroélectricité
  • Forme juridique : société publique
  • Siège social : Oslo (Norvège)
  • Activités : production et distribution d'électricité
  • Société mère : Statkraft AS
  • Président : Christian Rynning-Tønnesen, PDG
  • Actionnaire unique : Ministère norvégien du Commerce et de l'Industrie

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Rapport d’activité 2010 de Statkraft
  2. Statkraft acquires remaining shares in Baltic Cable AB from E.ON Sverige
  3. Site de Statkraft
  4. a, b, c, d et e Histoire de Statkraft
  5. Histoire de Statkraft
  6. Sheringham Shoal
  7. / Statkraft and Nitto Denko/Hydranautics cooperates to make osmotic power reality
  8. STATKRAFT et NITTO DENKO / HYDRANAUTICS : accord sur le projet de centrale osmotique
  9. Statkraft increases stake in SN Power to 60%
  10. Statkraft purchase 50% of DONG’s UK offshore energy production
  11. More wind power licenses gained in the UK
  12. Statkraft to build onshore wind farms in Sweden and Scotland
  13. Statkraft to build several wind farms in Sweden
  14. Statkraft opens its first wind farm in Sweden
  15. Statkraft et SCA développent l'énergie éolienne en Suède
  16. Stéphanie Fleur, « Statkraft investit dans les énergies renouvelables au Royaume-Uni », sur clean@uto,‎ 30 novembre 2008.
  17. Inauguration de la première centrale osmotique du monde par la princesse héritière de Norvège
  18. L'énergie osmotique, une énergie d'avenir ?
  19. District heating
  20. La première centrale hydroélectrique de Statkraft en Turquie est officiellement en exploitation
  21. Statkraft to build second hydropower plant in Turkey
  22. SN Power`s two hydro power plants inaugurated today
  23. "Statkraft in Germany : how we see renewables integrating currently"
  24. Statkraft, Siemens to build 430MW Knapsack II CCGT plant in Germany
  25. StatoilHydro and Statkraft to develop offshore wind farm
  26. Statkraft greenlights Scottish Baillie
  27. Statkraft se porte candidat à la reprise des centrales hydroélectriques d'EDF
  28. Les Norvégiens visent les barrages
  29. Barrages français: le Norvégien Statkraft vise 20 % du premier round

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]