Stasis

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La stasis (στάσις / stásis), est le terme par lequel les anciens Grecs désignaient une crise politique, morale et sociale qui résulte d'un conflit interne à une cité-état, souvent entre les riches et les moins riches, notamment à Athènes entre les Eupatrides (les « bien-nés ») et ceux que l'aristocratie désigne sous le nom de kakoï[1] ou encore à Mégare, dont le poète Théognis se fait témoin. Elle peut être traduite par les termes de discorde, de décadence, d'effondrement des valeurs aristocratiques, troubles civiques et même révolte.

La plupart des cités grecques connurent des manifestations de la stasis aux époques archaïques et classiques. Cette crise est perçue dans les sources, tant comme une souillure civique que comme une sédition. Son expression la plus aiguë est la guerre civile. Elle ne connaît ni règle, ni limite. Cette rivalité se traduit dialectiquement par des affrontements politiques ou des guerres civiles, par une suite de revendications, de victoires et de relatifs reculs qui résument l'histoire de la cité archaïque, de la tyrannie et du processus de démocratisation.

Stasis est aussi le dieu qui incarne la guerre civile, le désaccord au sein d'un même peuple. Il était associé à Arès, qui en serait soit le compagnon, soit le maître. La stasis désigne la réalité de la guerre à l'intérieur de la ville, alors que polémos désigne la guerre contre un ennemi extérieur.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicole Loraux, La cité divisée. L'oubli dans la mémoire d'Athènes (Petite Bibliothèque, Payot, Paris, 2005 [1997])

Références[modifier | modifier le code]

  1. le nom « Kakos », qui signifie non seulement "mauvais", mais également "bête", "laid" et "honteux", laisse entendre que leur champ d’action est restreint et qu’ils ne se manifestent que par des nuisances occasionnelles, qu’il convient d’éviter en faisant l’une ou l’autre libation. (d’après Les Mythes grecs, Robert Graves [Fayard, 1968])