Stanisław Staszic

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Stanisław Staszic

Stanisław Staszic, né le 6 novembre 1755 à Piła, mort le 20 janvier 1826 à Varsovie, est un homme d'État, un homme de sciences et un écrivain polonais de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle, dont l'œuvre et l'action, imprégnées de l'esprit des Lumières eut un retentissement considérable dans une Pologne aux prises avec la convoitise de ses voisins plus puissants.

Stanisław Staszic a très tôt été considéré comme le personnage le plus remarquable du siècle des Lumières en Pologne. Ses funérailles furent une manifestation considérable et sa tombe à Bielany devint rapidement un lieu de pèlerinage pour la jeunesse polonaise.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

La Pologne du XVIIIème siècle, officiellement « République des Deux Nations » (royaume de Pologne et Grand-duché de Lituanie), est une monarchie élective dans laquelle la noblesse joue un rôle considérable. Durant le règne de Stanislas Auguste Poniatowski (1762-1795) le pays subit les trois partages de la Pologne : en 1772, 1793, et 1795 ; le dernier met fin à son existence politique, son territoire étant totalement réparti entre la Russie (Vilnius, Minsk), la Prusse (Poznan, Varsovie) et l'Autriche (Cracovie, Lublin). La période 1773-1791 a cependant été marquée par une action réformatrice remarquable dans plusieurs domaines : économie, culture et instruction publique (création en 1773 de la Commission de l'éducation nationale), politique avec la Constitution du 3 mai 1791.

La situation change fin 1806, à la suite de la défaite prussienne d'Iéna : la Pologne prussienne est occupée par l'armée de Napoléon ; lors du traité de Tilsit (juillet 1807), les provinces polonaises acquises par la Prusse en 1793 et 1795 deviennent le duché de Varsovie ; en 1809, y sont jointes les provinces acquises par l'Autriche en 1795. Après la retraite de Russie (1812), le duché de Varsovie est occupé par les troupes russes. Lors du Congrès de Vienne en 1815, le tsar Alexandre Ier s'entend avec les Polonais russophiles (notamment Adam Czartoryski) et accepte de rétablir un nouveau « royaume de Pologne » (aussi appelé royaume du Congrès), dont il sera le roi et qu'il dote d'une constitution relativement libérale.

Les relations entre ce roi russe et ses sujets polonais, d'abord assez bonnes, évoluent ensuite défavorablement, notamment après l'avènement de Nicolas Ier en 1825.

Biographie[modifier | modifier le code]

Stanisław Staszic est issu d’une famille bourgeoise de la région de Bydgoszcz, à la limite de la Prusse occidentale et de la Posnanie. Il est le fils de Wawrzyniec Staszic, secrétaire royal et bourgmestre de Piła, lui-même fils d'un bourgmestre de la ville.

Etudes

Stanisław fait des études secondaires au Collège de Poznan (Collegium Posnianae), tenu par les Jésuites, et devient prêtre en 1778-1779.

De 1779 à 1781, il étudie en France, assistant à des cours de physique et de sciences naturelles du Collège de France à Paris (il est alors en contact avec Buffon), et en Allemagne, aux universités de Leipzig et de Göttingen. Durant cette période, il apprend aussi à connaître les Alpes et les Apennins.

Débuts de sa carrière

À son retour en Pologne, il devient précepteur des enfants du chancelier Andrzej Zamoyski. En 1782, il obtient un doctorat de l'Académie Zamoyski[1] ; il y enseigne la langue française jusqu'en 1784.

Suite de sa carrière

Il s’occupait également de l’orographie des Carpathes.

Il fut membre puis président de l’Association des amis des sciences. Il contribua au développement de l’éducation et de l’industrie minière en Pologne.

Staszic associait des connaissances approfondies et polyvalentes à une profonde générosité du cœur. Il se préoccupa beaucoup du destin des bourgeois et des paysans. Il donna ses biens de Hrubieszów aux paysans et légua de grosses sommes dans un but social. Ses activités touchaient aux domaines les plus importants de la vie politique et sociale.

Ses idées[modifier | modifier le code]

Il présenta ses idées dans deux livres : Remarques sur la vie de Zamoyski et Avertissements pour la Pologne. Le programme socio-politique de Staszic ne prenait pas seulement en compte les besoins de la bourgeoisie et de la paysannerie, mais manifestait aussi un grand souci pour le pays tout entier et exprimait la crainte que celui-ci ne perdît son indépendance.

L'éducation

Cet écrivain attachait une grande attention à l’éducation des jeunes dont le but devait être la prospérité de la patrie. Puisque le bonheur de la société vient de l’utilité de tous ses membres, « l’éducation elle-même, écrit-il, doit servir au citoyen, lui être utile. » Il proposa d’appliquer aux écoles le principe d’associer la théorie à la pratique, de développer la connaissance de son propre pays, d’approfondir les sciences mathématiques, physiques et chimiques. Il insistait sur la nécessité d’enlever à l’Église la tutelle de l’instruction : son programme pour la Commission de l’éducation nationale en témoigne.

Le système politique

Sur le plan politique, il est pour un renforcement du pouvoir royal. Il s’oppose à l'élection du roi par la Diète et s'affirme donc pour la succession héréditaire. Il revendique aussi la suppression du « liberum veto », c'est-à-dire la possibilité pour tout membre de la Diète de mettre en échec une loi. Il réclame que la Diète accueille des représentants de la bourgeoisie. Il voit aussi la nécessité de créer une armée de métier permanente. Ce programme est en partie satisfait par la Constitution de 1791.

La critique des magnats (la haute noblesse polonaise dont les Zamoyski étaient d'ailleurs des membres éminents) occupe une place à part dans ses œuvres. Il les rend responsables de la chute du pays : « Seuls les seigneurs contribuent à la perte des Polonais ». Selon Staszic ils avaient éteint le respect pour la loi et avaient contribué au partage de la Pologne. Leur conduite était dictée, selon lui, par un égoïsme qui pouvait les amener à la trahison[2].

La société polonaise

Stanisław Staszic se préoccupe du problème de la condition servile de la paysannerie polonaise : il ne va pas jusqu'à demander l'affranchissement des serfs, mais propose de remplacer la corvée par un loyer, et que le seigneur n’ait pas le droit de chasser un serf sans décision judiciaire ; il demande aussi de supprimer les tribunaux seigneuriaux.

Il exige plus de lois en faveur de la bourgeoisie, pour assurer un large développement des villes, ce qui conduirait à l’industrialisation du pays, et, par conséquent, serait favorable au développement du commerce et de l’artisanat.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ouvrages[3] publiés de son vivant
  • Uwagi nad życiem Jana Zamoyskiego (Remarques sur la vie de Jan Zamoyski), 1787, disponible en ligne (original), traduit en allemand (1787) (rééditions : 1816, 1861 ; Varsovie, 1951)
  • Przestrogi dla Polski (Avertissements à la Pologne), 1790 (réédition : Cracovie, 1926)
  • O ziemorództwie gór dawnej Sarmacji, potem Polski (Sur l'origine des montagnes de l'ancienne Sarmatie, ultérieurement la Pologne), 1815 (réédition : Varsovie, 1955)
  • O przyczynach szkodliwości Żydów (Les raisons de la nocivité des Juifs), 1818
  • Ród Ludzki (L'espèce humaine), 1820 (réédition : Varsovie, 1959)
  • une traduction en polonais de l'Iliade, 1815.
Autres
  • Dziennik podrózy Ks. Stanisława Staszica 1777-1791 (Journal des voyages de l'abbé Stanislas Staszic 1777-1791), Varsovie, E. Wende, 1903
  • Dziennik podróży Stanisława Staszica 1789-1805, Cracovie, Académie polonaise, 1931
  • Autobiografia ; Testament, Piła, Musée Stanisław Staszic, 2005

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Académie Zamoyski : située à Zamość, fondée en 1594 par le chancelier Jan Zamoyski. Cf page anglaise Zamoyski Academy
  2. Un cas particulièrement net, du vivant de Staszic, est celui des membres de la confédération de Targowica, qui, refusant la Constitution de 1791, se rebellent et font appel à l'intervention russe.
  3. Cf. page anglaise (éditions d'origine) ; catalogue SUDOC et Worldcat (éditions récentes)