Stanisław Komorowski

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Stanislaw Komorowski à Londres en 2002

Stanisław Jerzy Komorowski, né à Varsovie le 18 décembre 1953 et mort à Smolensk le 10 avril 2010, était un diplomate, physicien et homme politique polonais.

Formation et carrière scientifique[modifier | modifier le code]

Stanisław Komorowski effectue ses études secondaires à Varsovie dans l’arrondissement de Żoliborz. Entre 1972 et 1978, il étudie la physique à l’université de Varsovie. Il obtient une maîtrise en biophysique en rédigeant un mémoire de recherche sur la résonance magnétique. En 1985, il obtient un doctorat en biophysique avec une thèse portant sur la photoacoustique.

Il parle polonais, français, anglais et russe[1].

Entre 1978 et 1990, il travaille à l’Institut de Physique et Chimie de l’Académie polonaise des sciences. En 1986 et à nouveau en 1989-1990, il est détaché au département de chimie de l’Université de l’Utah à Salt Lake City. Il publie des articles scientifiques, notamment dans le domaine des mesures photoacoustiques.

Carrière diplomatique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Stanisław Komorowski débute sa carrière diplomatique en 1991. Il fait partie de la nouvelle génération de diplomates qui émergent à la fin de la période communiste. Il entre au ministère des Affaires étrangères comme responsable du personnel du cabinet du ministre Krzysztof Skubiszewski. L'année suivante, il devient directeur adjoint puis directeur du département Europe, au moment où la Pologne entame son processus d'adhésion à l'Union européenne[1].

Ambassadeur à Amsterdam et à Londres[modifier | modifier le code]

Entre 1994 1998, il est ambassadeur de Pologne aux Pays-Bas[1].

De 1998 à 1999, il est brièvement directeur de cabinet au ministère des Affaires étrangères, puis il est nommé ambassadeur de Pologne au Royaume-Uni. Il occupe ce poste jusqu’en 2004, dans le contexte des préparatifs de l'adhésion de la Pologne à l'Union européenne et à l'OTAN[1]. À Londres, il est membre du Garrick Club et du Beefsteak Club (en)[2].

Dans un discours donné à la European Business School (en) de Londres en décembre 2002, il exprime l'ambition de la Pologne d'être un partenaire actif au sein de l'Union européenne élargie : « Les Polonais doivent voir qu'ils seront traités comme des partenaires égaux et non comme des cousins pauvres de l'Est. » Il souhaite une politique économique ambitieuse et efficace, mais s'oppose à une harmonisation fiscale et à une politique sociale au niveau européen[3].

Vice-ministre[modifier | modifier le code]

À son retour de Londres, il travaille au sein du ministère des Affaires étrangères et dirige le département Asie-Pacifique[4]. Il est également vice-ministre des Affaires étrangères du cabinet Marcinkiewicz d'octobre 2005 à juillet 2006. À ce titre, il demande en mars 2006 un renforcement des sanctions à l'égard du président biélorusse Alexandre Loukachenko. Il propose au Conseil des ministres de l'Union européenne d'interdire de visa et de geler les avoirs des proches de Loukachenko, et des sanctions économiques « à condition que la population n'en souffre pas[5]. »

Après les élections législatives de 2007, remportées par les libéraux de la Plate-forme civique, Stanisław Komorowski est nommé vice-ministre de la Défense dans le cabinet Tusk[1].

Il est notamment chargé des négociations avec les États-Unis sur l'installation de missiles Patriot en Pologne, au cours desquelles il obtient que les troupes américaines présentes en Pologne puissent être soumises à la juridiction des tribunaux polonais en dehors des périodes de manœuvre[6]. Il négocie aussi le projet de bouclier anti-missile que les États-Unis souhaitaient implanter en Pologne[7]. L'ambassadeur des États-Unis en Pologne Lee Feinstein (en) commentera en avril 2010 : « Avec le ministre Komorowski à la table des négociations pendant les discussions sur le statut des forces américaines, nous savions que nous arriverions à un accord qui satisfasse les besoins des deux parties, et nous y sommes arrivés[8]. »

En décembre 2010, le site WikiLeaks révèle que l'OTAN avait conçu un plan secret de défense de la Pologne et des États baltes contre une possible invasion russe, nommé « Eagle Guardian[9] ». Dans un télégramme diplomatique publié par le quotidien britannique The Guardian, Stanislaw Komorowski écrit aux autorités américaines que le gouvernement polonais préfèrerait un plan unique pour la Pologne à une approche régionale pour toute l'Europe de l'Est, mais qu'il serait prêt à accepter un plan global comportant « deux chapitres complémentaires pour la Pologne et les États baltes[10] ».

Décès dans le crash de Smolensk[modifier | modifier le code]

Stanisław Komorowski est tué le 10 avril 2010 dans l'accident de l'avion présidentiel polonais à Smolensk[11].

Il est enterré avec les honneurs militaires au cimetière de Powązki à Varsovie, en présence du ministre de la Défense Bogdan Klich, qui loue dans son éloge funèbre ses talents diplomatiques et son dévouement au service de la collectivité[12]. Il est décoré à titre posthume de la médaille de l'ordre Polonia Restituta.

Il laisse sa troisième femme Eva et trois fils de ses précédents mariages[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Biographie de Stanisław Komorowski, Ministère de la Défense.
  2. a et b « Stanislaw Komorowski: Polish diplomat », The Times, 10 mai 2010.
  3. « Stanislaw Komorowski: The Poles are not Europe's poor cousins from the East », The Independent, 9 décembre 2002.
  4. Personnel of the Polish Foreign Service, Ministère des Affaires étrangères, 2004.
  5. « Germany Pledges Support for Belarusian Opposition », Deutsche Welle, 20 mars 2006.
  6. « Le premier Patriot arriverait en Pologne au printemps, non armé », Bruxelles2 - L'Europe de la Défense, 14 décembre 2009.
  7. « Stanislaw Komorowski », Dziennik, 10 avril 2010.
  8. « With Minister Komorowski seated across the table from our negotiators during U.S.-Polish talks on a Status of Forces Agreement, we knew we would come up with an agreement that met both sides' needs, and we did. », traduction libre, « Ambassador Feinstein Attends Funeral of Stanislaw Komorowski », Consulat des États-Unis en Pologne, 16 avril 2010.
  9. « WikiLeaks cables reveal secret Nato plans to defend Baltics from Russia », The Guardian, 6 décembre 2010.
  10. « US embassy cables: Poland sceptical over Baltic defence plan », The Guardian, 6 décembre 2010.
  11. Liste des victimes - Stanislaw Komorowski, smolensk-2010.eu
  12. « Stanislaw Komorowski spoczal na Starych Powazkach », Wirtualna Polska, 16 avril 2010.

Liens externes[modifier | modifier le code]