Stand de tir

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Vue aérienne d'un stand de tir extérieur en Cuxhaven-Altenbruch, Allemagne
Une femme tire avec un pistolet Glock 23 dans un stand de tir couvert.

Un stand de tir est un espace aménagé pour tirer en toute sécurité avec une arme à feu ou une arme à air comprimé, généralement sur des cibles, pour l'entraînement dans le cas des forces armées et de police, ou comme loisir dans le cas du tir sportif.

Les stands de tir peuvent être couverts ou en extérieur, et ils sont parfois limités à un certain type d'arme (par exemple aux seules armes de poing).

Histoire[modifier | modifier le code]

Il existait autrefois des stands de tir à l'arc. Un texte du début du XVe siècle (boniment de jongleur espagnol) relatant un voyage en Andalousie fait état de quarante-quatre stands de tir à l'arc dans la ville de Ceuta (dite la ville des archers)[1]. Ces stands furent détruits ou interdits durant l'occupation portugaise à partir de 1415.

Après l'apparition des premières armes à feu, les militaire s'entrainaient souvent sur des buttes de tir où le plomb pouvait être récupéré pour être refondu.
Certains stands de tir furent aménagés pour les militaires puis dans certains pays et dans "l'entre deux guerres", pour préparer les civils à un éventuel second conflit[réf. nécessaire].

Les collectionneurs ou amateurs d'armes à feu disposent aujourd'hui pour leurs loisirs d'armes de calibre de tir de précision, comme le calibre 22LR, sur des modèles semblables aux armes de guerres de l'époque et dont les munitions ont un coût moins élevé.

Les surplus d'armes d'après guerre ont permis l'émergence de disciplines sportives divers, peut-être encouragés par des risques de Troisièmes conflits généralisés qui ont été d'actualités durant la guerre froide.

Principales règles et bonnes pratiques à observer dans l'enceinte d'un stand de tir[modifier | modifier le code]

La manipulation des armes est strictement interdite dans les dépendances d'un club, et ne doit être effectuée qu’au pas de tir, le canon de l’arme toujours dirigé vers la butte de tir. le tireur doit toujours être sûr de sa cible et conscient de l'environnement de celle-ci ; L'index est sur la détente après que la cible soit en visée
Le nettoyage des armes est effectué sur la table prévue à cet effet, face au mur.
Ne jamais diriger l’arme vers autre chose qu'une cible d'entrainement et a fortiori vers une tierce personne, même si l'arme est vide de cartouches (Par sécurité, toute arme est dans ce contexte considérées comme potentiellement chargée)
Les armes enfermées dans leur mallette de transport doivent être dés-alimentée de leurs munitions et muni d'un dispositif de sureté empêchant l'utilisation de l'arme dans l'immédiateté.

La nouvelle réglementation sur les armes et munitions impose à tout détenteur d’arme(s), à titre sportif, d’être en mesure de présenter son autorisation de détention, en cours de validité, ainsi que la licence de la fédération Française de Tir de la saison sportive en cours visée par un médecin, lors du transport de son arme de son domicile au club de tir et vice versa.
Par ailleurs le transport des armes obéit à des règles de sécurité strictes : l'arme ne doit pas être chargée, elle doit être neutralisé soit par un verrou de pontet ou partiellement démontée, les munitions ne doivent pas se trouver dans le même contenant (mallette, sac de sport...) que l'arme.

En cas de fonctionnement défectueux d'une arme au pas de tir[modifier | modifier le code]

Arme de poing : Garder l'arme en direction de la butte de tir, l'index le long du pontet,
Retirer le chargeur et ouvrir la culasse, ou ouvrir le barillet,
Retirer les cartouches, déposer l'arme sur la table de tir,
Appeler un moniteur,

Arme d'épaule : Garder l'arme en direction de la butte de tir, l'index le long du pontet,
Retirer le chargeur, ouvrir la culasse,
Retirer les cartouches, déposer l'arme sur la table de tir,
Appeler un moniteur,

Législation[modifier | modifier le code]

La réglementation sur les armes et munitions impose à tout détenteur d’arme(s), à titre sportif, d’être en mesure de présenter la licence de la fédération Française de Tir de la saison sportive en cours visée par un médecin, lors du transport de son arme. Par ailleurs le transport des armes obéit à des règles de sécurité très strictes: l'arme ne doit pas être approvisionnée et doit être hors d'état d'usage immédiat (les solutions les plus courantes sont au choix : verrou de pontet, contenant fermé ou démontage partiel de l'arme)

La nouvelle réglementation sur les armes et munitions impose à tout détenteur d’arme(s), à titre sportif, d’être en mesure de présenter son autorisation de détention, en cours de validité, ainsi que la licence de la fédération Française de Tir de la saison sportive en cours visée par un médecin, lors du transport de son arme de son domicile au club de tir et vice versa.
Par ailleurs le transport des armes obéit à des règles de sécurité très strictes: l'arme ne doit pas être chargée, elle doit être neutralisé soit par un verrou de pontet ou partiellement démontée, les munitions ne doivent pas se trouver dans le même contenant (mallette, sac de sport...) que l'arme.

Sécurité et santé[modifier | modifier le code]

Discipline observée par les responsables et animateurs du stand[modifier | modifier le code]

Le responsable du stand de tir est habilité à contrôler :

  • le respect des règles de sécurité et le respect du code du travail (ex : en France décret n°2008-244 du 7 mars 2008) ;
  • le respect du règlement intérieur du stand et donc le cas échéant les autorisations de détention d’arme(s), le carnet de tir, le port du badge, le port du casque anti-bruit et des lunettes de protection en fonction des armes utilisées.

Risques sanitaires[modifier | modifier le code]

Ils concernent principalement :

  • Le risque de blessure (par recul d'arme ou impulsions sonores[2], rebond ou ricochet de balles ou tir accidentel vers un autre tireur), il doit être limité par le respect des mesures de sécurité et une conception adéquate du stand de tir;
  • le risques de dégradation de l'ouïe ; le port du casque, une bonne configuration du stand de tir[3],[4],[5] combinée à l'utilisation de matériaux absorbant le bruit diminuent ce risque[6]. Les nuisances sonores peuvent aussi concerner les riverains. Une évaluation sonore peut être calculée à partir de mesures d'immission de bruit dans le voisinage (par sonomètre en général, sans la caractéristique "Impulse"[7]) ; A l'occasion d'une étude publiée en 2011, 10 % d'un groupe de 1315 militaires français interrogés déclarait « avoir déjà été victime d’un traumatisme sonore aigu et un sur trois avoir déjà présenté des acouphènes aigus après un tir malgré le port des protections auditives. Ces antécédents de TSA de même que les acouphènes occasionnels après tir étaient corrélés aux difficultés de mise en place des protections auditives qui étaient retrouvées chez plus de 10 % des militaires[8]. C'est pourquoi des protections « moulées sur mesure », adaptées au conduit auditif pourraient être envisagées pour diminuer l’incidence des traumatismes sonores aigus »[8] (99,5 % de ces militaires ont dit porter des protections auditives en stand de tir, mais 8,9 % disent ne pas en porter en situation opérationnelle)[8]
  • L'exposition au plomb et à d'autres métaux toxiques[9] et plus généralement le risque d'intoxication par des métaux lourds et métalloïdes toxiques. Il est évident dans les stands fermés[10] tout particulièrement pour les instructeurs[11], mais existe aussi dans les stands découverts[12]. C'est le risque plus difficile à traiter, principalement via une bonne aération et un flux d'air propre arrivant idéalement du dos du tireur vers la cible et des outils de nettoyages adaptés.
    En raison de la toxicité des munitions, de l'échauffement du canon et de la munition au moment du tir et des amorces qui libèrent des molécules ou nanoparticules toxiques, écotoxiques et non biodégradables (autrefois de mercure et de fulminate de mercure et aujourd'hui d'autres métaux lourds tels que le baryum, le cuivre, l'arsenic et l'antimoine (utilisés comme durcisseur des balles ou grenailles de plomb)...), ou encore d'autres produits de dégradation thermique[13]. Du plomb est aussi émis dans l'air quand une balle de plomb s'écrase sur un matériau dur (au point d'impact) ainsi qu'à partir de la combustion « fulminante » et explosive de l'azoture de plomb (qui est l'explosif primaire de la cartouche) et parfois du frottement de la balle avec le canon[14]. Un risque significatif à certain de saturnisme existe pour les pratiquants réguliers[15],[16], les moniteurs de tir et les salariés du site ou de sociétés de nettoyage et de maintenance des installations[17]. « Des mesures de concentration en plomb dans l'air de stands de tir, réalisées par de nombreuses équipes ont montré que la Valeur Maximale d'Exposition (VME) (100 microgrammes par mètre cube) avait pu être dépassée dans des proportions importantes »[17] (« concentration médiane de 0,099 mg/m3 et 49,23 % des résultats supérieurs à la VLEP/8 h »[17].
    Ces personnes peuvent bénéficier de mesures de prévention (qui sont notamment « l'information et la formation du personnel, l’évaluation des risques, l’organisation du travail, les mesures d’hygiène et le suivi médical »)[18],[17]. Une évaluation audiométrique régulière et une mesure régulière de la plombémie et recommandée aux États-Unis pour les personnels[15]. Il est aussi recommandé de changer de vêtement avant et après la séance de tir (le stand de tir devrait comporter un vestiaire isolé et bien aéré et nettoyé)[15],[17].
    Un risque indirect peut aussi exister localement, par exemple pour les consommateurs de champignons ou de gibier via le saturnisme aviaire ou animal qui seraient prélevés dans les zones très proches du stand de tir. Lors de la construction de nouveaux stand de tir, il est recommandé par l'INRS en France d'inclure dans le cahier des charges des préconisations sur « l'implantation des locaux, les caractéristiques des matériaux à utiliser et les spécifications du système de ventilation et d’épuration de l’air »[17] [19], puis concernant les modalités de maintenance et nettoyage. Une alerte au risque toxique et pour l'audition et des recommandations similaires ont été faites aux États-Unis en 2009 à l'attention des gestionnaires et responsables de stand de tir par les CDC et le NIOSH [15]. Le NIOSH recommande la pose et un bon entretien de filtres à air adéquats[20]. Le NIOSH recommande aussi de substituer au munitions classiques des "munitions vertes" moins toxiques, en particulier les munitions ne contenant pas de plomb permettent de faire chuter de 80 % la teneur de l'air en métaux lourds dans le stand de tir[21]. Pour éviter l'intoxication saturnine et par d'autres métaux, le NIOSH recommande en 2009 l'interdiction de manger, boire et fumer dans les stands de tir, et après avoir tiré, il faudrait toujours bien se laver les mains et la figure (tour de la bouche notamment) avant de manger ou boire, fumer ou avoir des contacts avec le visage de quelqu'un d'autre en raison des molécules de plomb et d'autres métaux qui ont pu s'y déposer. Il est également recommandé aux femmes enceintes ou préparant une grossesse de ne pas fréquenter les stands de tir car le plomb est hautement toxique pour l'embryon et le fœtus et il n'est pas filtré par le placenta. De plus, le bruit pourrait aussi endommager le système auditif fœtal[22],[23]. Certaines procédures sont recommandées pour le nettoyage de surfaces contaminées par le plomb[24]. En France en 2003, les travailleurs de stands de tir faisaient partie d'un groupe d'environ 130 000 salariés considérés comme encore exposés au plomb et au saturnisme[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Colin, G. S., & Ricard, R. (1946) Tanger et Ceuta dans un boniment de jongleur espagnol du XVe siècle ; . Bulletin Hispanique, 48(3), 262-263
  2. Price GR (1989) Hazard from weapons impulses: Histological and electrophysiological evidence. J Acoust Soc Am 85(3):1245–1254
  3. NIOSH (1975) Lead exposure and design considerations for indoor firing ranges. Cincinnati, OH: U.S. Department of Health, Education, and Welfare, Centers for Disease Control and Prevention, National Institute for Occupational Safety and Health, NIOSH HEW NO. 76–130.
  4. USACE [1990] Design manual for indoor firing ranges. CEHND 1110–1–18, Huntsville, AL: U.S. Army Corps of Engineers.
  5. USN [2002]. U.S. Navy Environmental Health Center. Indoor Firing Ranges Industrial Hygiene Technical Guide. Technical Manual NEHC–TM6290.99–10. Portsmouth, VA: U.S. Department of Defense, Department of the Navy
  6. Murphy WJ, Tubbs RL (2007) Assessment of Noise Exposure for an Indoor and Outdoor Firing Range. J Occup Env Hyg 4:688–697.
  7. Fauville B & Moiny F (2012) Poster de conférence intitulé : Acoustique environnementale: analyse du niveau d'évaluation LAr, 1h basé sur le niveau impulsif LAimp pour les stands de tir. (http://difusion.academiewb.be/vufind/Record/UMONS-DI:oai:di.umons.ac.be:15983/TOC résumé])
  8. a, b et c Casanovaa, F., Saroulb, N., & Nottetc, J. B. (2011). Prévention des traumatismes sonores aigus à l’unité. Résultats d’une enquête menée auprès de 1315 militaires en activité dans l’armée de Terre. médecine et armées, 39(1), 63-69.
  9. Novotny T, Cook M, Hughes J, Lee S (1987) Lead exposure in a firing range. Am J Public Health 77:1225–1226.
  10. State of Alaska [2003]. School rifle teams exposed to lead at indoor firing ranges, Bulletin No. 1, Anchorage, AK: State of Alaska, Department of Health and Social Services, Epidemiology Bulletin
  11. Tripathi RK, Sherertz PC, Llewellyn GC, Armstrong CW (1991) Lead exposure in outdoor firearm instructors. Am J Public Health. 81(6): 753–755
  12. Goldberg RL, Hicks AM, O’Leary LM, London S (1991) Lead exposure at uncovered outdoor firing ranges. J Occup Med. 33(6):718–719
  13. a et b Guillemot M & Oury B (2012) Caractérisation des produits de dégradation thermique En santé au travail, décembre 2012, 142, 11.
  14. Laureillard J & Bauwens J (1993) Émanations plombifères dans les stands de tir. INRS, compte rendu de la réunion de travail « Prélèvements - Analyses », octobre 1993
  15. a, b, c et d NIOSH Alert (2009) http://www.cdc.gov/niosh/docs/2009-136/pdfs/2009-136.pdf Preventing Occupational Exposures to Lead and Noise at Indoor Firing Ranges] , DHHS (NIOSH) publication number 2009-136, 2009 (http://www.cdc.gov/niosh/docs/2009-136/ résumé]), PDF, 32 pages.
  16. Valway SE, Martyny JW, Miller JR, Cook M, Mangione EJ (1989) Lead absorption in indoor firing range users. Am J Public Health, 79:1029–1032
  17. a, b, c, d, e et f SERIEYS, J., DIEBOLD, F., & FONTAINE, J (2012) Mesures de prévention de l'exposition au plomb des salariés des stands de tir, INRS (PDF, 5 pages).
  18. Kosnett MJ, Wedeen RP, Rothenberg SJ, Hipkins KL, Materna BL, Schwartz BS, Hu H, Woolf A (2007) Recommendations for Medical Management of Adult Lead Exposure. Environmental Health Perspectives, 115(3):463-471. [1].
  19. SERIEYS J.C., DIEBOLD F. (2006) Elaboration de recommandations pour la prévention de l’exposition professionnelle au plomb et autres métaux lourds – conception des stands de tir, étude INRS
  20. voir p. 3 et 15 /32 Install a well-designed supply air and exhaust ventilation system ; Maintain and replace air filters regularly, etc. in NIOSH Alert http://www.cdc.gov/niosh/docs/2009-136/pdfs/2009-136.pdf Preventing Occupational Exposures to Lead and Noise at Indoor Firing Ranges] , DHHS (NIOSH) publication number 2009-136.
  21. voir p. 18/32 du pdf : NIOSH Alert (2009) http://www.cdc.gov/niosh/docs/2009-136/pdfs/2009-136.pdf Preventing Occupational Exposures to Lead and Noise at Indoor Firing Ranges], DHHS (NIOSH) publication number 2009-136, 2009 (résumé), PDF, 32 pages.
  22. Lalande NM, Hetu R, Lambert J (1986) Is occupational noise exposure during pregnancy a risk factor of damage to the auditory system of the fetus? Am J Ind Med 10(4):427–435
  23. Niemtzow RC (1993). Loud noise and pregnancy. Military Medicine 158(1):10–12.
  24. Lewis RD, Condoor S, Batek J, Ong KH, Backer D, Sterling D, Siria J, Cheng JJ, Ashley P (2006) Removal of Lead Contaminated Dust from Hard Surfaces. Env Sci Technol 40(2):590–594

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Lee, I. S., Kim, O. K., Chang, Y. Y., Bae, B., Kim, H. H., & Baek, K. H. (2002). Heavy metal concentrations and enzyme activities in soil from a contaminated Korean shooting range. Journal of Bioscience and Bioengineering, 94(5), 406-411.
  • Serieys JC, Diebold F. (2006) Élaboration de recommandations pour la prévention de l’exposition professionnelle au plomb et autres métaux lourds ; Conception des stands de tir, étude INRS
  • (en) Crouch KG, Peng T, Murdoch DJ (1991) Ventilation control of lead in indoor firing ranges: inlet configuration and booth and fluctuating flow contributions. Am Ind Hyg Assoc J 52(2):81–91
  • (en) EPA (2005) Best management practices for lead at outdoor shooting ranges. EPA–901–B–01–001. [www.epa.gov/region2/waste/leadshot].
  • (en) Kardous CA, Willson RD, Hayden CS, Szlapa P, Murphy WJ, Reeves ER (2003), Noise exposure assessment and abatement strategies at an indoor firing range. Appl Occup Environ Hyg 18(8):629–636.
  • (en) NASR (2004) Lead management and OSHA compliance for indoor shooting ranges. National Association of Shooting Ranges, Newtown CT.

Lien externe[modifier | modifier le code]

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