Stabat Mater (Pergolèse)

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Le Stabat Mater est une œuvre musicale religieuse écrite par Giovanni Battista Pergolesi (Pergolèse) en 1736, deux mois avant sa mort, dans le monastère de Pouzzoles.

Il s'agit donc de la dernière œuvre d'un homme mort à 26 ans des suites d'une tuberculose. Il a été écrit pour deux voix (traditionnellement soprano et alto, sans doute des castrats), avec un petit ensemble instrumental comprenant violons I et II, alto et basse continue.

Histoire de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Ce Stabat Mater, basé sur un texte liturgique du XIIIe siècle méditant sur la souffrance de la Vierge Marie, mère du Christ, était une possible commande du Duc de Maddaloni, mécène de Pergolèse et violoncelliste amateur[1]. Une origine alternative suggère en effet une commande de 1734 d'une archiconfrérie de Naples, les Cavalieri de la Vergine dei Dolori (Chevaliers de la Vierge des Douleurs), qui souhaitait remplacer le Stabat Mater vieillissant d'Alessandro Scarlatti[2],[3] dont il conserve toutefois le même effectif vocal, pour soprano et alto. Il devait être donné à Santa Maria dei Sette Dolori, église où le Duc de Maddaloni possédait une chapelle votive et où il faisait exécuter des œuvres religieuses chaque troisième dimanche de septembre.

Structure de l'œuvre[modifier | modifier le code]

L'œuvre est écrite pour soprano, alto, cordes et continuo. En limitant les solistes à des voix de femmes, Pergolese laisse à des femmes le soin d'exprimer la douleur maternelle[4]. Il en ressort une plus grande justesse de faire chanter l'affliction de la vierge par une femme que par un homme.

L'œuvre est construite comme une cantate italienne du XVIIIe siècle, avec arias et duos. Pergolèse en a réduit le nombre des tercets de 20 (dans la prière) à 13 dans son œuvre.

Il se compose de douze parties et son exécution demande environ 30 minutes.

  • Stabat Mater dolorosa
  • Cujus animam gementem
  • O quam tristis
  • Quae moerebat et dolebat
  • Quis est homo
  • Vidit suum dulcem natum
  • Eia Mater
  • Fac ut ardeat cor meum
  • Sancta Mater
  • Fac ut portem Christi mortem
  • Inflammatus et accensus
  • Quando corpus morietur

Adaptation ou révision[modifier | modifier le code]

L'œuvre, devenue très renommée, a été reprise et adaptée maintes fois par la suite. La plus célèbre version est celle de Johann Sebastian Bach qui en reprend les thèmes dans sa cantate Tilge, Höchster, meine Sünden, BWV 1083[3].

Parmi les autres révisions ou emprunts il faut citer Paisiello, Salieri, Hiller sur un texte de Klopstock, Hindemith qui l'incorpore dans son opéra Sancta Susanna

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pergolèse a également écrit pour le Duc de Maddaloni une messe en fa qui fut exécutée en l'église San Lorenzo in Lucina à Rome en 1734 avec une pompe extraordinaire.
  2. Biographie de Pergolèse par le marquis de Villarosa, 1831.
  3. a et b Diapason, octobre 2010, p86-88
  4. http://id.erudit.org/iderudit/201498ar

Liens externes[modifier | modifier le code]