Stabat Mater (Dvořák)

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Page titre de la partition du Stabat Mater. Souvenir de l'interprétation du 12 septembre 1884 à Worcester, avec les signatures d'Antonín Dvořák et des membres de l'orchestre

Le Stabat Mater (opus 58, B.71) est une œuvre pour soli, chœur et orchestre du compositeur tchèque Antonin Dvořák.

Genèse[modifier | modifier le code]

Alors qu'il est encore peu connu en dehors de son pays d'origine, le Stabat Mater va contribuer à faire connaître l'auteur sur la scène mondiale. L'œuvre est dédicacée à František Hušpauer, un ami d'enfance du musicien. Elle est sa première œuvre sacrée (à part une messe de jeunesse qu'il a détruite et une autre qui a été perdue)[1] et est intimement liée à la tragédie familiale qui frappe Dvořák. Le 21 septembre 1875, sa fille nouveau-née Josefa meurt. En réaction à ce deuil, Dvořák compose une première version de l'œuvre entre le 19 février et le 7 mai 1876[2]. Cette version est confiée à quatre solistes, un chœur et un piano. Dvořák met l'œuvre de côté sans aborder l'orchestration.

Dvořák perd ses deux autres enfants à quelques semaines d'intervalle, sa fille Ruzena le 13 août et son fils ainé Otokar le 8 septembre 1877. C'est alors qu'il reprend le manuscrit abandonné l'année précédente. Il rajoute trois mouvements (les numéros 5, 6 et 7) et orchestre l'ensemble de l'œuvre entre octobre et le .

Le compositeur suit fidèlement la séquence du XIIIe siècle de Jacopo da Todi. Le compositeur a dépassé sa propre souffrance pour donner une œuvre empreinte d'émotion confiée plus aux voix qu'à l'orchestre, mais jaillissante et spontanée même dans l'affliction atteignant ainsi une grandeur universelle[3].

Création et premières[modifier | modifier le code]

La création de la version avec orchestre eut lieu le à Prague sous la direction d'Adolf Čech, avec comme solistes, Eleanora Ehrenberg, Betty Fibich, Antonín Vávra et Karel Čech. La partition est publiée en 1881 à Berlin. À cette occasion, le numéro d'opus 58 lui est donnée en place du n° 28 initial.

L'audience de son œuvre devient très vite internationale, avec des exécutions dans les différentes grandes villes d'Europe et aux États-Unis. Dvořák est invité à Londres en 1884 pour y diriger sa partition au Royal Albert Hall, avec un effectif impressionnant (près de 800 choristes[4]), ce qui a contribué de manière importante à la reconnaissance du reste de son œuvre en Angleterre[5].

La version originale (pour piano, chœur et solistes) n'a jamais été exécutée du vivant de Dvořák. Trouvée dans une collection privée, elle est éditée en 2004 et interprétée depuis par de petites formations.

Structure de l'œuvre[modifier | modifier le code]

La durée d'exécution est d'environ une heure trente.

  1. Stabat Mater dolorosa (quatuor vocal avec chœur), andante con moto
  2. Qui est homo, qui non fleret (quatuor vocal), andante sostenuto
  3. Eja Mater, fons amoris (chœur), allegro moderato
  4. Fac, ut ardeat cor meum (basse et chœur), largo
  5. Tui nati vulnera (chœur), andante con moto (ajouté pour la version orchestrale)
  6. Fac me vere (ténor et chœur), andante con moto (ajouté pour la version orchestrale)
  7. Virgo virginum (chœur), largo (ajouté pour la version orchestrale)
  8. Fac, ut portem Christi morten (duo soprano et ténor), larghetto
  9. Inflammatus et accensus (alto solo), andante con moto
  10. Finale: Quando corpus morietur (quatuor vocal avec chœur), andante con moto

Orchestration[modifier | modifier le code]

La version définitive (1877) est donc pour un orchestre comprenant :

Instrumentation du Stabat Mater
Voix
Solistes : soprano, ténor, alto, basse
chœurs à 4 voix
Bois
2 flûtes, 2 hautbois , 1 cor anglais
2 clarinettes, 2 bassons
Cuivres
4 cors (2 en fa et 2 en ré), 2 trompettes,
3 trombones, 1 tuba
Percussions
timbales
Cordes
premiers violons, seconds violons,
altos, violoncelles, contrebasses

Discographie[modifier | modifier le code]

Version orchestrée (1877)
Version avec piano (1876)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Steinberg M, Choral Masterworks: a listener guide, p 113-118, Oxford University press
  2. Srnka Miroslav Notice du CD Accentus chez Naïve Records
  3. Claire Delamarche dans le Guide de la Musique sacrée et chorale profane sous la Direction de François-René Tranchefort - éditions Fayard 1993
  4. lettre de Dvořák à son éditeur de Prague, de mars 1884, citée par Melville-Mason G, notice de l'enregistrement de l'œuvre par l'orchestre Philharmonique Tchèque sous la direction de Behlolavek, édition Chandos
  5. Melville-Mason G, notice de l'enregistrement de l'œuvre par l'orchestre Philharmonique Tchèque sous la direction de Behlolavek, édition Chandos

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]